mercredi 16 janvier 2013

Bruno Bertez : De quelques jalons sur la route de la crise / denier bulletin du LEAP2020

Les Clefs pour Comprendre du Mercredi 16 Janvier 2013: De quelques jalons sur la route de la crise par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 16/01/2013 (en Français texte en français )
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Nous produisons beaucoup de textes concrets par lesquels nous tentons d’apporter un éclairage radicalement diffèrent de celui projeté par le Pouvoir et ses serviteurs, passe-plats des médias. Nous ne donnons la parole à personne, pas de micro trottoirs, car nous sommes d’avis que la vérité ne se détermine pas aux voix, au hit-parade. Si cela avait été le cas, la terre serait encore plate!

Notre cadre analytique et notre méthode de pensée fournissent une analyse de la crise comme crise de surendettement, insolvabilité du système économique et, en même temps, cette analyse pose que les remèdes des gouvernants s’assimilent uniquement à un report d’échéance, un kick the can, grâce à la création monétaire. Les assets doivent, ont tendance, à se déprécier sous le poids de l’excès de dettes et, pour soutenir leur prix artificiellement, éviter la faillite des banques et des États, on crée de la monnaie. Les économies ont tendance à s’asphyxier et, pour les maintenir à flot tant que bien que mal, on multiplie les injections de dopants.





L’origine des surendettements est historique, permise par la flottaison générale des monnaies et la rupture de toute contrainte qui limiterait leur émission. L’émission sans contrôle a permis la dérive exponentielle de crédit. L’usage du surendettement est politique, il a été utilisé pour pallier les conséquences déflationnistes de la globalisation conduite par la sphère financière: la dette a compensé la perte de pouvoir d’achat du travail domestique.

La solidarité entre les banques et les gouvernements est organique. Les gouvernements n’ont pu s’endetter que parce que les banques leur ont fourni l’argent; les États étant maintenant insolvables dans les conditions de financement normales, avec des intérêts positifs, il faut mettre les taux à zéro, reculer les limites de la solvabilité pour tout le système, accepter le trucage du bilan du système financier. Les États ont perdu toute latitude, toute possibilité de choisir leur avenir, ils existent sous contrainte de sauver leurs créanciers, ceux qui leur prêtent l’argent.

D’où la formation de ce que nous appelons un couple maudit, indissociable, banques/Etats.



Le mal est global car, peu à peu, au fil de la création monétaire américaine, tout le système a été infecté, les excès du crédit US se sont propagés par le biais du gonflement des réserves mondiales et la création de crédit domestique. Nous voulons dire que de la même manière qu’il y a une extrême solidarité organique entre les banques et les États, il y a une extrême solidarité organique entre les États entre eux. L’Allemagne, la Russie, la Chine qui se battent pour préserver une autonomie et le choix de leur destin sont comme des mouches dans un bocal qui s’agitent, s’épuisent mais n’en sortent pas.

   Il y a trois façons de traiter une crise de surendettement au niveau financier:

- L’austérité

- La monétisation

- La restructuration des dettes

   Un seul moyen au niveau économique :

- La restructuration des appareils de production vers la satisfaction de demandes moins coûteuses en crédit et plus conformes aux exigences du marché

   Un seul moyen au niveau social :

- Accepter que l’ordre ancien, issu des années d’excès des trente dernières années, soit détruit et remplacé par un autre plus porteur d’avenir, plus adapté à la marche en avant de la société.

Le kick the can est une politique non seulement à courte vue qui ne traite que les symptômes en aggravant le mal, mais il est destructeur en profondeur des économies réelles, des consensus sociaux et des principes mêmes sur lesquels reposent nos civilisations. Le kick the can, avec son accompagnement de mensonges, de délitation du système en profondeur, est un crime et sera jugé comme tel par l’histoire.

L’histoire sera sans concession, sans indulgence. On sait que la vérité d’une époque, d’un moment, est toujours révélée par l’époque suivante, le moment suivant.

Ainsi, la vérité de l’époque 1971-2008 a été révélé par la crise, la logique de cette crise est révélée par les faux remèdes actuellement utilisés et la nature profonde de ces faux remèdes sera révélée par les futures crises sociales qui se produiront. Car la crise est un processus de descente de l’abstrait vers le réel, de transmission, et un processus de remontée des périphéries vers le Centre.

L’histoire se charge de décanter, trier, mettre à jour. On sait maintenant les mensonges de Bush sur l’Irak, ceux de Mitterrand et de Kohl sur l’Europe etc.

Les remèdes révèlent ce qui est caché disons-nous, comme la plaque que l’on met sur le trou pour le neutraliser, en fait, donne à voir ce trou.

Les remèdes, création monétaire, suppression des prix de marché, taux d’intérêt zéro, hausse des impôts, prélèvements occultes par une inflation dronesque, le contrôle des individus, les restrictions de liberté, les redomestications, reculs de la globalisation, la multiplication des guerres, tout cela révèle le mal, il n’y a plus qu’à mettre en forme, à donner cohérence.

Les jalons que nous posons ci-dessus et l’interprétation que nous fournissons de la situation rendent parfaitement compte de la situation politique. La situation politique se caractérise par le « bonnet blanc, blanc bonnet ». Les dirigeants, qu’ils soient de gauche ou de droite, mènent la même politique, ils ne divergent qu’à la marge. Au niveau de l’enrobage et de la cosmétique. Ainsi, en France, Hollande mène exactement la même politique que Sarkozy, austérité, hausse des impôts, régression sociale, tentative de flexibiliser les relations de travail, amputation des retraites, etc. Pourquoi ? Parce que les dirigeants ont beau être de droite ou de gauche, différence apparente, ils sont avant tout dirigeants et c’est donc une similitude, une solidarité profonde, qui les réunit. Un dirigeant a une logique de dirigeant, c’est celle-là qui s’impose à lui et donc, il est obligé de s’aligner, de renier. Il trahit les spécificités qui l’ont conduit au pouvoir.

Ce contre quoi les peuples doivent lutter, c’est la position des dirigeants ; cette position d’alliance avec leurs créanciers et le monde de la finance. L’acte historique des peuples en cette période serait de refuser cette alliance, de la briser, afin de rendre aux dirigeants leur liberté et leurs spécificités. Ce serait remettre la démocratie sur ses pieds.

Les ultragauches, les Chevènement, et même les Rocard ne rompent pas l’alliance avec les créanciers. Au contraire, par leurs propositions de financer directement les États par les Banques Centrales, ils se mettent encore plus la corde au cou. Le financement gratuit des gouvernements par les Banques Centrales serait une imbécilité suprême. Car comment obtenir dans ce cas une limite aux dépenses des gouvernements, si s’endetter ne coûte plus rien, si on peut perpétuellement rembourser en monnaie de singe. Ce que ces gens proposent, c’est la tyrannie et la disparition complète des libertés individuelles. La Banque Centrale, c’est une banque. Elle doit se soumettre aux lois de fonctionnement des banques. D’un côté, à son actif, elle accumule des créances, de l’autre, à son passif, elle émet du papier. Si la Banque Centrale mène une politique non-orthodoxe, et finance les gouvernements, elle accumule des créances sur ces gouvernements et si ces créances sont de mauvaise qualité, alors le papier, la monnaie émise par la Banque Centrale, est progressivement refusée, dépréciée, dévaluée. La crise bancaire, au lieu de se manifester au niveau des quasi-monnaies, au lieu de se manifester par la méfiance à l’égard des banques, se manifeste au niveau de la monnaie et du change.

Il est évident pour vous qui nous avez suivis que tout, dans la politique des gouvernements en place, tourne le dos au social. Ainsi le but recherché, absolument fondamentalement, est de lutter contre la déflation, c’est-à-dire d’empêcher la baisse des prix et de favoriser leur hausse. Mais au même moment, on a le cynisme de vouloir supprimer les indexations qui protègent contre la hausse des prix. On fait semblant de lutter contre le chômage, on veut que la machine économique tourne, mais on casse le pouvoir d’achat ou on l’ampute. Et tout est à l’avenant.



Et je vous pousse aussi le dernier bulletin du LEAP 2020, qui achète du temps et repousse sa crise finale qui devait avoir lieu en 2012...   
Le GEAB N°71 est disponible! Mars-juin 2013 - Débranchement de l'homme-malade du monde et dernière phase d'impact de la crise systémique globale
LEAP2020, 15/01/2013 (en Français texte en français )
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Jusqu'à présent le déroulement de la crise a été fidèlement décrit suivant les cinq phases identifiées par notre équipe dès mai 2006 (GEAB n°5) et complétées en février 2009 (GEAB n°32) : déclenchement, accélération, impact, décantation et dislocation géopolitique globale, les deux dernières étapes se développant simultanément. Dans les derniers numéros et notamment le GEAB n°70 (décembre 2012), nous avons abondamment commenté les processus en cours des deux dernières phases, une décantation d'où émerge péniblement le monde d'après sur les décombres de la dislocation géopolitique mondiale.

Mais nous avions sous-estimé la durée de la période de décantation que nous traversons depuis plus de quatre ans, période durant laquelle tous les acteurs de la crise ont œuvré à un but commun, gagner du temps : les États-Unis, en faisant tout pour empêcher l’apparition de solutions alternatives au dollar, malgré la situation catastrophique de tous ses fondamentaux systémiques, pour empêcher ses créanciers de les lâcher (décrédibilisation des autres monnaies y compris désormais le Yen, acharnement contre les tentatives de déconnecter le pétrole du dollar, etc…) ; le reste du monde, en mettant en place d’habiles stratégies consistant à la fois à maintenir son assistance vers les États-Unis pour éviter un effondrement brutal dont il serait le premier à souffrir, et à bâtir en même temps des solutions alternatives et de découplage.

En conclusion de cette longue période d’apparente « anesthésie » du système, nous estimons nécessaire d'introduire une sixième phase dans notre description de la crise : la dernière phase d'impact qui interviendra en 2013.

Les États-Unis ont certes cru que le reste du monde aurait éternellement intérêt à maintenir l’assistance respiratoire artificielle de son économie mais il est probable qu’ils ne le croient plus aujourd’hui. Quant au reste du monde, les derniers chapitres de la crise US (crise politique majeure, paralysie décisionnelle, évitement de justesse de la falaise fiscale, perspective d’un défaut de paiement en mars, et toujours incapacité à mettre en œuvre la moindre solution structurelle) l’ont convaincu de l’imminence d’un collapsus, et tous les acteurs sont aux aguets du moindre signe de basculement pour se dégager, conscients que ce faisant ils précipiteront l’effondrement final.

Notre équipe estime que dans le contexte des tensions extrêmes induites par le prochain rehaussement du plafond de la dette américaine en mars 2013, tensions à la fois politiques internes et financières mondiales, les signes ne manqueront pas pour provoquer la disparition des derniers acheteurs de bons du trésor américain, disparition que la Fed ne sera plus en mesure de compenser, résultant en une augmentation des taux d’intérêts qui propulsera l’endettement américain à des niveaux astronomiques, ne laissant plus aucun espoir d’être jamais remboursés aux créanciers qui préfèreront jeter l’éponge et laisser le dollar s’effondrer… effondrement du dollar qui correspondra de facto à la première vraie solution, douloureuse certes mais réelle, à l’endettement américain.

C’est pour cette raison aussi que notre équipe anticipe que 2013, An 1 du Monde d’Après, verra se mettre en place cette « apuration » des comptes américains et mondiaux. Tous les acteurs tendent vers cette étape dont les conséquences sont très difficiles à prédire mais qui est aussi une incontournable solution à la crise compte tenu de l’impossibilité structurelle des États-Unis à mettre en place de vraies stratégies de désendettement.

Mais afin de prendre la mesure des causes et des conséquences de cette dernière phase d'impact, revenons sur les raisons pour lesquelles le système a tenu si longtemps. Notre équipe analysera ensuite les raisons pour lesquelles le choc aura lieu en 2013.

Gagner du temps : Quand le monde en est à se réjouir du statu-quo américain

Depuis 2009 et les mesures temporaires pour sauver l'économie mondiale, le monde s'attend au fameux « double dip », la rechute, car la situation continue de s'empirer de jour en jour pour les États-Unis : dette publique vertigineuse, chômage et pauvreté de masse, paralysie politique, perte d'influence, etc. Pourtant, cette rechute n'arrive toujours pas. Certes, les « mesures exceptionnelles » d'aide à l'économie (taux d'intérêt au plus bas, dépense publique, rachat de dette, etc.) sont toujours en vigueur. Mais contre toute attente et à l'encontre de tout jugement objectif et rationnel, les marchés semblent toujours faire confiance aux États-Unis. En réalité, le système ne tient plus sur la confiance mais sur le calcul du meilleur moment pour se dégager et les moyens de tenir jusque-là.

Fini le temps où la Chine défiait les États-Unis de faire un second tour de quantitative easing (1) : le monde semble s'accommoder du fait que ce pays creuse encore sa dette et s'oriente inéluctablement vers le défaut de paiement, pourvu qu'il soit debout et ne fasse pas encore trop de vague. Pourquoi les autres pays ne pressent-ils pas les États-Unis à réduire leur déficit, mais au contraire se réjouissent (2) lorsque l'accord sur la fiscal cliff maintient le statu-quo ? Pourtant personne n'est dupe, la situation ne peut pas durer éternellement, et le problème central de l'économie mondiale est bien les États-Unis et leur dollar (3).

La dette publique de différents pays en nombre de mois de recettes publiques (4) - Source : LEAP / European Commission, ONS, FRB
La dette publique de différents pays en nombre de mois de recettes publiques (4) - Source : LEAP / European Commission, ONS, FRB

Selon l'équipe de LEAP/E2020, les différents acteurs cherchent à gagner du temps. Pour les marchés, il s'agit de profiter au maximum des largesses de la Fed et du gouvernement américain afin de faire des profits faciles ; pour les pays étrangers, il s'agit de découpler au maximum leurs économies de celle des États-Unis afin de pouvoir se mettre à l'abri au moment du choc à venir. C'est ainsi par exemple que l'Euroland en profite pour se renforcer et que la Chine en profite pour écouler ses dollars dans des infrastructures étrangères (5) qui vaudront toujours mieux que des billets verts lorsque le dollar sera à terre.

Accélération du tempo et accumulation des défis

Mais cette période de mansuétude complice touche à sa fin à cause de pressions intenses. Il est intéressant de remarquer que les pressions ne viennent pas vraiment de l'étranger, confirmant notre analyse ci-dessus ; celles-ci sont plutôt de deux natures, internes et financiaro-économiques.

D'une part, c'est la bataille politique interne qui menace le château de cartes. Si Obama semble traverser une période de grâce politique face à un camp républicain en apparence dompté, la bataille reprendra plus violente que jamais à partir de mars. En effet, si les représentants républicains seront sans doute obligés de voter l’augmentation du plafond de la dette, ils feront payer cher à Obama cette « capitulation », en cela poussés par leur base électorale dont une moitié souhaite en fait un défaut de paiement américain considéré par eux comme la seule solution pour se libérer de l’endettement pathologique du pays (6). Les républicains comptent donc en découdre sur les nombreux dossiers et défis qui s'annoncent : du côté social, régulation des armes à feu (7), remise à plat de l'immigration et légalisation de 11 millions d'immigrés illégaux (8), réforme du système de santé, et plus généralement questionnement du rôle de l'État fédéral ; du côté économique, baisse des dépenses, règlement de la dette (9), fiscal cliff « reloaded » (10), etc… Tous ces dossiers sont au programme des quelques mois qui viennent et le moindre accroc peut s'avérer fatal. Étant donné la pugnacité des républicains et plus encore de leur base, c'est plutôt l'espoir qu'il n'y ait pas d'accroc qui relève de l'utopie.

D'autre part, ce sont les marchés internationaux, Wall Street en tête, qui menacent de ne pas renouveler leur confiance dans l'économie américaine. Depuis l'ouragan Sandy et surtout depuis l'épisode de la fiscal cliff qui n'a réglé aucun problème, les analyses pessimistes et les doutes se font de plus en plus forts (11). Il faut garder à l'esprit que les marchés boursiers sont apatrides et, même domiciliés à New York, n'ont qu'un seul but, le profit. En 2013, le monde est suffisamment vaste pour que les investisseurs et leurs capitaux, telle une volée de moineaux, s’échappent vers d’autres cieux à la moindre alerte (12).

Alors que l'accord sur le plafond de la dette en 2011 réglait la question pour 18 mois (13), celui sur la fiscal cliff ne reporte le problème que de 2 mois. Alors qu'on a senti les effets de QE1 pendant un an, QE3 n'a eu d'effet que quelques semaines (14). Avec en outre l'agenda chargé des négociations à venir, on le voit, le tempo accélère significativement, signe que le précipice approche et la nervosité des acteurs avec.

Performance du S&P500 lors des différentes opérations de quantitative easing - Source : ZeroHedge/SocGen
Performance du S&P500 lors des différentes opérations de quantitative easing - Source : ZeroHedge/SocGen

Mars-juin 2013, tension extrême : la moindre étincelle met le feu aux poudres

Outre ces défis américains, le monde entier a également de nombreuses épreuves à traverser. Là encore, ce sont avant tout des défis économiques. Ce sont notamment le Japon et le Royaume-Uni, éléments clés de la sphère d'influence américaine, qui luttent pour leur survie, tous deux en récession, avec des dettes insoutenables, une épargne des ménages au plancher et sans perspective de solution à court terme. Nous examinerons en détail ces deux pays dans la suite. Mais c'est également une économie brésilienne au ralenti (15), des taux d’inflation difficiles à gérer dans les puissances émergentes, le dégonflement de la bulle immobilière au Canada, en Chine et en Europe (16), etc…

Les défis sont également d'ordre géopolitique : pour ne citer que trois exemples, les conflits africains au nombre desquels bien sûr l’intervention de la France au Mali, les conflits et la confrontation indirecte des puissances au Moyen-Orient autour de la Syrie, d'Israël et de l'Iran, ainsi que les tensions territoriales autour de la Chine que nous examinerons lors de notre analyse du Japon ci-après.

Tous ces facteurs, économiques, géopolitiques, américains, mondiaux, convergent vers le même moment : le deuxième trimestre 2013. Notre équipe a identifié la période allant de mars à juin 2013 comme étant explosive, à l'issue notamment des négociations aux États-Unis sur le plafond de la dette et sur la fiscal cliff. La moindre étincelle mettra le feu aux poudres, enclenchant la seconde phase d'impact de la crise systémique globale. Et des occasions de faire des étincelles, on l'a vu, il y en a beaucoup.

Quels sont alors les conséquences et le calendrier de cette seconde phase d'impact ? Sur les marchés d'abord, une chute significative s'étalera jusqu'à fin 2013. Les économies étant toutes interconnectées, l'impact va se propager à la planète entière et entraîner l'économie mondiale en récession. Néanmoins, grâce au découplage des autres pays que nous mentionnions précédemment, tous les pays ne seront pas affectés de la même manière. Car, bien plus qu’en 2008, des opportunités existent pour les capitaux en Asie, en Europe, en Amérique Latine, notamment. Outre les États-Unis, les pays les plus touchés seront donc ceux de la sphère américaine, à savoir Royaume-Uni et Japon principalement. Et, tandis que ces pays se débattront encore en 2014 avec les conséquences sociales et politiques de l'impact, les autres régions, BRICS et Euroland en tête, verront enfin la sortie du tunnel à cette époque-là.

Afin de comprendre la formation de cette seconde phase d'impact, nous étudions dans la suite les « tendances suicidaires » des quatre puissances du monde d'avant : États-Unis, Royaume-Uni, Japon et Israël. Puis nous présenterons les traditionnels « up&down » du mois de janvier, tendances montantes et descendantes pour l'année 2013, servant également de recommandations pour cette nouvelle année. Enfin, comme chaque mois, nos lecteurs retrouveront aussi le GlobalEuromètre.

16 commentaires:

  1. Le talon d’Achille du LEAP c'est leur coté pro euroland, et leur ignorance du pic pétrolier.

    La crise est loin d'être terminée et ne fait que commencer. A mon avis (ce n'est pas une prédiction) il ne se passera rien avant les élections allemandes, et la prochaine échéance sera la présidentielle française suivante.

    Soit la Grèce sort de l'Euro fin 2013 parce que les Allemands en on marre soit il faudra attendre la chute de la France, et comme il y a une inertie sociale, ça ne se fera pas avant les prochaines élections et le changement d'équipe qui viendra mettre un coup de pied dans la fourmilière.

    Encore que ...

    Il n'y a qu'a voir la crise argentine, il a fallu quand même en arriver a la fermeture des banques. On en est loin, il n'y a même pas de bank run massif, même pas de manif suite à la perte de souveraineté du pacte budgétaire, etc...

    Les USA continueront leur comédie de leur coté.

    Mais le pic pétrolier global ne va pas tarder (entre 2015 et 2020), les guerres et tensions politiques s'exacerber encore.

    Mais bon, c'est vrai que la moindre étincelle peut maintenant faire basculer les choses, mais c'est vrai depuis 2008 finalement. Alors je crois que, comme personne n'a rien a y gagner, ca continuera encore longtemps a nous enfumer.

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    1. @Yoananda et artaxerxes
      Je suis d’accord avec vous sur la viabilité de la zone euro !!
      Mais il y a un intérêt stratégique à gagner du temps avant l’éclatement de Euroland ( terme utilisé par le LEAP que je reprend même si je sois septique sur cette zone), c’est d’ailleurs pour cela que le couple US-UK fait tout pour la détruire !!
      Car si le dollar meurt avant l’euro les investisseurs anglo-saxons placeront massivement leurs liquidités (le peu qui leur reste) dans des actifs tangibles dans les zones qui leur semblent plus favorable dont la zone euro !!! Un rééquilibrage géopolitique et la fin de l’hégémonie de la zone dollar (ce que Soral appelle l’Empire) est favorable aux émergeants et à l’Europe (car les marché qui nous tiennent c’est avant tout Wall Streets et la city) à long terme !!
      Les problèmes intra-européens se régleront après, l’Euroland et la zone dollar sont en guerre économique (l’exemple de l’or allemand est significatif selon moi !!).Je pense (cf Myret Zaki qui l’a décrit dans le journal économique suisse Bilan) que les émergeants jouent l’Euroland (fort investissement des BRICS sur des actifs tangibles : usines, ports, aéroports en Europe) car c’est une zone hétérogène ingouvernable qui ne peut pas devenir en l’espèce hégémonique !! Puisque les US ont tout fait pour que cela ne soit pas le cas (cf Asselineau) !!!
      Le temps que l’Europe trouve un mode de fonctionnement cohérent prenant en compte son hétérogénéité (peuples, des cultures et économies différents) les pays continents (B.R.I.C) seront devenus prépondérants !! Sauf si les européens sont plus intelligents qu’ils en n’ont l’air et qui font sauter les divers traités européens pseudo-fédéral totalement paralysant !!
      Pour 1) une vrai fédération en harmonisant la fiscalité et les régimes sociaux avec des transferts massif d’argent des états riche vers les pauvres ou 2) une Europe des nations liées par des accords de coopération économique et militaire !!!

      Quant au problème de l’énergie, je pense qu’avec où sans le dollar il est devant nous, non ??

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    2. Juste un petit mot au sujet de l'energie : on aura peut etre pas de petrole bon marche encore tres longtemps, mais ce n'est pas la seule source fossile.
      On roulera peut etre plus autant, mais la lumiere restera allumee un certain temps encore : Faut penser que l'Allemagne a d'ENORMES reserves de lignite, la deuxieme ou troisieme du monde de memoire. Lignite qui peut remplacer le charbon a conditions de gerer la maintenance des chaudieres thermiques correctement (ce pour quoi les teutons sont relativement bons).
      De plus on a acces a des reserves en tourbe TRES importante en Finlande et en Russie.
      Le probleme principal de ces combustibles est l'encrassement des chaudieres. Probleme couteux mais qui peut etre resolu.

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    3. Et avec quoi tu les exploites tes lignites et tourbe et autres joyeusetés Osterbase ?

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    4. @Anonyme17 janvier 2013 11:32

      Entre Myret Zaki et Asselinieau, je ne sais dire qui a raison. Peut-être les 2, peut être que les USA sont partagés sur la question et s'affrontent en interne. Je ne sais pas.
      Oui il y a une guerre économique, oui l'euro les menace, mais oui aussi c'est eux qui ont construit l'Europe. Je n'ai pas le fin mot de cette histoire.

      Pour l'Europe cohérente, je n'y crois pas. On a actuellement 3 Europe : le nord travailleur démocratique avant-gardiste, le sud semi dictatorial avec son "art de vivre" et moins moderne, et l'est anciennement communiste que je ne connais pas bien.
      Ces 3 zones sont irréconciliables, sauf dans une dictature molle. Mais les pays du sud sont trop rebelle, et les pays du nord trop démocratiques pour accepter ça.
      Sans parler que nous n'avons ni langue, ni culture, ni destin commun.

      Donc pour moi l'Euro finira par exploser comme l'URSS en son temps.

      Quand aux problèmes de l'énergie, ils sont déjà la. Depuis 2005 la croissance énergétique est en dessous de la croissance démographique, donc, a l'échelle de la planète, il y en a de moins en moins par personne. D'ou les PIB qui patinent et la crise économique.
      Mais il est vrai que le gros des soucis est devant nous car pour l'instant la production globale parvient encore a augmenter, au prix d'investissement et d'endettement massifs. Mais entre 2015 et 2020 la courbe de production toute énergie confondue va décroître. Et la ... 2008 n'aura été qu'une crisounette a coté de ce qui arrivera.

      L'histoire à montré que les situations de diminution des ressources se passait généralement assez mal : pic charbon en 1913 (2 guerres mondiales), pic bois en 1313 (guerre de cent ans), fin des mayas, fin de rome, etc...

      Seule lueur d'espoir pour après la crise (d'ici 30 ou 50 ans) : http://yoananda.wordpress.com/2013/01/13/malthus-promethee-et-la-corne-dabondance/

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    5. Tu l'as dessinée cette Europe cohérente qui pourrait émerger: 1 union économique avec trois monnaies:
      -Euromark (Allemagne, Danemark, Autriche... les AAA)
      -Eurosud ( France, Italie, Espagne...)
      -Euroest (ex-communiste+grèce)
      Et bonne chance à la Grande Bretagne et l'Irlande

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    6. @yoananda de @Anonyme17 janvier 2013 11:32
      Oui, le pétrole c’est le passé !!
      On peut imaginer une économie basé sur une plus grande sobriété notamment énergétique (production locale, circuit cours , efficacité énergétique), de l’électricité produit par le nucléaire au thorium (plus de réserve, produit beaucoup moins de déchet, plus sûr) à défaut de fusion et pour les transports des biocarburants de troisième génération (type algo-carburant)!! Amha les algues vertes et les cyanobactéries c’est l’avenir (bon je suis partial, je suis un peu microbiologiste et biochimiste): on peut les cultiver avec des déchets organiques ou simplement avec de l’eau de mer (il faut du soleil) et ça produit de l’huile, de l’éthanol, du méthane, de l’hydrogène et des composés organiques pour la chimie et la pharma !!! De plus les déchets produits par ces procédés sont de très bon engrais !! Nucléaire au thorium et algo-carburant 2 domaines de recherche dans lesquels la France est bien placée !!
      Comme je l’ai dit il faut du soleil et de l’eau de mer, beaucoup de soleil !! Et comme par hasard notre cher président fait preuve de beaucoup de diplomatie (voir une diplomatie musclé : au Mali) avec différents pays (producteurs de carburant qui connaissent très bien leurs réserves déclinantes) qui ne manque pas de soleil : l’Algérie, les émirats arabes (chez qui il a milité pour obtenir des fonds pour les énergies renouvelables)!!! On peut imaginer un partenariat : on apporte l’ingénierie, eux les fonds et le désert !! Pour l’énergie nécessaire pour faire tourner les machines avec tous ce soleil je pense que des centrales électriques solaires thermiques à concentration (comme celle en Espagne qui alimente Séville) : c’est pas mal !!! Bien sûr on aura plus 2 voitures par foyer et on ne prendra plus l’avion comme on prend le bus, il va y avoir des changements radicaux dans nos vies, mais la seule vraie énergie durable que l’on a c’est le soleil, il n’est pas très d’arrêté de briller !!!
      Tu vois des possibilités il y en a !!! Même un pauvre fonctionnaire technicien de recherche comme moi peut en imaginer, alors un idiot d’attaché ministériel polytechnicien va certainement plus loin !!! De quoi vraiment pouvoir dire en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées !!!

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    7. @yoananda17 janvier 2013 14:17

      Je ne connais pas le ROI energetique de la tourbe et de la lignite. Mais le procede d'extraction est plutot simple meme si surement vorace en energie cf monstre dans le lien : http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/72920/gd/1211213256/C-est-la-plus-grosse-machine-du-monde.jpg
      Monstre qui creuse des trous de la taille d'un petit immeuble pour les reboucher derriere.
      En soit c'est pas du high tech, et a l'origine on faisait ca a la main ou avec un cheval. Pareil pour la tourbe.

      Si c'est la seule solution pour avoir de l'electricite en Europe, on privera la populace de diesel pour continuer a faire tourner ces monstres.
      Combien de trajet en voiture sont reellement necessaires ? Rien n'est fait pour l'efficacite, c'est surtout ca notre probleme.

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  2. "tandis que ces pays se débattront encore en 2014 avec les conséquences sociales et politiques de l'impact, les autres régions, BRICS et Euroland en tête, verront enfin la sortie du tunnel à cette époque-là."

    ouais! j'aimerais bien y croire!

    mais outre le fait qu'un écroulement du dollar ne va pas se faire sans de grosses vagues un peu partout (qu'il soit massif ou lent) il faudrait aussi appréhender les effets sociaux en Europe...

    bon je vais acheter des conserves et stocker des armes...

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    1. Et pendant ce temps, les branlotins vous emmerdent.

      Vous êtes au chômage ? Votre boîte va fermer ? Vous êtes stressé, la trouille au ventre de vous faire virer ?

      Les fonctionnaires vous emmerdent, et tiennent à vous le faire savoir.

      Ainsi ils appellent à la grève le 31 janvier...

      N'oubliez pas d'être un bon veau... Et surtout préparez votre 1er tiers... On vous remercie.

      http://tinyurl.com/aqotruy

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    2. Tu devrais faire la même chose Tonio : outsourcer ton job, toi-même.

      http://www.bbc.co.uk/news/technology-21043693

      ;-)

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    3. Punaise, ils doutent de rien ces fonctionnaires ...

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  3. Cela fait un moment que je les suis, non seulement leur stats de fin d'année sont sujettes à caution (ils arrivent à 75% mini en interprétant leur propre propos) mais en plus ils annoncent plusieurs fois les mêmes choses sans se démonter.

    Ainsi comme tu dis, l'écroulement final qui la dernière fois était au moment de l'ouragan Sandy (qu'ils avaient prévus bien sur) et avant encore en novembre 2011, va se passer maintenant en 2013, comme il ne se passera rien de spécial, cela sera ensuite en 2014...

    Bon c'est de l'anticipation, mais le minimum est de reconnaitre ses erreurs et pas de trouver n'importe quel prétexte (la dernière fois un ouragan) pour conforter sa thèse.

    Europtimiste et mondiosceptique...

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  4. Bof, le LEAP c'est un truc de bobo-gaucho tendance maoïste. Leurs prévisions ont une probabilité quasi nulle de se réaliser, encore moins possible en respectant leur timing (parce que c'est à la réalité de s'adapter aux désiratas des idéologues.)

    Les seuls trucs intéressants là dedans résident parfois leur lecture de l'information (par exemple ici avec ce graphique de la dette exprimée en nombre de mois de recettes fiscales) ou dans une vison critique des actions de leur ennemi déclaré (léméchanzaméricains).

    Tout le reste est à jeter, ce n'est que de la prospective politique sans intérêt à destination des adeptes du "grand soir".

    yp

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  5. @ Anonyme17 janvier 2013 11:32

    D'accord avec vous, ce n'est pas parce que l'on a un couteau dans le ventre qu'il faut le retirer d'un coup tout seul, l'euro est une plaie mais on ne va pas s'en débarrasser du jour au lendemain, et même faut-il s'en débarrasser maintenant? apparemment des deux cotés de l'atlantique on pense comme cela : survivre jusqu'à ce que l'autre crève et récupérer les petits investisseurs apeurés.
    Mais le surendettement américain et l’agrégat bâtard de l'euro resteront des problèmes de base.

    Et de toute manière rien ne dit que les banques ne vont pas TOUTES tomber, que ce soit par l'euro ou par le dollar, nous aurons donc des banques centrales qui vont de nouveau imprimer des billets non plus pour sauver des banques mais pour assurer les dépôts des particuliers et des entreprises, sinon retour au moyen age!

    Bien sur l'energie reste au centre de tout, la raréfaction des matières premières aussi. On verra bien si les chinois gagne le jackpot avec le thorium ( je ne crois pas au gaz de chistes) et relance la boutique à leur profit...

    Dans tous les cas, les risques semblent tellement omnipotents et écrasants, je ne vois que le petit potager familial pour parer tous les coups, je sais cela fait survivaliste mais comme le dit très bien San Giorgio, "les paranoiaques survivent, eux!"

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  6. La contrepartie du Dollar : "United States Armed Forces"
    Circulez y a rien à voir.

    A moins d'énormes catastrophes naturelles se produisant sur le sol américain, leur domination continuera encore de notre vivant.

    Concernant le pic pétrolier, il existe pas mal d'énergies alternatives qu'on a délibérément mises sous le tapis par intérêt. Comme le Dollar, l'énergie est un faux problème.

    Suffit juste d'essayer de bien mener sa barque, en pensant à ses proches.

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