samedi 9 février 2013

Bertez sur la tentative actuelle du système pour dépouiller les petits épargnants

Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 7 Février 2013: Bertez , le rabat-joie par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 07/02/2013 (en Français texte en français )
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Le début d’année a démarré en fanfare sur les marchés boursiers. On a même assisté à ce que l’on peut appeler en terme professionnel à un début de « capitulation ».

Certains baissiers, permabears, ont jeté l’éponge et sont venus au secours du momentum. C’est l’une des raisons qui nous a conduit en début d’année à insister sur l’exubérance. Il nous est apparu que les comportements redevenaient maniaques au sens de notre analyse sur la bipolarité.



C’est l’un des risques majeurs de la politique suivie par les irresponsables qui gouvernent. Au fil du temps, au fil de la répétition des promesses, un effet d’apprentissage se dessine et les opérateurs, même les plus prudents, se jettent à l’eau. Il en effet difficile pour des permabears de rester plusieurs années d’affilée à l’écart des marchés sous la raison qu’ils sont faits à la main, hors normes.

La politique de destruction des rendements de tous, absolument tous les placements normaux est redoutable. C’est une arme terrible dans les mains des irresponsables étatistes. Ils ont ainsi la possibilité, avec le temps de forcer tout le monde, nous disons bien tout le monde à faire des choses qui sont désavantageuses.

En tuant les placements classiques et en même temps en assassinant le prix du risque, en le mettant au plus bas, les régulateurs obligent à faire des bêtises. L’Histoire, espérons-le, leur demandera des comptes.



Leur dernière réussite c’est le déclenchement de la spéculation sur le logement locatif. Aux États Unis, c’est incroyable, il y a une guerre de surenchère des acheteurs pour s’arracher l’immobilier d’investissement. Il rapporte 3% quand on sait mal calculer, donc il est un débouché pour les gogos à la recherche de rendement et ceux, nombreux qui cherchent à se faire des commissions sur leur dos.



On voit la même chose en France, les banques essaient de se décoller de leur immobilier en conseillant aux clients les compartiments avec SCPI, la fameuse pierre qui rapporte. Peu importe, au contraire que l’immobilier chute, que les prix soient soutenus artificiellement, on vante les mérites de la pierre locative aux gogos. Cela vaut aussi bien pour le locatif de logement que le locatif commercial, le marché est à la vente, les prix et loyers sont renégociés à la baisse mais les banques conseillent aux malheureux qui ont soif de rendement de venir se faire « tarter » sur ce marché. Honte à elles.

Il faut non pas être malin, intelligent ou compétent dans des périodes comme celles-ci, non il faut être patient. Et c’est très difficile. On voit son capital oisif, rongé par l’inflation, et de temps à autres on assiste en spectateur au tirage du loto sur les marchés. Un tirage auquel on ne participe pas. Dur, dur!

Il faut la patience d’attendre la fin de la lévitation actuelle, attendre le retour à des évaluations attractives, attendre que le risque, le vrai celui qui est devant nous, se soit concrétisé.



Le risque c’est celui d’une belle lessive qui peut couter cher, et balaiera, et au-delà tout ce qui a été gagné depuis 2008. Si tant est que, quelque chose ait été réellement gagné.

Le rendement des emprunts est sans intérêt. Comme le dit le plus gros gérant obligataire du monde, Bill Gross, au niveau actuel des taux il faut être fou pour prendre le risque de durée, nous ajoutons, et pour prendre le risque d’inflation, et nous ajoutons, et pour prendre le risque de taux. Sans compter, pour le high yield, le risque de défaut. Le seul espoir c’est de sauter du train avant les autres et cet espoir ne peut être caressé que par une minorité proche des pouvoirs.

Sur les actions, on est à 22 fois les résultats recalculés et lissés de Schiller ! Au-dessus de 18 fois, il n’y a rien à espérer, le marché ne procure qu’un rendement global médiocre qui ne compense pas le risque pris.



Après la vague d’euphorie du début d’année, les marchés sont chers, toppy, surachetés. Le sentiment est trop bullish, trop positif, c’est mauvais signe.

Les taux d’intérêt sont en hausse, on a monté de 60 pbs sur le 10 ans américain. On vient de 1,36, on est sous les 2%. Les escrocs retournent cela, en disant l’argent va sortir des marchés obligataires, et va venir faire la grande rotation, c’est à dire faire monter les actions par réemploi. Ce raisonnement est idiot, archi idiot. La seule vérité est qu’après vous avoir fait perdre sur les obligs, ils veulent que vous tendiez la joue gauche, et preniez la claque sur les actions. Il faut bien qu’ils vivent ces pauvres.





La grande rotation est un mythe.

En revanche ce qui est vrai c’est que les anticipations inflationnistes se tendent, l’inflation implicite qui ressort de la comparaison des 10 ans nominaux et des 10 ans indexés ressort à 2,7%. On est au-dessus des 2,5% dont parle Bernanke.

Pourquoi dit-il, on continuera jusqu’à ce qu’il y ait de l’inflation ? Tout simplement parce qu’il sait que l’inflation va venir un jour ou l’autre mettre un frein à ses débauches monétaires, et qu’il veut se laisser le droit, l’excuse, de continuer. On se fixe pour objectif, comme pour le maitriser, ce qui nous échappe et viendra fatalement. Cela permet de différer les hausses de taux et de prolonger la Grande Experience.



Ce qui est vrai aussi c’est que l’effet stimulant des QE se réduit avec leur répétition. On déclenche un peu de demande potentielle à chaque nouveau QE, mais le dopage a une durée de vie de plus en plus courte. Quelques mois.





Les largesses monétaires des politiques non conventionnelles n’auront un effet durable que lorsque les régulateurs auront perdu le contrôle de leur œuvre, quand les « animal spirits » seront lâchés et que personne ne réussira à les faire rentrer à la niche. Ce jour-là, personne ne fera rentrer le génie dans la bouteille.




Humeurs de Loup du Samedi 9 Février 2013: D’une poche à l’autre, la grande rotation de la « money » par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 09/02/2013 (en Français texte en français )
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Nous reviendrons quand nous aurons du temps à perdre sur l’idiotie/escroquerie de « la Grande Rotation ». Nous réglerons son compte à cette insanité intellectuelle sinon morale.



En attendant nous relevons qu’il y a une campagne des nuls-kleptos et des kleptos-nuls pour accréditer l’idée d’une nouvelle vague de green-shoots, vous savez les fameuses jeunes pousses que Bernanke voit dans ses délires prophétiques.





L’incroyable Summers doit à notre avis être bourré de risk-on pour lui même et le fonds de Harvard, il vient de publier un article qui re-défend cette idée de green shoots, de retour à la croissance auto-entretenue. C’est un monument de mauvaise foi que nous avons commenté, pièces en mains, maintenant que nous l’avons mis en ligne.

Juste une remarque, la fameuse croissance auto-entretenue dont parle Summers a été obtenue, chiffres frais du jour par une croissance de la dette des consommateurs américains de 148 billions en 2012. Sur ces 148 billions, 144 sont constituées par la hausse du crédit étudiant, ces malheureux que l’on enchaine à vie.



Le crédit aux États unis progresse, mais uniquement le crédit socialiste, de type soviétique, celui qui enchaine les gens comme les étudiants futurs chômeurs, ou celui qui fait vendre les voitures à des gens qui n’ont pas d’argent, par le biais de crédits subprimes financés à perte par l’état!

Passons l’autre klepto, Rubin. Il vient juste déclarer les mêmes stupidités sur CNBC en écho de Summers, ce qui n’est pas un hasard. Nous ne commenterons pas.



Mais il ajoute, nous citons » Nobody could have seen this crisis coming« .Il faut un sacré culot pour oser oublier tous les whistleblowers qui ont multiplié les avertissements.

Rubin ne va pas dire qu’il ne va pas à Jackson Hole ou qu’on ne lui parle pas de ce qui s’y dit. En 2005 Raghuram Rajan du FMI a livré à Jackson Hole un texte de 57 pages qui précisément voit venir la crise. Vous trouverez ce texte sur le site de la Fed de Kansas City. Lisez le dernier paragraphe avant les renvois et les notes, il y est exposé exactement ce qui va se passer, les conséquences pour les générations futures qui vont payer la facture.

Ces 57 pages sont passionnantes, nous les avons déjà signalées, mais il faut y insister car les mensonges des élites doivent être sans relâche dénoncés. L’un des moyens de lutter contre la dérive du système, plus efficace même que les votes, est de dénoncer, stigmatiser, détruire la foi aveugle dans les faux prophètes, vrais profiteurs.

Il y a une vraie campagne en cours pour piéger les particuliers, pour les faire se séparer de leur argent, passer le grand sabre à phynances et les ratisser. Le happening de DAVOS en faisait bien sur partie.



Nous sommes dans un monde de carton pate, un monde de mensonges et d’illusions. Un monde de théâtre de marionnettes. Les uns tirent sur les fils, les autres jouent, jouent de la musique et vous, vous êtes censés danser.

Régulièrement, périodiquement, ils organisent des grands messes, réunions de la Fed, de la BCE histoire de renforcer les mensonges et d’entretenir la foi. Il ya aussi des sommets, ah, les sommets ce qu’ils beaux!!! Presqu’aussi beaux que vides. Mais pas inutiles car ils vous montrent les Grands, ceux qui détiennent la Vérité et que vous devez croire, suivre.

Et puis il y a des G ceci et des G cela qui servent à synchroniser le tout, les tireurs de ficelles, les joueurs de musique, les conteurs d’histoire. L’objectif n’est pas de gérer, l’objectif est de maintenir le statu-quo, endormir, surtout maintenir le système de pensée. Il faut que tout le monde pense la même chose, que tout le monde s’économise l’effort de penser, de critiquer, de douter.

Les gens comme Bernanke, Draghi, Summers, Rubin ont une fonction essentielle, multiplier les petits mensonges, divertir, bourrer les cranes afin de faire passer le vrai, le gros, l’énorme mensonge: Ils traitent les problèmes, ils savent ce qu’Ils font et Ils le font dans votre intérêt.

1 commentaire:

  1. Il prend du LSD ou quoi pour nous sortir des illustrations pareilles ?
    O_o

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