vendredi 4 mai 2012

Charles Gave : Essai de réflexion à court terme sur les élections en France

Essai de réflexion à court terme sur les élections en France
Institut des libertés, Charles Gave, 02/05/2012 (en Français texte en français )
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Je vais me livrer ,sous l’œil du lecteur ébahi, à un exercice auquel je ne me livre jamais;  je vais essayer de tirer d’une analyse politique à très court terme, des conséquences financières.

Dimanche soir, nous saurons qui a été élu au poste de Président de la République, mais curieusement, rien ne sera fini.  On pourrait presque dire que la bagarre ne fera que commencer, puisque la campagne des Législatives  sera lancée des le lundi matin.

Scénario :Imaginons (politique fiction) que monsieur Hollande soit élu.

Il est tout à fait probable que les marchés obligataires Français (et Italien et Espagnole) seront attaqués immédiatement, tant l’idée de voir le nouveau Président mettre en œuvre sa politique d’accroissement des dépenses publiques leur paraîtra comme un vrai chiffon rouge.

Comme ces braves gens détiennent d’ores et déjà environ 70 % de la dette française et que l’Etat Français commence à  emprunter pour payer ses fonctionnaires pendant l’été, le produit des impôts couvrant à peu prés 60 % de la dépense de l’Etat, on voit bien que la France n’a plus aucune souverainneté financière.

Si les étrangers refusent d’acheter notre dette ou pis encore s’ils décident de s’en débarrasser, alors nous allons assister à un véritable effondrement  de notre marché obligataire.

La campagne pour les Législatives risque donc de se passer dans une atmosphère que je qualifierais ,sans crainte de me tromper, de …lourde. Toutes les questions que les candidats et les media ont refusé d’évoquer  vont se présenter,  toutes à la fois, et pendant une période ou personne ne sera réellement aux commandes .Qui plus est, aux Législatives, nous allons avoir des élections triangulaires partout entre le FN, le parti socialiste et l’UMP.

Or l’UMP sera sans chef, puisque le Président sortant a déjà fait savoir qu’en cas de défaite, il quitterait la vie politique. La débandade dans les rangs de la « Droite de gouvernement » risque d’être épique et dans ce cas, historiquement, la population Française a toujours donné la majorité dont il avait besoin  au Président nouvellement élu.  Il y a fort à parier que de nombreux députés UMP sortant chercheront à  ce moment  la à passer des accords au cas par cas avec le FN, ce qui ne manquera pas d’indisposer gravement les lecteurs de la tendance Bayrou.

Fin Juin, nous risquons donc d’avoir le parti socialiste qui contrôlera la Présidence, le Sénat, la chambre des Députés, tous les conseils généraux, toutes les régions sauf une, tous les média, tous les syndicats etc.…et tout cela sur fonds de crise financière s’aggravant de jour en jour.

La France sera donc contrôlée par un seul parti, violemment anticapitaliste et encore plus violemment anti financier.

La seule chance pour ces détenteurs d’obligations françaises  est de forcer Monsieur Hollande à tourner casaque et  à se renier avant même que les Législatives n’aient eu  lieu, ce qui donnerait -peut être-une chance à la Droite.

N’importe quel gérant de fonds obligataires  « institutionnels », et j’en connais  plusieurs centaines, n’aura en fait qu’une idée, sortir le plus vite possible de ce qui apparaîtra comme un  piège mortel.

Monsieur Mitterrand avait eu 18 mois pour tenter et rater son expérience socialiste.

Monsieur Hollande aura 18 jours ou 18 heures.

Dans mon dernier livre, « l’Etat est mort, vive l’état », je notais que les événements financiers se déroulent presque toujours en deux temps.

  • Pendant une première période, qui peut être assez longue, la situation se détériore et pourtant, rien ne semble bouger. Tout le monde se moque des Cassandres.
  • Et puis, d’un seul  coup les événements s’accélèrent et en quelques semaines se passent plus de choses qu’en une décennie.

En 1939/40, pendant la drôle de guerre, rien ne bougeait et tout semblait normal.

Et puis, en Juin 1940, tout s’écroulait en quelques jours.

Je crains que Juin 2012 ne soit dans le domaine financier pour notre pays l’équivalent de ce qu’a été Juin 1940 dans le domaine militaire.

Jamais je n’ai autant souhaité me tromper, mais hélas comme le disait Einstein, la définition de la folie, c’est de faire à chaque fois la même chose en espérant un résultat différent à chaque fois.

Nous y sommes.

Et je suis triste.

10 commentaires:

  1. "violemment anticapitaliste et encore plus violemment anti financier."

    Hahahahaha. Si seulement...

    Mais il est vrai que ça fait peur de voir que le PS va tout tenir...

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    1. J'avoue, ça m'a bien fait rire aussi.
      Gave vit vraiment sur une autre planète.
      Il se ridiculise régulièrement.

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  2. En 1981, c'était les chars russes.
    Là, juin 40.

    La droite n'a décidément aucune dignité dans la défaite. Et un sens de l'analyse politique grotesque.

    Heureusement qu'il y a des gens comme Bayrou.

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  3. entendu ce matin Lenglet sur BFMTV
    tous les sondages donnent Hollande à 53 %
    et les taux français d'hier sont à la baisse

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  4. La France est en faillite.Penser un seul instant que le marché se préoccupe du Président français quelqu'il soit, est une vision franco-française.
    Le marché sait déja que la France ne remboursera pas ses dettes, par contre il compte encore sur les intéréts.
    Ce sont les français blancs de plus de cinquante ans qui ont l'argent et le pouvoir.
    La seule question valable est la suivante : qui restructera la dette en prenant aux ¨vieux¨pour donner une chance aux jeunes.
    Il est sans importance que les vieux riches quittent la France mais il faut à tout prix garder les jeunes entrepreneurs

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  5. Un joli tissu de conneries cet article.


    IL FAUT AUSSI DIRE UNE CHOSE :

    Les marchés financiers ne sont pas neutres !
    Au contraire même.
    Ils sont pro-libérals, antisocials, pro-anglais, pro-américain, clairement anti-france.
    Ils ne détiennent en RIEN une vérité sur l'état des comptes d'une nation.

    La vérité, c'est que ça les fait chier qu'il y ait des acquis sociaux. Car pourquoi les tenants de l'orthodoxie budgétaire s'attaquent toujours au modèle français dans sa composante sociale en proposant de tailler dedans et jamais à la dépense militaire ?
    Pourquoi ?

    On pourrait tout aussi bien dire qu'il y a trop de chars et d'avions en France...Et que si les comptes sont dans le rouge, arrêtons d'entretenir une grande armée. La priorité étant l'école, que personne ne meurt de froid dans la rue, etc...

    Mais non...

    Ils veulent que récupérer l'argent socialisé, mettre la main sur les retraites, la sécu, etc...

    Voilà pourquoi ils ne s'attaquent pas ou à la marge aux pays où ces domaines sont déjà dans leur girons.

    Les marchés ne sont pas neutre, les marchés ne sont pas une autorité morale, les marchés ne sont pas une banque. Les marchés sont un instrument à vocation purement spéculative.

    L'enjeux est donc de savoir si oui ou non, il faut abandonner la souveraineté du pays aux marchés dans ces conditions.

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  6. Le plus gros problème que nous avons, est que nous sommes dirigés non pas des gens rationnels, mais par des religieux.

    La main invisible, le grand marché, l'offre et la demande, la privatisation. C'est du dogme et du mythe frelaté, rien ne montre que cela marche.
    Comme du temps des pillards du néolithique, qui créaient un code moral et une religion glorifiant le pillage. Gonfler le portefeuille et faire avaler la pilule par les gueux, que c'est beau !

    On voit aussi ce qui se passe quand des pays (argentine, Bolivie), vont contre le dogme : sanctions de l'UE, débile d'ailleurs, car dans le cas de l’argentine et de la Bolivie, elles n'ont aucun mal à trouver des clients.

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  7. "Ils veulent que récupérer l'argent socialisé, mettre la main sur les retraites, la sécu, etc..."

    Excuse moi mais les retraites ce sont les vioques qui mettent la main dessus... Ils ont cotisé des clopinettes par rapport aux cotisations actuelles, et ils en profitent de façon honteuse... Les retraites sont tellement élevées en france que les vioques peuvent attendre calmement le pigeon (qui va leur acheter leur bouse) dans un logement trois fois trop grand pour leurs besoins, (pas de besoin de faire des arbitrages) sans avoir à cultiver un jardin pour se nourrir comme cela était autrefois (le chèquos suffit amplement)... Les "profiteurs" du système ne sont pas ceux à qui tu fais référence...

    Tiens explique pourquoi les retraites sont calculées en fonction du salaire et non pas de la cotisation (et donc augmentée chaque fois qu'il y a une hausse des cotisations) ? Doit bien y avoir une raison, non ?

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    1. Je corrige :
      "Ils veulent que récupérer l'argent socialisé, mettre la main sur les cotisations en général, etc..."

      Et puis, une chit'crise et hop ! Tout part en fumée...

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    2. c'est très clair qu'on est loin d'une retraite par points,ce qui serait la seule base équitable.on peut se poser la question:combien de gens partent a la retraite entre 40 et soixante ans,et dans quels secteurs?si je me souviens bien la ratp c'est 50 ans,les militaires 35 ans,les meres de famille 40 ans les instits 55 ans.bref y'a que les cons qui partiront a 67.on voit bien la stupidité de la derniere réforme des retraites.sans oublier les fonctionaires qui gonflent leurs 6 derniers mois de traitement pour gonfler leur retraite.une deernière donnée:en periode de rallentissement économique les cottisations rentrent moins bien,mais les retraites continuent d'etre augmentées

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