dimanche 10 mars 2013

Daniel Stelter (BCG): "Nous sommes déjà tous en état de banqueroute"

Daniel Stelter(BCG): » Nous sommes déjà tous en état de banqueroute »
La Libre.be via Le blog à Lupus, Raphaël Meulders, 10/03/2013 (en Français texte en français )
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D’après, Daniel Stelter, directeur associé au Boston Consulting Group (BCG) et co-auteur du livre «Accelerating out of the Great Recession», les pays développés vont droit dans le mur. “Il faut agir vite”.

L’économiste allemand Daniel Stelter est, paraît-il, connu pour ses propositions provocatrices. Il n’est en tout cas pas le plus optimiste des analystes. « Sans doute le plus réaliste », rétorque celui qui est aussi directeur associé au Boston Consulting Group (BCG). De passage à Bruxelles, le Berlinois a, en tout cas, une entrée en matière qui incite à la consommation massive d’antidépresseurs « Allemagne, Belgique, France, Japon Nous sommes déjà tous en état de banqueroute, lance-t-il. Mais il y a encore une chance de s’en sortir, si nous agissons maintenant et de manière radicale ».

Depuis janvier dernier, M. Stelter fait le tour de l’Europe avec un rapport cinglant. Son titre ? "En terminer avec l’ère de la finance de Ponzi" . Ponzi ? Du nom de cet escroc italo-américain qui roula tout son monde, dans les années 20, avec un système sophistiqué d’emprunts à la chaîne. L’homme est resté dans la postérité. Le système de Ponzi est devenu un « montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants ». Tôt ou tard, la supercherie fait surface et le château s’écroule : les derniers arrivés paient les pots cassés.

Récemment, les clients du fraudeur américain Bernard Madoff en ont fait la cruelle expérience. Les prochains pourraient être les futurs contribuables des pays développés. C’est du moins l’opinion de M. Stelter qui considère le G8 comme étant « le champion » en matière de système Ponzi. « Les pays développés ont creusé de manière exponentielle leurs dettes depuis 1980, poursuit l’analyste. Si on tient compte de l’inflation, elles sont quatre fois plus importantes qu’il y a 30 ans. C’est devenu intenable. » Mais les dettes privées, « dont on ne parle jamais », inquiètent aussi M. Stelter. « Ce sont elles qui ont amené l’Irlande et l’Espagne dans la crise que l’on connaît. »

Autres inquiétudes : les pays développés continuent de « dépenser plus que ce qu’ils gagnent » et les nouveaux emprunts ne créent « aucune dynamique économique », comme cela a pu exister dans le passé. « Il ne faut pas être grand mathématicien pour se rendre compte qu’on va droit dans le mur. Avec la démographie que l’on connaît, notamment en Europe, certains engagements, comme le paiement des pensions ne pourront plus être respectés. Un jour quelqu’un va devoir payer la note ! »

Et tout comme dans le système de Ponzi, « tout s’écroulera d’un coup, causant une dépression sociale et économique majeure ». Quand ? « Personne ne peut le dire, mais plus on attendra, plus cela arrivera rapidement. »

Il faut donc « agir vite », selon l’analyste pour qui l’austérité pure et simple n’est pas une solution. « On l’a vu en Grèce, quand on coupe drastiquement dans les dépenses, sans changer les structures d’une société, les effets sont encore plus pervers pour la croissance ». Sa solution ? Une mixture d’austérité, d’inflation contrôlée, de réduction partielle de dettes (« haircut ») et d’investissements publics ciblés. « Personne n’est épargné. Tout le monde va devoir faire des sacrifices : les créditeurs vont devoir accepter des pertes, les riches de payer plus de taxes, les travailleurs de travailler plus longtemps et d’économiser car leurs retraites seront réduites. Il faudra des gouvernements plus petits et efficaces, moins de dépenses sociales et de santé mais davantage d’investissements dans les infrastructures publiques, dans l’innovation et l’éducation. » L’Allemand estime qu’il faudra aussi développer une immigration « intelligente comme au Canada », pour attirer les plus grands cerveaux en Europe. « Même les pays émergents vont devoir contribuer à la solution en consommant plus et en exportant moins. »

Le problème de ces propositions ? « Elles sont impopulaires. Or le système politique actuel mise tout sur le court terme. Jean Claude Juncker, quand il était président de l’Eurogroupe le disait lui-même : « Nous savons tous ce que nous devons faire, mais nous ne savons pas comment être réélus après l’avoir fait. »

9 commentaires:

  1. donc il propose que tout le monde fasse des sacrifices sauf les retraites actuels je le vois venir le mec ......

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  2. « Même les pays émergents vont devoir contribuer à la solution en consommant plus et en exportant moins. »

    J'éclate de rire !

    Par exemple, la Chine et l'Inde vont devoir produire des centaines de millions de voitures pour que leurs peuples s'équipent en voitures, ... comme les Etats-Unis, le Japon et les Etats européens se sont équipés en voitures depuis 70 ans.

    J'éclate de rire !

    Consommez plus, les Chinois !

    Consommez plus, les Indiens !

    Et votre consommation sauvera la planète !

    Le problème avec les neuneus comme Daniel Stelter, c'est que leur soi-disant "consommation des pays émergents" sera ce qui détruira la planète, et non pas ce qui la sauvera !

    Le problème avec les neuneus comme Daniel Stelter, c'est qu'ils ne tiennent jamais compte des dommages collatéraux apocalyptiques de la "consommation des pays émergents" !

    Le problème avec les neuneus comme Daniel Stelter, c'est qu'ils nous font accélérer en direction du précipice en hurlant leur slogan habituel :

    "Vive la consommation ! Vive la consommation ! Vive la consommation !"

    « La généralisation du modèle occidental de croissance et l’émergence de nouveaux pays avides de dépenser et de jouir nous conduisent à de redoutables impasses. Le rêve des Chinois (comme le nôtre, comme celui des Indiens et des autres) consiste à consommer. Je le déplore, mais c’est ainsi. Où cela nous mène-t-il ? Le Earth Policy Institute (EPI), de Washington, s’est livré à quelques calculs amusants. Si la croissance de l’économie chinoise se poursuivait au rythme actuel (10 % par an), les Chinois rattraperaient les Américains en 2030, avec un revenu annuel per capita de 38 000 dollars. La Chine serait alors peuplée d’un milliard quatre cent cinquante millions d’habitants et on y verrait pétarader un milliard cent millions d’automobiles – alors qu’il en existe huit cents millions aujourd’hui sur la Terre. D’où sortirait le carburant ? A quel prix les citoyens de Pékin ou de Canton feraient-ils le plein ?
    Dans la même hypothèse de « rattrapage », la Chine émettrait, en 2030, deux fois plus de gaz à effet de serre que le reste du monde. Elle consommerait plus de papier que toutes les forêts de la Terre n’en pourraient offrir. Elle absorberait les quatre cinquièmes de la production actuelle de viande et les deux tiers de celle de céréales…
    Supposons que l’Inde s’y mette avec la même hargne. Et tous les pays sous-développés…
    Abracadabrantesques perspectives…
    Mortelles illusions de l’économie de marché et de la sacro-sainte « politique de croissance » !
    A mes yeux, une chose est sûre. Avant d’en arriver à de telles absurdités, nous nous serons entre-tués. Nous nous serons massacrés les uns les autres pour le pétrole, l’eau, les minerais, le bois, le dernier poisson, la dernière baleine, bref pour tout ce que nous appelons nos « richesses naturelles » ou nos « ressources ».
    Nous nous comportons comme des goinfres. Nous incarnons d’insatiables gloutons. Nous sommes les seuls vrais parasites de la planète…Nous dévorons le monde sans regarder au-delà de notre jardin, de notre rue, de notre compte en banque, de notre cours de bourse ou de la prochaine élection. »

    (Yves Paccalet, L’humanité disparaîtra, bon débarras ! Arthaud, p.121)

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    1. tout a fait d'accord le défit du futur c'est d'apprendre a vivre bien (manger à sa faim, avoir un toit sur sa tête, avoir accès à la santé et à l'éducation) tout en étant beaucoup plus sobre!!!
      Le gros problème c'est que ce n'est pas possible sans un changement radical du logiciel économique fondé sur le capitalisme consumériste!!
      Passer du toujours plus pour moins chère, à toujours plus éfficace : plus fiable, plus locale, plus durable, moins poluant, moins énergivore!!! Une révolution de notre mode de vie!!

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    2. Quand mêmes les catastrophistes tombent dans l'optimisme pathologique

      Conclusion : le gâchis actuel est sans nom et nous continuons à créer avec effort et détermination le scénario du pire. Magnifique !

      Eg.O.bsolète

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  3. De toute façon avec le "pic" des ressources naturelles, et en particulier du pétrole, c'est foutu... Quoi qu'on fasse il n'y aura plus de croissance.

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    1. Oui, mais ça, personne ne veut l'entendre.

      De toute manière on file droit vers une réédition de ce qu'on a fait il y a un siècle.
      1907 crise économique (pic du charbon/vapeur/train) / 2007 crise économique (pic du pétrole/moteur explosion/voiture).
      1914 guerre mondiale / 2014 ???
      Avènement de la radio / avènement d'Internet.
      première vague de mondialisation / 2ème vague de mondialisation

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    2. La grosse différence entre les 2 est justement internet. La radio est centralisée, il faut un émetteur et du matériel. Cela limite donc fortement qui peut émettre. Sur internet le moindre individu peut avoir une voix qui porte aussi loin que les plus gros groupes, même si elle mettra plus de temps à se propager.

      Cela permet à des idées alternatives de s'exprimer et donc de court circuiter la propagande officielle. Le mouvement altermondialiste a pu grossir et se faire connaitre ainsi en 1999 à Seattle. Internet a permis à de multiples petits groupes qui étaient éparpillés de communiquer et s'organiser ce qui a donné la 1ère grosse manifestation altermondialiste.

      Reste à voir qui va gagner dans cette course folle. L'oligarchie qui nous précipite dans le mur ou une voie alternative qui arriverait à émerger et prendre le dessus?

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    3. Bonjour,

      Ne pas oublier qu'au début du XXe les ouvriers étaient autrement plus organisés qu'aujourd'hui. Et le lendemain de la mort de Jaurès tout le monde est parti se battre la fleur au fusil.

      ... et il a fallut attendre 36 pour obtenir quelque chose

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  4. Brace Yourselves, Shitstorm is Coming !!
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