vendredi 27 avril 2012

Le choix entre le tout Etat et ... le tout Etat

Comment se sortir d'un truc qui marche pas ? En faisant encore plus du truc qui marche pas...

La droite parlementaire française est-elle la plus à gauche d’Europe ?
atlantico, Corinne Deloy, 27/04/2012 (en Français texte en français )
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Atlantico : François Bayrou a dénoncé ce mercredi une "fuite en avant" de Nicolas Sarkozy derrière Marine Le Pen. Au sein même de l'UMP, certaines voix comme celle de Jean-Pierre Raffarin se sont élevées pour dénoncer un positionnement jugé trop à droite pour sa campagne. La droite parlementaire française est-elle véritablement plus à droite que ses homologues européennes ?

Corinne Deloy : La droite française a la particularité de ne pas être libérale, ce qui en fait une exception en Europe. Pour des raisons historiques, la droite de l’Hexagone est étatiste, au contraire de la grande majorité des droites européennes. Le Parti conservateur britannique, l’Appel chrétien-démocrate et le Parti populaire pour la liberté et la démocratie aux Pays-Bas, le Parti chrétien-social au Luxembourg, l’Union chrétienne-démocrate en Allemagne, les partis des États nordiques sont toutes des formations libérales qui mettent en avant la responsabilité, l’esprit d’entreprise, la concurrence et le rôle crucial des entreprises et des marchés.

Ces droites européennes sont hostiles à toute réglementation en matière économique et très réticentes à recourir à l’Etat qui, selon elles, doit encadrer le fonctionnement des marchés et de la société mais sans leur imposer de contraintes. Au pouvoir, ces partis ont tous mis en place des réformes structurelles allant dans le sens d’une flexibilisation du marché du travail, d’une baisse des taxes, de la réduction de la dette et du déficit, etc. En Europe centrale et orientale, après cinquante ans de communisme, les principaux partis de droite sont également libéraux.

Finalement, son étatisme ou son non-libéralisme expliquent que la droite française soit vue comme la plus à gauche des droites européennes. Ainsi, les partis de gauche des pays d’Europe centrale et orientale, y compris les plus à gauche comme par exemple le Parti du centre en Estonie qui défend pourtant un programme très social, sont plus libéraux que l’UMP.


La faute de Bayrou : ne pas avoir pris suffisamment en compte le courant libéral
atlantico, Michel Faure, 27/04/2012 (en Français texte en français )
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François Bayrou a voulu rassembler le centre sans prendre en compte ce qui désormais le constitue : le libéralisme. Le candidat du Modem a commis la faute de rester dans le “marais” qu’a toujours été son camp depuis l’effondrement d’un courant démocrate-chrétien dont il est l’ultime avatar. Il s’y est embourbé. C’est très dommage, mais c’est bien mérité.

De nombreux libéraux, à l’occasion de ces élections, se sont tournés vers François Bayrou dans l’espoir, qui s’est avéré vain, qu’il les représente enfin. Certaines organisations libérales, comme le Parti Libéral Démocrate (PLD) ou le Mouvement des Libéraux de Gauche (MLG) ont appelé à soutenir sa candidature car ils ont trouvé chez lui des valeurs qui leur sont chères : le réalisme, l’honnêteté, la mesure. Mais ils attendaient de lui qu’il reconnaisse aussi le poids des idées libérales, diffusées dans l’ensemble de la société française. Ils attendaient que Bayrou reconnaisse leur pertinence en ces moments de crise, qu’il aille plus loin dans ses propositions d’économies et de réformes, qu’il s’engage davantage en faveur d’une révision de notre système électoral pour y introduire plus de proportionnalité, qu’il redéfinisse le périmètre des actions de l’Etat, défende les acquis européens et notamment les accords de Schengen. Il n’en a rien fait et peu de libéraux, sans doute, ont voté pour lui.

Lui qui se réclame tant de la vérité aurait pu s’approcher de la vérité du libéralisme, laquelle se résume dans la devise de la République – Liberté, Egalité, Fraternité. Il aurait pu deviner, lui le Béarnais, les vertus « girondines » du libéralisme, l’importance de maintenir l’Etat dans ses limites d’arbitre et de régulateur, l’urgence absolue de rembourser la dette et réduire les dépenses de l’Etat afin de libérer les énergies créatrices des Français. Il a choisi d’ignorer cette vérité. Il a préféré tenir son « marais » dépeuplé plutôt que s’aventurer dans une direction qu’il a jugée conflictuelle, audacieuse ou brutale, je ne sais. Il aurait pu voir que les libéraux l’attendaient, espéraient une reconnaissance et une réponse. Il lui suffisait d’en décider, et le centre devenait une force libérale. Cette force lui aurait donné l’élan qui lui a manqué.



Et la chronique de Fiorentino de ce matin, sur le calendrier électoral prochain, tant en Grèce qui pourrait bien finir par sortir de l'euro, qu'en Irlande qui va refuser le traité européen, ou encore en Allemagne où la CDU va surement s'allier à la CDU :
L'édito de Marc Fiorentino
BFM Business, Marc Fiorentino, 27/04/2012 (en Français texte en français )
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12 commentaires:

  1. J'aimerais une source pour venir confirmer que les pays du nord on baissés leur dettes public. C'est inutile de chercher car c'est tous simplement faux. Au mieux ils réussissent à contenir sous les 3% (hors crise). Je croyais d'ailleurs que les usa, l'Irlande, l'Angleterre (comme par hasard qui retombe en récession) étaient des modèlent libéraux à suivre, ils sont comme tous le monde: en slip.
    Comme le dit Delamarche, ils ne restent que des mauvaises solutions.
    Qu'on soit neo-keynsien ou neo-liberaux, ces deux modèles ne fonctionnent plus. Il doit y avoir une purge mais aucun des deux camps n'est prêt à l'accepter d'ou la fuite en avant.

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    1. Au hasard pour la Suède je trouve :

      http://www.economywatch.com/economic-statistics/Sweden/General_Government_Gross_Debt_Percentage_GDP/

      Ce qui correspond bien à une diminution de la part de la dette. L'exact inverse en fin de compte de la situation française.

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    2. c'est pas un probleme de liberalisme ou de keynesianisme:c'est 40 ans de fraudes du système financier qui sont devenues impurgeables
      m.pokora

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    3. La Suède, c'est typiquement l'exception qui confirme la règle, avec une permanence majeure de la présence de l'Etat dans l'économie qui contribue aux équilibres budgétaires. D'autre part, la diminution relative de la part de la dette s'est notamment faite dans un contexte de croissance forte du PIB, permise par un contexte mondial porteur.

      C'est en somme à la fois la preuve qu'un Etat fort n'est pas condamné à la gabégie budgétaire, que c'est bien l'intervention publique qui est la plus à même de faire des corrections dans des trajectoires économiques nationales, et que la croissance est un paramètre fondamental quand on s'engage dans un processus d'ajustement.

      Bref, observer la Suède, c'est juste la meilleure manière de mettre à la poubelle les recettes toutes faites. A commencer par les recettes libérales. Pour le coup, le budget de la culture, ça fait longtemps qu'ils l'ont triplé, nos amis suédois et le niveau d'impôts ferait crier à la spoliation tous les woodpecker qui peuplent nos bois.

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    4. Ben voyons, c'est l'exception... Je croyais qu'il fallait même pas chercher car c'était faux...

      Si vous regardez les autres pays du Nord, tous ont réussi au moins une fois à diminuer leur part de dette pendant un cycle économique au cours des dernières années. En France, c'est depuis 40 ans vers l'infini et au-delà...

      Le dogme que vous affirmez stipulant que la dépense publique engendre une tendance économique vertueuse devrait placer la France en pole position de la croissance mondiale. Or ce n'est pas le cas. Voir même pas du tout. C'est donc faux, ou plutôt incomplet.

      Enfin, on me dit dans l'oreillette que la croissance mondiale à l'époque où la Suède s'est reformée (début des années 90) était bien inférieure à 2%, péniblement au-dessus de 3% certaines années. Donc au finale bien inférieure à la croissance mondiale que nous avons eu au cours des années 2000, et inférieure à la croissance 2010 et 2011... Donc si vous pouviez également arrêter de raconter des conneries de ce côté-ci (en plus de signer vos posts), çà serait pas mal et vous gagneriez en crédibilité. La France et les pays faillis d'Europe de Sud qui vont retrouver leur place dans le tiers monde ont eu tout autant de chance sinon plus que la Suède pour redresser la barre.

      Pour finir, il n'est pas dérangeant de payer beaucoup d'impôts à condition qu'ils soient bien utilisés, qu'un niveau de service juste (donc non clientéliste) et en adéquation avec les montants versés suive derrière et que le pays se porte bien.

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  2. Diantre, et moi qui croyais que l'Europe était pleine de socialo-communistes soviétoïdes qui ne rêvaient que de transformer les pays européens en ersatz de l'URSS collectiviste...

    En fait non, l'Europe est donc bien pleine de libéraux, et en Europe, de nombreux partis dits de gauche, sont des libéraux.

    Comme quoi, à force d'avoir pris du retard, la France a désormais un temps d'avance sur l'avenir.

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  3. Ils sont marrants ces cons de libéraux à croire qu'il aurait du poids dans une élection en France. Le pauvre Bayrou aurait fait un score encore plus pitoyable en suivant leurs conseils.
    En plus ils sont malhonnêtes, Bayrou est allé le plus loin sur la proportionnelle aux élections et sur la dette et la dépense publique. Il a été le plus euro-béat, la défense de Schengen allait de soit.

    Le libéralisme en France, la seule chose qu'on en connait, c'est le libre-échangisme dogmatique, le laissez-fairisme jusqu'à ce que ça craque, à base d'immigration massive, de liberté de mouvement de capitaux bordélique, et d'anti protectionisme primaire qui fait de l'Europe l'idiote utile du village globale.
    Bref, toute la chienlit qui n'a profiter qu'aux kleptocrates proche du robinet à monnaie, aux kleptocrates de l'import export dont les prix de ventes n'ont plus rien à voir avec les prix d'achats ( Mais puisqu'on vous dit que la concurrence est telle qu'on ne peut pas s'accorder sur les prix, tu parles, vive les cartels de Bruxelles) et enfin tous les passagers clandestins du système type fonctionnaires et rentiers.

    Comme quoi le libéralisme peut être dévoyer. Mais non, il nous faut plus de libéralisme! Et à qui cela profitera? à toi? tu le crois vraiment? Ah! C'est trop tard.
    Le pouvoir est dans les mains de l'oligarchie, a la limite tu auras la remise en cause du statut des passagers clandestins du système (et encore, faut pas nier leur rôle de stabilisateur sociale), cela permettra seulement aux kleptocrates de se gaver encore plus, et toi tu seras seulement moins rageux en voyant retraités et fonctionnaires venir patauger dans ta merde.

    Le libéralisme dans la main des puissants, c'est juste un outils de domination des plus faibles.

    Puis on peut ajouter que leur fameux partis libéraux européens vont prendre des taules dans les élections qui viennent, notamment le FDP allemand.

    Tant que les libéraux s'attacheront surtout à la défense de leur dogme type Consensus de Washington, ils seront inaudible pour le peuple.

    (D'ailleurs les libéraux qu'on peut voir à la télé sont vraiment des truffes qui ne savent pas défendre le libéralisme autrement qu'en parlant de corée du nord, cuba, URSS, sovietoïde et compagnie... qu'on serait tous a poil sans le liberalisme, dernier exemple avec Philippe Nemo dans ce soir ou jamais du 24 avril)

    Puis en dernier, si quelqu'un trouve une étude sociologique de qui se réclame à fond du libéralisme économique, ça m’intéresserait. C'est une espèce que je ne croise que sur internet.

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    1. d'accord,mais peut etre que bayrou est plus malin.
      il a compris que les autres candidats razaient gratis et que le système s'efondre vite.il prend date pour très bientot.ça sera celui qui nous avait prévenus,le seul a peu près vertueux.qui peut vraiment croire que les systèmes sarko et hollande vont tenir longtemps?qui peut croire que l'italie et l'espagne ne vont pas exploser?
      m.pokora

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  4. Cuba est un système libéral au niveau de son agriculture, et c'est très performant.

    Par contre, le système d'agriculture intensive aux mains des oligarques de l'agroalimentaire est la pire chose qui soit jamais arrivé.
    Rendez vous compte, si on ramène la production à l'hectare, on produit moins qu'un paysan aztèque.

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  5. Bien sûr que la responsabilisation des individus est une bonne chose... bien sûr qu'il ne faut pas en revenir à la planification centralisée totale... mais ça fait bien longtemps que les libéraux de par chez nous se sont transformés en ploutocrates et mettent en pratique un fondamentalisme du Marché qui pèse sur les peuples et les esprits, dans toutes les sphères de notre vie.

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  6. "les partis de gauche des pays d’Europe centrale et orientale (...) sont plus libéraux que l’UMP."

    Pour avoir vécu en Pologne lorsque leur gauche (SLD : "union de la gauche démocratique") était au pouvoir, je confirme. Economiquement, c'était nettement plus libéral que l'UMP. Beaucoup plus atlantiste que l'UMP aussi - ça, je ne dis pas que c'est une bonne chose.
    Et je ne parle pas des questions de morale ou de société (une immigration africaine comme on la connaît en France est inimaginable là-bas, même par les plus fous des extrêmes-gauchistes à outrance).

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  7. En attendant, Jacques Delpla, socialo-communiss notoire, vote François Hollande

    "Je soutiens François Hollande pour le second tour (après Bayrou au premier), alors même que j’avais soutenu Nicolas Sarkozy en 2005-2007 et que je fus un compagnon de route du Sarkozysme réformateur dans la première partie du quinquennat - quand il prônait réformes et ouverture. Pourquoi cette rupture ? A cause du flirt poussé de Sarkozy 2012 avec les thèmes du FN."

    http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221146252/liberal-hollande

    Un choix en cohérence avec ce qui fait l'essence du libéralisme, et qui s'inscrit en opposition aux fondamentalistes libertariens.

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