vendredi 23 avril 2010

Comment en finir pratiquement avec la bulle immobilière ?

Olivier Blanchard du FMI (celui qui invitait les pays occidentaux à relever leur cible d'inflation de 2% à 4%) donne à nos ploutocrates bien aimés la recette évidente pour tuer la bulle et rerendre le logement accessible...

Voilà. Au moins, on sait de source sûre que l'immobilier cher n'est pas quelque chose d'inévitable, ou même, de subi. C'est quelque chose de choisi, de voulu. Et ils font tout pour que l'immobilier reste cher même, vus les tombereaux d'argent de nos impôts qu'ils déversent dans le secteur pour nourrir la mafia des parasites immobiliers que sont les AI, les notaires, les banquiers, les promoteurs et toutes ces professions à costumes (c'est surement ça le loup d'ailleurs dans les comptes pour enfants)...

Et c'est la double peine : vous payez des impôts pour que votre loyer reste cher...

cf cet article :

La dépendance fiscale croissante du marché immobilier français
Le Monde, Isabelle Rey Lefebvre, 07/01/2010 (en Français texte en français )
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/07/la-dependance-fiscale-croissante-du-marche-immobilier-francais-par-isabelle-rey-lefebvre_1288580_3232.html
Les parlementaires sont donc allés contre la volonté du gouvernement d'alléger ces mesures, pour des problèmes de coût, et, surtout, de les "verdir", c'est-à-dire de conditionner leur bénéfice à des exigences de performances thermiques des logements achetés. Huit dispositifs fiscaux ponctionnent ainsi au budget de l'État 10,7 milliards d'euros, soit un tiers de l'effort national en faveur du logement.

Les premières années, les ventes aux investisseurs ne dépassaient pas 15 % à 20 % de la production, tandis qu'elles vont au-delà de 50 %, aujourd'hui.
J'ai lu 75% même pour cette année. Vous vous rendez compte ? 75% des ventes dans le neuf, c'est du Scellier  Pfffffrrrr. Ceux là, ils comprennent même pas qu'ils sont juste en train de payer avec leurs pitits sous persos les HLM de demain  

Et c'est quand même la première fois qu'on voit des gouvernements intervenir massivement pour faire en sorte qu'un bien de première nécessité reste cher. C'est dire à quel point le keynésiannisme a été totalement perverti et inversé par ces ploutocrates et comment il sert désormais à des gens qui devraient être sans le sou, vu leur inutilité sociale, à piller les classes moyennes...

Au passage, tout ce qu'ils soutiennent ainsi, c'est l'économie de la rente. Et ils enfoncent le pays dans le déclin avec leur vision de l'économie d'un autre âge... Alors ça fait joli les discours sur la croissance avec les dents ou les rapports Attali, quand dans les faits, on ne fait que soutenir l'économie des notables ventripotents au crâne qui brille    Je note tout de même à la décharge de Sarkozy que visiblement, il a changé son fusil d'épaule à lire l'article du Monde : "Les parlementaires sont donc allés contre la volonté du gouvernement d'alléger ces mesures"... Et puis, des prix de l'immobilier en baisse, voila qui permettrait de faire accepter une baisse des salaires qui rerendrait compétitive le pays...

De toutes façons, vue la situation financière désastreuse du pays, les jours du soutien à la bulle sont comptés...


Quant à cette idée absurde (de "gauche" d'ailleurs   ) que c'est en donnant des aides aux primos que l'on résout le problème du logement trop cher...    Naturellement, les aides ont immédiatement disparu intégralement en hausses des prix et au final, par un coup de billard en deux bandes, ce sont les vendeurs et les loueurs qui les touchent...

Bon là dessus, après cette longue parenthèse, j'en reviens à Blanchard qui parle de la Chine et de la manière dont cette dernière essaie de calmer sa bulle immobilière en durcissant les conditions de crédit et en demandant aux emprunteurs d'avoir plus d'apport...

Bulle immobilière : une recette chinoise exportable ?
Le Monde, Isabelle Rey Lefebvre, 22/04/2010 (en Français texte en français )
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/22/bulle-immobiliere-une-recette-chinoise-exportable_1341130_3234.html
La recette chinoise est-elle bonne pour l'Europe et les Etats-Unis ? Aurait-elle permis d'éviter la crise des subprimes ? En France, la bulle immobilière est loin d'être résorbée : les prix sont élevés et l'endettement des Français est à son plus haut, passé de 50 % du revenu disponible en 1998, à 74 % aujourd'hui.

Le principal carburant de l'inflation immobilière est le crédit facile, que l'on pourrait rationner "à la chinoise" en exigeant un apport personnel conséquent, en imposant un ratio charge de la dette/revenu, voire en limitant la durée des prêts.

Olivier Blanchard, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), le suggérait dans un entretien au Monde du 21 avril : "Face à une bulle immobilière, plutôt que d'augmenter les taux d'intérêts, au risque de freiner l'investissement et la consommation, pourquoi ne pas limiter le taux d'endettement immobilier maximal des ménages ? L'effet sur les prix est direct, localisé et immédiat", s'interrogeait-il. Entre 2005 et 2007, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Espagne et la Banque de France avaient d'ailleurs à plusieurs reprises lancé des avertissements, restés sans effet, sur le niveau des prix de l'immobilier et la dette des ménages. La BCE avait toutefois renoncé à utiliser l'arme de la hausse des taux directeurs pour les raisons invoquées par M. Blanchard.

Voila les 3 outils pour tuer la bulle, par ordre d'importance :
  réduction de la durée d'emprunt,
  ratio d'endettement plus faible,
  exigence d'un apport personnel plus important.

Mais hélas, au vu de l'historique, moi, je miserais plutôt sur le fait que nos politiques "démocratiquement" élus, d'un pays soit disant démocratique, continuent de faire payer des impôts aux serfs pour qu'un bien de première nécessité reste cher. Et qu'ils vont se faire tailler des croupières en terme de défense du peuple et de l'intérêt général par une dictature...   

C'est que sur endetter les gueux, c'est devenu leur raison d'être, la seule politique qu'ils connaissent. Sarkozy l'a bien dit d'ailleurs ! Je veux que l'encours de crédit monte de 4% en 2009 !

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