lundi 21 janvier 2013

Bruno Bertez : Bernanke persiste et signe, il est le meilleur ! / La FED pour les nuls ou bien les nuls pour la FED ?

A Chaud!!! du Lundi 21 Janvier 2013: Bernanke persiste et signe, il est le meilleur! par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 21/01/2013 (en Français texte en français )
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Le Chairman était invité la semaine dernière par l’Université du Michigan dans le cadre des entretiens de la Gerald Ford School of Public Policy. Suffisant, prétentieux, il n’a aucun doute; il est le meilleur, il a sauvé le monde grâce à ses recherches sur la crise des années 30. Elles lui ont permis le bon diagnostic, les bonnes mesures. Il ne s’est pas laissé prendre au piège de la déflation de la masse monétaire et de la déstabilisation des banques. Grâce aux travaux académiques de Monsieur Bernanke, « La Fed s’est opposée activement à la contraction des agrégats monétaires et elle a pris des mesures fortes pour stabiliser le système bancaire». Tout cela a pu être fait parce que l’on avait appris les leçons de 1930, entendez par là, parce que Bernanke avait appris ces leçons bien sur.



Par ailleurs, le Chairman souligne que dans les années 30, la coopération internationale n’était pas très bonne et les différents pays ont pris des mesures qui, en fait ont aggravé la crise. Bernanke ne doit pas vivre dans le même monde que nous et doit certainement ignorer la guerre monétaire, même plus subreptice, même plus dronesque , qui se développe depuis deux ans. Il ne reçoit pas les nouvelles du Japon et ne lit pas la presse chinoise, brésilienne ou russe.

Si l’on suit Bernanke dans son autosatisfaction, on croit comme lui que tout va bien, dans le meilleur des mondes : La reprise est lente mais elle est là! Les seuls problèmes ce sont les discussions sur le plafond de la dette, et le risque de coupes excessives dans les dépenses.

Interrogé sur les risques de déstabilisation financière provoqués par la taille du bilan de la Banque Centrale, les taux d’intérêts nuls, la surabondance des liquidités, les effets négatifs de la spéculation, les menaces inflationnistes, il balaie tout cela d’un large revers de la main : Pas de problème, j’assure ! Il est content de l’emballement de la spéculation effrénée sur le logement, des hausses vertigineuses de prix des maisons, tout cela constitue « un facteur positif qui va nous aider à avoir une meilleure année« .

Et l’inflation? Vous avez dit inflation? Aucun risque « J’ai les outils pour contrôler toute menace de prix trop élevés ». Lesquelles? nul ne sait, mais si c’est la hausse des taux et le resserrement monétaire, alors il y a du souci à se faire pour la stabilité financière. La stabilité financière, parlons en, aucun problème non plus, « Nous avons les organes de surveillance et de contrôle pour faire respecter les limites de risque« , il suffit de contrôler tout cela régulièrement. Pas question d’utiliser la politique monétaire pour calmer d’éventuels dérapages, la politique monétaire est, on s’en doute parfaite, on ne l’utiliserait qu’en tout dernier ressort.

Incroyable mais vrai, nous n’inventons rien.



L’interlocutrice de Bernanke se risque à une question moins orthodoxe qui manifestement prend le Chairman au dépourvu; elle lui demande : « Quelle a été votre plus grande surprise ? » Réponse de Bernanke, « La crise« ! « Elle a été plus complexe et plus grosse et plus severe que je ne l’avais anticipé« . Nous n’aurons pas la méchanceté de rappeler qu’elle a forcement été plus grosse, plus complexe et plus sévère qu’il n’avait anticipé puisque … il n’avait absolument rien anticipé. Il n’a rien vu venir, il n’a même pas compris ce qui allait se passer quand les subprimes se sont mis à révulser. Il n’a même pas compris les avertissements qui lui avaient été lancés.



Et nous ajoutons que, de la même façon , Bernanke est incapable de prévoir, d’anticiper les futures conséquences de ses actions, de sa politique non -conventionnelle, de son dangereux QE4, et de la perversion arbitraire, personnalisée, de sa politique.

Comme Grenspan en son temps, Bernanke a dépassé depuis longtemps son niveau d’incompétence et seule la flagornerie des médias, la connivence intéressée des kleptocrates et la nullité du personnel politique lui permettent de faire illusion. Personne ne lui rappelle que 2010 devait être l’année de l’Exit des politiques non conventionnelles, personne ne lui rappelle son idiotie de « jeunes pousses » , personne ne lui rappelle son erreur d’analyse sur la transmission de la politique monétaire, personne ne lui rappelle que pas une seule fois, il n’a analysé l’endettement des agents économiques, et intégré l’action des banques dans ses analyses.

Monsieur Bernanke vit dans un monde de simplets qui travaille sur des modèles économiques dépassés comme le sinistre DSGE, le Dynamic Stochastic General Equilibrium , qui non seulement a failli à toutes ses prévisions , mais est incapable d’expliquer rétroactivement ce qui s’est passé en 2008. Un modèle idiot qui fait abstraction du monde bancaire, de l’endettement, et considère tout cela comme sans importance, un modèle qui ne comporte que des agents primaires comme les ménages, le business non financier et le gouvernement. Les banques, connait pas! Elles sont neutres, elles ne sont qu’un voile qui masque les relations entre les épargnants et les emprunteurs, elles n’affectent pas l’économie réelle.

Bernanke , prisonnier des années 30 n’a rien compris à la révolution monétaire du monde moderne, et au fait que le crédit s’est libéré, dissocié de l’épargne. Il n’a pas compris les mécanismes actuels de création monétaire et le rôle des marchés. Jamais vous n’entendez Bernanke parler de surendettement, d’action déstabilisante des banques, des déséquilibres des marchés , rien de tout cela n’existe dans son système de pensée. Les risques de déstabilisation par les taux trop bas, la valeur surévaluée des actifs qui sont à des années lumières des valeurs fondamentales et que l’on ne pourra jamais rentabiliser, pfft, balivernes que tout cela pour notre Professeur, ce n’est pas dans ses livres.

Bernanke est incapable de comprendre que les systèmes économiques sont instables, que l’équilibre est rarissime, que la déstabilisation peut venir de l’intérieur, pourtant même Soros l’a compris. Minsky? Connait pas. Dans ces conditions vous avez compris pourquoi les bulles n’existent pas, pourquoi il n’y a rien à craindre, pourquoi le VIX est à un plus bas historique. Les citoyens du monde entier que l’on tond pour renflouer les banques et les débiteurs insolvables rêvent, en réalité il ne se passe rien.

Les pertes colossales que les investisseurs assumeront sur les obligations et fonds d’état, aucune importance, toute comme la déroute future des caisses de pension. Rien à prévoir, rien à voir!

Nous ne cessons de répéter que les théories qui ont conduit à la crise doivent elles aussi être détruites, rejetées. Nous ajoutons que les hommes qui donnent vie, qui incarnent ces fausses théories, doivent, un jour être jugés; ils doivent payer pour leurs erreurs.

Il vient un temps ou il faut sortir du système du tiers payant.




On a vu, lu et entendu du Lundi 21 Janvier 2013: La FED pour les nuls ou bien les nuls pour la FED ?
Le blog à Lupus, 21/01/2013 (en Français texte en français )
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Pour ceux qui s’étonnent de notre sévérité et de notre impertinence à l’égard des valeurs sures que constituent les Gouverneurs de la Fed en général,  et Bernanke  en particulier, nous recommandons la lecture du Wall Street Journal du 18 Janvier.

C’est pire encore que ce que nous pressentions.

Le WSJ publie des documents déclassifiés de 2007 sur les réunions de la Fed. On y voit l’incompétence dans ses œuvres pratiques, la compoction et la pontification à la loupe. Tous, sauf un, sont à l’Ouest, aucune vision, aucune prémonition de ce qui est en train de se passer. Aucune capacité d’analyse et bien sur encore moins de prospective. Nous disons « de ce qui est en train de se passer » car la crise, la vraie,  a débuté à l’été 2006  quand les prix du housing ont fait leur incontestable top.

Toute personne qui a lu la vraie histoire des crises financières, que ce soit celle de Charles Kindleberger ou autre , ou qui a étudié le Système de John Law sait à ce moment là que l’on va à la catastrophe. Il n’y a que Bernanke et ses complices qui ne le voient pas. Si vous avez lu Michael Lewis, vous avez aussi vu que de bons professionnels ont anticipé correctement. Il n’y a que la Fed qui a réussi à passer à coté, avec ses masses d’informations, ses équipes et ses pouvoirs.

Un seul gouverneur a pressenti quelque chose à l’époque. Richard Fisher de la FED  de Dallas. Le même qui a encore une analyse qui tient debout en ce moment.

Nous vous renvoyons à notre analyse de la névrose dans lequel ce monde vit, névrose qui leur fait perdre le contact avec les réalités et les conduit à une vision plus que biaisée, fausse, du monde actuel. Il s’y ajoute en  plus la prétention, la mauvaise foi et la défense d’intérêts particuliers que l’on fait passer pour généraux.

3 commentaires:

  1. tout le premier article de Bertez est faux !
    On ne peut pas écrire que "Bernanke ne sait pas ceci cela, ne comprend pas ceci cela...".

    bien sûr que non, il sait, il comprend...

    Bernanke n'est pas l'idiot, l'incompétent que décrit Bertez !

    Bernanke est un grand grand criminel, au service de la mafia financière, point !

    yongtai

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    1. bernanke est arrivé au milieu des dégats:il avait deux solutions.soit mettre en taule tous les financiers qui avaient triché(ses actionnaires),soit trouver une solution pour continuer le moins mal possible...greenspan a fait bien pire,soit par faiblesse,soit par incompétence

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  2. Absolument. Enorme contresens de Bertez.

    Ils ne sont absolument pas "à l'ouest". Ils savent très bien ce qu'ils font, et remplissent parfaitement ce que pour quoi ils ont été "créés" : c'est à dire défendre le Système, le faire durer, coûte que coûte, quels que soient les moyens employés (mensonges, manipulations, triches, criminalité, mafia etc.).

    C'est bien pour cela que c'est insupportable.

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