lundi 3 décembre 2012

Merkel veut un salaire minimum à seuil

Et hop revoila la fausse bonne idée sociale...

Merkel veut pousser à la mise en place d'un Smic en Allemagne
Les Echos, 01/12/2012 (en Français texte en français )
→ lien
La chancelière Angela Merkel a mis la pression sur le petit partenaire libéral de sa coalition gouvernementale pour qu'il accepte un salaire minimum en Allemagne, dans un entretien à paraître dimanche. Récemment, le « Spiegel » mettait en exergue la montée de la pauvreté outre-Rhin.

Il paraît que c'est de gauche que de faire passer un travailleur pauvre à 700€ par mois au chômage à 400€ par mois...

Décidément, après l'abandon du nucléaire, ils enchainent les conneries en Allemagne... Ils ont importé des énarques français les allemands ou quoi ?

Alors certes, il y a tout un tas de travailleurs pauvres qui sont des employés de service dont le job n'est pas vraiment soumis à la concurrence internationale (quoique, Bolkenstein revient en force ces derniers temps, par la fenêtre, via des boîtes de prestataires). Et pour ces travailleurs, on peut espérer que la hausse de leurs revenus, qui sera intégralement consommée (cf Keynes et sa propension à consommer), fera l'effet d'un mini plan de relance par la consommation.

Mais bon, si les prix montent, il y a aussi plein de gens qui feront l'arbitrage de se passer d'une femme de ménage par exemple...

Et puis quid de tous ceux dont les postes sont soumis à la concurrence internationale ? Ils vont soit perdre leur emploi tout de suite, soit au bout de 10 ans, quand la marge de leur entreprise se sera effondrée, ce qui l'aura poussée au sous investissement, et rendue non compétitive...

Ce n'est pas à l'État de fixer le prix du travail. Tout ce qu'il va réussir à faire, c'est à fabriquer des chômeurs. En revanche, il peut très bien mettre en place un genre de système social, où l'État complète par exemple 50% de l'écart du revenu du salarié à un point pivot de... disons 1200€.

Quelqu'un qui trouve à bosser pour 600€ par mois, touche 300€ de plus et gagne 900€ au final.

A 800€, ça devient 1000€.

A 900€, 1050€...

Et ainsi de suite.

Ainsi, on aide vraiment les travailleurs pauvres, ET on garde en plus une échelle des salaires progressive qui incitera toujours quelqu'un à essayer de trouver un job mieux payé.

Enfin, cette aide peut être financée, de l'autre côté de la distribution des revenus autour du point pivot, par une flat tax sur ce qui dépasse ce seuil du point pivot. Histoire d'en finir avec le mythe comme quoi la redistribution ne coûte rien...

Naturellement, ceci est un exemple et chacun peut jouer avec le pivot et le pourcentage de compensation, selon son humeur redistributrice.

Mais ça me semble une bien meilleure idée qu'un salaire minimum à seuil. On a tous les avantages du salaire minimum, sans les inconvénients évidents.

12 commentaires:

  1. L'abandon du nucléaire une connerie ???
    Ho Tonio !
    Au départ, je me suis dit que le nucléaire, ca limiterait la casse post pétrole.
    MAIS
    après avoir étudié (pas en profondeur, mais tu as peut-être d'autres infos) le sujet je me suis rendu compte que le nucléaire :
    * vieillit
    * vieillit mal
    * on ne sait pas démanteler (cf Brennilis)
    * on ne sait pas traiter les déchet, ou alors ça coûte très cher
    * avec quoi on va payer l'arrêt des centrales quand on n'aura plus de sous (austérité / récession)
    * en cas d'accident ça va nous coûter beaucoup plus que tout ce que nous aura rapporté
    * 8 centrales sont faite avec du béton fissuré

    bref, la dissuasion nucléaire a été un bienfait pour notre pays et l'Europe, parce qu'on n'a pas été déstabilisé comme tous les autres pays qui n'ont pas le nucléaire.
    Mais maintenant, c'est notre dernière chance de ne pas pousser le bouchon trop loin.

    ITER est une faillite.
    Il faut trouver autre chose.
    Le nucléaire a atteint son pic (uranium + électricité produite) qui plus est.

    C'est au contraire la meilleure décision possible de se sortir de ce futur bourbier dès que possible.

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    1. Si l'on renonce au nucléaire, on va nécessairement compenser par des centrales au gaz ou au charbon.

      Le charbon est à la mode et il en reste de grandes quantités. Ca va être catastrophique pour l'atmosphère.

      L'humanité va réussir à épuiser toutes les énergies fossiles et à niquer le climat. Les générations futures vont s'éclater. lol

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    2. et les 15 derniers années de fabrication de logement au convecteur électrique t'en fait quoi sans compter les logements des années 60 ans réhabilité au tout électrique ?

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    3. Sinon, il y a l'hydroélectricité, mais ça va faire beaucoup de vallées à noyer.

      Le nucléaire témoigne aussi de l'incompétence d'EDF. Au lieu de monter bêtement les prix, ils auraient du rénover les centrales depuis 30 ans.

      Au pire, en ayant un parc de centrales gaz ou charbon pour combler les baisses de production, ou en rationnant (les japonais l'ont bien fait)

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    4. Concernant le climat, au niveau mondial, le nucléaire c'est à peine plus de 5% de l'énergie primaire produite, autant dire peanuts.

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  2. C'est une bonne chose ce salaire minimum allemand.

    1 - Pour les salariés concernés.
    2 - Pour les pays d'Europe qui en ont marre de la concurrence déloyale de l'Allemagne.

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    1. 1 - Comme énoncé, les salariés concernés seront bientôt au chômage.

      2 - C'est faire preuve d'une grande inculture que de croire que l'avantage compétitif de l'Allemagne vient du coût de sa main d'oeuvre. On n'achète pas du Made in Germany pour le prix... L'Allemagne n'est pas la Chine. Il faut savoir mettre son chauvinisme primaire de côté parfois : les allemands sont meilleurs, point barre.

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    2. Woody nous fait du Woody Allen...

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    3. Merci Gérard pour ce brillant argumentaire...

      Commence déjà par avoir le courage de signer tes posts, après seulement tu pourras te permettre de faire le mariole...

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  3. "Ce n'est pas à l'État de fixer le prix du travail"
    Aie, AIE!!!

    T'es en poste au medef ???

    Plus sérieusement, il ne faut jamais oublier que le prix, ce n'est pas une histoire de bibliothèque rose " l'offre et la demande" le blabla les libéraux.
    C'est une histoire de rapport de force entre les classes sociales.

    Paul Jorion explique et décrit très bien comment la formation des prix s'établit en fonction des rapports de force dans un de ces livres!

    En revanche, je suis d'accord avec toi dans une économie mondialisée, libre circulation des capitaux, des services, et des personnes, l'état est totalement impuissant.

    Avec la mondialisation les élites ont (pour l'instant)tous les atouts entre leurs mains !!!

    C'est donc le MEDEF qui dicte la loi au gouvernement:
    *Baisse des salaires
    *Fexibilité = destruction de l'ensemble du code du travail
    *privatisation de la santé, de la retraite, de l'éducation
    *et si on pouvait carrément faire disparaître la démocratie car on perd un temps fou a faire voter des gueux qui ne comprennent rien alors que les "élites" savent... Ils sont tellement plus intelligents...

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  4. "qui feront l'arbitrage de se passer d'une femme de ménage par exemple"

    Ok, mais donc on subventionne ceux qui peuvent payer le VRAI prix d'une femme de ménage. Pas trop glop au niveau signal prix !

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  5. Tonio

    T'as rien compris. Ce que fait Merkel est une concession à l'Europe du Sud pour que l'Euro tienne encore qq temps et/ou que certain pays ne quittent pas la zone de gré ou de force (Italie, France, Espagne)
    Elle essaie de faire monter sa consommation intérieure car les PIGS se sont effondrés, c'est ça ou la mort. C'est une bonne stratégie puisque politiquement ça lui donne du temps et ça la bonifie dans l'opinion et économiquement ça va faire de la croissance via la conso et calmer un peu l’excédent commercial extérieur. Cela ne remet pas en cause l'effet délétère de l'euro.
    Au final, on pourrait avoir de l'inflation modérée et une baisse de facto de l'euro donc gérer la dette en douceur.
    Bref quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigts. Le prix du travail est un facteur clé et l'idéologie libérale (offre/demande) n'existe que sur le papier jamais dans les faits. La réalité c'est la lutte des classes, le smic c'est une variable de cette lutte. AVec l'euro le patronat allemand n'a plus besoin de prix plancher pour le travail car le mark ne se revalorise plus.

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