mardi 27 mars 2012

Bill Gross : votre devoir est de résister à la repression financière

La perte de confiance dans la monnaie franchit un pas avec Bill Gross de PImco aujourd'hui...

Mais avant de vous mettre son dernier article, je vous mets d'abord le dernier Bertez...

Tout y est.

La rente a faim... La bureaucratie, les rentiers, les groucho capitalistes veulent leurs zacquis sociaux pour les uns et leurs faux profits pour les autres...



Le système est acculé. Il faut nourrir la bête... Par l'impôt, ce ne serait plus possible aux niveaux de taxation déjà atteints. Alors il reste le vol... Le vol qui ne dit pas son nom, trafiqué, par l'inflation et des taux réels négatifs, par la dévaluation des productifs...

Car la rente veut votre argent, c'est à dire votre travail...

Et la grande machine à créer des inégalités va vraiment s'enclencher désormais alors que les classes moyennes vont se faire dépouiller et se faire transformer malgré elles en plèbe impériale sous tittytainment... Les kleptocrates comme les bureaucrates, eux, bien entendu, échapperont à toute déflation, cela va sans dire...

L’Edito du Lundi 26 Mars 2012 : L’or contre la répression Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, 27/03/2012 (en Français texte en français )
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Le surendettement des États et du secteur financier tournerait à la catastrophe si les taux d’intérêt venaient à monter. Le but des politiques monétaires de tous les pays développés est de maintenir les taux d’intérêt réels bas, très bas, afin de tenter de faire tenir le système et d’honorer les dettes. Le maintien de taux d’intérêt à des niveaux très bas, malgré les risques réels d’insolvabilité et les certitudes de l’accélération de l’inflation, s’obtient par des politiques dites de répression financière.

Les banques centrales forcent à la baisse des taux par leurs politiques de créations de liquidités, leurs politiques de taux zéro, leurs achats de titres des govies, leur stimulation de la prise de risque, leurs promesses de « Puts » généralisés etc.

L’objectif est de faire rouler la bicyclette, permettre aux États de rouler, « roll », leurs dettes, bref de tenir. Il s’agit de canaliser le maximum de fonds, d’épargne, au profit des gouvernements pour leur éviter la défaillance.

La répression financière est normalement pratiquée en temps de guerre; les gouvernements ont alors l’excuse de la catastrophe pour l’imposer. Ils s’autorisent alors toute la panoplie, taux d’intérêt réels négatifs spoliateurs, obligation réglementaire de souscrire aux emprunts publics pour les compagnies d’assurances, les fonds de retraites, les caisses d’épargne, etc. Plafonnement de la rémunération de toutes les autres formes d’épargne qui pourraient faire concurrence aux emprunts d’Etat et gêner le fonctionnement de l’entonnoir.

Dans la période actuelle marquée par la crise de la finance gouvernementale, la répression financière se généralise. La mesure la plus évidente est le maintien de taux d’intérêt réels négatifs, les autres mesures sont moins visibles, mais elles prolifèrent



Ainsi, dans les pays périphériques européens on a commencé à faire main basse sur les fonds de pension, incité à souscrire aux emprunts d’Etat, plafonné les rémunérations des placements concurrents des obligations souveraines.

La réglementation Bale 3 vise à assurer la répression financière au niveau des banques en faisant un traitement de faveur aux fonds d’Etat dans les ratios, la Grande-Bretagne est même allée plus loin en imposant des souscriptions obligatoires.

Ce graphique tiré de la long view du FT illustre l’évolution spectaculaire de l’allocation des actifs des fonds de pension et des compagnies d’assurance britanniques depuis le début des années 2000. Ils étaient traditionnellement majoritairement investi en actions à la différence de leurs homologues européens continentaux et américains qui privilégiaient de longue date les obligations.



Les fonds de pension britanniques, on le voit bien sur le graphique, ont complétement changé leur fusil d’épaule dans les années 2000, en abaissant la part des actions à 25% environ au profit des obligations.

Le sens général de la répression financière est simple :

- capturer, bloquer, canaliser l’épargne vers le financement direct ou indirect de l’Etat

- sous-payer, sous-rémunérer cette épargne


Quand les mesures douces sont insuffisantes, on ajoute les réductions à la liberté des mouvements de capitaux, les souscriptions obligatoires, etc. Pour mettre en place ces politiques prédatrices et liberticides, les gouvernements, avec l’aide des médias, préparent le terrain en encerclant leur ennemi, les riches, on les désigne, on les stigmatise, exactement comme on le fait dans le cas des guerres pour fabriquer un ennemi et se donner des justifications de l’attaquer.



Une fois l’ennemi isolé, on peut, avec le soutien du public et la bonne conscience du prédateur, l’attaquer.

Nous sommes dans cette phase en Europe : répression financière douce, prise de quelques mesures pas trop voyantes, fabrication et isolement du futur ennemi que l’on projette de dépouiller.

La répression financière produit deux résultats :

- baisse du coût de la dette des Etats

- maintien de la possibilité de rouler ces dettes lorsqu’elles viennent à échéance.



Tous les pays industrialisés pratiquent la répression douce, tous les emprunts d’Etat à 5 ans ont un rendement réel négatif ; tous, sauf l’Italie, la France et le Japon ont des taux négatifs sur le 10 ans. Et encore bien sûr, il s’agit de taux réels calculés sur la base des chiffres officiels de l’inflation!





La répression douce, cela est déjà bien, mais largement insuffisant, c’est en quelque sorte, simplement, un kick the can.

Les États gagnent du temps, sans plus.

La répression financière doit être complétée, on ne peut rester éternellement dans cette situation d’asphyxie économique et sociale.

Il faut donc la compléter. Comment?

C’est très simple, dans le second temps, il faut, tout en prétendant lutter contre l’inflation, favoriser la hausse des prix!

La hausse des prix rend les taux d’intérêt réels tellement négatifs qu’elle équivaut à un prélèvement sur le capital, et surtout elle produit une croissance nominale, fictive, du GDP qui fait baisser les fameux ratios de dette sur GDP, les ratios d’endettement.

A force d’inflation, la dette finit, en valeur relative, par devenir soutenable.

Par ailleurs, grâce à l’inflation, les revenus nominaux, apparents, augmentent, ce qui bien sûr, permet, par non actualisation ou actualisation insuffisante des barèmes, d’augmenter la pression fiscale.

Grâce à la préparation préalable à la spoliation des riches, à la fabrication de l’ennemi, la surtaxation passe également comme une lettre à la poste.

La répression financière est toujours, a toujours été, et sera toujours suivie de l’accélération de l’inflation. Voilà ce que l’on vous cache, voilà ce que l’on ne veut pas que vous sachiez. Car l’inflation, pour être efficace, doit être inattendue, elle doit constituer une surprise!

Il n’est certainement pas encore temps de franchir les étapes clairement spoliatrices de la répression financière. Nous sommes, sauf pour les périphériques européens, et quelques pays sur le bord dont la France, nous sommes encore dans la phase de répression dite douce.

Le calendrier est un calendrier de moyen terme, disons 2 à 3 ans.

Vous comprenez mieux pourquoi on s’oriente vers les contrôles de mouvements de capitaux, vers la pénalisation de l’expatriation fiscale, pourquoi on vous dissuade chaque jour d’acheter de l’or pour vous protéger etc. Tout est cohérent, au service d’un but évident, passer à la phase deux de la répression financière.

Bien entendu, tout cela ne touchera que les classes moyennes et moyennes supérieures. Les classes supérieures, dites kleptocratiques, sont expertes en ingénierie financière, bien conseillées par les fameuses banques qui sont à l’origine de la crise, elles peuvent payer honoraires et commissions. Il n’y aura rien à spolier de ce côté. Et puis, depuis longtemps, elles sont délocalisées. Or, contre les bailleurs de fonds étrangers, on ne peut pas grand-chose, car, si on les menace, les capitaux fuient. Déjà les chinois boudent, à la suite de la répression douce, les emprunts d’Etat des pays qui exagèrent la spoliation. Ce qui est visé est l’épargne domestique évidemment.

Le pays qui nous semble le plus en avance sous l’angle de la répression est à notre avis la Grande-Bretagne, elle est déjà dans la forte inflation contre laquelle on prétend lutter, mais que l’on favorise.



Capture de l’épargne, taux réels négatifs, accélération de l’inflation, fiscalité abusive, voilà le programme en cours. Et il est encore dans la phase douce, lente, de démarrage. Il va prendre de la force et va devenir irrésistible au fur et à mesure que le social va se détériorer et qu’il va donner aux politiques la fausse légitimité dont ils ont besoin pour aller plus loin.

Vous comprenez maintenant pourquoi au niveau du système tout est fait pour décourager les achats d’or. L’or, c’est la fuite qui permet d’échapper au système de la répression, il permet d’échapper à la capture, il permet d’échapper à l’inflation et à la confiscation.

Les acheteurs et détenteurs d’or sont les ennemis. Nous vous avons expliqué plus haut comment on fabriquait ses ennemis pour les stigmatiser, les isoler, s’autoriser à les dépouiller.

A ce propos, nous vous signalons un ouvrage exceptionnel de Pierre Conesa, ancien directeur adjoint de la Délégation aux Affaires Stratégiques du ministère de la Défense français. Le titre est « La fabrication de l’ennemi » ou comment tuer avec sa conscience pour soi. Le parallèle avec la désignation des ennemis sociaux dont nous vous parlons est frappant.



Le monde politique, bancaire, administratif a depuis longtemps désigné les détenteurs d’or comme les ennemis.

“Pour préserver la crédibilité du dollar en tant que monnaie fiduciaire, il est nécessaire de freiner la hausse des monnaies dures que représentent l’or et l’argent. C’est pourquoi, à l’issue du discours de Ben Bernanke, les traders forex apprenaient que JP Morgan, l’une des principale bullion banks de la Fed, a vendu au Nymex quelque 15.000 contrats à terme sur l’or, soit 1,5 million d’onces de métal jaune d’une valeur d’environ 2,5 milliards de dollars. Faisant refluer les cours de l’or d’environ 30 dollars en une séance, de même que, par effet domino, ceux de l’argent.”
source Agefi mars12

Pour l’instant, là aussi, on est dans la stigmatisation douce. On critique l’or, son utilité monétaire.

Ceux qui critiquent l’or et son utilité monétaire se placent, vous le remarquez, toujours du même côté, celui du soi-disant intérêt général.

On est toujours dans ce que l’on appelle la « public policy ». On met en avant des abstractions, des généralités, sans évidemment les définir, les expliciter et donc les soumettre à l’analyse critique.

C’est le principe du recours à la soi-disant évidence, lequel n’a pas son pareil pour asseoir les bases du Pouvoir et la domination/spoliation des citoyens. C’est toujours le fameux « il faut » tombé du ciel.

A la faveur du « il faut », tout est permis à celui qui s’en auto-décrète être le Deus ex Machina. Les lois liberticides, les confiscations, contrôles, prédations, bref le « il fau » est l’arme préférée du terrorisme d’Etat.

L’or, dans le système, entretiendrait la déflation.

Faut-il lutter contre la déflation alors qu’elle a le mérite de bonifier le pouvoir d’achat des salaires, des épargnes, etc. ? Alors qu’elle ne fait que traduire l’inéluctable progrès économique qui fait que la productivité augmente et les coûts baissent?

Pas évident. Cela mérite débat. Pourquoi ne pas préciser que nos sociétés sont intolérantes à la déflation parce que les débiteurs en souffriraient? Leur souffrance est-elle plus digne d’intérêt que celle des salariés, celle des épargnants, celle des retraités? A voir. Est-il normal de favoriser les menteurs, voleurs, prédateurs, confiscateurs, qui parient sur le nominalisme spoliateur des contrats? Voire.

Est-il judicieux dans un monde qui soi-disant se préoccupe de la finitude des ressources d’entretenir une mauvaise allocation de ces ressources rares par le crédit abusif, la mauvaise allocation du capital; est-il normal de continuer à gaver l’oie du crédit auto alors que ce secteur est l’un des plus grand gaspilleur, pollueur, extincteur de ressources rares? Le secteur de l’automobile est l’une des composantes majeures du crédit, de la dette, dans nos sociétés.

Faut-il encourager l’inflation-tax pratiquée par les govies pour acheter les voix lors des élections? Achat démago, destructeur des bases de la société, du consensus national, de la famille, de l’investissement productif ? Faut-il encourager les comportements spéculatifs, les faux calculs économiques, inflater la fortune des kleptocrates? Faut-il détruire les économies de classes moyennes pour ensuite, face à la dépendance ainsi créée, leur faire l’aumône d’allocations infamantes, faut-il en faire, eux qui ont eu la dignité de travailleurs, en faire des assistés?

Voilà quelques exemples des questions que l’on escamote dans le fameux « IL FAUT » des Pouvoirs, dans la mystification du faux intérêt général, somme des intérêts particuliers des banquiers, du personnel politique, de son administration, des profiteurs kleptocratiques, et de tous ceux que nous oublions.

En quoi l’institutionnalisation du mensonge inflationniste favorise-t-il le vrai consensus démocratique, le respect des contrats, base de toute société, le juste calcul économique, la constitution de l’indispensable l’épargne, l’équité des transferts intergénérationnels. En quoi la propriété, condition sine qua none de la liberté, est-elle servie par l’inflation?

Il faut tenter d’éliminer l’or du système, tout simplement parce que l’or, c’est ce qui met une limite à l’inflation des dettes, à l’inflation des monnaies, à la répression, bref, une limite à la tyrannie des pseudo-démocraties sur les citoyens.

C'est fou quand même que les goinfres du papy boom aient réussi à nous amener à une telle faillite, et à nous acculer à ce point... Le tout en temps de paix ! Ces pignoufs n'ont même pas la guerre comme excuse...

Quelle décadence...

Et donc j'en viens à Bll Gross...

Bill Gross: "The Game As We All Have Known It Appears To Be Over"
ZeroHedge, 27/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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First it was Bob Janjuah throwing in the towel in the face of central planning, now we get the same sense from Bill Gross who in his latest letter once again laments the forced transfer of risk from the private to the public sector: "The game as we all have known it appears to be over... moving for the moment from private to public balance sheets, but even there facing investor and political limits. Actually global financial markets are only selectively delevering. What delevering there is, is most visible with household balance sheets in the U.S. and Euroland peripheral sovereigns like Greece." Gross' long-term view is well-known - inflation is coming: "The total amount of debt however is daunting and continued credit expansion will produce accelerating global inflation and slower growth in PIMCO’s most likely outcome." The primary reason for Pimco's pessimism, which is nothing new, is that in a world of deleveraging there will be no packets of leverage within the primary traditional source of cheap credit-money growth: financial firms. So what is a fund manager to do? Why find their own Steve McQueen'ian Great Escape from Financial Repression of course. " it is your duty to try to escape today’s repression. Your living conditions are OK for now – the food and in this case the returns are good – but they aren’t enough to get you what you need to cover liabilities. You need to think of an escape route that gets you back home yet at the same time doesn’t get you killed in the process. You need a Great Escape to deliver in this financial repressive world." In the meantime Gross advises readers to do just what we have been saying for years: buy commodities and real (non-dilutable) assets: "Commodities and real assets become ascendant, certainly in relative terms, as we by necessity delever or lever less." As for the endgame: "Is a systemic implosion still possible in 2012 as opposed to 2008? It is, but we will likely face much more monetary and credit inflation before the balloon pops. Until then, you should budget for “safe carry” to help pay your bills. The bunker portfolio lies further ahead."

Et ses conseils :
For bond markets: favor higher quality, shorter duration and inflation protected assets.

For stocks: favor developing vs. developed. Favor shorter durations here too, which means consistent dividend paying as opposed to growth stocks.

For commodities: favor inflation sensitive, supply constrained products.

And for all asset categories, be wary of levered hedge strategies that promise double-digit returns that are difficult in a delevering world.

2 commentaires:

  1. En avant l'Or, toute !!

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  2. Merci pour cet article qui compense le malaise que m'a donné JP Chevallier:
    http://www.jpchevallier.com/article-or-et-monetarisme-102194330.html

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