lundi 17 décembre 2012

Bruno Bertez : Mister Market and Doctor Conjoncture du Dimanche 16 Décembre 2012: Politique de la Fed, Bernanke prend des risques

Mister Market and Doctor Conjoncture du Dimanche 16 Décembre 2012: Politique de la Fed, Bernanke prend des risques par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 16/12/2012 (en Français texte en français )
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Dans l’exposé qui a suivi l’annonce des nouveaux éléments de la politique monétaire américaine, Bernanke a cherché à se donner une caution de crédibilité en évoquant assez longuement la Taylor Rule. La Taylor Rule fait référence en matière de Central Banking. Taylor est aussi célèbre pour avoir démontré de façon convaincante que la seule corrélation sérieuse qui détermine l’emploi est l’investissement productif et non pas la demande.

On sait que la Fed a décidé d’acheter 85 billions de valeurs du Trésor par mois et de maintenir les taux d’intérêt zéro aussi longtemps que le chômage ne descendra pas en dessous de 6,5% et que l’inflation restera contrôlée à 2,5%.

La Taylor Rule, établie par John Taylor, professeur à Stanford, a très bonne notoriété. Elle est considérée comme sérieuse et donne des résultats, dans les modèles très satisfaisants. Son objectif essentiel est de faire sortir la politique monétaire de l’arbitraire des Greenspan et Bernanke et d’établir des règles qui guident les décisions. Elle réduit l’incertitude et améliore la crédibilité de la Banque Centrale.

C’est une règle très simple qui stipule quel doit être le niveau du taux d’intérêt nominal fixé par la Banque Centrale en fonction de l’inflation et de la production. Logique et intuitif, mais efficace.

La relation mathématique qui permet d’articuler ce taux prend en compte la divergence de l’inflation constatée avec l’objectif d’inflation retenue par les régulateurs et, de l’autre côté, la différence entre la production potentielle de l’économie et la production constatée du moment. Bref, on triture à la fois la divergence d’inflation et la divergence d’activité économique.

La Taylor Rule répond aux deux objectifs du mandat de la Fed, stabilité des prix et emploi maximum.

Il s’agit, en se référant à elle, d’éviter de répéter les terribles erreurs du passé, celles des années 70 et plus près de nous, celles de 2003/2005 où les taux ont été maintenus trop bas trop longtemps, ce qui a conduit au boom, puis au bust.

Évidemment, Taylor ne pouvait laisser passer la référence de Bernanke à sa règle sans réagir. Il est aussi évident que la mauvaise foi de Bernanke est totale en invoquant, pour se justifier, une règle qui, appliquée, donne des résultats opposés à… la politique de Bernanke.

Il faut un singulier culot pour se réclamer d’une règle que l’on ne respecte pas, mais c’est devenu courant à la Fed, on invoque des lois économiques que l’on tronque. On invente de nouvelles théories pour masquer l’arbitraire et la surestimation personnelle.

Donc, Taylor a fait ses calculs immédiatement et il montre que les taux de Bernanke sont entre 2 et 3 points en-dessous des taux qui découlent de la Taylor Rule.



Il souligne que, selon ses calculs, le bilan de la Fed sera supérieur à 4 trillions à la mi-2015.



Que l’on va se retrouver dans la situation de 2003/2005 avec un boom suivi d’une récession et remontée du chômage.

Il résume tout cela très simplement comme nous le faisons souvent.

Avec pareil bilan, la Fed aura le choix entre:

   Retirer des réserves très vite et re-provoquer la récession
   Ne pas le faire et tolérer une accélération non contrôlable de l’inflation.


Le problème des politiques de stimulation par stéroïdes est toujours le même, c’est celui de l’Exit.

Les sorties de ces addictions ne sont jamais glorieuses, n’est ce pas Monsieur Lance Armstrong?



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