lundi 24 décembre 2012

Bruno Bertez : L’or est toujours, toujours manipulé, pas plus en ce moment !

Les Clefs pour Comprendre du Dimanche 23 Décembre 2012: L’or est toujours, toujours manipulé, pas plus en ce moment! par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 23/12/2012 (en Français texte en français )
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L’or est en recul assez sévère. Ce recul parait plus important qu’il n’est en réalité, car beaucoup d’observateurs s’attendaient à une vive hausse après les nouvelles mesures de gonflement des bilans des banques centrales américaines et japonaises. Il existe deux véhicules pour se protéger du risque, le premier est constitué des fonds d’état, singulièrement Américains et Allemand, le second est tout simplement l’or. Ces deux véhicules sont en concurrence pour attirer les fonds en quête de protection. . Quand l’attrait de l’un est augmenté, celui de l’autre à l’inverse en pâtit. Nous sommes dans une phase ou le filet de sécurité sous les fonds d’état est renforcé.





Nous voyons passer ces derniers jours de nombreux articles qui avancent l’idée d’une manipulation en cours du prix de l’or.

Structurellement, l’existence de l’or papier et des ETF sur l’or sont des manipulations de cours qui ont pour objectif de faire en sorte que l’on n’achète pas d’or physique. Les ETF- or travaillent surtout les dérivés et non le physique. Le système est vendeur à découvert d’or physique et travaille sans arrêt sa position dans l’optimum de ses intérêts. C’est à dire dans un sens néfaste aux vôtres.

Tout ceci nous suggère quelques remarques.

L’or est toujours manipulé directement, soit par la FRBNY, soit par les bullion banks, et toujours manipulé indirectement, soit par le prix du métal, soit par le prix de la volatilité.

Le système repose sur la tentative d’éviction de l’or au profit du papier émis par les couples Banques Centrales/Gouvernements. Il est évident que l’or est leur ennemi. Le couple maudit n’a qu’une obsession, maintenir, développer la demande de fiat money et de quasi-monnaie.

Face à l’incertitude sur l’issue de la crise, les marchés pratiquent le RONROFF. On passe du risk-on au risk-off. Tant que le RONROFF fonctionne, le système n’est pas en danger, l’argent reste piégé, neutralisé dans les véhicules qui conviennent aux pouvoirs, puisque ce sont les leurs. C’est leur gamme des assets papier. Leur panoplie.

Mais dans le risk-off, il y a des degrés. Il y a le degré actuel où l’argent quitte le risk-on pour aller vers les fonds d’Etat singulièrement américains, allemands, etc, et il y a aura le degré où, la confiance ayant disparu, les illusions s’étant dissipées, l’argent ira vers le seul vrai refuge qui ne dépend pas de la confiance dans les pouvoirs, les valeurs réelles. Le métal. L’immobilier, les terres agricoles, etc. ne sont pas des refuges car, quand cela ira encore plus mal, les impôts qui les toucheront seront confiscatoires et feront peut-être s’écrouler leur prix. Dans toute prévision de l’issue de la crise et des moyens d’y faire face, il faut intégrer la réaction des pouvoirs et leurs possibilités de taxation, confiscation.

C’est quand on sortira du RONROFF, quand le paradigme se brisera, que les choses vont commencer à se préciser car les pouvoirs n’auront alors plus la possibilité de gonfler le bilan des Banques Centrales et de monétiser puisque la demande de ROFF aura déserté les papiers. La demande de ROFF, c’est ce qui permet de monétiser.

Tant que les marchés de ROFF répondent bien, tant que les acheteurs de ROFF actuels, c’est à dire de fonds d’Etat ont la certitude qu’ils ne perdront pas, ils n’ont aucune raison d’acheter de l’or. Ce qui signifie que chaque fois que Bernanke remet un plancher sous le cours des valeurs du Trésor et fait un QE et qu’en plus le dollar tient, alors, à chaque fois, le risk que le ROFF papier soit perdant, ce risk se réduit. L’attrait de l’or diminue.

En faisant un QE, soutien aux valeurs du Trésor et par contrecoup à tout l’édifice des papiers, la Fed retarde le jour où on se précipitera sur l’or. Tout en augmentant sa possibilité de hausse car le potentiel de hausse du métal, rare, est lié à la masse de papiers qui cherchera sa conversion en valeur réelle. Chaque fois que Bernanke retarde la future hausse des taux d’intérêt, il consolide les valeurs du Trésor et le papier en général.

Même si, fondamentalement, structurellement, il les dévalue. Par ailleurs, la hausse du métal sera d’autant plus forte à l’échéance que de nombreuses petites Banques Centrales profitent systématiquement des phases de recul du prix de l’or pour compléter leurs réserves, le disponible se réduit chaque fois que l’on baisse; l’or est classé dans des mains plus fortes. Il passe des mains faibles aux mains fortes.

Nous ne pensons plus que la hausse de l’or qui se produira un jour sera provoquée par les achats des particuliers ou des investisseurs, nous sommes convaincus que la hausse du métal sera faite par les vrais acheteurs, les géopolitiques, qui ont maintenant compris que les États Unis n’honoreront jamais leur dette, que le système des paiements est entre leurs mains, que les dollars scripturaux détenus dans le système bancaire ne sont pas de la vraie monnaie, etc. Bref, que derrière la monnaie, il y a la loi du plus fort. Et que le seul moyen d’ y échapper, c’est d’accumuler un actif qui vaut et vaudra toujours en lui même par le bais de sa place dans l’esprit des hommes.



Ainsi, en ce moment, l’or baisse mais emmagasine du potentiel, de la hausse future.

Pas besoin de recourir aux manipulations exceptionnelles pour expliquer le comportement actuel du métal, la logique suffit.

2 commentaires:

  1. File suggestion saturée.

    Un article tres ridicule, mais une bonne vue des americains sur le monde. Les gens dangereux du monde qui ont "qui ont «détraqué» le monde dans lequel on vit" http://www.wired.com/dangerroom/2012/12/most-dangerous-people/ (article repris par slate)

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    1. c'est bon, j'ai recréé une nouvelle file suggestions

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