lundi 12 mars 2012

Sur la fosse à purin du bilan de la BCE

Tout plein de graphiques sur le blog d'Olivier Berruyer, pour visualiser le bilan de la BCE :

Le bilan de la BCE
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 12/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien

   Côté actif, c'est surtout l'augmentation de la taille qui frappe :


Et avec les deux couches de LTRO, la part des prêts aux banques a explosé :


Sur ce graphique ci, on voit l'allongement des maturités des prêts aux banques des LTRO (en vert à droite), ainsi que la hausse des obligations des PIIGS (en bleu) :


Un bilan de la BCE qui a désormais très largement dépassé celui de la Fed :


   Maintenant, du côté du passif... Car rappelons le, normalement (si tant est que ce mot aie encore un sens aujourd'hui), le bilan reste équilibré quoi qu'il arrive :


Et poste par poste. En rouge, les engagements auprès des banques :


Et ici le détail de la sous-partie purement dépôts des banques :


La BCE fait donc office de marché interbancaire et assure le rôle de money market. Sauf qu'elle prête en échange de collatéral pourri. Et tente en fait de maquiller en crise de liquidité une crise de solvabilité.

Et Berruyer de revenir sur les maturités de ces prêts aux banques.

En absolu :


Et la part de chaque maturité :


On voit très bien dans ce graphique comment les maturités ont explosé et comment ils kickent the can...

Autre graphique, via ZeroHedge cette fois, du pourcentage des actifs des banques de chaque pays, qui sont immobilisés à la BCE en échange de prêts du LTRO :
Encumbrance 101, Or Why Europe Is Running Out Of Assets
ZeroHedge, 11/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Il s'agit donc bien très clairement d'un bailout des banques des PIIGS, et d'une politique de transfert qui ne dit pas son nom...

10 commentaires:

  1. Bail-out des banques tout court, pas spécialement les banques des Piigs, et bail-out notamment des banques allemandes et françaises.

    C'est bien les épargnants allemands et français à qui on sauve les miches (sans oublier les hollandais et les anglais), tout en arrosant les spéculateurs au passage, histoire que tout le monde y trouve son compte, sauf le contribuable et les travailleurs

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Superbe synthèse.

      L'illustration graphique de la crapulerie à l'état pur.

      Draghi est dangereux. Mais pas seul. Il agit sur ordre. De Merckel, Sarko et de tous les autres.

      C'est une gigantesque fraude, un hold up à l'échelle continentale. Et qui a débuté en 2008.

      Mais qui parmi le populo comprend cela ? Que dalle.

      Les veaux sont en effet condamnés à payer. Tant pis pour eux.

      Et je suis d'accord avec le dernier commentaire : in fine, cette fraude est organisée... pour nous sauver les miches.

      C'est ça l'extraordinaire vice de la chose.

      Et ça permet de comprendre l'étendue de la corruption.

      On essaye de sauver les faux actifs. Pour maintenir l'illusion, le fantasme de "croissance", faire reculer la mort rouge, c'est à dire l'appauvrissement généralisé.

      Donc il faut le répéter encore et toujours : cette fraude ce n'est pas pour sauver l'"oligarchie des banquiers" (eux c'est la partie visible de l'iceberg)... mais en fait pour sauver un sacré nombre de veaux, madame michu et tonton albert : retraités, fonctionnaires et autres.

      Ca en fait du monde.

      Et en filigrane on voit le problème : si on abandonnait la fiction de ces faux "actifs", alors c'est bien tout notre système qui s'effondrerait.

      L'enjeu est donc... ontologique. Phénoménal de part son étendue.

      Corollaire : les tenants du système ont déployé et CONTINUERONT de déployer tous les moyens pour défendre cette fiction, le système.

      Ici, la fin justifie totalement les moyens.

      Deuxième pierre d'achoppement. Un bon paquets de gens (plus éclairés quand même) pensent que la fin est "proche". Ils attendent un échec et mat technique (puisque toutes les lois sont violées, y compris les lois de l'arithmétique)...

      Enorme erreur.

      L'enjeu est simplement trop gros.

      Voilà pourquoi in fine, et ce sera l'ultime carte, les crapules n'hésiteront pas à se lancer... dans une aventure militaire.

      Seule "diagonale du fou" sur l'échiquier, pour faire diversion.

      L'histoire est là pour le prouver.

      Supprimer
    2. Tiens on parlait hier des italiens et des espagnols, ceux à qui ils restent quelques neurones... le deposit flight est confirmé !

      http://tinyurl.com/6rundwf

      L'argent se barre !

      Rappelons aussi la stat italienne de ce matin : PIB sur T4 en négatif. Après T3. Récession officielle donc.

      Bref, les tensions vont continuer de s'accumuler... et le pognon va continuer de se barrer... Ce flot va s'intensifier...

      Supprimer
    3. Mouais... Bon de toute façon, je suis coupable de rien, je suis jeune, chômeur, et sans épargne. Mais quand même, je vais essayer d’exonérer le veau moyen, otage du système.

      Les banques ont (avaient? sa doit être plus dure maintenant) de plus en plus développé leur business pour le propre compte. Le genre de truc avec des emprunts de courte duré renouvelé pour financer leur cochonnerie longue durée. Ma question c'est, dans quelle mesure l'activité des banques ou autres societés financieres repose sur l'épargne du popoy de base? Je ne connais absolument pas les chiffres mais je suis persuadé que ça ne représente pas la majeur partie. Et du coup, papy roger, même si il a beau être un sal rentier, il est juste otage du système, parce que si sa banque saute, et bah sa rente disparait avec. Car bien-sur, cette banque s'est assurée d'être too big to fail.
      D'où les LTRO qui font office de marché interbancaire pour financer les bêtises décrites plus haut.
      Voila. La banque, c'est le mal. Nous, on est juste des otages citrons, juste bons à être pressé.

      Vu comme ça, on a la conscience plus légère ^^

      Supprimer
  2. Ce ne sont pas les banques qui sont sauvées mais du temps qui est acheté pour essayer de sauver le système. Si on avait pas transféré les dettes sur la BCE, je pense que cela aurait ressemblé au k-o bancaire (on peut s'en réjouir pour reconstruire plus vite). Les politiques actuels refilent la patate chaude à leurs successeurs...

    Il ne faut pas se leurrer, tout cela va probablement mal finir malgré les pare-feus qui se mettent en place (MES,...).
    Le problème est avant tout générationnel et démographique. Même en faisant passer la retraite à 67 ans, l'Europe aura besoin de 40 millions d'immigrés dans les 20 prochaines années pour payer les retraites de la génération Baby-boom ou papy-krach si vous préférez. Avec la crise actuelle, l'immigré n'est pas le bienvenu dans l'esprit des européens et le déclin du continent ne va pas les attirer longtemps (cf les américains du sud qui réémigrent vers leur continent d'origine).

    Le bilan de la BCE, je m'en fous un peu, son passif n'est pas exigible donc cela ne craint rien tant que des gens ont confiance dans l'Euro. La dette des états est plus inquiétante à court terme et la démographie est un truc insoluble.

    Concernant la France, c'est la première fois que notre pays va faire faillite en temps de paix, tout un symbole de la démocratie clientéliste et de la bureaucratie cannibvale

    RépondreSupprimer
  3. Yannick Barth12 mars 2012 22:02

    Je vous signale le débat avec Asselineau en direct sur http://live.opinews.com/

    RépondreSupprimer
  4. Alors là mes chéris... c'est du lourd.

    Sarkozy vient tout bonnement d'exploser en vol.

    Repousssant les limites de la démence.... Il faut vraiment se barrer. On assiste à un concours de démence collective. Au secours !

    ****************
    Invité sur TF1, le président de la République, Nicolas Sarkozy a proposé la création d'"un impôt lié à la nationalité", jugeant "particulièrement scandaleuse" la "catégorie" de Français qui pratique l'exil fiscal, et précisé que la mesure épargnerait les expatriés pour raisons professionnelles. "Il y a deux catégories, les expatriés et les exilés fiscaux", a-t-il déclaré. S'agissant de la seconde, "je souhaite que la fiscalité et la nationalité soient liées. Nous allons appliquer ce qu'appliquent les Américains: un impôt lié à la nationalité".

    "Toute personne qui a quitté la France pour ne pas payer d'impôts devra faire connaître à l'administration le montant des impôts qu'elle paie à l'étranger. S'il est inférieur à celui qu'elle aurait payé en France, il paiera la différence", a-t-il expliqué. En revanche, il ne souhaite pas "toucher au statut fiscal des expatriés".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ooohlala
      ils vont morfler les tennismans suisse enfin francais, enfin joueurs français mais suisse. On va en bouffer du kinder bueno a la teloche.

      Supprimer
  5. Et hop ! La dernière crapulerie...

    Sweet en Espagne. Ca glisse. ;-)

    C'est à mourir de rire : exactement le même process qu'en Grèce... Chaque "prévision" est démentie par la réalité, et à chaque fois les crapules de Bruxelles avalent les boas.

    ***************
    Les ministres des Finances de la zone euro ont accepté ce soir d'assouplir l'objectif de réduction du déficit budgétaire de l'Espagne cette année, qui devra être ramené à 5,3% du PIB contre 4,4% prévu à l'origine, a annoncé leur chef de file Jean-Claude Juncker.

    Ce nouvel objectif est néanmoins un peu inférieur à celui qu'avait annoncé le Premier ministre espagnol le 2 mars, de 5,8% du Produit intérieur brut national.

    RépondreSupprimer
  6. Dernier éclair de génie de Sarko sur l'impôt : Yannick Noah va sauter de joie !

    Je pense que là, il va accepter de chanter gratuitement à tous les meetings de Flamby...

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.