mercredi 27 février 2013

Réchauffement : décryptage d’une image de climato-sceptiques

Réponse sur Contrepoints d'Acrithène, au post d'hier, également de Contrepoints, comme quoi il n'y a pas de réchauffement depuis 17 ans :

Réchauffement : décryptage d’une image de climato-sceptiques
Contrepoints, Acrithène, 27/02/2013 (en Français texte en français )
→ lien
Les libéraux ont raison d’être sceptiques quant à la thèse du réchauffement climatique. Pour la raison suffisante qu’il faut, dans le domaine scientifique, toujours être sceptique. L’organisation actuelle du débat climatique et sa forte politisation doivent être dénoncées, mais cela ne devrait pas nous conduire à raconter n’importe quoi sur des sujets dont nous ignorons la complexité.

Hier, Contrepoints publiait la traduction d'un article qui a fait la joie de ses relais sur Facebook. Cet article reposait sur une image souvent présentée par les sceptiques pour annoncer fièrement que le réchauffement s’est arrêté il y a une quinzaine d’années. Va savoir si en 1944 nous aurions dû conclure de l’état des richesses du monde que l’âge de la prospérité capitaliste s’était arrêté en 1929.



J’ai reconstitué l’image de David Rose envoyée au très scientifique Mail on Sunday, pour la rendre un peu plus propre. Vous constaterez qu’il s’agit bien des mêmes chiffres.



La première chose qui m’a intrigué dans cette image c’est l’aire sous la courbe. Je vous propose donc la même image un peu retravaillée. J’ai calculé la moyenne de la série sur 1997-2012, coupé le graphique en deux périodes égales, et colorié les zones sous la moyenne.



Aussi, je demande très humblement à mes camarades lecteurs de Contrepoints : honnêtement, ne trouvez-vous pas qu’il y a davantage de bleu dans la zone gauche du graphique, et davantage de rouge dans la zone droite ?

Hésitant ? Je vous aide et je somme le rouge et le bleu, à gauche (1997-2004) et à droite (2005-2012). Le graphique qui suit vous présente les moyennes obtenues pour chaque couleur.



Pourtant, je n’ai rien ajouté ni rien retiré aux données présentées par l’image originale. Je n’ai fait que la colorer de manière différente.

Autre graphique, la distribution des anomalies par degrés pour les deux périodes.



Maintenant, faisons les choses un peu sérieusement, et demandons à Excel une régression toute bête. Je numérote les mois à partir de 1 pour Janvier 1997 jusqu’à 192 pour Décembre 2012. Ensuite je régresse les données du MET par rapport aux mois.

Voici les résultats de la régression.



Peut-être n’avez-vous jamais fait de statistiques ? Concrètement, l’important dans ce tableau est que la variable « Mois » soit associée à un coefficient positif. Cela indique que la série est associée à une tendance temporelle positive. Vous me direz le coefficient est très faible, un 4/10 000ème de degré en plus chaque mois. Cela ne fait que 0,46°C en plus par siècle.

Si vous avez des intuitions de statisticiens, vous pourriez objecter que cette petite tendance haussière est trop faible pour être significative. Eh bien non, le degré de significativité indique que la relation n’est fortuite qu’avec une probabilité de 1,4%, c’est-à-dire qu’elle est quasi certaine. Reste que la tendance est bien faible... Quoique, au fond, 0,46°C par siècle, c'est déjà ça pour une période dont on prétend qu'elle a vu l'arrêt du réchauffement.

Évidemment, les tests statistiques ne sont valides que pour des données sélectionnées aléatoirement et non corrélées entre elles. Ici aucune de ces conditions ne sont respectées. Pour la corrélation des observations entre elles, on n’y peut pas grand-chose. Pour la sélection aléatoire des données, on peut dire que la personne qui a construit le graphique serait allée faire un sondage à Neuilly pour prévoir la victoire de Sarkozy à la dernière présidentielle.

À nouveau la même image, mais les données du MET, plutôt que d’être présentées de l’été 1997 à l’automne/hiver 2012, sont de janvier 1990 à l’automne/hiver 2012. Voyons comment l’on construit un graphique qui dise ce qu’on veut qu’il dise.

On commence par choisir le point auquel on veut arriver, c’est-à-dire pas de réchauffement constaté fin 2012. On trace un trait horizontal. Ensuite, sur ce trait, on choisit la date qui nous arrange le plus, minimisant la tendance haussière en maximisant l’intervalle de temps. Et là, on trouve la fin de l’été 1997. Miracle !



Et voilà, on a la démonstration de la plus grande honnêteté scientifique.

14 commentaires:

  1. Couillu !

    Bon sang, même moi je me suis fait avoir.

    Comme quoi : toujours regarder le problème sous tous les angles, se méfier de tout, chercher les failles.

    Une belle leçon.

    Bon, cela étant, à l'image du PIB, il faut arrêter avec ces délires de "températures relevés"... avec des calculs au 1/10 sur quelques décennies.

    C'est absolument grotesque.

    Et ça le camarade n'en parle pas. Autant pour la rigueur scientifique !

    Revenons aux fondamentaux :
    -qui prend les températures
    -méthodes de relevés
    -quand, où, nombre de relevés

    etc... Parler d'une élévation globale, ou baisse globale, de 0.XX degrés... à l'échelle de la planète, c'est vraiment je le répète du foutage de gueule.

    du FOUTAGE DE GUEULE.

    Donc un partout, la balle au centre.

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  2. Eh! Oooh !

    Ils sont où les climato-sceptiques ?

    Partis ?

    Revenez !

    Faut discuter là..

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    1. Pas de souci mon lapin, les climato-sceptiques dont j'ai l'insigne honneur de faire partie, ne remettent pas en cause l'existence d'un réchauffement climatique quantifiable à hauteur de 0.74°C sur 150 ans, nous sommes totalement d'accords avec le GIEC sur ce point.

      Et les travaux d'Acrythène ne remettent pas en cause, cet état de fait, oui il y a eut une augmentation des températures (encore que le travail d'anthony Watts sur les stations de mesures est à prendre en compte dans cette affirmation....) et oui cette augmentation s'est arrêtée il y'a 16 ou 17 ans (et non ça n'était pas prévu par les modèles du GIEC).

      Ce que nous remettons en cause, c'est l'ignorance crasse du GIEC de toute vision contraire à la doxa érigée comme religion.

      L'Homme n'est pas responsable des cycles imbriqués du climat.

      Les modèles de calculs sont incapables de modéliser le climat passé et encore moins le climat futur du fait de la sous estimation volontaire du facteur soleil.

      La lutte prétendue contre le Co2 (qui est un magnifique engrais dont la concentration a été très largement supérieure à celle que nous connaissons au travers de l'histoire terrestre) est une ineptie.


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    2. J'ai du mal à saisir ton point de vue. Estimes tu que le CO2 (et autres GES) n'ont aucun effet sur le climat ou que celui ci est négligeable ?

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    3. Il dit que l'homme n'a peut être aucun impact sur le réchauffement climatique.

      Je partage son scepticisme. Le climat a changé à de multiples reprises sur la terre sans que l'homme ne soit là pour y participer.

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  3. moi , tout ce que je vois , c'est que l'été , on crève littéralement de chaud ,que le soleil tape dur , et que mon bras gauche , celui qui est coté fenêtre quand je conduit , est rouge comme un gratte cul dés qu'il commence à faire chaud ;( je ne met pas la clim , ça pompe du carburant et avant qu'elle fasse éffet je suis à bon port )les cours d'eau environnants sont à sec de bonne heure et ne recomencent à couler qu'à la fin de l'automne ;le climat a bel et bien changé , trés rapidement et pas pour notre bien ;

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    1. C'est parce que tu vieillis, tu as la peau plus sensible et tu supportes moi la chaleur (et les cons) :-)

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  4. Excellente mise au point.

    L'historienne Naomi Oreskes a tout dit là-dessus. le climato-scepticisme n'est rien d'autre qu'une entreprise politique (et surtout pas scientifique). Cf. son ouvrage sur ce qu'elle appelle "les racines du climato-scepticisme" (Les marchands de doute) . Dans ce livre, Naomi Oreskes décrypte la stratégie qui a été mise en place depuis les années 1970, en particulier aux Etats-Unis, pour semer le doute dans le grand public et parmi les élus à chaque fois qu'un durcissement de la réglementation environnementale a été envisagé. La même histoire s'est reproduite pour les méfaits du tabac, des pluies acides, des CFC qui détruisaient la couche d'ozone, des pesticides, et aujourd'hui des gaz à effet de serre : à chaque fois, les lobbies industriels et les mouvements politiques les plus hostiles à l'interventionnisme de l'Etat ont dépensé énormément d'argent pour financer des recherches destinées à semer le doute sur l'opportunité de réglementer. Ces travaux mettaient en œuvre toujours les mêmes techniques de PRODUCTION de l'incertitude : ils pinaillaient sur la moindre petite erreur factuelle qu'ils pouvaient relever dans les travaux scientifiques sur lesquels s'appuient ceux qui réclament une meilleure protection de l'environnement (c'est exactement ce qui s'est passé avec le "Climatgate", quand on a monté en épingle quelques minuscules erreurs dans les rapports du GIEC, qui font chacun plusieurs de centaines de pages) ; ou bien ils menaient des recherches sur des aspects très mineurs, histoire de montrer que la communauté scientifique n'est pas totalement d'accord, qu'il y a certains points de controverse, et donc que le doute sur l'ensemble de la théorie est permis…
    En tous cas ce que montre très bien Naomi Oreskes, c'est que les gens et les organismes qui ont financé et réalisé ces études n'étaient en aucun cas motivés par le souci de participer à la controverse scientifique. En réalité, leurs motivations étaient politiques et idéologiques : il s'agissait de protéger le "marché libre". Ils étaient "animés par la crainte que les réglementations environnementales (…) n'ouvrent la voie à un Etat de plus en plus intrusif et oppressif" (Oreskes, interview in Le Monde, 30 mars 2012). Pour ces gens, qu'ils soient chefs d'entreprises, journalistes ou chercheurs, l'écologie politique n'est qu'un avatar du marxisme (d'ailleurs ils comparent souvent les écologistes à des pastèques, "verts dehors et rouges dedans") . Ils dénoncent les écologistes comme des idéologues qui manipulent les données pour faire croire que la planète est en danger, dans le seul but de justifier un accroissement de l'emprise de l'Etat sur l'économie (par exemple un développement de la fiscalité écologique, ou un durcissement des normes environnementales…) "Mieux que quiconque, les néolibéraux américains ont compris la menace que représente le changement climatique pour la doctrine capitaliste. (…) Ils ont compris que la lutte contre le changement climatique conduisait inévitablement à réorganiser le système économique et politique… dans une direction opposée à celle du libre-échange et de la mondialisation : une meilleure redistribution des richesses, des impôts plus élevés, plus d'intervention étatique, de la régulation. Et ils sont prêts à tout pour éviter cela" ("L'écologie, une idée pas si nouvelle", in Télérama, 25 avril 2012). Rick Santorum, qui a été candidat aux primaires du parti républicain à l'élection présidentielle américaine de 2012, a ainsi déclaré pendant sa campagne : "Le réchauffement climatique n'existe pas. C'est juste une excuse pour imposer plus de contrôle gouvernemental" (ibid).

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    1. Ma foi, cette chère madame ne parle pas des milliards de dollars et d'euros engloutis dans la recherche mettant en exergue la cause anthropique du réchauffement climatique.
      Elle ne parle pas du lobby du nucléaire ou du lobby des moulins à vent qui arrosent politiques d'argent privé pour obtenir des fonds publics...

      Elle ne parle pas non plus du fait que le président du Giec, Pachauri a fait éditer un bouquin érotique avec les fonds gracieusement offerts par une filiale indienne de BP...

      Allons, ne nous comportons pas comme des lapins de trois semaines, le GIEC, et les sceptiques bouffent du pognon, le GIEC de l'argent public et de l'argent privé et les sceptiques de l'argent privé (bah oui puisque les fonds publiques ne leurs sont pas permis....pas dans la lignée officielle, pas de bras pas de chocolat....)

      Aujourd'hui en France, Areva, le Cea, Edf, et toute une tripotée d'entreprises plus ou moins publiques arrosent les décideurs et les chercheurs dans une seule et unique optique : la cause anthropique du réchauffement climatique.

      Oui mais aujourd'hui ce réchauffement diverge des modèles (qui nous ont couté et nous coutent encore des ponts à ne rien prévoir).

      Moi, quand un gars commme Nils-Axel Mörner qui étudie les niveaux océanographiques depuis 35 ans me sort que les méthodes du GIEC sont des méthodes mafieuses, je l'écoute :

      "Ils ont reçu cette mission parce qu'ils avaient promis de répondre ce qu'on attendait d'eux...."


      " Les gens du GIEC ont choisi Hong Kong qui possède six jauges de niveau. L'une d'entre elles indiquait + 2,3mm de montée des eaux par an. Tous les géologues savent que cette région s'enfonce lentement à cause de la compaction des sédiments. C'est donc le seul enregistrement que vous ne devez pas prendre en compte. De plus si ce chiffre était correct, la Hollande ne s'enfoncerait pas mais, au contraire, s'élèverait. Ce qui est totalement ridicule ! On ne peut même pas attribuer à l'ignorance une chose comme celle-là ! "

      "J'ai été expert relecteur pour le GIEC en 2000 et l'année dernière. La première fois que j'ai lu le rapport, j'ai été abasourdi. Le rapport émanait de 22 auteurs mais aucun d'entre eux, -aucun !- n'est un spécialiste du niveau des mers. Ils ont reçu cette mission parce qu'ils avaient promis de répondre ce qu'on attendait d'eux. Une fois de plus, c'était une affaire d'ordinateur. C'est tout à fait typique : La communauté des météorologues travaille avec des ordinateurs, de simples ordinateurs.
      Les géologues ne font pas comme ça ! Nous allons sur le terrain et nous observons. Puis nous essayons de bâtir un modèle sur ordinateur, mais l'ordinateur ne vient jamais en premier."

      A propos des fameuses iles de Tuvalu qui sont le "canari dans la mine" de la montée des eaux due au réchauffement climatique comme disent les américains et les gens du GIEC :
      "Un autre endroit, très connu, ce sont les îles Tuvalu qui sont censées disparaître bientôt parce qu'on a émis trop de CO2. Nous avons disposé une jauge de niveau, un enregistreur variographe depuis 1978. C'est à dire depuis 30 ans. Et, une fois encore, si vous regardez les résultats, il n'y a absolument aucune tendance, aucune montée des eaux."

      Alors voilà, là dedans, les climato-sceptiques dont je suis fière de partager les doutes ne demandent que le même traitement qui est fait à ceux qui sont persuadés de détenir la Vérité (science is settled - mon cul), ils demandent une vraie recherche scientifique et pas de la guimauve pour faire flipper la ménagère à coups de spèctres en carbone

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    2. Alecton, merci de confirmer de façon éclatante ce qu'affirme Oreskes.
      Du pinaillage sur des détails invérifiables pour le commun des mortels. EN omettant d'autres données qui vont en sens inverse (par exemple il est démontré que les aires de peuplement des espères florales et animales sont en train de se décaler très rapidement en fonction du réchauffement climatique, de même que les dates de germination ou de floraison)
      Des amalgames pour semer le doute sur la pertinence et la compétence de la quasi totalité des climatologues.
      Des accusations sans preuve sur le fait qu'ils sont corrompus par des méchants lobbies (parce que chacun sait que ceux du pétrole et du gaz ne financent aucune étude, bien sûr...)
      Une tendance à présenter les climatosceptiques comme des Galilée modernes (comme s'il suffisait de dire l'inverse de ce que dit quasiment toute la communauté scientifique pour dire le vrai).
      Tout y est, vraiment...

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  5. Bon alors, on fait quoi, je continue à vélo, ou je peux reprendre les clé de mon Volvo XC60 V6 ?

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  6. Voilà cette citation que je cherchais :

    " La communauté Européenne a poussé le bouchon très loin (NDLR : Dans l'orientation des projets de climatologie): Si vous voulez obtenir une bourse de financement en climatologie, il est écrit dans le document que l'accent doit être mis sur le réchauffement global. Tous les autres n'obtiennent pas un centime parce qu'ils ne remplissent pas les obligations requises. C'est très mauvais parce que vous commencez votre recherche en vous imposant ce que vous voulez trouver. C'est ce que les dictatures et les autocraties ont fait. Elles exigeaient que les scientifiques trouvent ce qu'elles voulaient."

    Nils-Axel Mörner est l'ancien responsable du Département de Paleogéophysique et de Géodynamique de l'Université de Stockholm en Suède. Il a été le président de 1999 à 2003 de la commission internationale INQUA chargé d'étudier l'évolution du niveau des mers et des côtes. Il a été le chef du projet qui concernait le niveau de la mer dans les maldives.

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  7. Judith Curry ex grande prêtresse du "Réchauffement climatique" dans son blog pose enfin (mieux vaut tard que jamais!) la bonne question avant tous ces débats passionnels,mais stériles sur les causes des soi-disant changements du climat.
    "Jusqu'à ce que nous comprenions mieux la variabilité climatique interne (NdT: cad naturelle), nous ne savons tout simplement pas comment calculer la sensibilité climatique au forçage des gaz à effet de serre. Le question de savoir comment le climat va changer au cours du XXIe siècle est hautement incertaine et, de manière fondamentale, nous ne savons pas si les différents scénarios des émissions de gaz à effet de serre seront (ou pas) les moteurs principaux sur des échelles de temps de l'ordre du siècle ou moins. La simplification excessive et la confiance exagérée en soi, sur ce sujet, ont été destructrices pour la science climatique. En tant que scientifiques, nous devons prendre en compte les incertitudes ainsi que la complexité et la nature à la fois désordonnée et perverse de ce problème.
    Nous induisons les responsables politiques en erreur avec nos simplifications abusives et nos certitudes démesurées."
    On se calme et on étudie le problême par le bon bout...

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  8. Si vous voulez des "vrais chiffres" inconestables :

    http://www.les-crises.fr/climat-5-concentrations/

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