vendredi 11 janvier 2013

Une relecture de la courbe de Laffer : de l'intérêt réel de sortir légalement du rapport marchand salarié pour vivre au maximum en autarcie

Je vous fais là un post tentant une autre approche de la courbe de Laffer (et son "trop d'impôt tue l'impôt"), non pas par le haut et les riches comme on le fait toujours par erreur, mais par le bas et les petits salaires.

Partons d'un constat simple, et de cette table Ikea en pin massif :


260€ pour 140cm x 80cm

Si on cherche à évaluer le coût des matériaux nécessaires pour réaliser soi même une telle table, on doit pouvoir s'en sortir à 150€, en comptant très large. Cf ce site pour le prix du bois.

En terme de temps de travail, j'estime à la grosse louche qu'entre le ponçage, le vernis (2 couches), la découpe du plateau et la fixation des pieds, il y en a pour 1 journée de travail effective.

En terme d'outils, une scie, une ponceuse, du matériel de peinture, et une perceuse/visseuse suffisent. Il y a donc un investissement d'outillage nécessaire, mais bon, des outils, ça peut se partager...

Ainsi, de 259€ si on l'achète en magasin, à 150€ si on la fait soi même, on arrive à un salaire équivalent de 109€ la journée de travail pour qui choisirait de prendre une journée pour fabriquer cette table plutôt que de l'acheter.

Quelqu'un de travailleur prendra sur son temps libre pour la faire lui même. Mais il est aussi intéressant de prendre un congé sans solde pour réaliser soi même sa table, pour quiconque gagne moins de 109€ net par jour.

Et encore, c'est sans inclure la baisse de vos impôts locaux et de votre impôt sur le revenu si vous réduisez votre revenu net. Car en réduisant ses revenus salariés, dans un système d'impôt progressif, on diminue aussi son taux d'imposition.

Prenons ma situation perso, d'ingénieur informaticien (on ne rit pas !), en SS2I. Mon entreprise paye 4400€ de super brut chargé par mois pour m'embaucher. Il me reste en net 2200€, auxquels il faut encore retirer 70€ d'impôts locaux, 50€ d'impôt sur le revenu, 300€ de TVA et 100€ de taxes. On arrive à un salaire net réel de 1700€.

Ainsi, quand on compare ce revenu de 1700€ aux 4400€ qu'a du débourser mon entreprise, l'État prend déjà 60% de mes revenus réels.

Et là, en bon gôchiste au cerveau bien récuré, vous me direz que ça paye les retraites, les infirmières et les institutrices, toussa toussa.

Certes, c'est le discours habituel de tous ceux qui biberonnent à la dépense publique et défendent pied à pied leur rente.

Mais la dépense publique, ça paye aussi :
- les intérêts sur la dette odieuse,
- les subventions à l'immobilier cher et rationné,
- les gras salaires des fonctionnaires tamponne papier et la complexité inutile,
- les grasses retraites illégitimes volées politiquement,
- les rentes de l'aristocratie politique nationale et locale,
- la guerre en Lybie et autres joyeusetés impériales,
- l'immigration industrielle de pauvres subventionnés,
- le salaire horaire de chirurgien pédiatre du prof de sport de collège,
- la culture subventionnée et les merdias sous contrôle,
- le parasitisme et l’assistanat,
- etc etc...

Pour ma part, j'estime que de ces 60% d'imposition, entre un tiers et la moitié sont illégitimes.

Or, ce qui a permis le développement de tout ceci, c'est cette loi élémentaire de l'économie qui incite à la division du travail et au développement du rapport marchand.

En laissant chacun se spécialiser dans un domaine précis, le système augmente sa productivité globale par la plus grande efficacité de chacun, spécialisé dans une tâche déterminée.

C'est d'ailleurs en gros l'histoire de la métaphore du crayon, telle que publiée par contrepoints ce matin, faisant l'éloge du libre échange, mais surtout de la spécialisation de chacun et donc du rapport marchand.

Ainsi, les ponctionnaires n'avaient alors plus qu'à venir se brancher sur ce rapport marchand pour en détourner une partie toujours plus importante à leur profit.

Sauf que voilà, au fur et à mesure que l'imposition augmente (et qu'elle augmente sans que le salarié/consommateur payeur reçoive des contreparties équivalentes directes), cette différence de productivité entre le néophyte et le spécialiste doit nécessairement grimper pour que ça reste intéressant pour le néophyte de rester à travailler dans sa spécialité, pour acheter le travail spécialisé d'un autre producteur.

Or si ce facteur de productivité nécessaire grimpe, il ne grimpe pas linéairement avec le taux d'imposition.



Il s'agit là d'une hyperbole qui tend vers l'infini quand le taux d'imposition atteint 100%.

Pour lire cette courbe, par exemple, à 60% d'imposition qui est le taux actuel (cf plus haut), il faut comprendre que pour que ce soit intéressant que vous travailliez, pour payer quelqu'un qui a le même salaire que vous à travailler pour vous, il faut que ce quelqu'un soit 2,5 fois plus efficace à cette tâche que vous ne le seriez vous même.

J'ai mis à salaire égal, car pour quelqu'un gagnant 20€ net de l'heure par son travail salarié, et embauchant quelqu'un à 10€ net de l'heure, ce rapport est à diviser naturellement par deux. C'est ce qu'on voit naturellement d'ailleurs quand, par exemple, l'embauche de domestiques ou de femmes de ménage reste l'apanage des gens aisés.

Sur cette courbe, non linéaire, on voit que le passage de 20 à 30% de l'imposition globale n'a pas du le même impact en terme d'évolution du facteur qu'un passage de 60 à 70% :
   de 20 à 30% : on a passage de 1,3 à 1,4 du facteur de productivité nécessaire
   de 60 à 70% : passage de 2,5 à 3,3

Là dessus, en plus, alors que ce rapport ne prend en compte que l'imposition liée à la dépense publique, il faut encore rajouter tous ceux qui se rémunèrent également sur tout rapport salarié et marchand :
- les frais liés à l'immobilier d'entreprise, le foncier et les locaux,
- le clergé bancaire,
- l'actionnaire qui prélève ses dividendes,
- les armées mexicaines des sièges parisiens du CAC40,
- les services administratifs et juridiques,
- le marketting, la publicité,
- et de manière générale, les revenus de toute la caste parasitaire...

Frais supplémentaires sur lesquels l'État vient encore en plus prélever sa ponction...

Ainsi, en rajoutant tous les coûts, le rapport tel que décrit dans le graphique explose littéralement. Et entre le travail que vous payez réellement et tout les frais annexes associés, vous pouvez bien encore multiplier ce facteur par 2.

Typiquement, si vous embauchez un maçon pour vous poser vos parpaings sur votre terrain, vous allez payer le salaire net du maçon, la ponction publique sur ce salaire, mais également en plus, la secrétaire de l'entreprise qui fait la paperasse et répond au téléphone, le Q7 du patron, le commercial chargé de trouver des clients, les locaux et les frais courants de l'entreprise, alors que vous, tout ce que vous achetez réellement, c'est qu'on vous pose vos parpaings...

Et pour votre maçon, qui va toucher 8€ net de l'heure, vous allez devoir payer pas loin de 30€ de l'heure. Soit un rapport de l'ordre de 4. Ce qui signifie qu'en supposant que vous êtes deux fois moins productif qu'un maçon professionnel, à moins de gagner plus de 15€ net de l'heure, vous avez tout intérêt à le faire vous même.

Les secteurs qui s'en ressentent les premiers sont ceux où la spécialisation du travail apporte le moins en terme de différence de productivité, nécessitant peu de savoir-faire, et peu gourmands en capital et en machines :
- femmes de ménage,
- restauration,
- bâtiment...

Ainsi, l'imposition augmentant, on voit de plus en plus d'exemples de gens qui s'arrêtent de travailler un ou deux ans pour se construire eux mêmes intégralement leur maison. Gros œuvre inclus...

Idem, qui ne ferait pas l'arbitrage entre se faire soi même sa gamelle de pâtes pour 30 centimes d'€ et 2 mn de temps effectif passé, plutôt que d'aller acheter l'équivalent à 5€ dans un commerce ?

C'est également dans cette même logique que l'on voit fleurir ces machines à tout faire soi même, comme la machine à pain, la machine à faire des sodas, les chauffage au bois, les récupérateurs d'eau, etc etc...

C'est toute une économie de la fuite de l'impôt qui s'instaure. Fuite de l'impôt en toute légalité car l'État ne peut pas qualifier de travail au noir et imposer du travail que l'on fait pour soi même.

Et pire que tout pour le système et tous ceux qui vivent de la ponction, c'est toute une logique qui monte en puissance, de despécialisation du travail, de retour à l'autarcie et à la logique d'en faire un maximum soi même. Sorte de révolte des fourmis ouvrieuses contre les cigales parasitaires, et dont les conséquences vont être gigantesques en terme de croissance et de maintien debout des bilans bancaires...

Cet arbitrage est d'autant plus intéressant que vous avez un salaire net réel bas. Ainsi, c'est l'équivalent d'une courbe de Laffer pour les smicards que je vous décris là, alors que tout le monde s'imagine que cet arbitrage ne concerne que les plus riches. Alors que c'est justement tout l'inverse.

Or, si la population se met à se débattre et à refuser la ponction publique, les ponctionnaires, pour préserver le statu quo et les rentes, doivent augmenter toujours plus le taux d'imposition global de ceux restant dans un rapport salarié et marchand. Faisant ainsi toujours plus grimper le facteur de la courbe sus citée et dissuadant se faisant toujours plus de gens de continuer dans ce jeu économiquement de moins en moins intéressant.

De plus, en refusant d'acheter votre table Ikea pour la faire plutôt vous même, vous ne faites pas qu'affamer le ponctionnaire (public ou privé), vous supprimez aussi l'emploi du menuisier, ou du vendeur. Vous créez donc du chômage salarié alors que pourtant, pour vous, vous n'avez fait que maximiser le plus légalement du monde vos propres intérêts. Et ainsi, vous obligez de fait de plus en plus de gens à rentrer dans votre logique autarcique et de système D...

Quand vous rajoutez à ça Internet, la multitude de sites donnant les informations nécessaires pour démocratiser les compétences et permettre à tout un chacun d'accéder à des savoir-faire toujours plus complexes, des outils naissants comme les imprimantes 3D, la boule de neige ne fait que commencer de grossir...

Comme le dirait Ken le survivant, les ponctionnaires sont déjà morts, mais ils ne le savent pas encore...  

Une autre remarque importante : cette prise d'indépendance vis a vis du rapport salarié marchand, nécessite de l'espace, un atelier, la propriété de sa maison individuelle, un accès aux ressources de la nature, et incite tout naturellement à penser vie à la campagne. Et alors qu'avec un SMIC, en étant débrouillard et indépendant, un couple propriétaire de sa maison à la campagne pourra faire vivre sa famille de 3 enfants, des urbains en appartement, contraints au rapport marchand pour tous leurs besoins, auront besoin de bien plus. Et ainsi va se développer un écart de niveau de vie flagrant entre ruraux et urbains, à salaire égal, sans qu'il n'en apparaisse jamais rien dans les chiffres officiels, car toute cette création de richesse individuelle se fera en dessous des radars de la comptabilité marchande nationale (et donc taxable)...

Et à ce titre, je pressens un mouvement inverse de celui que l'on a vu avec l'exode rural, avec un retour massif à la campagne de la population...

La logique de Base Autonome Durable a de l'avenir. Mais pour des raisons que ses auteurs (Drac, San Giorgio...) n'ont pas identifiées. Car c'est l'Etat lui même, via la ponction toujours plus insupportable de ses clientèles, qui fait tout pour y pousser...

36 commentaires:

  1. Typiquement, si vous embauchez un maçon pour vous poser vos parpaings sur votre terrain, vous allez payer le salaire net du maçon, la ponction publique sur ce salaire, mais également en plus, la secrétaire de l'entreprise qui fait la paperasse et répond au téléphone, le Q7 du patron, le commercial chargé de trouver des clients, les locaux et les frais courants de l'entreprise, alors que vous, tout ce que vous voulez, c'est qu'on vous pose vos parpaings...



    Personnellement, j'applique également ce même raisonnement avec les assurances, je prend bien évidemment le minimum rendu obligatoire par l'état, mais laisse tomber les facultatives (une amie paye 40 € tous les 2 mois pour un téléphone dont la valeur est de 250 €..."oui mais tu comprends, si j'ai un souci, je reçois un portable neuf...", je suppose qu'en plus de n'avoir pas calculé, elle n'a bien évidemment pas lu les conditions d'exclusions du contrat.

    RépondreSupprimer
  2. Post Magnifique ! Je plussoie à 100%

    RépondreSupprimer
  3. Sauf qu'ils vont te demander un numero SIRET pour acheter du material potable.

    Sauf que le ponctionnaire n'a pas encore utiliser sa carte maitresse : la violence.

    RépondreSupprimer
  4. @Discotonio

    Ce que tu décris est connu depuis longtemps : la truande, comme on dit par chez moi.
    Bref, une économie d’Italie du sud.

    Mais tu oublie quelque chose : le mafieux qui va venir te ponctionner en vendant une "assurance" à laquelle tu ferais bien de souscrire si tu ne veux pas le revoir en des circonstances plus désagréables. Ces mecs ratissent tout, même les bleds les plus reculés.

    Lors du développement des coopérateurs privés en URSS (des petits commerces non taxés par l'état), ces derniers ont vu débarquer des gaillards, des gus en costard et des policiers au regard glaçant, "vendant" une assurance contre les coups de latte et les défonçages de cranes équivalente à 30% des revenus que tu palpais avec ton commerce.

    Dernier rappel : un policier, un soldat, un contrôleur des impôts... n'est rien d'autre qu'un pillard qui travaille pour l'état. Sans l'état, il redevient vite ce qu'il était du temps d'avant les premières cités. Au lieu de percevoir pour le compte de l'état, ils percevaient pour leur propre pomme, à force de coups de latte.

    Moralité :
    Quel que soit le système, il faut toujours arroser un ponctionnaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait d'accord la nature a horreur du vide !!
      La grosse différence est que le fonctionnaire (vrai pour le flic, l’infirmière, le soldat, le pompier moins pour le gratte papier de la commission de recensement des oiseaux migrateurs) te rend un service dit public en retour !! Tous les fonctionnaires ne sont pas des ponctionaires comme le dit Discotonio, il y a des réformes nécessaires (surtout dézinguer dans toute l’administration gratte papier, les commissions et les agences de mes deux qui non qu’une fonction casé les mecs de l’éna et les proches des élus), mais personnellement, je suis près à me battre pour l’éducation publique, l’hôpital public, les assurances sociales !!! C’est notre bien à tous !!!
      Le mafieux tu ne lui achète que le droit de continuer de respirer en paix !!

      Supprimer
    2. "Les brigands? De braves paroissiens!"Historia avril 2007 Dans la France du XIV et XVe siècle,les brigands,mercenaires au chômage, pillaient pendant les trêves...Mais régulièrement, des groupes de vllageois,paysans,artisans voire curés prenaient une pause pour aller détrousser ces gens d'armes...

      Supprimer
  5. J'adhère tout à fait au raisonnement. Ce week-end je me tape moi-même la distribution de la voiture pour économiser 250€, la méca c'est pas mon truc et j'ai pas envie de le faire. Mais en tant qu'artisan je dois travailler 2 jours et facturer pas loin de 700€ pour gagner la même somme nette !
    Une transaction commerciale doit être intéressante pour les deux parties pour se réaliser, quand on l'alourdit trop avec des taxes elle ne se fait plus. Mais ça les français ne le comprennent pas avec leur vision de l'économie digne d'un enfant de 8 ans.

    RépondreSupprimer
  6. L'état n'est qu'une mafia ayant réussi à évincer les autres !
    D'ailleurs, les pays ou régions (Corse ?, Italie du sud, Russie des années 90) où l'état est faible, voir absent voient les mafias se substituer à l'état de façon systématique comme l'explique quelqu'un ci-dessus.

    Sinon je partage ton approche concernant l'économie du DIY qui échappe encore à l'état.
    Mais l'état et les boutiquiers de service peuvent très bien aussi faire en sorte que les matériaux nécessaires au DIY soient indisponibles aux particuliers, voir les taxer/pricer fortement afin de rendre l'opération non rentable !

    La cuisine par exemple au Japon : Tout ceux qui y ont vécu te diront qu'il est moins coûteux d'aller manger dans une gargote près d'une gare que d'acheter les aliments à l'unité et les cuisiner soit même ! (en centre ville bien sur)
    Si bien que nombreux sont les japonais célibataires qui mangent à 100% à l'extérieur, y compris le petit déjeuner.... ou le degré maximal de ce que le système est capable de forcer à monétiser...

    RépondreSupprimer
  7. Le bémol là dessus, c'est qu'il faut avoir le temps de faire par soi même. J'aimerai bien faire ma table Ikea moi même, mais passer tout un weekend dessus pour un résultat peut-être pas aussi bon que celui sorti du magasin, bof.
    Donc le rapport marchand en ce sens est aussi contraint, car il faut en parallèle assurer sa subsistance.
    En parallèle de cela, il y a aussi le travail au noir, qui est une forme de soustraction à la ponction publique. Système éprouvé depuis la nuit des temps.
    Il m'a suffit de regarder autour de moi la réaction de mon entourage (sur l'emploi à domicile) lorsqu'on a parlé de la limitation des niches fiscales à 10K€ et la la suppression du forfait de charge sociale.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Personne n'a de temps. Le temps, ça se prends. C'est ce qui est expliqué dans le post : Se prendre un jour de congé sans solde pour faire la table; ça reviendras moins cher que d'aller bosser et acheter la table chez ikea.

      Supprimer
  8. A contrario, je change les vitres cassées de mes fenêtres moi-même (moins de 5€ le pot de mastic et moins de 10€ le verre de 4mm), ce qui me permet d'économiser 150€ ou 200€ d'intervention d'un vitrier et ceci pour un résultat tout à fait acceptable.

    RépondreSupprimer
  9. Des verres de 4 mm ???! super isolation !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le double/triple vitrage n'est pas plus compliqué à poser (au contraire et c'est vachement plus rapide.) Il faut juste se prendre le temps de chercher "calage vitrage" dans google...yp

      Supprimer
  10. Mais le système n'a pas dit son dernier mot, il pousse à rendre les gens dépendants. Il peut te mettre des normes à tous les niveaux pour t'obliger à passer par des spécialistes agréés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les normes, c'est valable tant qu'il y a du pouvoir d'achat : Il n'y a pas de CSTB au Maroc, par exemple... yp

      Supprimer
  11. Il y a déjà des exemples ou l'état tente de saborder ce genre d'initiatives :
    - l'interdiction de vendre des graines fertiles
    - les attaques contre les monnaies locales qui fleurissent actuellement en province

    Je serais pas étonné qu'on te taxe à mort ou qu'on t'interdise les moyens de productions individuels.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et la TVA réduite à 7% (tu payes ton matos brut avec une TVA 19,6%)... yp

      Supprimer
    2. Certes,

      Mais bon, ça revient toujours moins cher, car in finé, les taxes du commerçant, c'est toi qui les payes, les locaux professionnels, etc.

      Par exemple, dans la restauration, j’emmène des fois à manger. Pour 2 euros, la portion, même la boulangerie n'est pas aussi compétitive.

      De plus maintenant si tu n'as pas le temps d'aller au resto avec tes proches, ou que votre vie social ce fait en réception à la maison. Les tickets restos peuvent être utilisés pour acheter des aliments dans les supermarchés.

      Vs

      Supprimer
  12. Sur le principe, 100% d'accord, c'est ce que je fais moi même.
    Dans la pratique, beaucoup de nuances a apporter.
    Maçon c'est un vrai métier, et si tu ne fais pas les choses correctement, tu le paye très cher par la suite. Ce n'est pas un métier comparable a ménagère ou autre... C'est plus similaire a un ingénieur.

    Ensuite, on ne peut pas tout maîtriser soi même : électricien, plombier, maçon, charpentier, menuisier, etc...
    ce sont des vrais métiers, qui demandent des années... dans "artisans", il y a "art".

    Mais les choses changent avec les machines dont l'usage est de plus en plus "naturel". Cependant, il faut dégager le surplus (financier et intellectuel) pour pouvoir capitaliser sur ces machines.

    A mon avis, tu oublies un facteur essentiel dans ta démonstration : le "réseau"... tout cela n'est possible que grâce au partage des savoirs, a la coopération. Et la plupart du temps, si Internet permet l'échange des informations, c'est le réseau local qui fait le partage des savoir, savoir faires, machines !

    Même si je pense que tout ça émerge avec le Net, ce n'est pas non plus un retour a l'autarcie, mais c'est un pas de coté de la société marchande et de l'état westphalien.

    En tout cas, sur le fond, je plussoie !

    C'est LA voie pour sortir de tout ça.
    De mon coté, je suis passé a mi temps ... et je travaille encore plus qu'avant, mais "en direct".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. D'accord sur le réseau, mais j'en reviens à la vie à la campagne du coup.

      C'est pas en ville isolé dans un appart à regarder TFBouygues que tu développes ce réseau...

      Supprimer
    2. On ne peut certes pas tout maitriser, mais savoir un minimum de plomberie, d'électricité, de maconnerie ou un ou deux trucs de charpenterie c'est franchement pas insurmontable...

      Evidemment, personne ne parle de faire une charpente de cathédrale. Une pergola, par contre...

      yp

      Supprimer
  13. Tu m'énerves avec tes "gôchistes", Sarko et sa bande ils ne te ponctionnaient pas, peut-être? Ils sont tous pareils, tous des m***es.

    RépondreSupprimer
  14. encore plus simple que de fabriquer la table ikéa?tu vas dans un dépot vente et tu reçycles du mobilier ancien.prix d'une chaise en chène dans un dépot:18 euros.prix d'une chaise chinoise chez ikéa :25 euros.Laquelle tiendra 3 mois maximum avant de se décoller ?je vous liasse le soin de deviner....

    RépondreSupprimer
  15. du bois pour faire une table

    http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTiq40HKLjTDPpreEmzv7LWUS13gO3BCs4zXP-bidVxvTvsifufHw

    RépondreSupprimer
  16. Cela tient un peu ma méthode personnelle, mais j'ai choisi la banlieue éloignée : beaucoup des avantages de la ville et de ceux de la campagne sans trop leurs inconvénients.

    Ca fonctionne fort bien dès lors qu'on est propriétaire et qu'on a accumulé un capital financier suffisant, car les besoin de "gagner" de l'argent sont alors réduit au minimum (pas d'imposition, taxe foncière réduite).

    On profite de sa vie, de celle de sa famille, on est disponible pour rendre des petits services aux copains qui "bossent", ave, en retour, leurs services, bref du troc amical et familial en bonne entente.

    RépondreSupprimer
  17. Selon ton exemple, et avec ton salaire actuel, ca revient au même prix de le faire soi même que de le faire faire.

    La différence c'est que, à moins que tu en ai l'habitude, le travail sera probablement moins bien fait par toi...

    En tout cas le calcul mérite d'être fait... :)

    La fabrication en masse restera toujours plus rentable que la fabrication chez soi aussi. Faut pas se leurrer.

    C'est surtout les réparations qu'il faut faire soi même. Parce que là, ça coute un max pour pas grand choses généralement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est pour ça que je dis que c'est surtout une question pour les petits salaires, une courbe de Laffer vue du bas, et non du haut.

      Ça a de moins en moins de sens d'être smicard (ou un peu plus) avec un mode de vie urbain.

      Supprimer
    2. sauf qu'en faisant, tu gagnes ce que tu as fait .. et la connaissance pour le prochain coup. si tu ne fais pas tu n'apprends pas.

      Et si la standardisation permet de faire moins cher, il faut voir de combien et ça ne vaut que sur ce qui est standardisable .. du materiel DIY bien pensé/ standardisé (bricolage, imprimante 3D, internet pour l'immateriel) + le travail perso ca devrait etre moins cher que l’échange marchand pour tout.

      Supprimer
  18. quel idee d'acheter une table a 260 euros qui arrive au mollet.

    Visse de fabrication

    RépondreSupprimer
  19. Pas besoin de chercher pourquoi l'Etat ne fait rien pour combattre l'obsolescence programmée...
    Il est du camp de ceux qui se rémunèrent à la marge, au même titre que les banquiers.

    Ton texte me rappelle mon voyage au Japon d'il y a 2 mois. Impôts planchers (pour combien de temps ?) et TVA à 5% (c'est dire la marge de manoeuvre qu'ils ont !), mais surtout on voit plein de gens qui ont des petits boulots.
    Chez nous on cherche à tout automatiser, mais là-bas il y a des agents dans toutes les stations de métro, sur les quais, ils poinçonnent parfois même vos billets.

    Pour corollaire, la plupart des Japonais sont incapables de planter un clou.

    J'en profite pour vous pousser mon reportage en images sur ce pays surprenant : https://picasaweb.google.com/110505884322526701267/JaponActuelJaponEternel02?noredirect=1#5822299256984452674

    RépondreSupprimer
  20. en SS2I, t'es vendu en régie a combien par mois ?
    Moi je pense savoir je connais les factures des prestataires comme toi, c'est 7500e par mois... en tout c'est ce que j'ai vu dans les boites que j'ai fréquentées.

    RépondreSupprimer
  21. Moi, j'aime bien ce texte... je n’adhère pas à la vision très anti-fonctionnaires de l'ensemble du site qui manque de pondération. En revanche, ce texte a bien des vertus :
    -Il montre qu'un système, même en déliquescence, ne tient que grâce à la crédulité des gens (bien des commentaires le montre).
    -La vraie richesse est bien un acre de terre arable.
    -Le retour à la campagne serait un moyen d'éviter les phénomènes d'apparitions de mafia (car les mafias ne naissent que dans les grands centres urbains) et cela contribuerait à décentraliser la France. Le travail de ponction se serait plus ardue.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La mafia est née à la campagne !

      Supprimer
    2. En effet. C'est un peu dommage qu'une démonstration économique tout a fait intéressante et bien développée soit polluée par des considérations "anti-intermédiaires" pas toujours bien fondées.

      Supprimer
  22. Salut Tonio,
    Ca fait un moment que je te lis et c'est -je pense- un de tes meilleurs posts. Je partage ton constat à 100 %. je suis également derrière un PC toute la journée et j'envisage très sérieusement une reconversion agricole prochainement... et tant pis pour les cassandres qui croient qu'un informaticien est bloqué à vie derrire son écran faute de muscle et de réalisme...
    Concernant l'exemple de la table il n'est pas forcément très parlant, mais si on parle d'autoconstruction ou même "d'auto-rénovation" sur une, voire deux années, les chiffres parlent....surtout si on les met en perspective avec un prêt sur 20 ou 30 ans et les prix moyens des bouses Bouy**es et Cies.
    Je pense que nous allons à marche forcée (mais pas d'un coup - sauf guerre-) vers la débrouille et le "do it yourself" imposé. Quand j'en parle vaguement autour de moi on me prend pour un adepte du déclin et un gros pessimiste mais on m'écoute quand même d'une oreille certes dicscrète mais attentive... à cause de l'immobilier (j'lavais bien dit..).
    Qu'on se retouve ici sur ce type de discussion, avec des commentaires construits, des gens qui pensent la même chose -il faut le dire grâce à une certaine "cristalisation" permise par ton blog- est très rassurant. C'est d'ailleurs je pense une des premières formes de résilience. Genre "Attendez les gars, pause, ça ne tourne pas rond...on arrête tout et on regarde ce qui se passe...Ah ouais, attends, c'est nimp' ce qu'on fait là, on est en train de tout détruire, on se suicide à petit feu je crois bien...et attends, t'as vu nos gamins où ils naissent, comment ça se passe, ce qu'on leur laisse, les valeurs, mais y a plus rien.....Comment on fait pour remettre ça en ordre ? par où on commence ? c'est sûr, on va galérer on est encore gouverné par la génération 68 (calculez !!)"
    En tout cas, tout ceci n'est possible que grâce à Internet, c'est réellement un changement de paradigme, pas brutal, mais on commence à comprendre la puissance du truc...rien qu'au niveau du commerce mondial, il suffit de regarder les courbes de croissance.
    Cet outil est une des chances d'éviter le controle total, il faut absolument se battre pour sa neutralité.
    Pour ma part, je pense que nous allons vers un effondrement progressif de l'Etat, faute de crédibilité, de moyens.
    Je pense réellement que nous sommes gouvernés par les banquiers et les pétroliers et que un des moyens redoutablement efficaces de s'en passer est la déspécialisation du travail, l'entraide, le do it yourself, le partage de plans, l'open source, la confiance en soi et dans l'autre, le partage.
    Les valeurs de nos campagnes il y a 70 ans, en résumé....
    TEABO

    RépondreSupprimer
  23. Les valeurs de nos campagnes il y a 70 ans??? Petit calcul:
    2013-70=1943! Periode troublée non?De quelles valeurs parle-t-on?Le travail famille patrie de 1940 ou celle de la charte du conseil national de la resistance de 1944?

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.