mardi 29 janvier 2013

Il y a des champs, Neo. Des champs à perte de vue où les humains ne viennent plus au monde naturellement, elles nous cultivent

Plus je recoupe les conférences de Bourguignon, ces vidéos d'élevages de poulets en batterie, et l'aliénation du monde dans lequel on vit, plus je me dis que nous mêmes, nous sommes un élevage de poulets en batterie.

Nos élites et nos rentiers nous cultivent.

C'est la "Raison", la "Science" et les "Lumières" appliquées à l'homme...

Marion Sigaut explique très bien dans cette conférence déjà postée, comment les Lumières nétaient pas du tout un humanisme mais un technicisme.

Cf cette citation de Voltaire :
Voltaire, lettre du 1er avril 1766 à M. Damilaville : Je crois que nous ne nous entendons pas sur l’article du peuple, que vous croyez digne d’être instruit. J’entends, par peuple, la populace qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s’instruire ; ils mourraient de faim avant de devenir philosophes. Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir, comme moi, une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez bien de mon avis. Ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes : cette entreprise est assez forte et assez grande. (...) Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.

Les Lumières, c'est en fait la prise du pouvoir par l'oligarchie du capital financier. Son objectif est de casser les structures sociales ancestrales pour extraire le maximum de profit d'un peuple qu'ils cultivent. Leur athéisme quant à lui, n'est là que pour rejeter toute morale les empêchant de "jouir sans entrave"... Je ne la retrouve pas, mais Marion Sigaut avait également dans sa conférence une citation sur les bienfaits pour tout bon bourgeois d'avoir un enfant miséreux sous sa main pour assouvir ses pulsions, afin de rester digne en face de la jolie fille d'un autre bon bourgeois...

La différence principale est tout de même, comme l'ont compris les keynésiens, que c'est aux poulets qu'ils élèvent que les capitalistes ont besoin de vendre ce que les poulets fabriquent. Ce qui les oblige tout de même à prendre des mesures autres que simplement technicistes, mais pas du tout dans le but d'augmenter le bonheur, mais d'augmenter par tous les moyens la consommation, maximiser les aller retours acte de production salarié/acte de consommation marchand, flux sur lesquels ils prélèvent leur dîme (et encore plus quand ça se fait à crédit).

Là dessus, des libéraux, comme Jean-Marc Daniel, râlent sans cesse à raison sur la ponction publique. Mais en revanche, ils ne contestent en rien la logique d'extraction maximale de profit du peuple qu'on cultive. Ce qu'ils contestent en fait, c'est que la bureaucratie publique vienne manger au râtelier de la kleptocratie financière. Et pas du tout le concept de base.

L'économisme, le libre-échange, toute notre structure productive, ne sont là d'ailleurs que pour maximiser la traite d'humains entassés dans des cages à poules en béton plastique. Sans égard vis a vis du bien être.

La politique d'immigration rentre d'ailleurs totalement dans le cadre de cette analyse.

On est un élevage de poulets en batterie, ou une ferme de tomates OGM hors sol... A vous de choisir, c'est selon vos préférences...

Une chose est sûre, tout ça n'a plus aucun goût, et ça rend les gens malades...

8 commentaires:

  1. Et ces gens des valeurs mobilieres ne disent pas "je défends mes interets" mais "je défends ma philosophie".

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  2. Oui, c'est une manière de voir une partie de la réalité qui "n'est pas fausse" a défaut d'être juste.

    Tu es en train de prendre la pilule rouge.
    Ne te laisse pas emporter par tes émotions non plus.
    Je suis passé par les même phases de colère. Tout d'un coup on s’aperçoit du "cynisme" de la machine.

    Les zélites sont autant prises que nous dedans. Ne va pas te dire que eux sont les gagnants et toi le perdant, eux les éleveurs et toi le cheptel. Eux aussi sont des rouages de la machine. Leur vie n'est pas plus belle. Peut-être un peu plus de luxe et d'oisiveté pour certains, et encore, mais rien d'enviable ou de jalousable.
    Ils vivent dans un monde bien plus cruel que le notre. Dans les hautes sphères c'est Dallas, c'est impitoyable. Si t'écrases pas les autres, tu te fais écraser.

    La classe moyenne c'est très différent, on peut connaître le vrai amour, on jouit d'une certaine véritable liberté que n'ont pas les élites. Faut pas croire que ces hypocrites le sont par choix, mais par contrainte, sinon ils préféreraient comme tout le monde dire la vérité.

    Les privilégiés, les vrais, c'est nous. Toi d'autant plus que tu as un surplus financier et cognitif a exploiter qui te laisse percevoir d'autres horizons que la merdasse dont les autres sont obligés de se contenter.

    Comme disait un autre commentateur, t'es dans la phase colère du deuil du Kubbler Ross.

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    1. "La classe moyenne c'est très différent, on peut connaître le vrai amour, on jouit d'une certaine véritable liberté que n'ont pas les élites".

      100% d'accord avec ça et j'ai souvent l'impression que c'est le plus dur à faire comprendre aux gens : plus ils cherchent à s'élever en responsabilité et à s'enrichir, plus ils sont condamnés à être prisonniers de leur condition (de dominants).

      Il faut une bonne homogénéité culturelle et économique pour permettre une vraie liberté et une vraie diversité.

      Malheureusement, en-dessous de la classe moyenne, c'est aussi l'enfer (des dominés) et on est tous en train de s'y diriger...

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  3. Vu que tu veux faire paysans...
    http://www.youtube.com/watch?v=En9XVbn74L4

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  4. C'est assez lassant de croiser sur Internet sans arrêt, où qu'on aille cette mentalité qui rend responsable les élites des malheurs du monde entier. Et qu'est ce que c'est que ce choix des gueux d'appeler élite ceux qui les dirigent ?

    Ce que j'appelle élite, ce sont ceux qui ont choisit l'excellence, la libre pensée, la réflexion, la droiture et l'art pour aborder la vie. Tant que nous continuerons à appeler "élite", le moindre gus en costume cravate alors c'est que nous légitimerons le pouvoir de cette caste installée, incapable de s'émanciper de sa propres condition basique. Ils ne sont pas l'élite, ils sont le pouvoir basé sur une légitimité concensuelle dont les premiers défenseurs sont justement, malgré eux, ceux qui les dénoncent !

    Il n'y a pas de pilule rouge (qu'est ce que c'est puéril) il y a simplement une autre manière de voir notre place dans ce monde, de comprendre la responsabilité qu'on a sur notre propre vie.

    A l'inverse de l'élite, il y a tout ceux qui composent la masse. Ceux qui renoncent à comprendre de quoi ils sont fait, qui préfèrent appuyer sur un bouton ON d'un écran plutôt qu'à endosser le costume de la solitude, du face à face avec soi même. Le divertissement du roi plutôt qu'un roi sans divertissement. Comme disait Pascal : "Qu'on laisse un roi tout seul sans compagnie, penser à lui tout à loisir ; et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères" - Et que se passerait-il si le commun des mortels se voyait confisqué ces divertissements ? Il constaterait sa propre misère ! Et il en est pour la plus grande partie, le seul responsable. L'élite c'est celle qui a vaincu cette misère intérieure.

    Julien

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    1. haaaa !
      rafraîchissant, ça fait plaisir à lire, et c'est bien exprimé.

      les "zélites" en effet ne font que fournir au peuple ce qu'il demande : de quoi se distraire de son vide intérieur.
      très yoguique comme propos, j'aime beaucoup.

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  5. "Ce qu'ils contestent en fait, c'est que la bureaucratie publique vienne manger au râtelier de la kleptocratie financière"

    Ahhh, ça fait plaisir à lire.

    Les boulets de la FP sont juste des gars qui font partie de la masse comme toi et moi et qui ont juste trouvé un boulot là où ils ont pu.

    D'ailleurs si on massacre ces boulets, ça n’amènera pas un kopec aux petits gars du privé et tes courbes du partages des revenus travail/profit ne feront que continuer leur petit bonhomme de chemin.

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