mercredi 20 février 2013

La Suède lutte contre la bulle immobilière

La Suède lutte contre la bulle immobilière
Le blog à Lupus, 19/02/2013 (en Français texte en français )
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Les ménages canadiens ne sont pas les seuls à avoir beaucoup de dettes. En effet, le régulateur financier suédois souhaite renforcer les restrictions sur les prêts hypothécaires et limiter l’endettement.

« Les foyers suédois sont aujourd’hui parmi les plus endettés d’Europe et nous ne pouvons pas laisser les prêts des ménages échapper à tout contrôle », a déclaré Martin Andersson, directeur général de l’Autorité de surveillance financière en entrevue à Bloomberg.

Comme la plupart des pays du reste de l’Europe sont aux prises avec l’austérité et de la récession, les pays riches de la région : la Suède, la Norvège et la Suisse, ont dû faire face à un boom du crédit, alimenté par l’immobilier. Les régulateurs suisses et scandinaves doivent trouver des solutions pour contrer l’effet des faibles taux d’intérêt sur leurs marchés.



L’Autorité de surveillance financière est prête à appliquer un plafond limitant les prêts hypothécaires à moins de 85 % de la valeur de la propriété. Les banques pourraient également augmenter le poids du risque sur les actifs hypothécaires. Si ces deux mesures s’avèrent insuffisantes, le régulateur suédois a déjà réfléchi à d’autres mesures qu’il pourrait rapidement appliquer.

La Suède souhaite à tout prix éviter la crise immobilière et celle des banques qu’elle a connues dans les années 1990. Le régulateur a donc mis en place des règles plus strictes dès 2010, avec notamment un prêt hypothécaire limité à un ratio de 85 % de la valeur de la propriété.

Cette mesure a contribué à une croissance plus lente des emprunts, passant ainsi de plus de 10 % entre 2004 et 2008 à 4,5 % en décembre dernier. C’est encore un rythme trop rapide, selon le ministre des Finances, Anders Borg, qui soutient la croissance du crédit ne doit pas dépasser 3 à 4 %.

Toutefois, Stefan Ingves, le gouverneur de Riksbank, également à la tête du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, a mis en garde contre le maintien des taux d’intérêt bas pendant trop longtemps.

Le Conseil national pour le logement de la Suède fait valoir que le pays est déjà en proie à une bulle immobilière. Les prix de l’immobilier résidentiel, ajustés à l’inflation, sont surévalués d’environ 20 %, estime l’analyste Bengt Hansson. Les prix des logements pourraient chuter de 10 % au cours des 18 à 24 prochains mois, selon Jens Hallen, directeur des institutions financières chez Fitch.

« Il faut se préparer à une crise, a dit Martin Andersson à l’Autorité de surveillance financière. Les prix des logements ne peuvent pas continuer à la hausse pour l’éternité. »


Notez tout de même le mécanisme, où comment la mort de la croissance fait s'effondrer les taux, qui font exploser le mauvais crédit (... qui font s'effondrer la croissance...).

C'est toute l'impasse de notre système monétaire qui ne peut pas vivre sans croissance... Car sans croissance, pas de rendement sur l'épargne, et donc pas de coût du capital (cf Charles Gave), et donc bulle de crédit...

Sauf que la Suède décide de s'attaquer au mal. Comme elle le peut... Expérimentalement...
En tous cas, c'est sûr que ça change de chez nous, où nos politocards en mal de toujours plus de fausse monnaie trouvent qu'il n'y a jamais assez de crédit émis.

Politocards qui ne font absolument rien d'ailleurs pour tuer la bulle immobilière. Bien au contraire... Car l'émission permanente de fausse monnaie fournie par l'esclavage des jeunes, permet de distribuer le niveau de vie à crédit de toute la Fraônce des clientèles parasitaires, et empêche à notre secteur bancaire sur leviérisé de faire faillite...

En Fraônce, c'est l'immobilier qui est too big to fail... C'est le dernier mensonge encore debout qui arrive à faire tenir le village Potemkine...

4 commentaires:

  1. ils dissent quand même que c'est sur évaluer de 20% mais que peut importe des pigeons reviendront à -10% ça nous convient.

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  2. C'est pas le système monétaire qui peut pas vivre sans croissance, c'est le système d'accumulation du capital, de capitalisation. En clair, c'est le capitalisme qui ne peut pas vivre sainement sans croissance.

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  3. Ce qu'il faut savoir quand même, c'est que :
    - la location immobilière est presque interdite dans ce pays. Il n'y a donc pas possibilité de spéculer de ce point de vue là. Seuls peuvent être mis en location des biens en cas de mutation d'un Suédois en expatriation : il loue son bien pendant son expatriation. Ou des biens qui font partie de la résidence principale du Suédois. Ainsi, ils achètent un grand appartement qu'ils divisent en 2 pour pouvoir le louer.
    Ce principe a comme effet pervers qu'il est très difficile pour des étudiants suédois de trouver un logement à louer près de son université par exemple ou près de son stage. Il est aussi difficile pour un expatrié Français (ou autre) de trouver un logement sur place, le temps de son expatriation.

    - 2ème chose : le principe majeur de l'accession à la propriété en Suède est de contracter un prêt avec un minimum d'apport personnel et de ne jamais rembourser le prêt principal. Tous les mois, ils ne remboursent que les intérêts. Cela permet de pouvoir "investir" dans un bien beaucoup plus important.
    Par exemple un prêt de 100000 euros sur 20 ans à 4% donne un remboursement mensuel de 600 euros/mois.
    Si on ne rembourse que les intérêts pour le même montant de 600 euros/mois, cela permet d'emprunter 182000 euros !!
    - les Suédois ont par contre le droit d'avoir plusieurs résidences, ce que certains font, notamment à Stockholm avec un appart en centre ville et une maison près de la mer pour s'aérer le WE.

    En conclusion, il y a peut-être surchauffe, mais ce n'est pas dans un but de spéculation. Je pense qu'il y a, grâce à des conditions d'accès au prêt avantageux (prêt in fine sans fin et taux faible), une demande de biens importante, que l'offre ne permet pas de répondre, mais je ne pense pas qu'il y aura un énorme retournement de tendance.
    Par contre, je ne sais pas du tout si les prêts consentis sont à taux fixes ou variables, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques en cas d'envolée des taux (surendettement, impossibilité de payer les échéances, saisies de biens ?, ...)

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  4. "Politocards qui ne font absolument rien d'ailleurs pour tuer la bulle immobilière. Bien au contraire... "

    Ahahah tu croyais quoi ? En France politicards et classe jacassante toute entière sont vent debout pour NIER l'existence d'une bulle immobilière dans notre pays. On en est là. Faire l'autruche. C'est à pleurer.

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