mercredi 9 janvier 2013

double dose de Bertez

A Chaud!!! du Mardi 8 janvier 2013: De Gaulle aurait dit : douze balles dans la peau !
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 08/01/2013 (en Français texte en français )
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Pour être bien sur que personne n’y ferait attention , le FMI a mis en ligne une note terrifiante le 3 janvier.

Le FMI reconnait s’être trompé dans ses calculs sur les incidences économiques des consolidations fiscales- en clair politique d’austérité- et admet que le multiplicateur fiscal qu’il a employé était inadapté, trop faible. 

En clair toujours, cela veut dire que les calculs qui ont été faits pour fixer les directives d’austérité en Europe étaient faux et que la relation- le multiplicateur fiscal- que les économistes ont employé était sous estimé! 

Le sinistre Olivier Blanchard qui a d’autres méfaits à son actif, reconnait que, aussi bien l’activité économique que le chômage n’ont du tout évolué comme prévu. 

L’activité a chuté plus fortement, le chômage grimpé au delà de tout ce qui était prévu. 

Quand donc se décidera t on à rendre ces gens responsables de leurs imbécilités?

Si vous êtes intéressés par une vraie critique du FMI réel des Strauss kahn et des Lagarde suivez les écrits de Simon Johnson, ancien du FMI qui pense bien, lui. C’est un bon comme on dit….



A Chaud!!! du Mardi 8 Janvier 2013 : Concertations et actions secrètes? par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 09/01/2013 (en Français texte en français )
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Nous n’aimons pas les titres en forme de point d’interrogation. Nous écrivons pour apporter des réponses, pas pour poser des questions. Cependant, quelquefois, il s’agit d’exprimer un doute et alors la forme interrogative est adaptée.

Les grands pays, au début de la crise, ont pratiqué l’action publique, voire spectacle et spectaculaire. Cela a été contreproductif, dans la mesure où cela a accrédité la crise et favorisé la dramatisation. Cela a eu un autre effet. Cela a favorisé les prises de conscience non désirées et renforcé les conséquences non voulues.

L’un des objectifs des soi-disant responsables -responsables de la crise, mais irresponsables dans son traitement- est de faire passer leurs choix pour des choix techniques et non pour des choix politiques. La raison en est simple, la technique n’est pas placée sous le contrôle démocratique du peuple souverain, elle est soi-disant (!) indépendante. Les choix politiques sont omniprésents dans les mesures de « kick the can » prises lors de la crise et il faut rendre hommage aux élites allemandes pour leur travail de dénonciation. Ils ne cessent de répéter que l’on fait du fiscal avec du monétaire. On transfère des richesses et des ressources sans consulter les peuples.

Bizarrement, le Fed-man Bullard a dit la même chose la semaine dernière et cela nous a étonné car il est dans le camp inflationniste, il devait avoir envie de dire une vérité. Quelquefois, celle-ci sort de la bouche des enfants et même des irresponsables.

Passons.

Il nous semble depuis quelques temps que les grands de ce monde sont bien silencieux et que ce silence recouvre quelque chose, il nous fait tiquer.

Nous assistons à une succession de mesures de type monétaire, en salves, subreptices, qui ne nous semblent pas fortuites. Il y a eu le Big Bazooka, la relance chinoise discrète, l’abandon de la solution Grexit par Merkel, les QE4 version MBS et version Treasuries, le mea culpa du FMI sur la question de l’austérité, le report au niveau européen de toutes les échéances des plans de remise en ordre fiscal, l’accord plus ou moins secret sur la dévaluation du yen etc. etc.

Nous en oublions mais, déjà, avec cette énumération de mesures et décisions qui vont toutes dans le même sens et ne provoquent pas de levée de boucliers, nous avons une certaine conviction. Tout se passe comme si…

L’annonce ce matin par la Banque of Japan de ses intentions de monétiser la dette européenne nous fait tilt. Les Japonais ont échangé la baisse du yen, qui nuit aux autres contre des cadeaux de ce genre ; avec cet argent, nous allons faciliter votre financement, faire baisser vos taux ; bref ; vous aider. Donnant donnant. En fait, cela n’a même pas besoin d’être dit, il y a convergence objective, intérêt commun bien compris.

Lorsque la Suisse a soutenu l’euro et, avec les produits du soutien, acheté des fonds d’Etat européens, nous nous sommes dits, tiens, tiens…

Il y a des gens, Cassandre professionnels, qui ne cessent de prédire la catastrophe pour demain. Nous ne cessons de les stigmatiser car ils envoient les épargnants à l’abattoir. Les Cassandre négligent le facteur temps et surtout la capacité des États à repousser l’inéluctable.

Il n’y a pas beaucoup de gens aussi catastrophiste que nous, mais toujours nous répétons : ne sous-estimez pas la capacité de système à repousser ses limites. Ne sous-estimez pas le cynisme des gouvernants, ils feront tout, coûte que coûte sur votre dos, jusqu’à vos dernières ressources. Ne sous estimez pas la veulerie des peuples et l’incurie de leurs représentants qui sont dans l’opposition politique. Les uns sont veules, les autres sont connivents.

Il faut saluer l’intelligence des think-tanks qui, de façon souterraine, dirigent la politique mondiale. Il y en a des bons comme on dit. Ils sont partis de l’évidence: le risque de guerre monétaire en 2013 et ils l’ont dialectiquement renversée, faite basculer. La guerre monétaire a deux faces, elle fait bouger les devises, mais son véhicule, c’est l’intervention, l’achat de devises, le gonflement non stérilisé des réserves, puis vient l’emploi de ces réserves. Avec du négatif, on fait du positif, la guerre monétaire conduit à créer de la monnaie, à inflater les réserves et, si on emploie ces réserves, à soutenir la dette mondiale, par l’achat de la dette des autres, alors cela devient positif.

La concertation mondiale, mondialiste, a décidé de faire comme si le FMI était déjà la banque de dernier ressort, mais sans le FMI, de façon informelle, l’un monétise la dette de l’autre. Ce qui, un jour, sera le tour de passe-passe ultime lors de la création de la Super-Fed-FMI.

Comme Monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, on fait du super FMI sans le dire.

Alors, ne vous étonnez pas si le risk devient « on » et si les refuges réels ne sont pas recherchés, tout cela est inflationniste, au profit d’une classe et d’une élite, mais des peuples, et puis cela consolide, met un plancher sous le système. Cela prolonge, écarte, les risques de court terme. On peut refaire un tour.

L’idée qui flotte actuellement aux États-Unis d’émettre une pièce en platine de 1 trillion de dollars pour financer le déficit et écarter le problème du plafond de la dette est de la même veine. Il s’agit de trouver des subterfuges de plus en plus « non conventionnels » pour continuer l’inflationnisme, on creuse le gouffre tout en le recouvrant dialectiquement de son contraire.

Tout s’écroulerait, s’il y avait des états rogues, des états qui ne jouent pas le jeu.
Mais il n’y en a pas.

   Les dirigeants chinois échangent le bien être de leur peuple contre leur maintien au pouvoir.
   Merkel échange les principes allemands contre sa réélection.
   Les Russes n’ont pas les moyens d’être à la hauteur de leurs rodomontades.

5 commentaires:

  1. Une fois de plus Bertez se distingue.

    Un super article qui reprend la thèse que je défends depuis des mois (des années) face à des gens comme BA par exemple.

    Tous les commentateurs sous estiment ABSOLUMENT la résilience du Système, et sa faculté d'adaptation.

    Relisez l'histoire depuis 2008. C'est affolant. On a repoussé chaque mois, à chaque "crise", les limites du "conventionnel". Et ca passe comme une lettre à la poste, les veaux ayant une memory span de l'ordre de la moule marinière (quelques heures).
    ;-)

    Bref... Aucune raison pour que ça s'arrête, car ça ne peut pas s'arrêter. CFQD.

    Désolé pour la tautologie, mais ça cogne.

    Il n'y a qu'un seul événement, type diagonale du fou qui pourrait accélérer le calendrier et provoquer le game change que nous attendons tous : une guerre au MO.

    Mais sans cette guerre... préparez vous à une lente agonie, une mise en esclavage... qui pourra durer des années... des années...

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  2. "Quand donc se décidera t on à rendre ces gens responsables de leurs imbécilités?"
    Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
    Ce proverbe restera toujours vrai. Que les consultants viennent de G.S. / Andersen Consulting / FMI / La SSII du coin ou le facteur, en dernier ressort, c'est celui qui décide qui doit choisir.
    Ca parait fondamentalement bête, mais encore trop de "décideurs" ne sont que des "moutons" qui suivent l'idée à la mode.
    =======
    ADN59

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  3. "Mais sans cette guerre... préparez vous à une lente agonie, une mise en esclavage... qui pourra durer des années... des années... "

    décennies serait l'échelle de temps la plus appropriée.
    Pour ce qui est d'une guerre au MO, elle ne peut avoir lieu sans le feu vert des USA qui n'y ont aucun intérêt (les printemps arabes, c'est beaucoup plus soft).
    Nous sommes dans une période de transition (50 à 100 ans d'agonie), et ceux qui décident savent bien que l'accès aux ressources sera de plus en plus contraint, alors chaque camps fourbi ses armes : les uns accumulent de l'or et des MP, les autres monétisent à tout va (quand on a plus de liquidités et bien on en créé).
    Et puis il y a BA et nous autres qui regardons passer les trains.

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  4. Le multiplicateur fiscal est une absurdité fondée sur aucune donnée économique sérieuse. Il en est de même du produit intérieur brut (PIB) censé mesurer la richesse d'un pays. Quand on sait que les dépenses publiques financées par la dette rentrent dans le calcul du PIB en l'augmentant, il y a de quoi rêver; pour les économistes, plus vous dépensez, plus vous êtes riches. La plus humble des ménagères qui se débat avec ses fins de mois sait que c'est plutôt l'inverse. Il est temps de ne plus appeler "sciences économiques" une discipline qui relève plus des recettes de cuisine que de la science.

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    1. bien sûr que l'économie n'est pas une science, il n'y a que le popoye pour encore le croire...

      on devrait toujours associer le mot "économie" avec le mot "politique".

      "économie-politique"

      car c'est le politique qui fixe le cadre, les règles du jeu, puis les acteurs économiques se battent.

      une activité économique prospère peut du jour au lendemain se faire péter la tronche par ... le politique, sans fondement, comme ca, parce que !!

      yongtai

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