mardi 5 février 2013

Petites histoires de groucho capitalisme

Deux commentaires qu'on m'a laissé :

Le capitalisme version 1 :

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.

Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.

C’était, disait-on, inévitable.

Mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Toute ressemblance avec une situation actuelle est ... malheureusement plausible !

Le capitalisme version 2 :

Le petit Nicolas déménage à la campagne et achète un âne à un vieux fermier pour 100 €
Le fermier doit livrer l'âne le lendemain, mais justement le lendemain…..
- Désolé fiston, mais j'ai une mauvaise nouvelle : L âne est mort.
- Bien alors, rendez-moi mon argent.
- Je ne peux pas faire ça. J’ai déjà tout dépensé…
- OK alors, vous n'avez qu'à m'apporter l'âne.
- Qu'est-ce que tu vas faire avec …..?
- Je vais le faire gagner par un tirage au sort à une tombola.
- Tu ne peux pas mettre un âne mort comme lot !
- Certainement que je peux Je ne dirai à personne qu'il est mort.

Dans sa situation, le fermier se dit qu'il ne peut pas vraiment refuser. Il amène donc l'âne au petit Nicolas.
Un mois plus tard, il revient voir le petit Nicolas.
- Qu'est devenu mon âne mort ?
- Je l'ai fait tirer au sort. J'ai vendu 500 billets à 2 Euros: ça m'a fait… Une recette de 1.000 € !!
- Et personne ne s'est plaint ?
- Seulement le gars qui a gagné… Mais je lui ai rendu ses 2 Euros et il n'a pas fait d'histoire !

Nicolas a vieilli et est devenu président d'une République. Et pour gagner plus, il s'est toujours entouré d'ânes et continue à entuber tout le monde…

Pas mal... Moi je connaissais la version avec les pantalons à une jambe...

11 commentaires:

  1. C'est trés drole mais cela ne décrit aucunement le capitalisme.

    Cela montre juste deux engagements non respectés: une promesse d'achat non respectée et une délivrance non conforme.

    Ne pas respecter ses engagements est contraire à la morale libérale capitaliste et son principe de responsabilité.



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    1. Oui j'ai fait ça vite fait, j'ai rajouté groucho dans le titre...

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    2. Pas du tout ! cela décrit parfaitement le financiarisme, les marchés boursiers et l'économie casino, mais pas le capitalisme !

      --neuneu

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    3. Ouais, bien sûr. C'est pas du capitalisme, comme en URSS, c'était pas du socialisme.

      Ton capitalisme pur et parfait, il n'existe pas. Sur Terre, c'est pratiqué par des hommes, donc c'est toujours corrompu. Et tu auras beau regarder partout dans l'histoire économique, il y a toujours eu des crapules là où il y avait de l'argent.

      Alors, appeler ça capitalisme ou groucho capitalisme, ça ne change rien à l'affaire.

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    4. Alors que dans le socialisme personne n'est vertueux non plus mais par miracle les dirigeants le sont.

      Quelle chance ont les socialistes d'incliner vers la vertu alors que les citoyens qu'ils gouvernent inclinent vers le vice !

      SJA

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    5. @ SJA:

      Tu es enfermé dans ton manichéisme capitalisme/socialisme. Je n'ai jamais dit que le socialisme était bon. Je m'en bats un peu les couilles.
      Cela ne change pas le fait que les défenseurs du capitalisme, pur et parfait, sont des nigauds qui oublient que l'économie est pratiquée par des hommes, qui ont pleins de défauts. Ce sont des utopistes, les idiots utiles des ploutocrates.

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  2. Ça montre juste que les gens sont trop bête pour comprendre le capitalisme.
    Mais peu importe le système, il y aura toujours des gens plus malins pour profiter des gogos.
    Ca serait pareil avec n'importe quel système, capitaliste ou non.

    Ceci dit, le coup de la tombola excellent !

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    1. Pas du tout cela montre que les gens sont peut-être cupides, mais pas bêtes. Aurait été bête celui qui aurait refusé de vendre à un prix supérieur au prix de son âne, prix qu'il connait parfaitement.

      De même auraient été bien bêtes les trop pauvres pour acheter une maison alors qu'on leur proposait un emprunt à pas cher avec pour seul risque, pour eux, de perdre la maison qu'ils n'auraient jamais pu s'offrir et dont ils pouvaient profiter un peu, voire revendre, pour certains, en empochant une belle plus-value.

      Plus un marché monte, plus il devient difficile de résister à la pression (du boursicoteur au titulaire d'un fonds d'épargne qui engueulera son gestionnaire pour ses médiocres performances ou changera de boutique pour passer à la concurrence 'libre et non faussée').


      Cela illustre surtout la turpitude des financiers.

      --neuneu

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    2. C'est bien ce que je dis ! Le défaut du capitalisme c'est le gogo qui ne voit pas plus loin que le bout de son profit immédiat, alors que d'autres réfléchissent 1 cran plus loin, et d'autres encore plus loin.

      Je le vois à l'oeuvre tous les jours, avec les maisons, les voitures, etc...
      Dès qu'il y a une remise de prix, une subvention, l'intelligence des gens tombe a 0 !

      Si tu veux, les financiers exploitent la turpide des autres, mais ils ne le sont pas plus. Dédouaner les gogos c'est trop facile.

      Et je le redis ...
      Capitalisme, financier ou pas ca change quoi ?
      N'importe quel système aura les même problèmes : des gogos et des gens pour les exploiter. Wall Street ou pas.

      C'est la nature humaine, comme celle qui nous impose de vouloir un "chef", un "leader", un "dirigeant" ... pour nous dédouaner de nos choix/responsabilité.

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  3. Il est bien là le problème :
    La morale libérale capitaliste et son principe de responsabilité ne sont plus respectés de nos jours.

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    1. Parce qu'elles ont été respectées un jour ? Quittez le monde des idées et revenez sur Terre un peu. Ah ces libéraux, aussi naïfs que des socialistes. Enfin, je préfère encore un libéralisme modéré (et pragmatique si possible) aux formes usuelles et connues de socialisme.

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