jeudi 20 décembre 2012

La crise ? Quelle crise ?

La crise ? Quelle crise ?
La Lime, 20/12/2012 (en Français texte en français )
→ lien
Comme l'explique très bien Jean-Pierre Petit, la France est un pays de rentiers :

Les experts 19/12 

les deux principaux types de rentiers sont :

   1) Les fonctionnaires : bénéficier d'un emploi à vie garanti vaut toutes les rentes de la terre.

   2) les retraités. Je connais des retraités qui ont passé plus de temps à la retraite qu'au travail.

Or, comme dans tous les pays bloqués, la seule manière de remettre l'économie en route, c'est de casser les rentes. Autrement dit, il est encore plus urgent et important de supprimer le statut de la fonction publique que de réduire les déficits publics. C'est ce qu'on fait tous les pays qui ont engagé de vraies réformes (Canada, Suède et même Italie).

Malheureusement, François Hollande a été élu par les rentiers de la fonction publique sur la promesse implicite de ne toucher à rien, et surtout pas au statut de la fonction publique. Le slogan "Le changement, c'est maintenant" était une anti-phrase valant engagement à faire du bruit avec la bouche et du vent avec les bras pour habiller l'immobilisme le plus complet.

Qu'est-ce que la crise ? :

   1) des smicards qui deviennent chômeurs

   2) des petits patrons ruinés

   3) des déficits publics qui se creusent et des impôts sur le capital productif qui flambent

Aucune de ces trois conséquences n'a d'impact sur les nouveaux rentiers, fonctionnaires et retraités. Ils s'en contrefoutent donc comme de l'an quarante.

En revanche, toute politique destinée à résoudre vraiment la crise leur serait défavorable.

C'est pourquoi les rentiers sont constants : s'il leur arrive d'afficher leur compassion pour les victimes de la crise, leurs votes sont sans ambiguïté. Une opposition farouche à toute mesure susceptible de nous sortir du merdier.

Bien sûr, on peut imaginer une sortie "par le haut" : la promesse que la remise en cause des rentes amènera une telle prospérité que même les ex-rentiers y trouveront leur compte. Mais en vertu du principe "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", il est impossible de faire abandonner volontairement leurs rentes aux rentiers. Il faut les forcer. Or, ce sont eux qui ont le pouvoir. On n'en sort pas.

12 commentaires:

  1. j'ajouterai un 3ème type de rentiers (qui ont également votés pour que rien ne change) : les assistés, les 47% des Romney, qui vivent professionnellement et confortablement de la "solidarité" et aux dépends de tous.

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  2. En fin de compte, tout cela c'est Germany Powered. Vous savez cette Allemagne qui devait tout refuser, et qui a tout accepter.

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  3. c'est vrai que les fonctionnaires et les retraités s'en sorte mieux que le reste de la populace!! Mais dans son analyse il évite de dire que mondialement les actions montent, les dividendes sont grasses et les banques gonflent leurs bilans couvert par les garanties d'états!! Où est la rente??
    Les retraites par capitalisation sont gérer par des fonds de pensions, qui doivent faire des profits, sont au service de leurs propres intérêts...Et puis c'est vrai après tout, privatisons et laissons le marché faire, il est très efficace pour se rémunérer!!

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  4. Notre Empire est une rente vis à vis du monde "coloniso-ravagé" par notre "supériorité civilisationnelle"...
    Bonnes fêtes

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  5. Pour avoir travaillé au siège d'une grande banque, je rajouterai allègrement à ta caste des rentiers fonctionnaires les gros bonnets cadres dans les grosses boites et leur 1% de chance de se faire virer.

    Même si ce que j'ai vécu n'est pas forcément représentatif, on peut facilement faire la corrélation : même génération de papy boomers complètement has been, qui ne veulent pas lâcher prise et dont leurs successeurs seront moins bien payés et moins nombreux.

    le plus flagrant pour moi c'est que l'on retrouve PARTOUT cette pyramide des ages inversée : dans la fonction publique, dans les boites du CAC40, dans l'Armée, dans les agences d'Etat... ce qui rejoint finalement parfaitement la caricature que tu as postée plus tôt.

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  6. Dans les assistés on peut rajouter les multinationales qui sont grassement subventionnés pour des raisons de guerre économique et les immigrés pour des raisons de paix sociale.

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  7. Tonio

    Finalement un grand coup d'inflation serait la meilleure des choses et si tu crois qu'on va inflater ces rentiers, je pense que tu rêves.

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  8. Que les fonctionnaires aient en commun avec les rentiers une volonté de maintien de l'ordre établi, là où le nouveau paradigme économique demande des profondes mutation, c'est indéniable.
    Mais de là à traiter les fonctionnaires de rentiers, c'est une insulte à leur travail, et avant tout une insulte à l'intelligence.
    J'ajouterai que les fonctionnaires ne s'en sortent pas si bien que cela, perte de 20% du pouvoir d'achat (pas de revalorisation salariale en lien avec l'inflation), un nouveau régime de retraite qui est très désavantageux, particulièrement pour ceux qui ont une carrière partagée entre privé et public.

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    1. Pour ce qui est du régime de retraite, il est sans doute plus désavantageux pour ceux qui ont une carrière partagée entre privé et public... Parce que le mode de calcul de la retraite du privé est juste risible en comparaison de celui du public !

      yp

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  9. ça faisait longtemps ; merci de cette piqure de rappel sur les fonctionnaires ; ils ne savent pas ouvrir un ordinateur et suivent des formations coûteuses (comment gérer son stress, comment préparer au mieux sa retraite,...) alors qu'ils n'ont pas de stress et disposent des meilleures retraites.

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    1. Meilleures ?

      Faut voir.

      J'en connais qui ont fait 20 ans dans le privé avant de passer en FP, et ils se retrouvent avec 700 euros par mois...

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    2. chut ! la réalité n'intéresse personne ici, on est là pour cultiver un fantasme

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