jeudi 8 mars 2012

Bruno Bertez : Faire et défaire c’est toujours travailler n’est ce pas !

Politique Friction du Jeudi 8 Mars : Faire et défaire c’est toujours travailler n’est ce pas !
Le blog à Lupus, 08/03/2012 (en Français texte en français )
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Ce qui nous parait le mieux caractériser la campagne électorale française, c’est le titre de la pièce: ”Ce soir on improvise”. Quand on voit le nombre de conseillers qui interviennent dans la campagne des candidats, on a du mal a comprendre que les analyses soient aussi courtes, les propositions aussi idiotes et intempestives.

Sarkozy vient de découvrir les caractéristiques et spécificités du régime fiscal des grandes entreprises mondiales. Comme la mode est à la confiscation, il propose bien entendu d’augmenter les prélèvements obligatoires sur ces entreprises.

C’est le même Sarkozy qui se bat en même temps pour que l’Irlande abandonne son système fiscal favorable sous prétexte que cela crée une concurrence pour les autres pays. Implicitement donc cela veut dire que Sarkozy reconnait que la fiscalité produit des effets soit attractifs, soit dissuasifs sur l’activité économique. Il comprend que les charges fiscales sont un élément de compétitivité et donc une composante de l’emploi.

Sa priorité étant la croissance, l’investissement, il est évident que l’augmentation des impôts , qui est une augmentation des charges , c’est dire du prix des services fournis par l’état, cette hausse des impôts pénalise la compétitive et toute la chaine qui suit.

Le fait d’appeler ” impôt” ne change rien à la réalité, la dépense de l’état constitue les frais généraux du pays imputés aux entreprises, ce qui réduit leur compétitivité et capacité d’embauche.


Nous sommes en système capitaliste. qu’on le veuille ou non. Ce n’est pas parce que l’on attache des boulets au pied des entreprises que cela change quoi que soit au système: les entreprises sont en concurrence au niveau mondial, global et non seulement elles doivent être compétitives pour vendre , mais en plus elles doivent réaliser au moins le taux de profit mondial pour attirer les capitaux et ne pas se faire manger par d’autres. Et le taux de profit qui est considéré c’est évidemment le taux de profit après imputation des frais généraux de la nation c’est à dire le taux de profit après impôt.

En un mot comme en cent, on ne peut prétendre rester compétitif sur le marché mondial, vouloir rester sur le marché mondial et en même temps faire en sorte que les entreprises et leurs actionnaires se contentent d’un taux de profit inférieur au taux moyen. Ou alors il faut fermer les frontières, c’était ce à quoi avait été confronté Mitterrand et il a choisi … d’aller à « Canossa »’c'est à dire il à refusé l’isolement que certains, par cohérence, lui conseillaient.

Toute mesure qui augmente les charges, que ce soit des impôts, des règlements, des cotisations sur les entreprises se retrouve, sur un marché mondialisé, au compte d’exploitation et de pertes et profits des entreprises, et constitue donc un élément qui obère la part de marché, l’investissement, l’emploi . C’est ainsi : il ne fallait pas opter pour la mondialisation quand on n’a pas le courage d’en supporter les conséquences. Il ne fallait pas choisir d’aller a Canossa, n’est ce pas Monsieur Jacques Delors ?

Le drame de tous ces soi disants dirigeants est l’incohérence, on veut une chose et son contraire, aller comme les grands sur le ring mondial affronter les poids lourds , tout maigre, efflanqué avec un boulet au pied et en même temps maintenir ses spécificités couteuses, rêver de miracles comme si les lois de l’économie ne s’appliquaient pas.

Le chômage, ce sont les hommes politiques qui le créent, ils entretiennent l’idée que l’on peut à la fois être en concurrence sur le marché mondial des produits, des services et des capitaux et en même temps que l’on peut s’écarter des valeurs moyennes que ce marché mondial impose. Et c’est scandaleux, c’est de la tromperie de la dissimulation coupable pour être élu ou réélu. Et c’est antidémocratique tant il est vrai que toute voix obtenue par le mensonge et la dissimulation est une fraude aussi condamnable que celle plus cynique de Poutine.

Si on choisit de rester exposé sur le marché mondial, si on choisit de rester sur le marché européen , dans l’Eurozone alors il faut dire aux électeurs tout, tout ce qui en découle et que l’on renonce à maitriser. Toutes les grandes valeurs moyennes, salaires, frais généraux du pays, retraites, prestations sociales, taux de profit etc doivent s’aligner. Et le pire est que si l’on refuse cet alignement, alors on condamne ses concitoyens à un chômage, une régression encore plus forts que si on l’avait accepté. Une fois que les choix initiaux sont faits, il n’y a plus d’autre choix productif et efficace que de s’aligner le plus vite possible, le mieux possible.

La logique de la concurrence touche tout, les produits, les services, les couts des prestations de l’état, les taux de profits exigés pour investir, les revenus pour rester dans un pays etc etc. Le problème est que toutes ces choses sont des choses de long terme et que le long terme tout le monde s’en fiche.

La caricature qui illustre ce développement nous est fournie par Hollande et Fabius.

Caricature de l’électoralisme, de l’inconséquence, du mépris du bon sens des citoyens.

Faire et défaire c’est toujours travailler écrivons nous, on fait donc machine arrière sur les fameux 75%!

Le ridicule règne en maitre, avec la complicité des medias bien entendu.

Les socialistes ont pris conscience de l’imbécilité de leur proposition de taxation a 75% par … le foot.

La levée de bouclier du monde footballistique, vital pour le moral de la nation n’est ce pas, a été plus efficace que les arguments des économistes et des gens de bon sens.

Voyons la peu glorieuse séquence de la reculade, machine arrière.

On attenue l’erreur en déclarant , c’est nouveau, que les contribuables visés doivent accepter, car c’est une mesure de cohésion sociale.

Puis on explique que c’est une démonstration de patriotisme

Puis on dit que l’on va aménager et lisser, gommer les pics de revenus, étaler

Puis vient Fabius

La mesure devient exceptionnelle, temporaire

Puis on va aménager, discuter les modalités

Le tout en l’espace de quatre jours!

Si vous ne l’avez pas compris la taxe a 75 % est morte.

Et tout est à l’avenant, faute d’une analyse, faute d’un projet qui donne son sens aux différentes mesures et expose leur articulation.

Ainsi l’opposition a la politique d’austérité de Merkel , ainsi la soi disant renégociation du pacte fiscal, autant de rodomontades maladroites qui se traduiront pas des reculades honteuses. La France n’a pas les moyens de s’opposer a l’Allemagne, elle en a besoin comme l’infirme a besoin de sa canne.

La gôche française refuse le modèle de la gauche libérale d'Europe du Nord par tous les moyens. A ce niveau là de déni de la réalité, ça confine au pathétique...

Elle tente un dernier coup de kick the can pour sauver ses clientèles de rentiers, leur acheter du temps... Encore une seconde monsieur le bourreau... Et elle veut rester sur le ring de la mondialisation pour ce que ça apporte en pouvoir d'achat à ses sus-dits rentiers, aussi bien que par refus de reconnaître qu'ils ont été totalement incohérents...

Typiquement, comment ces gusses peuvent-ils s'opposer à la TVA sociale ? Le Danemark lui, a mis sa TVA au max, à 25%. Ils ont compris ce que le mondialisation signifiait en termes de réformes, et de nécessaire bascule de l'impôt, du travail vers la consommation, s'ils voulaient sauver leur modèle social...

Au lieu de ça, encore ce soir, Hollande a fait un discours où il a fustigé la TVA sociale de Sarkozy, a promis 50 nouvelles dépenses sociales, a appelé à une nouvelle couche de décentralisation alors que ce truc a été une gabegie sans nom, et a chanté sa fierté de la retraite à 60 ans à crédit...

La gôche promet le beurre de la consommation, l'argent du beurre de la dépense publique (dépensée n'importe comment, c'est encore mieux), et le cul de la crémière de la rente...

Tout ça finira très mal. Économiquement et politiquement...

C'est moche une bureaucratie qui crève...

2 commentaires:

  1. "Typiquement, comment ces gusses peuvent-ils s'opposer à la TVA sociale ?"

    Parce que faire payer les touristes mon pontage coronarien c'est moyen...
    La TVA c'est un impôt, c'est fait pour régler une quote part de la dépense publique (les touristes bénéficient de nos infrastructures lorsqu'ils sont présents en france)...

    Les soins j'en bénéficie et je me les paye avec mon revenu comme toutes mes dépenses... je cotise sur mes revenus => je reçois des soins en fonction de mes cotisations... je ne cotise pas (étranger présnet sur le sol français ou autre non assuré social) je ne dois rien et je ne bénéficie d'aucun soin.

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  2. "je cotise sur mes revenus => je reçois des soins en fonction de mes cotisations..."

    1- Vous savez bien qu'en France, les soins (part sécurité sociale) ne sont pas remboursés en fonction du volume de vos cotisations. A soins égaux, remboursements égaux, pour tous, quel que soit votre volume de cotisations en amont.

    2- Vous savez bien qu'en France, il n'est absolument pas besoin de cotiser pour être remboursé. Les (nombreux) bénéficiaires de l'AME ne cotisent pas. Les (nombreux) bénéficiaires de la CMU de base ne cotisent pas. Il faut donc bien que quelqu'un paie pour eux, d'une façon ou d'une autre, par des cotisations sociales, des taxes, des impôts... Ce qui sort d'un côté doit rentrer de l'autre. (Et n'est-il pas juste, vu sous cet angle, que les bénéficiaires de la CMU de base, touchant en parallèle, souvent, le RSA et autres allocations diverses et aides variées, contribuent à la "solidarité nationale" par leurs achats et la TVA ?)

    Et puis... pourquoi les touristes ne contribueraient-ils pas à la santé des habitants de ce cher pays ? Iriez-vous au zoo si vous saviez que les bêtes y sont mal en point ? Non ! La santé des bêtes est pour le visiteur une donnée aussi importante que l'état des cages et la beauté des enclos.

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