mardi 21 février 2012

Mario Monti, ce candidat des banquiers et de l'anti démocratie



Titre volontairement provocateur histoire d'attirer le chaland...

Mais titre ironique.

J'en veux pour preuve cet article de ce matin dans les Echos :
En pleine récession, Rome va baisser l'impôt sur le revenu
Les Echos, Guillaume Delacroix, 21/02/2012 (en Français texte en français )
→ lien
D'un côté, l'impôt sur le revenu des ménages imposables les moins favorisés sera réduit, le taux de la première tranche du barème passant de 23 % à 20 %. De l'autre, le président du Conseil escompte 11 milliards d'euros de recettes nouvelles grâce à l'intensification de la lutte contre la fraude fiscale.

Autre jeu à somme nulle, Mario Monti attend beaucoup de la revue générale des politiques publiques lancée en début d'année pour éviter d'augmenter à nouveau la TVA. D'un côté, il espère obtenir sur la dépense des administrations 4 milliards d'euros d'économies en 2012. De l'autre, il compte stabiliser à 21 % le taux de la TVA, après le relèvement d'un point effectué par le gouvernement Berlusconi en septembre dernier.

La réforme va par ailleurs ouvrir deux gros chantiers. L'un sur les niches fiscales : au nombre de 720 en Italie (500 en France), celles-ci grèvent les recettes de l'État de 161 milliards d'euros par an (70 milliards en France). Plutôt que de les raboter uniformément de 5 %, comme l'envisageait Giulio Tremonti, Mario Monti a créé une commission spéciale afin d'étudier les niches une par une, l'idée étant de préserver les avantages dont bénéficient les retraités et les familles à bas revenus. Second chantier : l'impôt foncier dont l'Eglise est exempte. Dorénavant, tous les bâtiments du clergé autres que les lieux de culte seront imposables dans leur commune. De quoi rapporter entre 600 millions et 1 milliard d'euros.

Après des premières réformes contre les rentes des métiers où on achète sa charge, une baisse des retraites, il s'en prend maintenant à la rente de droite...

Revenu relatif des retraités par apport aux actifs :


Un vrai premier ministre de vraie gauche ce monsieur. Un méritocrate convaincu.

Ça m'évoque une vraie question de fond tout de même. Comment se fait t'il que la démocratie, système soit disant parfait, optimal et envié partout, n'aboutit pas naturellement à amener au pouvoir des gens comme ça, et nous donne systématiquement comme chef l'exact contraire, à savoir des défenseurs forcenés de la rente et de la minorité des goinfres contre le peuple ?

5 commentaires:

  1. Ta dernière question est brûlante, et la réponse tout autant.

    La "démocratie" c'était bon, ça faisait sens à Athènes il y a 2500 ans. Entre gens de bonne compagnie, et peu nombreux.

    Depuis avec la "démocratie" de masse, le système est vicié, et se nourrit de la veulerie des veaux (qui est sans limite).

    Mais bref, arrêtons d'enfoncer des portes ouvertes, tellement c'est évident. Il n'y aura guère que des collégiens boutonneux pour s'offusquer.

    Revenons sur les éloges que tu fais en filigrane à Monti...

    Attention : l'europe est un gigantesque potemkine.
    il faut sans cesse aller au delà des mots, pour observer froidement les faits.

    -allemagne vertueuse, merckel populaire (faux : elle vient de se prendre une taule avec le nouveau président)

    -grèce sauvée : faux pour la énième fois

    -espagne : le renouveau avec le retour au pouvoir du PPE : faux. le nouveau PM ne fait strictement rien, et attend sagement de prochaines élections

    -italie : on voit des tas de trucs intéressants. mais là aussi mettons les en perspective.
    Passer l'IR de 23... à 20... est absolument grotesque. Une vraie révolution libérale aurait de passer à 10, en flat tax.

    Idem sur les niches : au lieu de les supprimer... on va créer une commission... pour les évaluer.

    Ca ne vous rappelle rien ? La méthode française. ;-)

    Et quid de l'impôt sur l'église ? Un hochet pour exciter les gauchos et les bobos... 600 millions ? une misère.

    Pour le reste (réforme des statuts, baisse du nombre de fonctionnaires...) on attend toujours.

    "Demain". "Tomorrow". etc.

    Bref, Monti est et demeure un clown à roulette, étatiste, dont l'unique fonction est de dire au monde que "tout va bien, tout va mieux, ça va aller".

    Alors que l'italie, comme tous les autres PIIGS a besoin de dettes pour simplement tourner.

    Monti est financé par son copain crapule Draghi.

    Voilà la seule réalité qui compte.

    Si tu vois en Monti un vrai chef d'état, encore une fois (après Bayrou etc.) tu te trompes lourdement.

    Au-delà des mots, des envolées lyriques, le système est inréformable, tu le sais très bien. Donc arrêtons de croire au père noël, à l'homme providentiel.

    Il faut d'abord que le système s'écroule.

    Ensuite, seulement après, la question du leader se posera.

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    1. A défendre de manière forcenée la flat tax, tu décrédibilises ton propos.

      La flat tax n'est pas la méritocratie.

      Pourquoi pas un retour à la capitation tant qu'on y est ?

      La progressivité de l'impôt est à la fois juste, mais économiquement nécessaire pour contrebalancer la tendance naturelle du libéralisme à la concentration des richesses.

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    2. "la tendance naturelle du libéralisme à la concentration des richesses."
      Tiens! la main invisible ne serait donc que poudre aux yeux!?
      Merci de rappeler cet état de fait.

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  2. La main invisible, c'est la loi de Don Salustre :
    "les pauvres, c'est fait pour être très pauvres, et les riches, très riches"

    Constatez à travers le monde : plus la société est pauvre, plus le pouvoir et la richesse des oligarques sont grands.

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  3. "Comment se fait t'il que la démocratie, système soit disant parfait, «là où vous autres voyez des choses idéales, moi je vois des choses humaines, hélas, bien trop humaines !...» Nietzsche
    Quelque soit le système, c'est toujours la loi du plus fort/plus malin/plus vicieux...

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