mardi 5 mars 2013

Bruno Bertez : Des marchés à l’épreuve de tout !

Mister Market and Doctor Conjonture du Mardi 5 Mars 2013: Des marchés à l’épreuve de tout! Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 05/03/2013 (en Français texte en français )
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Les bourses non seulement résistent, mais avancent. Les « shorts » pris à contrepied-ils sont incorrigibles- se rachètent.

Le « la » a été donné par le marché des changes, l’euro a défendu ses positions, Le dollar a cessé de monter. Les bonds italiens ont interrompu leur chute grace aux déclarations de Roehn, lequel a indiqué que la mauvaise tenue de la conjoncture justifait la révision des objectifs de déficit fixés pour un certain nombre de pays. Face aux révoltes populaires, en clair, la Commission accepte de se montrer moins intransigeante. Cela pourrait faciliter le tache du futur eventuel nouveau gouvernement italien.

Bien entendu tout cela est pour l’écume des choses et les médias.

La réalité est ailleurs.





Certains s’étonnent de la résistance des marchés en cette période délicate. Nous, pour notre part, nous ne nous en étonnons pas. Les marchés ne sont plus « causés », ils n’évoluent plus en fonction de causes, ils sont téléguidés, cela signifie qu’ils fonctionnent en fonction d’objectifs et de volontés.

Nous sommes dans une phase où les responsables –nous sommes gentils aujourd’hui- ont lancé tout leur poids dans la bataille. Toutes leurs forces. Ils utilisent leurs dernières cartouches.

Le QE est devenue Eternity, l’OMT est sans limite, la Bank of Japan a décidé son va-tout, elle ira jusqu’au suicide, la Bank of England, dit-on, prépare des mesures désespérées.

Les responsables ont maintenant compris leurs erreurs, mais ils n’ont pas le choix. Il leur faut continuer. C’est cela qu’il faut comprendre. Avec des bilans de Banques Centrales gonflés au maximum, des déficits budgétaires encore record après 4 ans de stimulation, un stock de dettes qui continue à croître inexorablement, tout cela, pour une croissance anémique au mieux, et des risques de récession au pire, tout cela montre à l’évidence que leur action est un échec.



La pièce maîtresse du dispositif, c’est ce que l’on appelle la stimulation de l’appétit pour le risque et son corolaire, l’effet de richesse. En clair, c’est la solvabilisation artificielle du secteur financier par le gonflement de la valeur des actifs et des collatéraux. Socialement, c’est le renforcement des institutions et des classes d’argent. Hélas, si on peut maintenir la lévitation des actifs, à coups de centaines de milliards, il n’y a pas de transmission à l’économie réelle. Les pauvres restent pauvres et refusent de s’endetter. Les classes moyennes essaient de défendre le peu qui leur reste encore. Les riches, à part leurs gaspillages habituels, n’investissent et ne consomment pas plus. Ils font le gros dos vis-à-vis de l’économie réelle, ils font en quelque sorte la grève et se contentent de spéculer en prédateurs. Caresser le cercle et il devient vicieux, c’est le cercle dans lequel la politique absurde des régulateurs a enfermé le monde.



Avec la masse de dettes que les Bernanke et consorts ont injecté dans le système depuis 2008/2009, le mistigri s’est retrouvé chez les États, chez les Trésors Publics, et logé dans les bilans des Banques Centrales. C’est ce couple –toujours maudit- qui est devenu vulnérable, fragile, menacé. Ainsi, Le bilan de la Fed, par exemple, est leveragé 55 fois, ce qui signifie que la Fed saute avec une hausse de 1% des taux sur les échéances de long terme. Si nous ne nous trompons pas, la maturité est en effet de 8 ans. C’est cela que vous devez comprendre, ils sont le dos au mur. La montée du débat sur « faut-il continuer les QE ? », c’est cela, c’est la prise de conscience que c’est le Centre qui est sur la ligne de crête pour prendre les balles en pleine tête. Menacés, ils sont solidaires. Nationalement et internationalement. Car il y a une entente des classes dominantes (au sens de Pareto), les découpages droite/gauche sont bidons, poudre aux yeux, tout le monde mène la même politique sur la base d’intérêts convergents, seuls les discours changent.

Dans un dernier sursaut, par le biais de QE Eternity, Bernanke tente d’embarquer les marchés. Il tente de dégeler les perceptions, vous savez ces fameuses perceptions qui font prendre les vessies pour des lanternes. Après avoir nationalisé l’hypothécaire, il va maintenant jusqu’à monétiser la constitution d’une nouvelle bulle spéculative sur le logement. C’est une sinistre et cynique farce qui, par l’intermédiaire de JP Morgan et de Wells Fargo et sous la conduite de Blackrock, tire les prix et les loyers immobiliers à coups de milliards obtenus gratuitement. C’est par dizaines de milliers que ces institutions raflent l’immobilier locatif et empochent un spread positif de 2 à 3% sur le dos des ménages exsangues.



Si les marchés ne concrétisent pas leurs nouveaux records, s’ils ne réussissent pas le dernier coup de rein pour franchir la barre malgré les va-tout et les coûte que coûte, les risques deviennent considérables, comme en 2008. Il n’y a pas d’alternative, c’est « marche ou crève », « tout ou rien ». Cela passe ou cela casse.

Le début d’année a failli voir s’enclencher la mécanique. On a cru que l’on réussissait à attirer le gogo. Il y a eu un afflux de capitaux sur le marché. On a monté le phénomène en épingle. Hélas, il a fait long feu. Le flux s’est tari et l’on a dû se contenter de hausses marginales avec des volumes ridiculement faibles.

Le complexe du risque doit tenir à tout prix. C’est vital.

Le complexe du risque se compose réellement et symboliquement de 4 éléments : le CRB des matières premières, l’or, le rendement du 10 ans US et le Dollar Index.

Le risk est « on » quand le CRB monte, quand l’or monte, quand le rendement du 10 ans US monte, et quand le Dollar Index baisse.

Quand l’indicateur composite du risk « on » monte, par la corrélation historique excellente qui existe avec l’indice S&P500, les actions montent et le sentiment des agents économiques s’améliore. Suivez-nous bien, nous sommes au cœur de la manipulation. Hélas, le CRB, l’or, sont baissiers. Les taux du 10 ans US ne montent pas, ils n’ont pas réussi à s’installer au-dessus des 2%. Le Dollar Index, victime du retour du risque européen refuse de baisser. Donc, le complexe du risk, celui qui est lié au réel, refuse de donner, de fournir les signaux que l’on attend de lui. Il est trop lourd. Donc que fait-on ? On inverse. On fait marcher les indicateurs sur la tête. On maintient la hausse du S&P500, ce qui est assez facile, et on se résigne à la divergence avec les autres indicateurs du complexe. C’est un formidable combat entre les haussiers et les baissiers, entre les optimistes et les pessimistes, entre ceux qui suivent la Fed et ceux qui restent fondamentalistes. Le vrai complexe du risk, celui qui est lié à l’économie réelle, refuse de se plier aux volontés de régulateurs. Au lieu que la hausse du S&P soit une résultante, on en fait un moteur.


La situation présente nous évoque irrésistiblement la période des années 29/30 où le cartel des grandes banques américaines a essayé de se mettre d’accord pour soutenir et embarquer le marché boursier afin de renverser le cours de la crise. Le cartel a échoué. Mais nous vous faisons remarquer qu’il est beaucoup plus puissant maintenant.

1 commentaire:

  1. les états vont chercher a diminuer les payements en espèces.les pieces d'or et d'argent prendront alors toute leur valeur.je crois que les cours de l'or sont manipulés ^parce que les banques centrales ne disposent plus des réserves en or prétendues:donc en faisant baisser les cours elles diminuent la valeur de ce qui leur manque ,ce qui rend le problème moins grave a résoudre

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