mercredi 23 janvier 2013

Le monde rentre en guerre des changes

Puisque partout, on refuse de rayer la fausse épargne et le capital fictif qui plombent les économies de par la rente indue qu'elle prélève (surtout afin d'éviter la faillite à nos véritables maîtres que sont les banquiers), ils n'ont d'autre choix que de se lancer dans la fuite en avant à la destruction de la monnaie, afin de garantir les créances en nominal, mais certainement pas en pouvoir d'achat...

Avec tout ce que ça implique de bouleversements sociaux...

Je sens qu'on va bien la sentir la fin de l'histoire là   

Et contrairement aux années 70, cette fois, il y a des refuges. Ça va surement enterriner le déclin de l'occident et le basculement du monde. Déclin qui de toutes façons était inscrit (par le défaut ou l'inflation), alors qu'on pète plus haut que notre cul, assis que l'on est sur notre giga bulle de capital fictif sur évalué.

Je commence par cet article de Bertez qui note très bien tout ce que ces politiques impliquent en terme de contrôle des capitaux, et donc de pertes de libertés... Article un peu catastrophiste certes, mais qui donne bien quand même le sens de l'histoire et vers où on se dirige.

Car on voit bien venir que les pouvoirs utiliseront ces bouleversements pour faire avancer leur agenda d'€UR$$A, leur dictature corporatocratique, leur communisme privatisé...

Les signaux faibles se multiplient de partout... Et la propagande devient méchante, et unilatérale, ça se voit bien dans toutes les émissions. La chape de plomb est totale.

Ils vont tenter d'utiliser la crise qu'ils fabriquent pour achever la transformation de la République en Empire, et en finir avec les nations de classes moyennes dignes qui finiront d'être transformées en plèbe impériale sous tittytainment.

Et le danger pour eux, ne viendra surement pas de l'intérieur, mais de l'extérieur. Avec des pays extérieurs à l'Empire, à la puissance nouvelle, qui vont venir contester leur agenda...

Les Clefs pour Comprendre du Mardi 22 Janvier 2013 : Mali qui soit qui y pense ? Comme en 1931 le japon déclare ouverte la guerre du terrorisme monètaire Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 22/01/2013 (en Français texte en français )
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Nous ne cessons de répéter ces derniers temps que les fous sont en train de prendre le contrôle de l’asile. Que les médecins sont encore plus fous que leurs patients. Ce qui vient de se passer au Japon doit être mis en perspective. En perspective historique. Cela doit être mis aussi en perspective géographique. Les thèses des inflationnistes ne rencontrent pour ainsi dire plus aucun obstacle. Ces gens, dénués de scrupules, d’un cynisme absolu, conduisent le monde global à la catastrophe. La mauvaise foi, l’ignorance, les erreurs intellectuelles se conjuguent pour que leurs idées s’imposent et soient mises en pratique. Le fond du problème, c’est le choix qui a été fait en 2008 par le monde global et dans les années 90 par les Japonais de refuser la restructuration des dettes, de continuer d’autoriser les banques zombies à fonctionner, de transférer les endettements sur les États et, finalement, de tenter de faire supporter le poids de la crise au peuple.





La Banque du Japon et le gouvernement ont publié un communiqué commun qui consacre un nouveau pas en avant vers la catastrophe. Selon l’expression consacrée, hier nous étions au bord du gouffre, aujourd’hui nous avons fait un pas de plus.

Le comble n’est pas qu’un gouvernement nationaliste prenne des mesures « égoïstes » pour tenter d’améliorer sa situation, cela est compréhensible ; le comble est que la communauté internationale et les marchés voient cela comme positif.

C’est bien la preuve que tout est pollué, que les jugements des gouvernements, des médias et des marchés, sont, non pas des jugements objectifs, mais des jugements biaisés par ceux que nous appelons les inflationnistes, c’est-à-dire en gros les banquiers.

Nul ne peut imaginer que les mesures annoncées par les Japonais ce matin puissent aller dans la bonne direction. Il faut avoir l’esprit entièrement dominé par les théories kleptocratiques pour saluer cela positivement. Il n’y a que les banques et leurs complices des gouvernements pour applaudir de telles mesures. Les banques, parce que la valeur de l’argent, elles s’en fichent, elles l’achètent gratuitement et elles le remboursent nominalement en monnaie de singe, les gouvernements, parce qu’étant surendettés, ils n’ont qu’un rêve, dévaloriser les monnaies. La faiblesse des commentaires des médias fait peine à voir.

Tout au plus, relève-t-on comme une incidente, que Jens Weidmann, membre du conseil de la BCE et patron de la Bundesbank, a fait une mise en garde solennelle contre la dérive actuelle qui met les Banques Centrales à la botte des gouvernements. Nous trouvons d’ailleurs Weidmann très modéré lorsqu’il dit que les gouvernements forcent les Banques Centrales à injecter massivement des liquidités, ce qui affaiblit mécaniquement leurs devises. Il ajoute, toujours très modéré : « l’une des conséquences intentionnelles ou pas pourrait être une politisation accrue des taux de change ». Mon Dieu, qu’en termes édulcorés, les choses sont dites. Nous sommes tout simplement dans une nouvelle phase de la crise au cours de laquelle la guerre des changes devient ouverte.

(Digression : attention, ne confondez pas la guerre des changes avec la guerre des monnaies. La guerre des changes, c’est la lutte pour faire baisser la valeur de sa devise. La Currency War, quand elle interviendra, ce sera la lutte de certains compétiteurs stratégiques des États-Unis pour forcer à la répudiation du dollar. Les deux sont liés mais ils ne recouvrent pas le même stade de la crise.)

Vous avez dû voir les mesures dans la presse MSM, nous vous les rappelons.

La Banque du Japon a annoncé le relèvement de son objectif d’inflation de 2% contre 1%. Elle s’est engagée à affaiblir le yen et à lutter contre la déflation chronique qui pèse sur le pays. La BoJ souhaite que l’objectif de 2% d’inflation soit atteint le plus tôt possible. Par ailleurs, elle va continuer son programme actuel mensuel d’achats de titres du gouvernement. A partir de janvier 2014, commenceront les rachats illimités. La porte est ouverte à d’autres mesures, comme les achats de titres et d’obligations étrangères.



Nous avons analysé les mesures de Draghi et celles de Bernanke comme des mesures désespérées. Nous avons employé l’expression « coûte que coûte ». Nous avons souligné que l’on abandonnait toute prudence et que l’on ne raisonnait plus qu’à court terme, sans se préoccuper des conséquences à long terme et des conséquences pour les voisins. De la même manière, le Japon se lance aussi dans l’aventure. Ce n’est pas un hasard si cette décision est prise par un gouvernement nationaliste, voire ultra-nationaliste, et alors que le pays connait un regain de xénophobie.

La semaine dernière, Bernanke, naïvement et mensongèrement, affirmait que la différence entre les années 30 et l’époque actuelle était la coopération entre les pays et la solidarité, on en voit l’illustration ce jour : une guerre monétaire ouverte ! On ne peut pas dire que Bernanke pourtant ignore l’histoire des années 30. C’est à peu près la seule chose qu’il connait ; donc, s’il connait l’histoire des années 30, il sait que, précisément en 1931, le Japon a déclaré la guerre monétaire au reste du monde. Soit dit en passant, en 1931, il a aussi déclaré la guerre à la Chine.

C’est le ministre des Finances Takahashi Korekiyo, ultra-nationaliste lui aussi, qui a mis en place un ensemble de mesures exactement semblables à celles qui sont annoncées ce jour. Takahashi a pris la décision à cette époque d’abandonner le Gold Standard afin de précipiter la baisse du yen ; il a mis en place des stimuli fiscaux colossaux pour l’époque, le tout complété par une politique monétaire ultra-laxiste. Cela ne vous rappelle rien ? C’est exactement ce qui est mis en place actuellement, il suffit de remplacer le Gold Standard par le Dollar Standard et de remarquer que les Japonais l’ont fait décrocher tout au long de ces dernières semaines.

Notre menteur Bernanke, nous l’avons dit, connaît très bien l’opération de Takahashi. Il a même félicité le ministre des Finances de l’époque rétroactivement : « le ministre des Finances Korekiyo Takahashi a brillamment sauvé le Japon de la Grande Dépression grâce à ses politiques de reflation mises en place au début des années 30 », (Bernanke) 31 mai 2003 « Some thoughts on Monetary Policy in Japan » lors du soixantième anniversaire de la Japan Society of Monetary Economics.

Si notre Bernanke considère que la dévaluation de la monnaie, l’achat illimité d’actifs sur les marchés, les taux d’intérêt zéro, la monétisation de la dette de l’Etat et un discours nationaliste pour faire baisser le change sont des manifestations de solidarité internationale, alors, là, c’est que vraiment les fous sont sortis de l’asile.

La guerre déclarée par Takahashi au début des années 30 s’est articulée de la manière suivante :

   Décembre 1931 : le Japon abandonne l’étalon or

   Mars 1932 : la Bank of Japan monétise les emprunts du gouvernement et effondre le taux d’escompte

   Juin 1932 : le Japon fait sauter toutes les limites à l’émission de Notes de la Banque du Japon. La Diète adopte un budget avec un déficit colossal financé directement par la BoJ. La Bank of Japan réduit à nouveau le taux d’escompte

   Août 1932 : nouvelle baisse du taux d’escompte

   Novembre 1932 : la BoJ renforce la monétisation et souscrit directement aux Bonds du gouvernement.

La politique de Takahashi a été un succès… pour le Japon, jusqu’en 1936. Elle a déclenché une guerre sanglante au niveau international. La stimulation a été obtenue aux dépens des autres pays sur le marché international. Tout le monde a d’abord été asphyxié, puis a été obligé de s’aligner. Nous vous rappelons qu’en 1933, sous les coups de boutoir du marché international, les États-Unis ont dû eux aussi abandonner l’étalon or.

Il faut bien comprendre que le succès de la politique de Takahashi repose sur deux choses :

   1) le fait de déclarer la guerre sans scrupules avant les autres, lesquels autres ont fait l’erreur de s’accrocher à l’étalon or,
   2) il a mis en place un « package » et que c’est grâce à ce « package » que Takahashi a réussi à éviter la Dépression au Japon.

En clair, ce qui a été une réussite pour un pays a été obtenu au détriment du reste de la communauté internationale, cela équivaut en fait à un pillage. Pire, cela a déclenché un effet de dominos.

Par ailleurs, la combinaison de diverses mesures est nécessaire ; il faut, tout en même temps, une chute du change, un stimulus fiscal considérable, une monétisation de la dette du gouvernement, pour obtenir un effet positif. Mais attention, cela ne suffit pas, car on passe sous silence les infâmes mesures qu’ont dû prendre les Japonais, on les escamote. Surtout le malhonnête Bernanke.

Ce que l’on ne dit pas, c’est que le Japon a dû mettre en place un État policier, tout contrôler, pour assurer qu’il n’y ait pas de fuites dans sa politique, que les capitaux restent piégés à l’intérieur et que les citoyens ne puissent pas échapper à la répression financière.

   Ainsi, en juillet 1932, la Diète a passé le Capital Flight Prevention Act et croyez-nous, elle a tout fait pour qu’elle soit efficace.

   En mars 1933, on est allé plus loin, la Diète a passé le Foreign Exchange Control Act. Ainsi le dispositif était bouclé, les Japonais étaient piégés.

Le succès de la politique de Takahashi a été tel que le terrain social, politique et culturel pour la montée du fascisme a été préparé. L’épilogue, c’est qu’en février 1936, Takahashi a été assassiné.

L’historique est effrayant. Dans la succession des événements, tout s’enchaîne pour déboucher sur la fin des libertés, la fascisation du pays et finalement la guerre. Honte à ceux qui, comme Bernanke, saluent comme positive la mise en place de telles politiques, honte à ceux qui les défendent.

Pour qu’on ne puisse nous taxer d’approximations, nous ajoutons que dans le déroulement de la séquence japonaise du début des années 30, il faut rajouter l’action de l’Angleterre. Elle n’est pas restée innocente car c’est elle qui, en septembre 1931, a abandonné l’étalon or.

Tous ceux qui comme Krugman, Bernanke, les socialistes, l’ultra-gauche, vantent les mérites de l’inflationnisme, feraient bien de se souvenir de la pente qui a été dévalée à cette époque.



Mais visiblement, ça en fait tiquer en Allemagne :
Germany Vs Japan Currency War Heats Up
ZeroHedge, 22/01/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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today German politician Michael Meister launched what is now the third shot across Japan's bow in what is rapidly escalating as the most dramatic case of global currency warfare between the world's net exporters

To wit: “What can Japan’s competitors do?” Meister said today in a telephone interview. “Either we’re all smart and do nothing, or we follow suit and create a spiral that hurts us all.

From Bloomberg: "Meister is the third senior German official to take issue with Abe in a week. Finance Minister Wolfgang Schaeuble attacked Japan’s “false understanding” of monetary policy in a Jan. 16 speech to the lower house, saying it will pump “excessive liquidity” into global financial markets. Bundesbank President Jens Weidmann said in a speech in Frankfurt yesterday that Abe risked “politicizing” the yen’s exchange rate."



Please Welcome UK To The Global Currency Wars
ZeroHedge, 22/01/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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When it was announced in late November that Goldman's Mark Carney would become head of the BOE (a "shocking" move only Zero Hedge predicted), we said that one has to be insane to be buying the GBP at those levels. Sure enough, it took just two short months before the implications of yet another Goldmanite's pro-inflationary policies would become apparent. To wit:

  • KING SAYS BOE IS READY TO PROVIDE MORE STIMULUS IF NEEDED
  • KING SAYS QE WAS CRUCIAL IN AVOIDING U.K. DEPRESSION
  • KING SAYS U.K. BANKS SOME WAY FROM CONVINCING MARKETS ON SAFETY
  • KING SAYS POUND DROP WAS NEEDED FOR U.K. REBALANCING
  • KING: U.K. 4Q GDP ALMOST CERTAINLY CONSIDERABLY WEAKER THAN 3Q

And the punchline:

  • KING SAYS REBALANCING NEEDED TO AVOID CURRENCY WARS

In other words, please welcome the UK to the global currency wars.

3 commentaires:

  1. Mercredi 23 janvier 2013 : chiffres de la dette publique pour le troisième trimestre 2012.

    En zone euro, la dette publique de plusieurs Etats atteint des sommes inimaginables.

    En zone euro, la dette publique de plusieurs Etats est devenue hors de contrôle.

    Plus personne ne contrôle quoi que ce soit.

    Nous entrons dans une nouvelle époque : l’époque des défauts de paiement de plusieurs Etats européens.

    1- Médaille d'or : la Grèce. Dette publique de 301,193 milliards d'euros, soit 152,6 % du PIB. Tous les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce ont échoué. Le premier défaut de paiement avait effacé 107 milliards d’euros de dettes. Mais la dette publique continue à augmenter, à augmenter encore, à augmenter toujours. La Grèce va de nouveau se déclarer en défaut de paiement.

    2- Médaille d'argent : l'Italie. Mario Monti laisse derrière lui une dette publique de 1995,143 milliards d'euros, soit 127,3 % du PIB. Mario Monti a fait la preuve de sa nullité. Mario Monti a fait la preuve de son incompétence.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Dette publique de 201,003 milliards d'euros, soit 120,3 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique du Portugal continue à augmenter. Le gouvernement portugais a annoncé que le Portugal était incapable de rembourser comme prévu les 78 milliards d’euros du soi-disant « plan de sauvetage ».

    4- Dette publique de l'Irlande : 190,954 milliards d'euros, soit 117 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique de l’Irlande continue à augmenter. Le gouvernement irlandais a annoncé que l’Irlande était incapable de rembourser comme prévu les 85 milliards d’euros du soi-disant « plan de sauvetage ».

    5- Dette publique de la Belgique : 380,923 milliards d'euros, soit 101,6 % du PIB.

    L'Irlande bénéficie depuis novembre 2010 d'un plan de sauvetage sur trois ans de l'Union européenne et du FMI. Le Portugal a quant à lui dû solliciter un plan de sauvetage sur trois ans en mai 2011.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL6N0ARB6520130122?pageNumber=3&virtualBrandChannel=0

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  2. "Plus personne ne contrôle quoi que ce soit." ?

    C'est drôle, les mois passent... les années passent et pourtant "ça tient".
    ;-)

    On se revoit en 2014, ok BA, pour faire le bilan de l'année et préparer... la suivante.

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    1. 2014 sera comme 2013, bien sûr.

      Et 2015 sera comme 2014, bien sûr.

      Et 2016 sera comme 2015, bien sûr.

      "ça a tenu", "ça tient", et "ça tiendra", bien sûr.

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