jeudi 27 décembre 2012

Le coût d’un "traumatisme collectif" : la Grèce au bord de la guerre civile

Le coût d’un "traumatisme collectif" : la Grèce au bord de la guerre civile
atlantico via Le blog à Lupus, Wolf Richter, 23/12/2012 (en Français texte en français )
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Alors que le taux de chômage ne cesse de grimper en Grèce, la précarité touche de plus en plus de monde, entraînant la colère des jeunes notamment. Mais cette grogne pourrait bientôt gagner le reste de la population, et la société grecque exploser dans la violence.

Déchirant, le sort des Grecs. C’est notamment le cas de ce vieil homme, qui a travaillé plus de 40 ans, et voit pourtant aujourd’hui sa retraite diminuer de moitié, à tel point qu’il ne peut plus acheter ses médicaments pour ses problèmes cardiaques. Avant d’être admis à l’hôpital, il a dû apporter ses propres draps et sa propre nourriture. Le personnel chargé du nettoyage de l’hôpital ayant été renvoyé, les docteurs et infirmières, qui ne sont plus payés depuis des mois, ont dû se charger eux-mêmes des lessives. L’établissement hospitalier s’est par ailleurs retrouvé à cours de fournitures médicales de base, notamment des gants en latex et des cathéters. Quant au nombre de suicides, il a doublé ces trois dernières années – deux tiers d’entre eux étant des suicides d’hommes.

Le « traumatisme collectif » est le terme utilisé par Georg Pieper pour décrire cette société grecque dont le fond a été sorti de dessous. "Les hommes sont particulièrement touchés par la crise" étant donné que leurs salaires ont été réduit à néant avec la disparition de leur travail assure Georg Pieper. Ils sont donc remplis de colère contre un système complètement corrompu et un gouvernement qui ne cesse de les voler et qui a causé beaucoup de mal au pays. Ils sont aussi furieux contre les politiques de sauvetages internationales dont l’argent n’a bénéficié qu’aux banques, et non pas aux personnes comme eux.

Ces hommes rabattent alors leur colère sur les membres de leur famille, et leurs fils évacuent cette haine dans les rues. Ce qui explique le nombre toujours plus important de gangs violents qui s’en prennent aux minorités. Le désir de survie est énorme chez l’homme, ce qui lui permet de surmonter des situations extrêmement difficiles. Mais pour y arriver, il a aussi besoin d’une société qui fonctionne, avec des structures réelles et des filets de sécurité. Or en Grèce, la société a été tellement creusée ces dernières années qu’elle est désormais sur le point de s’effondrer.

"Dans une situation aussi dramatique que celle vécue en Grèce, l’être humain se transforme en prédateur, ne gardant à l’esprit que sa propre survie", explique Georg Pieper. "La simple nécessité le pousse dans l’irrationalité, et dans le pire des cas, cette irrationalité peut se muer en criminalité". A ce stade, "la solidarité est remplacée par l’égoïsme" dans la société, précise-t-il.

Georg Pieper se demande donc "ce que peut encore endurer cette société avant l’explosion". La Grèce est au bord de la guerre civile, affirme-t-il, et ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’un désespoir collectif ne se transforme en violence et ne se diffuse dans tout le pays. Simple ricochet de la politique de sauvetage de l’euro.

Tandis que la zone euro s’agite pour ne pas s’enfoncer dans la crise de la dette qui noie la Grèce et les autres pays périphériques, et que l’Union européenne s’efforce de faire front commun avec plus de gouvernance de technocrates qui n’ont pas été élus, la Suède commence à avoir des doutes : jamais l’hostilité contre l’euro n’aura été aussi grande.

3 commentaires:

  1. 1er juillet 2012 - 31 décembre 2012 : Chypre assure la présidence de l'Union Européenne.

    1er janvier 2013 - 30 juin 2013 : l'Irlande assure la présidence de l'Union Européenne.

    Or Chypre et l'Irlande sont deux Etats qui sont en faillite !

    Quel symbole hilarant !

    Chypre et l'Irlande viennent de déclarer qu'ils sont incapables de renflouer leurs banques privées en faillite.

    Chypre et l'Irlande viennent de déclarer qu'ils sont incapables de rembourser leur dette.

    Enfin, Chypre et l'Irlande sont incapables de se financer en lançant des emprunts sur les marchés internationaux.

    Vendredi 21 décembre 2012 :

    Six mois après avoir sollicité le sauvetage financier de l'Union européenne (UE), Chypre est au bord du défaut de paiement.

    L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé vendredi - pour la troisième fois en cinq mois - de deux crans la note souveraine de Chypre, gratifiée d'un « CCC+ ».

    Reste que les pays européens rechignent à porter secours à un quatrième État membre après la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

    Les tractations vont se poursuivre. Jean-Claude Juncker espère avoir «pratiquement fini» de s'occuper de Chypre pour la réunion de l'Eurogroupe du 21 janvier, avant l'élection présidentielle chypriote du 17 février. Le temps presse. L'État chypriote en est déjà réduit à puiser dans des fonds de pension pour payer ses fonctionnaires.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/12/21/20002-20121221ARTFIG00625-toujours-pas-d-aide-pour-chypre-au-bord-de-la-faillite.php

    Samedi 8 décembre 2012 :

    L'Irlande ne peut pas rembourser comme prévu les 85 milliards d'euros du plan de sauvetage : "le délai de remboursement devrait être considérablement allongé" annonce Patrick Honohan.

    L'Irlande "a besoin de plus de temps" pour rembourser l'argent utilisé pour renflouer ses banques, a réclamé aujourd'hui dans la presse allemande le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, Patrick Honohan.

    "Le gouvernement essaie de regagner la confiance des marchés financiers et le plan de remboursement actuel complique cela", a estimé M. Honohan, dans un entretien au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    L'Irlande, dont les banques avaient été durement frappées par la crise financière, avait dû demander fin 2010 une aide à l'Union européenne, à la Banque centrale européenne (BCE) et au FMI. Ce plan de sauvetage prévoyait 85 milliards d'euros d'aides sur trois ans en échange de la mise en oeuvre de douloureuses mesures d'austérité.

    "Cet argent sera assurément remboursé, mais cela doit s'opérer sur une période plus longue", a affirmé M. Honohan. Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande a plaidé pour la recherche d'une "solution durable", qui n'aurait pas à être de nouveau modifiée par la suite.

    "En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé", a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

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  2. mais non la grece a recupere 6 grade dans la notation machin chose .

    A ce
    stade, "la solidarité est remplacée
    par l’égoïsme"


    il parle de la grece ou de la france ?

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    1. "la solidarité est remplacée
      par l’égoïsme" -> "il parle de la grece ou de la france ?"

      Je me suis posé la même question :)

      Je ne connais pas la société grecque, mais la société française à été davantage "creusée" : quand ca va s'effondrer chez nous, la véritable nature des gens va se réveller. De ce que je vois dans les réactions à l'actualité récente, je pense que nous avons une bonne partie de psychopathes kleptophiles dans ce pays, avec lesquels aucun compromis ne sera possible.

      yp

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