lundi 7 janvier 2013

Le FMI commence à reconnaître que la rigueur pour graver dans le marbre le capital fictif ne serait pas une si bonne idée que ça...

Et beh, ça aura mis le temps...

A quand le défaut ?

IMF Officials: We Were Wrong About Austerity
Bloomberg, Mark Whitehouse, 04/01/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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Sharp spending cuts and tax increases have long played a central role in the International Monetary Fund's prescriptions for governments in financial distress -- most recently for the struggling members of the euro area. Now, officials at the world's primary arbiter of fiscal prudence are recognizing that such austerity can do a lot more damage than previously thought.

In a paper presented today at the annual meeting of the American Economic Association, two IMF officials -- chief economist Olivier Blanchard and economist Daniel Leigh -- elaborated on the findings and their implications. The paper contains the boilerplate statement that it "should not be reported as representing the views of the IMF." Nonetheless, given its authors, it provides a good indication of the zeitgeist at the fund.

The authors focus on a number known as the fiscal multiplier -- the amount a country's economic output changes for each euro of change in government spending or revenue. They estimate that for European austerity measures started in 2010, the multiplier was significantly greater than one, meaning economic output shrank by more than one euro for each euro in deficit reduction. That's much higher than the multiplier of 0.5 that the IMF and other forecasters typically used in 2010 and that had proven more or less accurate in the years before the 2008 financial crisis.



Et puisque j'y suis, je vous pousse aussi cette interview intéressant d'un économiste visiblement proche du front de gauche. Je passe sur son blabla insupportable quand il explique au début qu'il n'y a pas du tout de gabegie publique en France, on reconnaît bien là le discours mensonger d'un professeur fonctionnaire nourri à l'argent des autres. Idem quand il prône sans cesse pour la garantie des dépôts, ce qui de la part de quelqu'un de gauche, me fait toujours rire, surtout en terme de conflit de générations...

En revanche, sur le reste, sur la capture du pouvoir par les banques, sur l'inflation gigantesque provoquée par les banques depuis les 20 ans de gestion privée totale de la monnaie (15% d'augmentation de la masse monétaire par an), sur l'incapacité de l'occident à croître désormais pour cause de peak everything, sur le nécessaire financement de grands travaux d'économies d'énergie (ce qui recoupe assez ce que j'avais pu lire dans le livre de Grandjean/Jancovici), c'est très intéressant...
Gaël Giraud sur la crise économique
Le blog d'Akli LE COQ , 07/01/2013 (en Français texte en français )
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Perso, sur ces histoires de public/privé, je n'ai pas de religion.

Comme dit moultes fois, si la monnaie (au sens large) c'est de la dette, la fausse monnaie, c'est de la mauvaise dette. Une dette publique qui servirait à faire un investissement pérenne est de la bonne monnaie. A l'inverse, une dette privée finançant une bulle de crédit immobilière ou un crédit à la conso, est de la fausse monnaie...

Idem sur la notion d'entreprise publique/privée. La chose n'est pas si évidente. Si les monopoles publics amènent à des rentes, à de la sous compétitivité, une prise en otage du peuple par des syndiqués moustachus sur payés et sur protégés, le privé concurrentiel a aussi des inconvénients : nécessité de multiplier l'administratif, la R&D, l'informatique autant de fois qu'il y a d'entités, coûts de marketting et de publicité, rémunération des actionnaires, et j'en passe...

Maintenant, encore faut-il que tout ceci soit bien géré. Et venant d'un gusse qui nous explique sans rougir que l'État ne dépense pas du tout, mais alors pas du tout du tout, l'argent n'importe comment, ça laisse franchement pas augurer du meilleur...

8 commentaires:

  1. J'ai arrêté d'écouter G. Giraud dès le moment où il a dit que la dette de l'Etat n'était pas due à trop de dépenses publiques (56 % de PIB non marchant, que lui faut-il !) mais à trop peu de recettes fiscales.
    Ce type ne doit pas être au courant que la collectivité vole 50 % du salaire des gens avant même qu'il ne sorte de l'entreprise. Ensuite les français payent les impôts sur le revenu et la TVA.
    On arrive en gros à 70 % de prélèvement sur les revenu du travail. Et l'autre trouve que les recettes sont trop basses ?!

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  2. Juste une petite remarque en passant:
    - le bon distinguo c'est plutôt public pour la vision long terme / gestion de risques / monopoles indivisibles (transition vers une économie moins gourmande / nucléaire / réseaux de transport et d'énergie) et économie libérale pour tout ce qui peut se mettre en concurrence, mais dans un cadre loyal (et éventuellement en revenant à des frontières nationales pour l'imposer).
    - vu l'incroyable augmentation de la productivité des dernières décennies, il est probable qu'en ne payant pas ces "employés" sous efficaces (fonctionnaires mais pas seulement), on se serait retrouvé avec un chômage encore plus élevé et des inégalités plus fortes. Bref le modèle sociââl français, ça sert surtout à conserver une consommation robuste (voire à faire des enfants!).
    Je ne dis pas que le modèle français est bon, je le trouve même franchement hypocrite et assez injuste pour les "méritants", mais il a permis bien mieux que d'autres d'amortir le choc de compétitivité et de natalité que d'autres modèles.
    D'ailleurs, sans cette analyse, notre modèle ne serait-il pas beaucoup plus détérioré que celui des japonais qui sont 1000x plus productifs que nous?

    NB: je vous invite à lire Dmitry Orlov pour compléter votre discours. http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/index.html

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  3. Il n'y a aucune austérité. Il faut cesser ce discours qui n'a aucun sens. Nulle part les dépenses publiques ne baissent vraiment, même pas en Grèce. Chez nous à 57% du PIB on atteint 1200 milliards allègrement et 46% de prélèvements. L'austérité ce sont toujours plus d'impôts pour le secteur marchand et privé !

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    1. C'est une évidence : mais les veaux répètent les mêmes slogans, sans arrêt, martelés par les médias.

      C'est désespérant. on les connait tous ces "mot-clés", toutes ces "idées-valises" : "turbo libéralisme", "dérégulation", "austérité" etc.

      Ca devient absurde de chercher à les convaincre. Un veau demeurera un veau. Il est programmé pour cela. C'est sa fonction.Son essence.

      Voilà il n'y a rien à attendre, rien à espérer.

      Il faut simplement attendre que tout se casse la gueule... que l'on touche le fond, mais vraiment le fond de la cuvette, les pieds dans la merde et seulement à ce moment, on pourra avoir des vrais changements.

      Donc en attendant : sit back, relax and enjoy the show.

      -Célébrez chaque nouveau chômeur
      -chaque faillite de PME
      -chaque hausse d'impôts
      -chaque délire gouvernemental ("racisme", "anti sémitisme", "diversité", "mariage homo", "transgenre" etc.)

      Voilà les LEVIERS qui précipiteront ce pays dans une fosse à merde aux proportions bibliques.

      Je le répète : la seule politique rationnelle à suivre... c'est bien sûr la politique du pire.

      Seuls les gogos, les veaux, les mous du bulbe, ceux qui "espèrent" depuis 30 ans, ceux qui lisent doctement le Monde, en un mot les idiots utiles... contesteront cette vérité adamantine.


      Embrassez le pire, célèbrez le pire, dansez autour du pire, augmentez le pire !

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    2. Pas d'austérité en Grèce? Vous rigolez ou quoi? Les salaires de fonctionnaire ont baissé de 30% au moins en 4 ans, les retraites diminuées et les minimum sociaux réduits drastiquement. Étrangement, tout cela a une légère tendance à mettre le pays en dépression carabinée, et donc à faire diminuer le PNB. Alors évidemment, le ratio dépenses publiques / GDB restent constant voire augmente, mais pas parce qu'il n'y a pas d'austérité: parce que justement il y en a!
      Il n'y a aucune porte de sortie à part le défaut. Et dans le cas de la Grèce, à part si on accepte une union économique de transfert (ou tout autre moyen de rétablir sa compétitivité d'urgence), pas beaucoup d'autre solution que la sortie de l'euro...

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    3. ce qui serait intéressant c'est de savoir si les efforts sont appliqués a tous:par exemple les fameux chauffeurs du metro d'athènes.en france l'austérité est appliquée a certains via une hausse d'impots.beaucoup de secteurs ne sont pas encore touchés:médecins,acteurs,sportifs,ponctionnaires,banques et assurances...

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    4. Ah mais évidemment qu'en France on fait encore du moon walking, évidemment. Le jour où on fera de la vraie austérité (c'est à dire, jamais j'espère, déjà qu'il faudra revenir à l'excédent primaire quand on aura fait défaut, ça ira bien comme ça...) ça ce verra très vite sur notre courbe de (dé)croissance du PIB.
      A part ça, évidemment que les employés du secteur marchand ont payé leur tribut sur l'autel de la troïka...

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  4. Un exemple, typique, qui illustre la politique du pire dont je parlais plus haut.

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    Une descendante d'esclaves attaque l'Etat
    lefigaro.fr Publié le 08/01/2013

    Selon les informations de France Info, Rosita Destival, une Française d'origine guadeloupéenne, descendante d'esclave, assigne aujourd'hui l'Etat pour crime contre l'humanité. Elle est soutenue par le Conseil représentatif des associations noires de France qui estime que le gouvernement n'a pas tenu les promesses faîtes en matière de réparations. Depuis 2001 et la loi Taubira, l'esclavage est reconnu comme un crime contre l'humanité, rapelle France Info. Le CRAN a décidé de se joindre cette action civile parce qu'il estime qu'il n'y a pas eu d'avancée sur la question des "réparations" depuis des réunions en mai et en octobre à Matignon.

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    Voilà. Encore ! Il nous en faut plus ! More, more.

    Mort.

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