samedi 2 mars 2013

Ils ont vu votre futur

A ceux qui se demanderaient ce que je mets derrière cette expression de "Babel ou la mort" que j'utilise sans cesse...

Avec de vrais gros morceaux de progrès et de modernité dedans...

   Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley, 1931


   La guerre éternelle, Joe Hadelman, 1974 (et tout particulièrement le passage du retour sur terre)


   Le 5ème élément, Luc Besson, 1997


   L'imploseur, Benoit Delépine et Stan & Vince, 2003


   Les Technopères Tome 3 - Planeta Games, Alexandro Jodorowsky et Zoran Janjetov, 2000

10 commentaires:

  1. J'aurai rajouté 1984, le camp des saints au minimum
    Et aussi la série Universal War I, en BD, pour son côté gouvernement mondial

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  2. Avec Le meilleur des Mondes, difficile en effet de ne pas citer 1984.

    Quant au Camp des Saints... là c'est pas du futur : c'est le passé et le présent.
    ;-)

    En effet, un incontournable absolu.

    Et bien sûr ignoré par une très large majorité des gens.

    Un conseil, si vous n'avez jamais entendu parler de ce bouquin de Jean Raspail publié en... 1973 (!!)... endormez vous moins sot ce soir en le lisant.

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  3. ouais, tu peux ajouter 1984, et le mettre en debut de liste. (Orwell, ce Heros ...)

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  4. Des références de seconde main tout de même (à part Huxley) et qui plus est, issue de l'entertainment donc sans conséquence sur la pensée politique des masses. Et entre parenthèse,pour Besson et pour le cinquième élément, c'est même de la troisième main, car il a tout pompé sur l'incal de Mobius et Jodorowsky.
    Pour ce qui de l'entertainment et la manipulation des masses, as tu vu cette série : http://www.dailymotion.com/video/xod5sz_une-histoire-digne-d-orwell-ou-de-huxley_news#.UTHs91c_jSs

    Si j'arrive a trouver un peu de temps, je pourrai partager avec toi, en recopiant quelques extraits, la vision de José Ortega y Gasset dans " la révolte des masses". C'est pas du tittytainement pour révolté de masse justement.

    Julien P

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  5. Le meilleur des mondes existe aussi en film. Comme on dit, toute ressemblance avec une situation réelle est ... etc :)
    Sexe omniprésent mais sans passion, pensée unique rabachée continuellement, drogue douce obligatoire, vie sans émotion, big brother à tous les niveaux, hyperclasse.

    Pour ceux qui ne connaissent pas, il y a Equilibrium qui est une version extrême de la société future ou l'émotion est strictement interdite sous peine de mort.

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    1. 1984 existe aussi en film, c'est Brazil de Terry Gilliam, la tête des Monty Python, sorti en... 1985. Disons "inspiré" plus qu'adapté... Bon, faut aimer le côté "baroque" du réalisateur... (voir le film "12 singes")

      Par contre, je crois que le Meilleur des mondes est bien plus proche de la société occidentale actuelle: tittytainement partout, aucun lien familial, une société qui apporte à tous le plaisir à défaut de sens...

      Et pour le livre la guerre éternelle: il existe aussi une adaptation BD de qualité, que je vous recommande. (dans toutes les bonnes bibliothèques municipales...)

      Max

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  6. Suivant tes lectures, je te conseille vivement "La Zone du Dehors" d'Alain Damasio. Un roman d'anticipation avec de gros morceaux de présent.

    Sans en dévoiler l'intrigue, je peux juste en présenter le cadre. Dans une société qui s'affiche comme démocratique, chaque citoyen est examiné et classé périodiquement par ses pairs dans l'échelle sociale au regard de ses capacités intellectuels, son comportement, sa productivité, etc.
    Evidemment, mieux vaut bien rentrer dans le moule pour ne pas être trop rétrogradé.
    Publicité et incitation omniprésente, le fichage et la surveillance sont systématiques, tout est notifié, même ce qui sort du siphon de la douche. Le plus pathétique, c'est que ce n'est plus seulement l'état et ses subordonnés qui exercent cette surveillance, mais aussi les citoyens entre eux-mêmes. Le voyeurisme est institutionnalisé, de grands observatoires donnant vues sur toute la ville permettent à tous d'être le "garant" de la sécurité et du bon-vivre de tous.

    Résultat : une société "molle" à la pensée unique, des gens devenus paresseux jusque dans leur tête, car le confort adoucit tout ... même le sens critique.

    Pour moi, ce livre est aussi fondamental que 1984.
    Surtout qu'il est d'une richesse linguistique... Damasio a mis 10 ans à y mettre toutes ses tripes, il a en plus su y mettre la forme.

    Après l'avoir lu... tu as fini d'avaler "la pilule rouge"

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  7. Ce qui est incroyable, quand on regarde le meilleur des monde en film ou "the truman show" (avec Jim Carrey) est que finalement le film n'est pas propagandiste. Dans le sens ou le film ne vente pas qu'un seul coté. Dans le meilleur des mondes, le sauvage finalement dénonce le système, l'esclavage. Dans Truman Show, le héro arrive à s'en sortir.
    Le système nous prévient à l'avance du piège et pourtant on y va quand même...

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  8. Comme je te l'ai annoncé plus haut, j'ai recopié des extraits du livre de l'espagnole José Ortega y Gasset intitulé "la révolte des masses" écrit en 1930.

    EXTRAITS DE LA PREFACE AUX LECTEURS FRANCAIS (1937)

    - Sur l'europe :

    « Je recommande donc au lecteur de réserver pour une meilleure occasion la malignité d'un sourire, lorsque, parvenu aux derniers chapitres de ce livre, il me verra affirmer avec quelque intrépidité, en face des apparences actuelles, une possible, une probable union des États de l'Europe. Je ne nie point que les États-Unis d'Europe sont une des fantaisies les plus pauvres qui existent et je ne me fais pas solidaire de ce que d'autres ont mis sous ces signes verbaux. Mais par ailleurs, il est extrêmement improbable qu'une société, une collectivité aussi mûre que celle que forment déjà les peuples européens ne soit pas près de créer l'appareil politique d'un État, pour donner une forme à l'exercice du pouvoir public européen déjà existant. Ce n'est donc pas parce que je suis pris au dépourvu devant les sollicitations de la fantaisie, ni par l'effet d'une propension à un « idéa¬lisme » que je déteste et que j'ai combattu toute ma vie, que j'en suis arrivé à parler ainsi. C'est le réalisme historique qui m'a appris à reconnaître que l'unité de l'Europe comme société n'est pas un idéal mais un fait d'une très ancienne quotidienneté. Et lorsqu'on a vu cela, la probabilité d'un état général européen s'impose mécaniquement. Quant à l'occasion qui subitement portera le processus à son terme, elle peut être Dieu sait quoi ! la natte d'un Chinois émer¬geant de derrière les Ourals ou bien une secousse du grand magma islamique. »

    - Sur l'homme masse

    « Cette multitude de modes européens surgissant constamment de son unité radicale et y revenant pour l'alimenter à nouveau, voilà le plus grand trésor de l'Occident. Les hommes d'esprit épais n'arrivent pas à concevoir une idée aussi déliée, aussi acrobatique, une idée où la pensée agile ne doit se poser sur l'affirmation de la pluralité que pour bondir sur la confirmation de l'unité, et vice versa. Ces têtes pesantes sont faites pour vivre courbées sous les tyrannies perpétuelles de l'Orient.
    Sur toute la surface de l'Occident triomphe aujourd'hui une forme d'homogénéité qui menace de consumer ce trésor. Partout l'homme-masse a surgi - l'homme-masse dont ce livre s'occupe -, un type d'homme hâtivement bâti, monté sur quelques abstractions et qui pour cela se retrouve identique d'un bout à l'autre de l'Europe. C'est à lui qu'est dû le morne aspect, l'étouffante monotonie que prend la vie dans tout le continent. Cet homme-masse, c'est l'homme vidé au préalable de sa propre histoire, sans entrailles de passé, et qui, par cela même, est docile à toutes les disciplines dites « internationales ». Plutôt qu'un homme c'est une carapace d'homme, faite de simples idola fori. Il lui manque un « dedans », une intimité inexorablement, inaliénablement sienne, un moi irrévocable. II est donc toujours en disponibilité pour feindre qu'il est ceci ou cela. Il n'a que des appétits ; il ne se suppose que des droits ; il ne se croit pas d'obligations. C'est l'homme sans la noblesse qui oblige - sine nobilitate -, le snob 6. »

    (Note sur Snob : En Angleterre, les listes de recensement indiquaient à côté de chaque nom la profession et le rang de la personne. A côté du nom des simples bourgeois on mettait l’abréviation s. nob (Sine nobilitate : sans noblesse) ; d’où le mot snob.

    (A suivre)

    Julien P.

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  9. (suite et fin)
    EXTRAITS DE LA REVOLTE DES MASSES (1930)

    Sur l’homme-masse

    "L'homme qui domine aujourd'hui est un primitif, un Naturmensch surgissant au milieu d'un monde civilisé. C'est le monde qui est civilisé, et non ses habitants qui, eux, n'y voient même pas la civilisation, mais en usent comme si elle était le produit même de la nature. L'homme nouveau désire une automobile et en jouit ; mais il croit qu'elle est le fruit spontané d'un arbre édénique. Au fond de son âme, il méconnaît le caractère artificiel, presque invraisemblable de la civilisation, et il n'étendra pas l'enthousiasme qu'il éprouve pour les appareils, jusqu'aux principes qui les rendent possibles."

    Sur l’Europe

    « Pour la première fois, l'Européen, en se heurtant dans ses projets économiques, politiques, intellectuels, aux limites de sa nation, sent que ces projets - c'est-à-dire ses possibilités d e vie, son style vital - sont en disproportion avec le cadre du corps collectif dans lequel il est enfermé. Il a découvert alors qu'être anglais, allemand ou français, c'est être provin¬cial. Il a donc découvert qu'il est moins qu'avant, puisque autrefois l'Anglais, le Français et l'Allemandd croyaient, chacun de leur côté, qu'ils étaient l'univers. C'est là qu'il faut voir, à ce qu'il me semble, la véritable origine de cette impression de décadence qui afflige l'Européen. Il s'agit donc d'une origine purement intime et paradoxale, puisque la présomption d'avoir diminué naît précisément du fait que sa capacité s'est accrue et se heurte à une organisation vieillie, à l'intérieur de laquelle elle ne peut plus se développer à l'aise.[...] La véritable situation de l'Europe en arriverait donc à être celle-ci : son vaste et magnifique passé l'a fait parvenir à un nouveau stade de vie où tout s'est accru; mais en même temps, les structures survivantes de ce passé sont petites et paralysent son expansion actuelle. L'Europe s'est constituée sous forme de petites nations. En un certain sens, l'idée et les sentiments nationaux ont été son invention la plus caractéristique. Et maintenant elle se voit obligée de se dépasser elle-même. Tel est le schéma du drame énorme qui va se jouer dans les années à venir. Saura-t-elle se libérer de ses survivances ou en restera-t-elle prisonnière ? Car il est déjà arrivé une fois dans l'histoire qu'une grande civilisation est morte de n'avoir pu modifier son idée traditionnelle de l'État… »

    Voilà, le temps me manque pour reproduire tous les passages très intéressant de la pensée de cet homme. Je ne peux que t'inviter à le lire.
    Finkielkraut lui a dédié une émission captivante qui me l'a fait connaitre , ici : http://www.dailymotion.com/video/xljdl9_la-revolte-des-masses-d-ortega-y-gasset-emmission-replique-d-alain-finkielkraut_news

    Bonne journée.

    Julien P.

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