dimanche 24 mars 2013

Bruno Bertez : A ne pas manquer! le modèle américain pour sortir de la crise

Les Clés pour Comprendre du Samedi 23 Mars 2013: A ne pas manquer! le modèle américain pour sortir de la crise Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 24/03/2013 (en Français texte en français )
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Alors que l´illusion d’une sortie de crise tente de s’implanter à la faveur de la propagande officielle, il parait intéressant de remettre le chemin parcouru depuis 2008 en perspective. L’exposé cynique de Summers devant un parterre d’économistes nous en donne l’occasion.

L’idée est simple, on fait rouler le boule de neige du crédit, on soutient les banques et l’intermédiation, et pour le reste … on prie !







Voici un document exceptionnel. Il résume une intervention de Lawrence Summers devant l’Interamerican Development Bank in Washington DC. Son intervention était destinée à des économistes professionnels. Elle n’était pas destinée au grand public, bien évidemment.

L’intervention de Lawrence Summers est articulée autour de 5 points. Ces 5 ponts constituent, non seulement le squelette, le canevas, de sa propre réflexion, mais aussi, on s’en aperçoit très vite, la ligne directrice de l’action de l’Administration américaine.

   1) Toutes les crises finissent par se terminer. Les économies sont « self equilibrating ». Sur le long terme, elles retrouvent leurs équilibres par elles-mêmes, même si, pour cela, il faut mettre en place des interventions gouvernementales ponctuelles. Des crises comme celle que nous connaissons apparaissent 3 ou 4 fois par siècle. Il est normal que les gouvernements contractent des dettes colossales pendant ces périodes ; implicitement, suggère-t-il, nous finissons toujours par sortir de ces dettes grâce à la croissance.

   2) Nous sortirons de la crise en encourageant exactement le type de comportement qu’auparavant nous voulions décourager. C’est cette intuition, cette vue, qui justifie l’utilisation du surendettement et du leverage, lesquels sont au cœur de la politique économique américaine.

   3) Il faut, et cela est critique, un soutien sans faille à l’intermédiation financière. Il faut s’assurer qu’elle est correctement capitalisée en regard des risques inhérents à la situation présente. Cyniquement et sans rougir, Summers avoue que les stress-tests sont destinés à prouver cette capitalisation adéquate.

   4) La croissance des années 90 et la croissance récente ont été trop basées sur la finance. L’accroissement de la part des profits financiers dans la masse totale des profits des entreprises aurait dû servir d’avertissement. La prochaine phase d’expansion devrait être basées beaucoup moins sur la constitution de bulles d’assets et beaucoup plus sur l’investissement et le développement des services publics.

   5) Le système de régulation financière, sous les différents aspects fondamentaux, a été un colossal et remarquable échec. Il y a eu beaucoup trop de crises sérieuses au cours des 20 dernières années.

Les propos de Lawrence Summers ne s’écartent guère, quand on y regarde de plus près, de notre analyse :

Les crises sont des crises financières, ce sont des crises de surendettement, elles débouchent sur des bulles d’assets et des déséquilibres des économies.

En revanche, là où Lawrence Summers diverge totalement, c’est :

1) Sur les remèdes 2) Sur le caractère spontanément rééquilibrant des économies 3) Sur la réapparition spontanée de la croissance.

Soigner le mal par le mal, comme le préconise Summers, est pour nous une idiotie qui néglige l’effet de stocks des dettes.

Les économies ne sont jamais équilibrées et, si elles avancent, c’est précisément parce qu’elles vont de déséquilibres en déséquilibres ; c’est la loi fondamentale du mouvement.

Enfin, le retour à une croissance spontanée est une illusion. Il n’y aura pas de retour à la croissance spontanée tant que l’on n’aura pas, soit détruit les dettes, soit restructuré la masse de créances douteuses du système.

Il apparaît clairement et avec cynisme que la politique qui consiste à favoriser le secteur financier est un élément essentiel, c’est le maillon déterminant dans le raisonnement de Lawrence Summers. On voit clairement que c’est aussi l’élément fondamental qui sous-tend l’action de Bernanke.

On se demande par quel miracle, dans la pensée de Summers et de Bernanke, le poids des dettes va se réduire. On se demande comment on va pouvoir retrouver le chemin de la croissance spontanée. On se demande comment des économies gorgées de dettes vont pouvoir supporter un jour ou l’autre des hausses de taux d’intérêt. On se demande comment les gouvernements vont sortir du surendettement. Summers et Bernanke ou Obama ne se le demandent pas. Pour eux, tout cela tombera du ciel.



3 commentaires:

  1. bon ba c'est l'heure de faire son top 5 des meilleurs chose du il était une fois l'empire.

    1 le hamburger
    2 le moteur de pousser qui est aller sur la lune
    3 le Bulk blending
    4 le rêve
    5 le dollars

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  2. Cette méthode incantatoire s'assimile vraiment à une volonté d'aligner nos "désirs", non "énergies" sur la croyance en leurs dogmes...

    En adaptant cet article à la politique américaine de résolution de la crise on en arrive la. Vouloir à tout prix faire croire, faire ressentir, remodeler l'individu. Mais le décalage avec la réalité est trop grand pour que cela puisse faire quelque chose.
    Le lien en dessous était un article relatif à un article de Frédéric Lordon sur l'alignement des conatus dans un modèle néolibéral (vicié, l'exemple parfait étant celui des USA). Je tâchais de l'adapter à la zone euro. Mais c'est très aisé de le faire avec les USA.

    http://points-de-vue-alternatifs.over-blog.fr/article-reflexions-recentes-sur-le-totalitarisme-stade-ultime-du-capitalisme-de-frederic-lordon-116453563.html

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  3. Le poids des dettes ne peut se reduire qu'en en diminuant la valeur intrinseque, ce qui implique de toujours monetiser en priant pour le retour miraculeux de la sacro sainte croissance. La croissance au mieux anemique au pire sur le declin, il ne reste plus qu'a parier pour que l'Europe explose en vol ou encore qu'une bonne guerre fasse diversion....mais la finalité d'un tel mouvement entropique ne serait-ce pas plutot un ultime reset financier?. Je pense que le S.M.I est amené a etre totalement régénéré...la fed serait absorbée, comme ses consoeurs, dans la Banque Des Reglements Internationaux!? L'avenir est incertain mais une chose est sure, la crise est entrain de muter en un super organisme, celui-ci s'appelle "nouvel ordre mondial": l'ancien va etre balayé par le nouveau en gestation ,et, des democraties agonisantes du passé accoucheront des systemes politiques "condensés" en un lieu géographique unique (BABEL) ou les nations, malgré leur dissemblance culturelle de surface, seront regroupées par correspondance/affinité identitaire en de vastes blocs régionaux. C'est du moins ma conception macrocosmique de l'état de réalité future. Une dictature sensiblement differente des modeles anciens car "huxleyenne/ orwellienne" et hautement technicisée. L'internationalisme rouge-brun est soluble dans le neolibéralisme; sa composante elitiste est apatride par essence et par structure (cartel) son ombilic de pouvoir l'alimente à une spiritualité transvaluée (l'Homme-Dieu) et l'idée qu'il se fait du progres est comme une echelle de Jacob (fantasmée) ou la symbiose techniquo-physiologique (N.B.I.C) le menerait a la divine immortalité des dieux; cette mystique des ames perdues qui secouait et secoue toujours la pensée des alchimistes de l'histoire humaine confrontés qu'ils sont a leur propre "reset" (la mort).

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