mercredi 25 avril 2012

Vers une rigueur budgétaire couplée à une relance de l'investissement ?

Réforme de l'État et rigueur budgétaire d'un côté, et investissement sur compte propre avec l'argent dégagé de l'autre ?

Ça serait pas trop tôt...

Hollande suggère de possibles mesures d'économie dès l'été si nécessaire
AFP via La vie éco, 25/04/2012 (en Français texte en français )
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Le candidat PS à l'Elysée, François Hollande, a laissé entendre mercredi que s'il était élu, il pourrait décider de mesures d'économie dès l'été dans le cadre de la loi de finances rectificative, si l'état des comptes publics était "plus difficile" que prévu.

"Je confirme: au lendemain de l'élection présidentielle, je demanderai à la Cour des comptes de nous faire un rapport --bref d'ailleurs-- sur l'état réel des comptes publics, de ce qui a été promis dans la campagne par le candidat sortant (Nicolas Sarkozy, ndlr) et parfois dépensé", a déclaré M. Hollande lors d'une conférence de presse.

Indiquant que ce rapport serait attendu "pour la fin du mois de juin, il a attiré l'attention sur l'importance de ses "conclusions". "Il y aura un collectif budgétaire, ce qu'on appelle une loi de finances rectificative, sur les comptes 2012. Si nous sommes dans une situation plus difficile, j'en tiendrai nécessairement compte pour agir", a affirmé le candidat socialiste.

Application des préconisations du rapport de la cour des comptes ?

"Désindexation des retraites sur l'inflation, le gel des salaires des fonctionnaires..."

Ça rééquilibre à la hache certes les grands déséquilibres de ce pays entre retraités, fonctionnaires et privé, mais ça ne réforme en rien l'État et son organisation...

Et c'est trop horizontal à mon goût. En tapis de bombe...

Je m'autoquote :
Migaud propose entre autres la désindexation des retraites sur l'inflation, le gel des salaires des fonctionnaires...

Là encore, c'est un faux choix, un choix de lâcheté, un refus de s'en prendre aux clientèles qui pillent le pays.

Car tous les fonctionnaires ne sont pas des rentiers. Et tous les retraités ne sont pas des voleurs.

Comment expliquer qu'il faut geler le salaire d'instituteurs qui gagnent 1500€ par mois pour gérer et instruire 30 mouflets survoltés ? Comment expliquer à une infirmière à la retraite à 1200€ par mois qu'elle doit perdre du niveau de vie ?

Quand est-ce que l'on va aller débusquer les véritables cohortes de rentiers, dans le détail, sans faire de dommages collatéraux ?

Qu'on commence donc par aller chercher les préretraités du (semi) public, à 55 ans, et qui palpent du lourd par mois... Ça va déjà faire du monde... Mais vu qu'on va y retrouver en grande partie le cœur du noyau de l'extrême rente... pardon, de l'extrême gauche, en-lutte-contre-les-salauds-de-riches, ça va être politiquement pas facile, c'est sûr...

Mais il faut refuser cette fausse alternative de la dévaluation de tous, pour maintenir le statu quo et l'ordre social actuel, avec les rentiers odieux en haut de la pyramide... Il est temps de renverser la table et que les vaches à lait se révoltent contre ceux qui les traient...



Merkollande est mal parti(e)
Romaric Godin, La Tribune, 25/04/2012 (en Français texte en français )
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La renégociation du nouveau traité budgétaire européen annoncée par François Hollande semble vouée à l'échec. Mais Angela Merkel devra accepter un compromis pour sauver, au moins officiellement, le couple franco-allemand.

L'esprit du traité n'est pas compatible avec la relance

Ce traité, rappelons-le, impose aux pays en crise une cure d'austérité pour redresser rapidement leur compétitivité. Pendant cette cure - et seulement à cette condition - Berlin accepte, via le Mécanisme européen de stabilité (MES), le successeur du FESF, d'aider ces pays à faire face à leurs dettes. Ajouter un plan de relance à cette construction n'a aucun sens du point de vue allemand : cela revient à financer les déficits des uns par les excédents des autres et donc à rééquilibrer par le bas la compétitivité, ce dont Berlin ne veut pas. Et surtout, dans une logique ordolibérale, la récession a une fonction : celle de « dégonfler » la croissance artificielle créée par les dépenses publiques. Si vous "réduisez" cette récession, vous réduisez les incitations aux réformes visant à restaurer la compétitivité.

Risque intérieur allemand

Cette restauration de la compétitivité dans les pays touchés par la crise de la dette est une priorité pour Berlin, car c'est pour le gouvernement allemand une façon de s'assurer qu'il ne deviendra pas la vache à lait de l'Europe.

En 2013, l'Allemagne pourrait revenir à 2 % de croissance. De plus en plus, la croissance allemande dépend non plus de ses voisins que de la conjoncture en Asie. C'est de là que vient l'impulsion capable de porter l'économie allemande. Le fort découplage entre la croissance européenne et la croissance allemande au cours de ces deux dernières années ne s'explique pas autrement.
2% de croissance avec une population en baisse... Ça c'est de la croissance par habitant...

L'appui du SPD ?

Jean-Marc Ayrault espère enfin que le SPD allemand pourra faire céder Angela Merkel. Le traité n'est en effet pas encore ratifié par le Bundesrat et le Bundestag et il faut pour ce faire une majorité des deux-tiers, donc les voix sociales-démocrates. Or, souligne avec raison le maire de Nantes, « le SPD demande un volet de croissance. » Mais Ursula Münch ne croit pas que le SPD aille jusqu'à bloquer le processus de ratification. « Le risque en termes de politique intérieur serait trop grand », estime-t-elle. D'autant, fait-elle remarquer, que « le SPD ne semble pas actuellement en mesure de diriger le prochain gouvernement après les élections de 2013 puisqu'on se dirige vers une « grande coalition » dominée par la CDU ». Il ne doit donc pas aller vers une rupture avec la CDU.

Vers un compromis

On le voit, malgré ses ambitions affichées, François Hollande n'aura sans doute pas de marge de manœuvre pour imposer ses vues à Angela Merkel. Il n'y aura pas de renégociation du traité. Mais ceci ne signifie pas que la chancelière ne fera pas de geste, comme elle a su en faire tant pour Nicolas Sarkozy. « La politique de la chancelière est pragmatique, elle veut atteindre des objectifs précis et est prête pour cela à faire des compromis », rappelle Ursula Münch qui ne croit pas que la chancelière ira jusqu'au conflit ouvert avec Paris. Ce compromis pourrait prendre l'aspect d'une « initiative pour la croissance » indépendante du traité. C'est ce qu'a évoqué le ministre allemand des affaires étrangères Guido Westerwelle mardi. Et Jean-Marc Ayrault ne ferme pas la porte à ce compromis : « nous n'en sommes pas à discuter de la forme, mais nous n'accepterons pas de simples déclarations de bonnes intentions », affirme-t-il.



Et sur la déclaration de Draghi qui a peut-être été mal interprétée en France :
Mario Draghi : la zone euro a besoin d'un "pacte de croissance"
La Tribune, Sophie Rolland, 25/04/2012 (en Français texte en français )
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Le président de la BCE a appelé à davantage de croissance en Europe. Mais il s'agit davantage d'une demande de réformes structurelles - potentiellement douloureuses - dans les pays de la zone qu'un pas vers un assouplissement ou même un abandon du pacte budgétaire.

Angela Merkel a applaudi. « Nous avons besoin de croissance, de croissance sous forme d'initiatives pérennes, pas juste de programmes de conjoncture - qui creuseraient encore la dette publique - mais de croissance comme Mario Draghi l'a dit aujourd'hui, sous forme de réformes structurelles », a déclaré la chancelière.

Quant à François Hollande, il a estimé que cela prouvait que les idées des socialistes français cheminent. Cette déclaration « va plutôt dans le sens que j'ai indiqué, je ne veux pas tirer [des conclusions de] ses propos, parce qu'il ne met pas forcément la même chose que moi dans les mesures qui pourront soutenir la croissance », a toutefois tempéré le candidat socialiste à la présidentielle lors d'une conférence de presse. [...] Parmi ses propositions : la création d’euro-obligations pour financer des projets d'avenir, donner à la Banque européenne d'investissement (BEI) plus de possibilités de financement, la création d’une taxe sur les transactions financières et la mobilisation des fonds structurels non utilisés.

8 commentaires:

  1. Bonjour Tonio,

    Je pense que tu commets quelques erreurs - importantes - d'estimation des salaires :

    "Comment expliquer qu'il faut geler le salaire d'instituteurs qui gagnent 1500€ par mois pour gérer et instruire 30 mouflets survoltés ?"

    1500 euros par mois NET avant mutuelle en DEBUT de carrière équivalent à environ 1800 euros par mois BRUT dans le privé, soit un salaire de 21600 euros par an auquel il faut ajouter 8%, car il a toujours été dit, même si on ne le répète guère aujourd'hui, qu'il fallait compenser par le salaire les congés supplémentaires. Soit 23 328 euros avec la garantie de l'emploi en début de carrière.
    A comparer avec Bac+5 commercial banque en Pays de la Loire sur Cadremploi, par exemple : salaire MEDIAN 25 à 30.000 SANS garantie de l'emploi et avec une pression différente, mais importante
    http://www.cadremploi.fr/emploi/resultat_comparer_salaire?fonction=30100&secteur=20000&region=18&experience=1&niveau_formation=13

    Et puis, si les profs sont pas contents, qu'ils changent de métier, j'en ai connu qui se sont épanouis dans le privé (NB : ne dis pas que je suis un anti-enseignant primaire, ma femme est prof des écoles).

    "Comment expliquer à une infirmière à la retraite à 1200€ par mois qu'elle doit perdre du niveau de vie ?"
    Celle-là, elle n'existe pas dans celles qui partent actuellement à la retraite, ni sans doute dans celles qui y sont déjà.
    Ici
    http://www.syndicat-infirmier.com/Reforme-des-retraites-infirmieres.html
    ils se plaignent qu'en partant à la retraite avec le NOUVEAU calcul (moins favorable, donc), l'infirmière de base (ce sont les syndicats, ils ne vont pas prendre le cas le plus favorable), en partant à 55 ANS, gagnera 1726 euros brut (je suppose), soit environ 1470 euros net une fois enlevé 15% de charges sociales pour les retraités (et il me semble que c'est moins). Sachant qu'elle aura encore droit à l'abattement de 10% pour frais professionnels une fois occupée à jardiner...

    Oui, pauvres employés du public et pauvres petits retraités.

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  2. Il faudrait mettre l'ensemble des fonctionnaires et des retraités (ceux du public uniquement, car les autres ont travaillé dur) dans un camp de VRAI TRAVAIL.

    NB : l'argent ainsi dégagé permettrait d'apporter un peu de culture vivante aux personnes fortement travailleuses, et qui souvent n'ont d'autres sorties que TF1 et BFM Business, par manque d'argent et d'éducation, ou d'épuisement à la tâche.

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    1. Ah dis donc, fallait entendre les gars de BFM ce matin.... Emoustillés comme au bal des débutantes... Allant même jusqu'à dire que le 25 avril... pourrait rester dans l'histoire !

      Draghi et sa "relance" hier.

      Si, si, si.

      Et ils reprennent les mêmes délires, déjà cent fois évoqués : "innovation", "éducation", société de la connaissance, blabla....

      Ben oui, comme si ça allait faire revenir la croâssance dans 1 an et résoudre tous nos problèmes.

      Mais je te jure : hystériques les mecs. Ca bavait. C'était obscène.

      Au passage : le truc c'est du Lagarde réchauffé non ? Souvenez vous : LA RILANCE. ;-)

      Oui, oui. Lagarde était une über crapule... Les autres ont bien suivi ses leçons.

      Donc voilà les gars : "austérité" (inexistante) et "relance pour la crôassance".

      C'est donc la ri-lance. ahahahhahahh ;-)

      Prétexte pour fueler encore davantage le ponzzi.

      Et preuve supplémentaire pour ma théorie selon laquelle : ca va durer longtemps, très lontemps.

      Attendre un échec et mat technique en zone euro, brutal, relève de l'idiotie.

      Au début, je pouvais comprendre... Mais là, après 4 ans... tout le monde devrait avoir compris.

      Au passage, je ne comprends donc pas pourquoi toi aussi tu t'excites Tonio. Alors qu'au fond tu sais qu'il s'agit d'un énième enfummage.

      Il est vain d'attendre quelque chose de positif des rustines que le système pose chaque jour.

      Il faut la Grande Purge, bon sang ! Donc, tout doit être fait pour accélérer la chute du système, pas pour la ralentir.

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    2. ça fait trois ans qu'on écoute vos bêtises pour "purger" la Grèce.

      Alors maintenant, taisez-vous.

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    3. Prends des pilules, et n'oublie pas de pointer quand tu quitteras ce soir ton boulot de fonctionnaire.

      Car bientôt, tu le perdras.

      Donc oui, comme bébé, tu sera "purgé".

      On peut comprendre que cette perspective te défrise un peu... mais tu verras : on s'habitue à tout.

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    4. Je te laisse la pilule bleue, moi, j'ai déjà pris la rouge. ;)

      Et n'en déplaise à ton sens élevé du cliché de comptoir, je ne suis pas le moins du monde fonctionnaire, et je n'ai pas les moyens d'être un rentier non plus.

      Les tenants de l'austérité sont en train de perdre partout en Europe.
      C'était prévu. C'est mathématique. Sous peu, la BCE aussi devra manger son chapeau, et Merkel se retrouvera parfaitement isolée.

      On va pouvoir enfin vous remettre dans la grande poubelle des idéologies idiotes et archaïques.

      On peut comprendre que cette perspective te défrise un peu... mais tu verras : on s'habitue à tout.

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  3. T'inquiètes, je me suis préparé mentalement à aller dans un camp de VRAI TRAVAIL, et j'imagine déjà le slogan à la porte d'entrée ! Bonne journée à toi, tu travailles dur sans doute.

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  4. Tu va ètre obligé de rebaptiser ton blog : aux infos du mou

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