vendredi 16 mars 2012

François Hollande : le candidat des papy boomers rentiers

Pour ceux qui ont regardé Des paroles et actes hier, avec Hollande, il y a eu un très bon passage où Lenglet montrait bien comment le plan de redressement de Hollande ne passait que par des hausses d'impôts et ne prévoyait que 2 milliards de baisse des dépenses publiques.

Je vous renvoie à mes posts précédents sur la nouvelle aristocratie de ce pays, de papy boomers fonctionnaires...

La France et les fonctionnaires

Petit voyage au pays de la rente de gôche : la moitié des 20% les plus riches de la population sont des fonctionnaires

Hollande est clairement le candidat de cette noblesse, des néo aristos, qui essaient de se sauver de la nécessaire déflation des goinfres, en pointant le doigt et en faisant diversion vers les ultra riches.

C'est prégnant ce matin dans l'interview de Moscovici sur BFM TV par Christophe Jakubyszyn :
Bourdin 2012 : Pierre Moscovici
BFM TV, 16/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien


Ecoutez vers 5 minutes 30...

Mais la dépense publique, c'est pas quelque chose qui est improductif. C'est pas du gras. C'est pas le mammouth. C'est autre chose. C'est des services publics.

Donc on ne fera pas comme font les autres pays ?
Heureusement, nous ne somme pas, même si nous sommes dans une situation qui s'est beaucoup dégradée, dans la situation d'autres pays. Il y aura des réformes structurelles. Mais en même temps, ce que j'observe, c'est qu'il y a en France un attachement au service public qui est particulier. Qu'il y a une structure qui est la structure de l'État, des collectivités locales et de la sécurité sociale, qui est particulière. Qu'il y a un modèle social français qui repose aussi sur la force du service public.

Naturellement, chaque fois que vous entendez parler de défense du service public, traduisez ça en défense des fonctionnaires.

Quant au "modèle social" français. Comment dire... Lôleuh... Il doit surement parler de cette flatulence où les jeunes pauvres du privé donnent tous leur fric aux papy boomers fonctionnaires...

C'est comme l'émission de Capital de l'autre jour. Où Hollande à qui on montrait des exemples américains ou hollandais de réforme efficace de l'État, a refusé en bloc toute réforme libérale à la sauce Europe du Nord de l'État et de la fonction publique, qui pourrait nuire au niveau de vie et au statut de la néo aristocratie publique.

Et dire que ces gusses se prétendent être les représentants de la justice sociale et de la jeunesse, sous prétexte qu'ils vont distribuer 150 000 postes de rentiers aux gars des cités...

Il est hors de question que je vote pour les défenseurs de l'équivalent moderne du clergé et de la noblesse d'ancien régime...

Cette gauche là n'est pas la gauche. C'est le parti de la rente. C'est le parti des papy boomers fonctionnaires qui refusent toute déflation. Et ils vous agitent les patrons du CAC40 pour faire diversion.

Le pays ne va cesser de sombrer sous le poids de cette rente phagocytaire. Au fur et à mesure que le pouvoir d'achat s'effondrera. A un moment l'évidence apparaîtra.

Surtout que pour le grand malheur de ces rentiers, on a des exemples, qui tournent, qui marchent, de pays qui se sont réformés. Comme en Suisse ou en Europe du Nord. Ce n'est pas comme si il n'y avait pas d'alternative évidente...

Au fur et à mesure que le niveau de vie des français va diverger avec celui de ces pays qui ont fait leur révolution anti rente, les rentiers de gôche auront de plus en plus de mal à enfumer les pauvres. La divergence entre la description qui sera faite du village Potemkine France et la réalité deviendra intenable.



Au passage, si la France refuse de changer, l'euro est mort. Jamais l'Europe du Nord n'acceptera de payer pour les néo aristos d'Europe du Sud... Ce n'est même pas juste une histoire de transfert. C'est une histoire de sens de l'histoire, de progrès. Avec notre modèle d'ancien régime, on les empêche d'avancer. On les tire en arrière. Et on relégitimise chez eux la rente.

Et tout aussi éclairante, je vous mets aussi l'interview d'Olivier Ferrand de Terra Nova au 12-15 de ce midi :
Olivier Ferrand
BFM Business, 16/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien 

Alors là, l'aveu est total. Lui milite bien pour la baisse de la dépense publique.

Mais surtout pas du nombre de fonctionnaires ou encore moins de leurs avantages. Surtout pas de réforme libérale à la sauce Europe du Nord. Non, pour lui, il ne faut surtout pas toucher au statut et aux rentes des fonctionnaires. Il faut juste fournir moins de service public aux gens...

Là cette fois, c'est limpide. La rente de gôche n'a aucune intention de retoucher le sol.

C'est la phase ultime du graphique de Charles Hugh Smith...

Ferrand est un ancien gars de Bercy. Et la bureaucratie de gôche est très claire. Elle veut supprimer tout le bleu pour sauver le rouge.

21 commentaires:

  1. "A un moment l'évidence apparaîtra."

    Pas dans ce pays. Jamais. Ils préfèreront transformer ce pays en Russie ou tous les fonctionnaires réclament un bakchich dès qu'ils ont une once de pouvoir. Les autres n'ont qu'à crever - c'est leur mentalité.

    Yannick

    RépondreSupprimer
  2. Une réforme type libérale comme dans le Nord ?

    Ils sont moins payer dans le nord ?
    Parce que si il faut mettre 1 millions de fonctionnaires sur le marché du travail ?
    Ils vont devenir quoi ?

    RépondreSupprimer
  3. Ce qui est bien, c'est que t'es en mode flood. Tu auto-trolles.

    C'est un concept intéressant pour faire vivre un blog.

    RépondreSupprimer
  4. "Ce qui est bien, c'est que t'es en mode flood. Tu auto-trolles."

    C'est pas comme ça que ça marche. Je suis en train d'étudier ça... Alors forcément, c'est ça qui accapare mes pensées.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sauf qu'au lieu de répondre aux commentaires qui essaient d'apporter un contre-point, et qui mettent le doigt sur la partialité de ton propos, tu préfères re-poster le même message, contenant les mêmes raccourcis.

      Et je ne te vois pas "étudier", je te vois "prêcher".

      Supprimer
  5. Je reviens sur Terra Nova.
    Sur leur site, un papier reprend le topo de Ferrand.

    "
    Terra Nova invite à un changement de méthode : il faut s'attaquer, non pas simplement aux économies de gestion à politiques publiques constantes, mais aux politiques publiques elles-mêmes. C'est ce qu'ont fait tous les pays qui ont réussi à redéployer leurs finances publiques, à froid comme Israël, la Suède, le Canada, ou à chaud sous la pression des marchés comme la Hongrie. Nous ne l'avons jamais fait : nous avons toujours empilé les politiques nouvelles sur les politiques anciennes, sans jamais les remettre en cause. C'est ce qui explique le niveau exceptionnel de la dépense publique. Ubu n'a jamais dirigé ce pays, de sorte que toutes les dépenses ont un sens. Mais il y a des politiques du passé qui ne sont plus prioritaires aujourd'hui."

    http://tinyurl.com/7g6wms3

    Le problème... c'est qu'ils ne donnent pas d'exemple !

    Quelles politiques "revoir" ou "supprimer" ? On aimerait bien savoir.

    En revanche, ils ont raison de rappeler que l'état n'est pas le seul en cause... la réflexion doit être portée aussi sur les collectivités.

    "D’abord, il faut étendre la réflexion sur la dépense publique à l’ensemble des collectivités publiques. Elle est pour l’instant limitée au seul Etat, qui ne représente 34 % de la dépense publique. Il faut y ajouter les collectivités locales (21 %) et surtout la Sécurité sociale (45 %, soit plus de 500 milliards d’euros)."

    Autant je ne supporte pas terra nova avec leurs obsession mortifères sur les banlieues et l'immigration... autant sur la réduction des dépenses publiques ils ne semblent pas totalement branques.

    En outre, à partir du moment où tu supprimes une "politique" mécaniquement ça revient à supprimer des postes de fonctionnaires (en gros).

    RépondreSupprimer
  6. @anonyme 10:27
    En même temps tu oublie qu'internet c'est pas l'anarchie : Disco est chez lui, il peut bien écrire ce qu'il veut.

    Et c'est le contexte qui fait qu'il poste beaucoup sur ce sujet.

    Ceci dit : Disco je pense que tes textes seraient meilleurs s'ils étaient un peu moins "a chaud" sur ce sujet... Donnes-toi quelques jours de réflexion ?

    RépondreSupprimer
  7. J'ai vu la prestation de Hollande hier.

    J'ai failli pleurer. Comment un homme de sa nature peut représenter un grand parti ?
    Ses réponses sont nulles, à côté de la plaque. Ses hypothèses économiques sont basées sur une croissance à 2,25 % alors que personne ne prévoit une telle croissance. Aucune annonce de réduction du déficit.
    J'aime pas le président actuel mais une chose est certaine : s'il faut choisir entre les deux, je préfère encore l'actuel et ses gesticulations. Au moins il semble se préoccuper de l'économie de ce pays.

    RépondreSupprimer
  8. ça faisait longtemps ! pour ma part, en tant que fonctionnaire-rentier à plus de 4 K€ / mois (mais lessivé par ma journée de travail hard et complexe, avec des sous-traitants du "privé" largement surpayés eu égard à leurs compétences), je bois ce soir un Vosne-Romanée 1er Cru tout en écoutant les "Galgenlieder" (à 5, il y a une version à 3) de Sofia Gubaidulina (c'est moi le "troll" du triplement de la culture)

    RépondreSupprimer
  9. J'aime les articles de DiscoTonio à chaud! Pourquoi attendre quelques jours... Ce dernier article est tellement pertinent...

    RépondreSupprimer
  10. Ah... enfin... je pensais que le triplement du budget de la culture était un vulgaire gôchiste, avec 3 neurones vaguement connectés, buvant de la bière chaude.

    Ouf. Nous sommes rassurés. Tu es un esthète, en fait. Et probablement un extrême drouâtiste qui s'ignore, voire honteux. Tendance Drieu La Rochelle.

    Mon frère !

    Tout va bien se passer.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Ah... enfin... je pensais que le triplement du budget de la culture était un vulgaire gôchiste, avec 3 neurones vaguement connectés, buvant de la bière chaude."
      Mais non ! Les vrais "gauchistes" sont fans de bières artisanales (fraîches) et plutôt cultivés par rapport aux beaufs de droite, qui ne peuvent concevoir une fête sans ouvrir une bouteille de pseudo Champagne et sans se déguiser en bourgeois, pour singer leurs maîtres qu'ils ont vu sur TF1...

      Supprimer
  11. Je suis né rentier, c'est pas de ma faute. Je reprend l'usine familiale. A partir de 15 ans je travaillais dans l'entreprise pendant toutes mes vacances. Aujourd'hui à 23 ans j'ai dirige cette entrepris. Je passe 70 heures par semaine au travail , ma vie sociale est quasi inexistante.

    Vous, vous avez pas la pression familiale, vous avez pu faire les choix de vos études et vous pourrez être fière de gagner votre patrimoine par votre travail.
    Arretez de vous plaindre, vous êtes libre.

    RépondreSupprimer
  12. http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110209trib000599988/trop-de-fonctionnaires-en-france-la-verite-par-les-chiffres.html

    ah, ça colle pas !

    http://www.modem-86.org/2011/02/16/trop-de-fonctionnaires-en-france/

    zut pas plus !

    mon dieu que faire si la réalité ne correspond pas au dogme ? vite changeons de réalité : un autre village Potemkine SVP, en ruine, arborant la bannière social-démocratie -)

    et comment ils font au Danemark avec 77 % de fonctionnaires par habitant de plus que nous (160 / 90 pour 1 000) pour avoir de bien meilleurs résultats que nous sur les déficits et la dette ?

    serait-il possible que la question ne corresponde pas au problème ? voire n'ai à peu près aucun lien avec lui ?

    et d'où vient alors réellement le problème ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La question n'est pas celle du nombre, mais de ce que tu as pour ton argent.

      Et force est de constater que la fonction publique coute un bras pour un service pourri.

      Je cite quand même La Tribune :
      "Là encore, c'est l'Allemagne qui fait partie des meilleurs élèves avec un ratio de traitements et salaires des fonctionnaires ne dépassant pas 7% de son PIB, le produit intérieur brut. La France est cinq points au-dessus avec plus de 12%. "

      Et tu m'enlèveras pas de l'idée que quand tu as la moitié des 20% les plus riches qui sont des fonctionnaires, on a un gros problème. Tu peux enfumer dans tous les sens, moi ce que je vois très clairement, c'est une nouvelle aristocratie.

      Sinon, je note qu'aucun de tes articles ne donne un graphe ou une source qui permettrait de mieux se représenter les choses. Je me méfie comme la peste de ce genre de sources faussement chiffrées à coup de blabla.

      Donne moi plutôt une source précise. Et on pourra discuter.

      Je vais aller jeter un œil sur eurostat d'ailleurs.

      Supprimer
    2. je ne crois pas que l'Allemagne soit un modèle très très pertinent, même si c'est celui qui est à la mode

      je pense moi aussi que les nordiques, écartés d'un revers de main car jugés "trop petit", sont plus indiqués

      et là on voit que le Danemark est à 17 % de son PIB pour les fonctionnaires

      donc ça ne tient pas et comme le dit la Tribune :
      Il en ressort d'abir qu'il ne s'agit en aucun cas d'un baromètre de l'efficacité et de la santé dun pays (fautes incluses)

      La vérité est ailleurs !!!

      PS : les sources me semblent citées dans les articles

      Supprimer
    3. Ces journaleux, y en a pas un pour rattraper l'autre.

      J'ai retrouvé sur Eurostat les données qui permettent de faire ce blabla verbeux.

      Ca leur aurait fait mal au cul de mettre ce graphique ci que j'ai fait, plutôt que d'enculer les mouches ?

      Salaires des fonctionnaires en %tage du PIB

      Mais ça on s'en fout. Ce que je voudrais savoir plutôt, c'est la différence de salaire moyen (et médian) entre les fonctionnaires et le privé...

      Supprimer
  13. Tout dépend de la fonction publique et de l'avancement de la carrière.

    A 27 ans, contractuel fonction publique, je fais peine avec mes 1370 euros nets, contre les 2000 nets de mes potes du privé...
    Par contre, j'ai plus de congés, ça compense.

    RépondreSupprimer
  14. Le nain a dit:

    "quand tu as la moitié des 20% les plus riches qui sont des fonctionnaires, on a un gros problème"

    C'est surtout ta phrase qui a un problème. Ta tranche des 20% elle veut rien dire. Tu peux être dans cette tranche et te contenter de vivre normalement avec 2000 euros/mois, donc sans être riche.

    Si tu veux nous parler d'aristocratie, regarde plutôt les tranches de 1% et de 0,1% des plus haut revenus.

    Le nain a aussi dit:

    "Et force est de constater que la fonction publique coute un bras pour un service pourri."

    En lisant cela on comprend mieux tes névroses et pourquoi tu fais des fixations.

    Plutôt que d'être aigri et d'envier les fonctionnaires, tu ferais mieux de foutre le camps de ta SSII pourrie pour te négocier un meilleur salaire ailleurs. Quand on bosse dans l'info et qu'on est compétent, on ne reste pas plus d'1 an dans une boite si les conditions ne sont pas les bonnes.

    RépondreSupprimer
  15. "A 27 ans, contractuel fonction publique, je fais peine avec mes 1370 euros nets, contre les 2000 nets de mes potes du privé...
    Par contre, j'ai plus de congés, ça compense."

    Et un job a vie, quelque soit les conneries que tu vas faire.
    Tu es le chouchou de Hollande..
    Il faut savoir ce que c'est de se faire virer une fois pour comprendre ce que c'est le vrai monde, un pas un parc a bisounours.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Avant d’être contractuel, j'ai fait 3 ans de CDD et de chômage (cause grosse dépression).

      Les contrats rompus juste à la fin de la période d'essai sans me prévenir, les entretiens à n'en plus finir (vous êtes trop/pas assez diplômé/expérimenté, etc... ) les boites qui proposent des CDI mais essorent les gens de façon à avoir un bon turn over, je connais.

      Je rappelle que je suis contractuel, pas titulaire. Je suis en CDD de 3 ans. La titularisation ne se fait que si j'ai le concours. Mais je ferai tout pour rester dans le public, au moins je n'aurai plus à subir les crases et les conneries du privé.

      Supprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.