dimanche 3 mars 2013

Bruno Bertez : Le séquestre américain, une tempête dans un verre d’eau !

L’ Edito du Dimanche 3 Mars 2013: Le séquestre américain, une tempête dans un verre d’eau! Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 03/03/2013 (en Français texte en français )
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Ce qui frappe, c’est le catastrophisme injustifié, il excite la curiosité: pourquoi faire une montagne d’un monticule ? Nous pensons que c’est pour une question de validation. Validation, quel que soit le coût, des thèses keynésiennes. On veut maintenir le principe que ce qui est bon, c’est la dépense, et que les USA ont pour mission d’assurer un bon niveau à la dépense mondiale. Le FMI, par exemple, est catastrophiste, il noircit le tableau des conséquences au niveau mondial; diantre, si moins de 1% de dépenses réelles du gouvernement américain provoque une récession globale, c’est que vraiment le système est pourri à la base, délité. On ne pourra jamais sortir des mesures non conventionnelles et des gouffres budgétaires! Voila qui plairait aux banques, puisque cela garantit argent abondant et gratuit pour l’éternité. Ce qui est en jeu, le non-dit, c’est le maintien de la situation actuelle dans laquelle les déficits autorisent et justifient la politique de la Banque Centrale de taux bas et de monétisation. Les déficits et les dépenses maintiennent le gouvernement en état de dépendance vis à vis des autorités monétaires. Voilà le vrai enjeu du séquestre: empêcher que le politique retrouve de vraies marges de manœuvres, empêcher que la démocratie reprenne ses droits. Maintenir et prolonger jusqu’au bout -quel bout?- la situation présente.

Tous ces gens œuvrent, non pour l’économie mondiale, mais pour eux-mêmes et leurs agendas. Ils veulent que le Principe de l’effet positif de la dépense et que le Principe négatif de la rigueur soient maintenus. Envers et contre tout. Le FMI se moque de l’avenir de la dette américaine, il travaille pour un autre projet mondial, celui qui est censé succéder au système actuel, une fois le dollar démis. La stratégie de long terme du FMI, c’est la monnaie mondiale dont il sera le garant, gérant, émetteur discrétionnaire au profit d’intérêts non souverains, non démocratiques. Et la révulsion américaine sera une étape décisive dans cette voie, surtout si elle est suivie, comme il sera logique, de la révulsion des créanciers des États Unis, Chine, Japon, etc.

Derrière la goutte d’eau du séquestre, il y a, en perspective, un choix de société, d’économie et de finance. Les intérêts dominants veulent que l’on continue sur la même voie, ils savent qu’un jour -jour non prévisible- cette fois, ce sera le fétu de paille de la dette qui brisera le dos du chameau américain, et ils veulent l’advenue de ce jour dont ils rêvent.

Ils veulent maintenir la chaîne infernale des dépenses, des déficits, de la monétisation, de la réglementation et des contrôles, du pouvoir de l’Etat, des impôts, de la débauche de la monnaie. La chaîne de la servitude.

2 commentaires:

  1. Enfonçage de portes ouvertes.

    Bien sûr que l'objectif est le maintien du status quo.

    Cette dramatisation fait partie du "storytelling".

    C'est encore plus minable qu'"une tempête dans un verre d'eau". C'est un dé à coudre, à peine.

    Donc, comme dit Bertez : on continue. Il faut continuer. Car si on arrête de pédaler, le vélo se désintègre.

    Donc on pédale. Et ça va durer. Comme ça dure depuis (mettons) 2008.

    Mais il faut répéter encore et toujours que la vision dichotomique de Bertez (nous les vertueux et "eux" les pourris qui nous asservissent) est fausse.

    En partie.

    Nous sommes très, très nombreux à vivre littéralement du "pédalage" général...

    Bien sûr qu'au passage les "kleptos" s'en foutent plein les fouilles (plus que nous, obviously). Mais c'est un épiphénomène.

    La masse profite du Système. C'est bien pourquoi il y a au final un tel consensus pour maintenir le status quo... un consensus qui est très puissant, très fort.

    Ca devrait nous interroger....


    Allez annoncer à des dizaines de millions de veaux français, pour ne parler que de nous, que :
    -y'a plus de retraites : tout le monde au minimum retraite
    -la Sécu c'est fini aussi
    -et faudra bosser jusqu'à 70 ans, avant de toucher donc le minimum
    -que le status des fonctionnaires : c'est fini
    -que l'"assurance vie" ne vaut plus tripette
    -que le prix de ton T4 à Paris va se dégonfler
    -que les vacances au ski c'est fini
    -que la résidence secondaire c'est fini
    -que les 35h c'est fini

    etc. etc.

    Le problème fondamental il est là.

    Et cela s'extrapole à de nombreux autres pays (le club des branleurs à crédit et "tout étatique" avant tout : Espagne, Grèce, Italie, Portugal etc...).

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    1. cette situation ne doit rien au hasard,le scenario est deja ecrit et nos oligarques/politiques s'entendent sur la direction generale des evenements qu'ils ont engendré et drivé de main de maitre. le nouvel ordre mondial, qui est l'enjeu unique, est en voie de parachemement. C'est un long travail transgénérationnel qu'ensemble ils ont batis: les maitres/seigneurs, en connaissance de cause ,et les métayers cupides en tant qu'idiots utiles voir collabos éclairés.Le dernier acte de la derniere scene va voir se lever le rideau, bientot, tres bientot...Le mensonge respire leurs paroles et leurs actes ;ainsi, les peuples ont cru! ils ont suivis et ont abdiqué leur responsabilité de citoyen au profit de consommateur/vache a lait. La servitude volontaire, c'est l'abdication de tout reflexe critique, de toute curiosité sur l'etat du monde et par réflexivité sur sois; c'est l'absence abyssale d'une saine curiosité celle qui vous mene a faire votre propre révolution. HELAS, la masse est ainsi faite qu'elle ne peut s'extraire de la matrice. les lois de la nature humaine sont ainsi faites que malgres les contraintes de plus en plus dures que nous sommes ou allons devoir subir , nombre d'entre nous ne peuvent dépasser l'etat de conditionnement dans lequel notre culture, notre environnement originel nous a tout entier faconné et modelé. Le machiavelisme de cette mecanique implacable nous pousse a tous nous rejeter l'anatheme car le réflexe animal nous convie a voir les défauts chez nos voisins (espagnol,grec,italien...) que l'on a tout autant chez soi. nous oublions qui sont les responsables veritables au profit de bouc émissaire facile .DIVISER OPPOSER IMPOSER tel est leur mode opératoire...et cela fonctionne depuis que les societés humaines sont dans l'avoir plutot que l'etre!

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