vendredi 22 mars 2013

Malika Sorel-Sutter : Immigration : ces vérités si difficiles à dire

Immigration : ces vérités si difficiles à dire
Marianne, Malika Sorel Sutter, 22/03/2013 (en Français texte en français )
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Une certaine vulgate veut qu'il n'y ait aucun problème avec l'immigration, présentée comme une chance pour la France. Or, la réalité est bien plus complexe. Pour ne pas l'avoir reconnu, l'élite a laissé se défaire le puzzle de l'intégration, ce qui n'est pas sans conséquences pour la démocratie.

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, ce n'est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (Jean Jaurès). Notre époque aurait-elle à ce point manqué de courage qu'elle a, depuis près de quarante ans, accepté de subir la loi du mensonge dans la question de l'immigration-intégration, sujet pourtant capital puisqu'il engage le destin de notre cohésion sociale et nationale ?

Une multitude de facteurs se sont conjugués pour empêcher que de simples vérités ne soient dites quand, dans le même temps, les esprits libres se sont faits de plus en plus rares. Une concordance inattendue d'intérêts entre les univers politique, médiatique, financier et économique a coulé la chape de plomb d'une pensée unique qui a conduit à la castration du politique. Pour Hannah Arendt, «la politique, c'est cet espace intermédiaire où se joue la liberté, où agissent les hommes libres». Le retour de la politique est le défi que nos sociétés démocratiques doivent de toute urgence relever si elles ne souhaitent pas être balayées.

Entre mensonges et interdits

L'immigration est une chance pour la France, et même la chance d'une Europe qui ne fait plus assez d'enfants. L'immigration rapporte plus qu'elle ne coûte. Il n'y a pas de problème d'intégration des descendants de l'immigration extraeuropéenne. Ce que vous croyez voir et vivre au quotidien n'est que le produit de vos fantasmes, ceux d'esprits racistes et étriqués. Voilà ce qui est assené chaque jour aux Français depuis de nombreuses années.

Un discours lucide a été tenu dès 1981 par Georges Marchais, alors secrétaire général du PCF, puis en 1990 par Michel Rocard, Premier ministre de l'époque. Mais, comme le dit l'adage, nul n'est prophète en son pays. Leurs avertissements sont restés lettre morte. En janvier 1981, Georges Marchais parlait de «cote d'alerte atteinte» et disait qu'il fallait «résoudre l'important problème posé dans la vie locale française par l'immigration». Il évoquait des «familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes» et le fait que cela rendait «difficiles leurs relations avec les Français». Etablissant un lien entre la poursuite de l'immigration et la menace du chômage qui pesait sur les ouvriers, il voulait «stopper l'immigration officielle et clandestine». Il déplorait «l'idée lamentable» que ses «détracteurs, qui vont de la droite au Parti socialiste» se faisaient des «travailleurs» : «bornés, incultes, racistes».

On serait bien en peine de dire ce qui a changé depuis, hormis que ce procès a été étendu à tous les Français qui défendent le socle des valeurs de la République, ainsi qu'à ceux des enfants de l'immigration extraeuropéenne qui se sont culturellement intégrés. C'est un fait, une partie non négligeable de nos élites, et leurs prises de position l'attestent, ont pris le parti de ceux qui ne s'intégraient pas dans la communauté nationale, et même de ceux qui ne s'inséraient pas dans notre société, une société dont les normes collectives sont de plus en plus rejetées, et parfois aussi combattues. Or, même s'il s'élève dans l'échelle sociale, un enfant de l'immigration ne sera à terme adopté par la communauté nationale que si, et seulement si, il est perçu par les Français comme partageant leur conception de principes fondamentaux tels que la liberté individuelle, l'égalité homme-femme, la fraternité, la laïcité, la liberté d'opinion. En matière d'intégration, c'est le corps social, et non le politique au travers de l'administration, qui décide qui est français et qui ne l'est pas.

Du discours de Michel Rocard à l'Assemblée nationale, on n'a voulu retenir qu'une infime partie : «Nous ne pouvons pas - hélas - soulager toutes les misères de la planète.» On a enterré le cœur de son intervention, qui détaillait la menace qui pesait sur notre société si elle persistait à accueillir un «flux massif et incontrôlé», ce qui finirait par hypothéquer «gravement et tout ensemble d'abord l'équilibre social de la nation, ensuite les chances d'intégration des étrangers installés, enfin l'avenir même de nouvelles vagues d'arrivants et des pays d'où ils viennent [...]». Et pour conclure, Michel Rocard refusait de «croire définitivement inconciliables la politique et la sagesse».

Tout ce que Michel Rocard avait anticipé s'est finalement produit. L'équilibre social de la nation se trouve aujourd'hui gravement hypothéqué. L'intégration des étrangers déjà installés et de leurs descendants est largement compromise par la reproduction des sociétés culturelles d'origine sur la terre d'accueil, conséquence directe des flux migratoires dont l'explosion est nourrie, entre autres, par l'exigence d'endogamie qui pousse à aller chercher époux ou épouse dans le pays d'origine. Elle est compromise aussi du fait des attaques en règle dont le modèle français d'intégration est la cible constante, et de l'évolution d'un certain nombre de facteurs sur la scène internationale. Nonobstant les conséquences ravageuses des errements sur cette question, un rapport sur l'intégration qui vient d'être remis au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, cloue au pilori toute approche qui serait fondée sur le respect des «grands concepts et valeurs suprêmes» du peuple d'accueil, et recommande d'entériner l'impuissance de l'État à faire respecter les règles d'accueil et de séjour de la République, en délivrant des titres dits «de tolérance» qui aboutiraient à une régularisation massive des clandestins.

Politique et sagesse définitivement inconciliables ?

Le vœu de Michel Rocard n'a pas été exaucé : la politique et la sagesse ne sont toujours pas réconciliées. Le personnel politique a persévéré dans la voie du laisser-faire, accompagné d'un discours public fondé sur le déni puis le camouflage du réel, prenant au passage les citoyens pour des esprits simples capables de gober mensonges et inepties. Le puzzle de l'intégration a été sans cesse réduit à sa plus petite pièce, la pièce socio-économique. Les pièces décisives ont été écartées : distance culturelle, rôle central des parents, causes profondes qui empêchent l'école d'assurer sa mission première. En outre, on n'a eu de cesse de dresser les enfants de l'immigration contre notre société, en les persuadant qu'ils étaient les victimes des Français et en leur taisant la réalité des investissements considérables consentis par l'État - certes souvent peu fructueux puisque le diagnostic de départ était erroné.

Le résultat ? C'est la menace qui pèse désormais sur notre démocratie et, en premier lieu, sur nos élites. Selon l'enquête d'Ipsos «France 2013, les nouvelles fractures», 72 % des sondés considèrent que le système démocratique fonctionne plutôt mal en France et 82 % jugent que les hommes et les femmes politiques agissent principalement pour leurs intérêts personnels. Les items relatifs aux questions d'ordre identitaire éclairent d'une lumière crue le gouffre béant qui sépare désormais les élites des citoyens. La défiance touche également les médias, qui sont mis dans le même sac que la classe politique. Devant tant de voyants qui ont viré au rouge, on s'attendrait à un sursaut de la part des élites. Espérons que politique et sagesse finiront par se réconcilier.

12 commentaires:

  1. Il ne faut surtout pas mettre les médias dans le même sac que les politiques.
    Ce sont EUX les vrais responsables de ce fiasco !
    Les politiques ne peuvent aller contre la "morale bien pensante" sans avoir une levée de bouclier.

    Le problème, c'est que cette élite auto proclamée n'a justement que sa morale a vendre sans quoi ses privilèges ne sont pas justifiés. Si elle ne "luttait pas contre le racisme", a la manière d'un Don Quichotte, elle n'aurai plus de justification pour tenir sa place et ses privilètes.

    Concrètement, elle n'a que 2 choses : l'immigration et l'euro pour justifier sa "supériorité".
    Manque de bol, les 2 sont un échec cuisant.

    Il faudrait virer cette engeance, et les immigrés ne seraient plus un problème. On leur expliquerait les règles de l'intégration, ce qu'on leur donne (et on leur en donne putain) pour qu'ils aient leur chance. Si ça leur va, ils restent, sinon, ils vont voir ailleurs.

    En quoi un peu de fermeté, de cohésion, de courage serait tellement affreux, intolérant ?

    Toujours ce spectre de l'épuration ethnique fantasmée par tous ces gauchistes chaque fois qu'il y a le mot immigré dans une phrase.
    Je ne sais qu'est-ce qu'ils ont dans leur tête pour ne penser qu'a ça.

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  2. Je vous demande de vous arrêter !

    Attention. Stop the presses. Neuneu 1er va PARLER !

    Oui. Par contre 45 minutes, on sent le petit joueur.

    Mais bon. Le Danube De la Pensée va jeter sa lumière sur ses pauvres sujets, pauvres mortels.
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    François Hollande s'exprimera sur France 2 jeudi 28 mars en direct lors d'une émission spéciale de 45 minutes. Il sera interviewé à partir de 20h15 par David Pujadas.

    **********************

    Je sens qu'on va bien se poiler.

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  3. A qui la faute ? Peut-on raisonnablement penser que les politiciens soient suffisamment naïfs pour avoir laissé faire ? Les déclarations d'hommes aussi importants que Peter Sutherland démontrent bien la volonté de casser la cohésion culturelle (et cultuelle) des nations européennes par les flux migratoires, l'acharnement des ministres de Hollande à poursuivre ces flux, comme les gouvernements précédents, démontre à l'évidence qu'il s'agit d'un plan organisé dont les politiciens français ne sont que les applicateurs et d'excellents fusibles...

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    1. Peut-être, mais ils ont un nombre considérable de complices, ou de collabos, comme on veut. Ce sont eux le vrai problème, cette masse de gens journalistes, assistantes sociales, juges qui sont leur bouclier humain. S'il ne restait qu'une poignée de gugus, ce serait facile de les neutraliser. C'est les masses qui ses laissent subjuguer qui posent problème. Si c'était pas ces gugus, ce serait d'autres, avec d'autres idées (comme c'est le cas dans d'autres pays).

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    2. Suffisamment naïfs?

      Écoutez ce petit passage entre Hollande et Todd :

      http://www.dailymotion.com/video/xjz0gs_todd-vs-hollande-ko-en-moins-d-une-minute_news#.UU0B51dXsS8

      "une mission internationaliste" dit-il, soit il pense ce qu'il dit et nous sommes gouverné par une idéaliste dogmatique du genre de Robespierre, soit il ne pense pas ce qu'il dit et nous somme gouverné par un cynique manipulateur du genre de Danton.

      Faites votre choix mais je pencherais plutôt pour le premier, écoutez le bien, on dirait un commissaire politique bolchevik en 1917, sùr de son bon droit...

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  4. Et paf... Encore une baffe à De Defensa.

    On disait qu'Obama... était prêt à lâcher Israël.

    Je te conseille de lire ce petit compte rendu de la visite d'Obama en Isräel... C'est édifiant.

    http://clesnes.blog.lemonde.fr/2013/03/22/obama-le-premier-president-juif

    Là encore , les gens comme De Defensa tordent les faits, l'histoire, les nécessités et les évidences géopolitiques au nom de l'idéologie. De leur idéologie.

    Alors qu'ils sont équipés de cerveaux bien faits, cette maladie idéologique... les pousse à l'erreur d'analyse. Encore, et toujours.

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  5. Ni les politiques, ni les médias ne sont coupables de l'excès d'immigration que connait la France. Les médias taisent la vérité et les politiques l'ignorent.

    Ce sont les libéraux qui ont toujours été les acteurs de la venue de tous ces migrants. Les responsables politiques ne sont que des intermédiaires, et les médias fournissent le paravent en tournant délibéremment en rond autour des question sociétales. Le thème de l'intégration permet de masquer la réelle source du problème.

    Voici un excellent article qui désigne de manière implacable les vrais responsables et leurs motivations :

    http://www.laplumeagratter.fr/2013/02/03/limmigration-armee-de-reserve-du-capital-par-alain-de-benoist/

    Extraits : "Si les capitalistes en question prêtent peu d’attention à ce problème, c’est peut-être qu’ils jouissent en général des bénéfices économiques de l’immigration sans en subir eux-mêmes les nuisances sociales."

    "Or, si l’immigration rapporte au secteur privé beaucoup plus qu’elle ne lui coûte, elle coûte en revanche au secteur public beaucoup plus qu’elle ne lui rapporte."


    On remarque à travers l'histoire de France depuis 1920, que seul De Gaulle a réellement résisté aux libéraux et est parvenu à contenir l'immigration. Dès Pompidou, la soumission est devenue totale. Et avec le transfert actuel du pouvoir à l'UE, les flux migratoires de l'Afrique vers l'Europe risquent de durer jusqu'à ce que le niveau de vie de l'européen s'abaisse au niveau de vie moyen de cette planète. Et jusqu'à ce que la main mise sur les ressources naturelles africaines soit complète... Ce que dit le grand capital : "Circulez y a rien à voir, on parlera des méchants islamistes ou des bandes de jeunes dans les trains si ca peut vous servir de défouloir".

    Si on prend du recul, la précision de ce processus est remarquable. Et donc il est impossible que ce soit le fruit des politiques et des médias, ils n'ont pas le niveau pour ça. Il faut aller plus haut dans la pyramide sociale pour deviner quels sont les vrais responsables. La lutte des classes se cantonne à la base, pour le plus grand bonheur de l'hyper classe.

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    1. C'est bien de le rappeler en effet. L'article est pas mal.

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    2. Pas inutile de rappeler non plus que les libéraux au pouvoir ont toujours appliqué le libéralisme pour les autres et le socialisme pour eux.

      Ou l'aide de l'état minimal pour les autres, mais maximal pour eux.

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  6. Je trouve que cette question de la cohésion nationale est plus importante que celle de la crise économique dans la mesure où il vaut mieux digne et pauvre que riche mais et identité...

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  7. Les élites et le reste de la population : http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/23/les-francais-a-84-contre-_n_2938147.html?utm_hp_ref=france

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    1. 84% !

      Ah oui pas de doute, on est dans un pays musulman.

      Je rappelle à tous les religieux que votre pratique est obscène et doit être faite à l’abri des regards et dans un cadre privé.

      Je ne vous impose pas mon érotisme, ne m'imposez pas votre pornographie.

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