mardi 4 décembre 2012

L'EPR va produire de l'énergie nucléaire à 90€ du MWh

Décidément, ce pays est de tous les bons coups !

Chronique de Nicolas Doze de ce matin, sur la facture de l'EPR qui grimpe à 9 milliards d'euros (la facture prend un milliard tous les ans), ce qui nous amène à un MWh à 90€. Bien au dessus des autres formes d'électricité, avec les risques nucléaires en plus, et sans le coût de démantèlement intégré...

De quoi pas mal remettre en question mon affirmation d'hier sur la connerie allemande de l'abandon du nucléaire...

L' économie : Nicolas Doze
RMC, 04/12/2012 (en Français texte en français )
→ lien 

Ça questionne pas mal quand même aussi sur ces gigas projets de recherche (laser méga joule, EPR, ITER) qui coûtent des fortunes pour des résultats douteux. A croire que la recherche est comme l'administration française, à s'inventer son propre travail, à sélectionner chaque fois les projets les plus fumeux et les plus chers, pour s'occuper... Et on notera aussi l'acharnement à vouloir des gros bousins technologiques centralisés et étatisés...

Enfin, je relève aussi les prix du MWh données par Doze selon les types d'énergie :
   EPR : 90€ du MWh (49€ pour le "vieux" nucléaire)
   éolien terrestre : 80€
   charbon : 44€

11 commentaires:

  1. l'EPR est un bouzin, tout le monde le sait.

    Mais il y a tellement de subventions et de ploutocrates greffés là dessus que ça prend, comme par magie.

    RépondreSupprimer
  2. Quand tu sites laser méga joule, EPR, ITER, tu verras à chaque fois que le CEA est de la partie directement ou indirectement. Cela pompe fortement le budget recherche au détriment du reste de la recherche publiques. Autre petite réflexion partisane : caryotype des chercheurs CEA = grandes Zécoles (x, mines and co). Caryotype du reste de la recherche publique = universités. Cherchez l'erreur...
    "Et on notera aussi l'acharnement à vouloir des gros bousins technologiques centralisés et étatisés..." Oui, c'est bien de chez nous ça et cela colle parfaitement avec le micmac Gdes Zécoles/ truelle family...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ayant bossé au CEA comme technicien avant de continuer sur une licence, je confirme largement le coté Gdes Zécoles/truelle family

      Pendant ce temps, le reste de la recherche publique part à l'eau. Les postes fondent comme neige au soleil, les vieux ne sont pas remplacés, même le pognon pour les CDD et les thésards manque.
      Pour garder le labo la tête au dessus de l'eau, faut aller chercher des contrats... ça peut être une bonne ou une mauvaise chose selon les contrats.

      Au Japon, ils se lancent à fond dans la microhydraulique et les petites centrales...

      Supprimer
    2. J'ai bosse qqs mois en labo publique francais lors de stages.

      Une remarque au sujet des subsides revenait en permanence : plus la demande est importante, plus le montant est eleve, plus on a de chance d'avoir un politicien qui n'y comprend strictement rien mais qui sera content de signer un cheque d'1M euros et d'avoir sa photo dans le journal du coin.

      Supprimer
  3. Le propre de la recherche est de s’inventé son propre travail…. Le problème est toujours le même; qui finance en grande partie la recherche sur les énergies (au CEA principalement) : EDF et Areva !! Quels sont leurs intérêts ?? Avoir la main mise sur des grosses structures type centrale nucléaire ou favorisé un maillage de micro producteurs indépendants (multiplication de panneau solaire, générateur d’électricité par concentration solaire, mini éolienne, disposer un générateur sur tous les anciens moulins à eau) !!!
    Mais des solutions alternatives sont à l’étude en France (même au CEA qui développe des projets de recherche sur les énergies alternatives) mais on en parle peu !!!

    RépondreSupprimer
  4. C'est pire que ça, le coût complet de production serait de 105 euros par MWh
    Source : http://www.boursorama.com/actualites/edf-baisse-en-bourse-la-rentabilite-de-l-epr-en-question-8becc74a17cc8b187223c963bf5cf612

    De l'autre côté, le solaire est presque arrivé à la parité réseau dans certaines régions :
    http://www.actu-environnement.com/ae/news/antoine-nogier-parite-reseau-17204.php4

    RépondreSupprimer
  5. Le grand retour du charbon en Europe :

    http://2000watts.org/index.php/energytrend/charbon-home/864-electricite-les-centrales-au-charbon-detronent-le-gaz.html

    RépondreSupprimer
  6. Je sais pas trop comment il arrive à 90€ du MWh. La puissance de l'EPR, c'est 1 650 MW, pour un prix de 8,5 milliards. Si on suppose qu'il fonctionne 24h/24h, cela donne 8,5milliards/(24h x 90€ x 1650MW) = 2385 jours = 7 ans environs pour rembourser la construction.

    Je n'ai pas pris en compte les frais de fonctionnement, mais en voyant large, cela double la durée pour rembourser, soit 14 ans. Me dites-pas que l'EPR ne fonctionnera que 14 ans.

    RépondreSupprimer
  7. Le CEA a mauvaise presse mais ca reste rempli de cadors scientifiques TRES soucieux de travail bien fait. Par contre si vous leur parlez de ceux qui reprennent leurs travaux pour en faire des centrales, là ils pleurent.
    D'ailleurs, l'EPR c'est pas le CEA qui le fait: c'est EDF... a moins que ce ne soit AREVA, ou Bouygue, on ne sait plus tres bien qui a le pouvoir la dessous. En tout cas, pas les scientifiques.
    Et pour le prix qui monte c'est probablement le signe que l'ASN refuse d'accepter le sale boulot et demande a chaque fois à EDF de refaire la copie. C'est pas terrible mais ca reste moins grave que s'ils se couchaient et qu'on avait un truc non conforme aux plans mais au prix. Souvenez vous des fondations : beton rempli de trous et piliers meme pas là ou il faut d'apres le plan !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'excellent scientifique des chercheurs du CEA n'est pas en cause. Ce qui en cause, c'est le gout du CEA pour les gros bouzins.

      Cela se joue au niveau de la direction. Avec des financements de chez Areva et EDF.
      En effet, en France, on aime les gros trucs centralisés.

      Supprimer
  8. Le nucléaire est un choix militaire ! Le nucléaire civil c'est uniquement pour lisser les coûts !
    Le prix du nucléaire n'inclus pas : le prix de démantèlement, le pris de traitement des déchets, le coût médical (cancers), le prix assurantiels et enfin le coût (aujourd'hui non nul) d'approvisionnement (et les opération barbouze que ça suppose).
    Si on devait payer la vraie facture, ce serait probablement par un facteur 10 qu'il faudrait multiplier.

    Et il ne faut pas oublier que le pic nucléaire est passé. (lui aussi).

    Donc abandonner le nucléaire a la faveur de l'émotion de Fukushima était la meilleure chose à faire. De toute manière, les allemands sont pas LA puissance industrielle de l'Europe pour rien.

    Quand aux machins sur ITER et companie, c'est les Français qui rêvent d'en avoir une plus grosse, c'est tout. La encore, ça cache du militaire. L'énergie c'est une arme aussi. A la base, pourquoi pas, c'était un beau projet, sur le principe. Mais bon, a un moment il faudra avouer que ça n'a rien donné, même pas retombée secondaire.

    Maintenant, la priorité, c'est isoler les maisons, passer aux puits canadiens et chauffage solaire. Fabriquer des vélos, faire de la permaculture, pompes a chaleurs.
    On verra après pour les super armes et autres projets délirants (pile hydrogène qu'on attends depuis 50 ans, ...)

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.