lundi 24 décembre 2012

Bruno Bertez : Afflelou mélange tout mais…

Humeur de Loup du Dimanche 23 Décembre 2012 : Afflelou mélange tout mais…par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 23/12/2012 (en Français texte en français )
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La Révolution française, c’est le grand mythe, construit, reconstruit par la mémoire collective des Français. Pour apprécier ce qu’était la Révolution Française, ce ne sont pas les livres d’histoire nationaux qu’il faut consulter, ce sont ceux écrits par les étrangers. Ils n’ont pas le prisme politico socialo patriotico déformant des auteurs français bien pensants.

Nous vous conseillons, dans cet ordre d’idées, de lire le monument de Burke sur la Révolution, monument de l’esprit, intitulé: « Réflexions sur la Révolution française », A Spirit of Rational Liberty. Burke démontre magistralement ce qui est au cœur du problème français: la prétention à vouloir changer, perfectionner l’Homme au nom de la Raison.

Tout est là.

Déjà, vouloir changer l’Homme, il faut être singulièrement prétentieux, il faut être fasciste, il faut se prendre pour Dieu. De quel droit vouloir changer ce que Dieu, si on y croit, la tradition, la culture, l’histoire, la communauté, la famille, ont fait ? De quel droit, nom de nom ? Pour qui se prennent-ils ceux qui ne sont pas satisfaits de l’Homme tel qu’il est et qui veulent le modeler en fonction de leurs délires de puissance, de leurs tares et de leurs insuffisances personnelles.

Ensuite, parlons-en de la Raison ! Elle a bon dos ! Si on lit l’histoire de la Révolution, on s’aperçoit que, sans cesse, la Raison a changé de camp, de forme, de contenu. La seule Raison qui subsiste, c’est celle des vainqueurs, ce sont eux qui ont écrit l’histoire, qui ont écrit la Vérité. Donc, clairement, la Raison est celle du plus fort. Ensuite, on habille, on réécrit.

Enfin, que dire des fondements de cette Raison, de l’imbécilité des thèses de Rousseau et autres usurpateurs de la pensée. Rien chez ces soi-disant Lumières ne résiste à une analyse critique, rien ne résiste aux progrès du savoir tel qu’il est manifesté dans les sciences sociales, dans les connaissances de la psyché humaine, dans l’étude des structures de la pensée, de la formation du Sujet humain, rien ne résiste. C’est le pathos le plus complet… que, bien sûr, on continue d’enseigner afin de farcir la tête des pauvres victimes de l’école de la République et des Jules réunis.

Le vice français, c’est l’héritage mystifié de la Révolution, détourné, réinterprété à l’aune des intérêts dominants, ceux de la sociale démocratie de droite et de gauche. Et bien sûr mélangés avec le vieux fond de catholicisme égalitaire.

L’Homme est le produit de la tradition, de la religion, de la communauté dans laquelle
il vit, de la famille qui l’entoure, de ses racines, de sa propre histoire, de sa propre volonté si il lui en reste une, etc…
On peut rajouter, de ses gènes si on veut, mais notre propos ne se situe pas à ce niveau.

La compétition au sein des groupes sociaux, l’adaptation, changent peu à peu l’homme, mais le changement est produit par la vie, par la société, pas par les démiurges apprentis sorciers, expérimentateurs sociaux.

Le changement de l’Homme est bottom-up, pas top-down. C’est à la société civile de s’adapter, d’évoluer, de progresser. C’est là que cela doit se jouer et seulement là.

La Révolution a totalement corrompu la notion de liberté. Elle autorise en quelque sorte sa négation ! La théorie des Droits de l’Homme ôte tout droit à l’Homme… pour les donner au gouvernement, sans limite, en fonction de l’idée qu’il se fait de ces droits.

La liberté passe par la reconnaissance de la validité des intérêts personnels, celle du droit absolu de propriété. La Révolution théorise et valide le pouvoir des gouvernements qui se posent comme détenteurs, même pas simples intermédiaires, de la Raison.

Le tout dans un espace de liberté… s’il en subsiste.

Un dernier mot, peut-être le plus important. La qualité première d’un gouvernement devrait être la prudence.

Ah, si l’actuel gouvernement avait, avant de prendre ses responsabilités, écouté, lu, médité Burke. Il ne serait pas dans l’impasse actuelle.

5 commentaires:

  1. Je décroche dès la phrase "déjà pour vouloir changer l'homme (...) il faut être fasciste (...)."

    et vous?

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  2. "Les grandes idéologies dominantes au XXe siècle se fondaient sur l’objectif suprême de changer l’homme, engendrer un homme nouveau. Tel était l’idéal des mouvements d’extrême droite. « La volonté de changer l’homme fut une ambition commune aux mouvements et aux régimes politiques européens apparentés au fascisme14. » Mais ce rêve était également celui du socialisme sous toutes ses formes. Che Guevara écrivait ainsi dans Le Socialisme et l’homme à Cuba en 1965 : « Pour construire le communisme, il faut changer l’homme en même temps que la base économique. »
    Ce grand dessein du socialisme comme du fascisme – changer l’homme – a tourné au fiasco et au cataclysme. Il a partout débouché sur la barbarie.
    Aujourd’hui, les forces du progrès, les puissances de la modernité ne parlent donc plus de changer l’homme mais de « changer d’hommes »."

    Immigration - Sortir du chaos (M. Tandonnet)

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  3. Il faut simplement comprendre le terme "fasciste" au sens d'"eugéniste comportementaliste" ; plutôt simple comme concept. Le socialisme est ontologiquement fondé sur l'interventionnisme sociétal, là ou le fasciste fonde son dogme sur l’interventionnisme génétique et sociétal ; ce sont deux formes de socialisme bien plus proche que l'on ne le croit généralement.

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  4. enfin il en va de même pour la science, la religion, la philosophie non? la transcendance en tant que volonté est partout me semble-t-il, qu'elle soit érigée en système c'est le propre de la société en tant qu'elle est organisée.
    Je trouve que le point godwin remonte de plus en plus tôt dans les conversations...

    Dans ce cas là, toute volonté d'organiser la société est "fasciste"? Quelle système en serait différent?

    Maxime Tandonnet, en est un autre...lol

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  5. La loi du plus fort n'a pas besoin de l-égalité.

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