lundi 25 mars 2013

Manif pour tous : pourquoi François Hollande a tout à craindre du vote de la loi Taubira

Manif pour tous : pourquoi François Hollande a tout à craindre du vote de la loi Taubira
atlantico, Roland Hureaux, 25/03/2013 (en Français texte en français )
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En espérant que les anti-mariage pour tous arrêteront leur mobilisation une fois la loi Taubira votée, François Hollande fait une double erreur d'analyse.

On ne comprend pas l’obstination de François Hollande et de la plupart des socialistes à faire passer en force le « mariage » homosexuel si on ne voit pas dans quelle vision de l’histoire, totalement simpliste, elle s’inscrit.

Dans la culture (il faudrait plutôt dire inculture !) socialiste d’aujourd’hui, l’histoire de France n’est depuis 1789 qu’une longue marche en avant vers la lumière et le progrès que rien n’est venu interrompre et sur laquelle aucun doute n’est permis.

D’abord le refus du débat. Entre ceux qui s’estiment dans « le sens de l‘histoire » et ceux qui sont supposés contre, les rétrogrades, les réactionnaires, aucun débat n’est possible, comme entre ceux qui sont inspirés par l’Esprit Saint (l’Esprit absolu en l’occurrence que Hegel avait cru voir souffler à Iéna), et ceux qui ne le sont pas. Qu’importe l’opinion des seconds, puisqu’ ils sont destinés, comme le disaient les marxistes, aux « poubelles de l’histoire ». La tyrannie du sens de l’histoire dispense de tout débat sur le fond : savoir ce qui est bon ou pas pour la société n’a, dans une telle perspective, aucune importance.

La deuxième conséquence est leur insensibilité aux résistances. Les socialistes sont persuadés que, comme tant de fois dans le passé les rétrogrades feront une crise d’urticaire sur le moment, analogue à l’intolérance provisoire de l’organisme à un corps étranger, puis, la crise surmontée, ils se feront à la nouveauté. C’est en particulier le cas, selon eux, des catholiques qui se sont faits au travers du temps à la Révolution française, à l’école laïque, à la République, au divorce, à la séparation de l’Eglise et de l ‘Etat, au progrès social, à l’égalité homme-femme, à la légalisation de l ’avortement, au Pacs etc. Même si aujourd’hui, ils sont un million à manifester, ils finiront bien par se calmer et s’adapter comme ils l’ont toujours fait ; c’est ce qu’a dit le président de la République lors de l’audience qu’il a accordée à Frigide Barjot.

Or nous pensons que sur à peu près tous ces sujets, les socialistes ont tort.

L’Eglise catholique n’a pas toujours été depuis deux siècles, contrairement à ce qu’on croit rue de Solferino, un frein au supposé « progrès ». Ainsi l’encyclique Rerum Novarum de 1891 qui remet en cause le capitalisme libéral, est apparue prophétique avec le recul. Quand Rome condamne en 1937 à quelques jours d’intervalle le nazisme et le communisme, elle est apparue rétrograde à beaucoup d’intellectuels de ce temps qui pensaient que la démocratie avait fait son temps et que seuls les régimes autoritaires étaient désormais dans le sens de l’histoire. Or l’avenir a montré que c’était elle qui avait raison, non seulement au regard de la morale mais aussi de l’histoire. L’Eglise a plutôt précédé que suivi le mouvement de décolonisation en promouvant très tôt le clergé indigène.

Disons-le : loin d’être le parti du progrès, il se peut que ce parti soit devenu celui de tous les délires idéologiques. On le sait dans des domaines comme l’éducation nationale où la même gauche qui se targuait d’avoir construit l’école publique en France, en a soigneusement sapé les fondements tant par des réformes pédagogiques hasardeuses que par un égalitarisme abstrait dont l’ultime avatar est le projet de Vincent Peillon de supprimer les notes !

On voit au plan international les ravages d’un droit de l’hommisme abstrait - qui est aussi le fait, il faut bien le dire, celui du gouvernement américain et de l’Europe : n’est-ce pas lui qui met à feu et à sang des pays comme l’Egypte, la Tunisie, et bien entendu la Syrie, plongés aujourd’hui dans une crise grave résultant directement de la volonté de leur imposer une démocratie formelle de type occidental ?

La gauche se vante d’être dans le sens de l’histoire : mais qui a vu venir en son sein, la chute de l’Union soviétique ?

C’est pourquoi nous sommes fondés à penser que, dans les questions sociétales, comme autrefois face au libéralisme triomphant ou à la montée des totalitarismes dans les années trente, l’Eglise catholique, ainsi que ceux que ses positions inspirent, croyants ou non, apparaissent non comme des rétrogrades menant un combat d’arrière-garde, mais comme des garde-fous (au sens strict du terme : ceux qui nous gardent de la folie ambiante) ayant eu et ayant encore l’immense mérite de garder le bon sens, quand une partie du monde politique se trouve sous l’emprise d’un délire collectif.

Loin d’être un combat des progressistes contre les réactionnaires, nous avons affaire à un combat de la raison contre la déraison.

C’est le motif de la force des opposants au prétendu mariage pour tous ; ils ne s’appuient pas seulement sur une Eglise affaiblie, mais sur l’analyse instinctive que font tous les gens ordinaires auxquels le matraquage médiatique n’a pas fait complètement perdre le bon sens, à commencer par la majorité des élus locaux, même socialistes.

L’autre erreur d’analyse des socialistes porte sur les suites d’un vote éventuel de la loi.

Le scénario imaginé par François Hollande : après un baroud d’honneur des opposants, une fièvre passagère, et le vote de la loi, le retour au calme, la population se résignant, est gravement illusoire.

Gageons que le vote de cette loi sera au contraire pour François Hollande, non point la fin mais le vrai commencent de ses ennuis. Qu’il ne se fasse pas d’illusions : ce vote ne suffira pas à acclimater le mariage homosexuel en France. Les élus de l’outre-mer nous en ont prévenus : le rejet violent du principe par les habitants de ces territoires et même de la Corse, fait porter un risque sérieux sur l’unité de la république. Il est probable qu’un régime d’exception devra leur être concédé.

Les élus assez courageux pour faire valoir une objection de conscience, ne seront sans doute pas très nombreux, mais un cas ici, un cas là suffiront pour créer chaque fois un incident et raviver les polémiques. Il y a plus de chances que les maires qui ne voudront pas se compromettre avec une cérémonie qu’ils jugeront ridicule ou immorale délèguent le soin de les célébrer à un conseiller municipal de second ordre. A Londres, le licenciement d’une fonctionnaire de l’état-civil ayant refusé de célébrer une union de ce genre se trouve actuellement devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Certes les musulmans de France n’ont pas été aussi nombreux que les catholiques à manifester. Mais ils n’en abhorrent pas moins ce projet : combien voudront encore s’intégrer dans une République devenue, si elle admet le mariage des homosexuels, objet de mépris ?

Aux États-Unis (ou 10 États sur 50 l’ont adopté), la question du mariage homosexuel, comme celle de l’avortement, met depuis vingt ans le pays en situation de quasi guerre civile.

La révolution anthropologique que suppose la théorie du genre, aura, n’en doutons pas, autant de mal à passer que la suppression de la propriété privée et de la religion en a eu dans la défunte URSS. Tout simplement parce que les unes et les autres sont absurdes.

10 commentaires:

  1. Et ben, tous ça pour quelques homo qui vont remettre en cause toute une civilisation.

    Je suis à 100% pour mais si c'est pour redémarrer une guerre de religion à la con, mieux vaut laisser tomber.

    Bienvenu dans le moyen age et n'oubliez pas d'interdire le divorce, ce que dieu à fait, seul dieu peu le défaire.

    La bise au petit jesus quand vous le verrez.

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  2. Je ne vois pas ce qu'il y a d'étonnant dans cette affaire de mariage pour tous! c'était un point de son programme ! il n'y a aucune surprise à cela ! si il ne fait pas ce qu'il a promis ... on dit qu'il ne respecte rien de ce à quoi il s'est engagé ! et je suis d'autant plus à l'aise pour le dire que je suis perso pas chaud du tout !
    De plus tous les sondages sur la question donne une majorité de français pour !
    Il y a plein de choses qui me conviennent pas du tout ce n'est pas une raison pour qu'elles ne se fassent pas si une majorité est pour !
    Sinon on passe à un autre type de régime politique, mais à ce moment là il faut le dire clairement ! et cesser cette confusion des genres !

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    1. Je vous retourne l'argument :

      Peut-être sommes-nous déjà passé à un autre régime politique et peut-être ne faut-il surtout pas le dire?

      Qu'en pensez-vous?

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  3. Bah, le mariage pour tous en mairie, c'est juste NORMAL.
    Pour les dévotes, il y a l'église.

    Pauvre droite. Elle devient presque aussi pathétique que la droite américaine.

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    1. +1

      Surtout que sur l'argument de l'adoption :
      - va obtenir l’agrément de la DASS
      - va obtenir l'autorisation du pays étranger

      Déjà qu'un couple hétéro français qui fait de la GPA à l'étranger a toutes les peines du monde a fait accepter "son" gosse en France ...

      Perso, je pense qu'un couple homo est par nature stérile et donc ne doit pas être assisté pour procréer. Maintenant, si un des deux dégote une poulette qui voudra bien abandonner l'enfant à la naissance, c'est pas bien mais on fait quoi ? Va falloir aller renifler dans la culotte de chacun de nos voisins ?

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    2. Ben, c'est ça le truc, ça crie au totalitarisme socialiste à tout bout de champ, mais par contre, ça se permet de revendiquer le contrôle social sur la sexualité et la vie maritale des gens. Et là, y'a plus de libertés qui tiennent. Faut que tout le monde file droit chez papa, maman.

      Libéralisme économique, protectionnisme moral... pauvre droite.

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  4. LA THEORIE DU GENRE, le mal de notre siecle emergent porte un N.O.M, celui-ci est son identité propre... on osera dire moderne. On efface les differences a coup de sentences egalitaristes, on homo-généise au bulldozer sémentique la culture, on lui substitue des raisons créées ex-nihilos aux profits d'utopies germant sur le dos des peuples, comme une génération spontanée de virus,et on disserte dans le silence feutré des alcoves de la bien pensance élitiste ce qui sera la prochaine semence du progres. Au comble ironique de ces passions dyonisiaques car elles le sont!, on se masturbe de sciences et de sentiments en espérant dignement accéder aux Pantheon des grands hommes qui font l'Histoire. Détruire la notion de PERE et de MERE en "autodafant" une tradition multi millenaire tres profondément enraciné dans le terreau sacré de l'Humanité me renvoie a l'image d'un futur deshumanisé dans son rapport a l'autre ou les enfants appartiendraient a "2 personnes" indistinctes par le sexe et in fine propriété logique de l'Etat. L'image d'outre tombe de ces pouponnieres qu'entretenaient le régime nazi, a ses fins perverses, revues et "améliorées" par la technicité et la transvaluation des valeurs modernes me file la nausée: -les bébés a la carte, selon vos egoistes désirs eugenistes et vos désirs selon la pensée fantasmée du moment pronée et propagée par un état totalitaire dans sa novlangue. - l'"homme augmenté" ou l'"homme nouveau", quelque soit son N.O.M est le sur-homme genetiquement modifié de demain et comme son ancetre commun la tomate il sera bien évidemment cultivé hors sol et nourris a la lumiere artificielle du monde mammonien... pour rappel, Lucifer veut dire "porteur de lumiere", la lumiere etant ici la sagesse non point divine mais exclusivement faustienne. Les porteurs de flambeaux dans ce monde proliferent a leur tour comme a proliféré, en son temps, un peuple "bon-aryen", aveuglé par un guide venus du fin fond des ages de l'animalité, sise dans chaque humain. Le sentiment de toute puissance est une ombre projetée devant sois qui illusionne et conforte l'ego dans une société d'apparat, ainsi,le narcissisme, cette opprobre a la raison, serait a l'esprit de competition ce que le cerveau est a la plasticité neuronale: un fait normal, incontestable...incontestée. La grenouille est ébouillantée mais elle l' ignore et ne peut d'ailleurs nommer ce qui lui semble naturel, une norme; et sans reference patrimoniale, il n'y a point de difference car tout est... (L)EGAL(ISE). pour conclure mon propos j'annonerais que le monde national-socialiste des nazis d'hier sera amené a se transmuté en un (inter)national-socialisme globalisé et eugéniste mais non ethno centré.

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    1. N'importe quoi.
      N'importe quoi.
      N'importe quoi.

      Les nazis envoyaient les homosexuels dans les chambres à gaz.
      Le marché se charge de créer l'homme nouveau à grand coup de photoshop.
      Les homosexuels sont juste des gens qui ont gagné le droit d'être libres et d'avoir le droit de vivre ensemble et de se marier en mairie pour institutionnaliser leur couple. Ne vous en déplaise.
      Si vous tenez à VOS VALEURS, ben défendez-les en les vivant sans faire chier les autres.
      Sauf que des couples hétérosexuels modèles aujourd'hui, ça ne court pas les rues. Sans compter tous les nazes qui préfèrent s'occuper de leurs petits avoirs que de leurs petits enfants...

      Ne pas reconnaître l'égalité des droits des homosexuels, c'est juste être homophobe. Vous pouvez toujours enrober ça dans tous les papiers bonbons que vous voulez, ça aura toujours le gout de la daube. C'est VOUS qui vous en prenez à la liberté de chacun et au sens de la responsabilité de chacun. VOUS qui voulez REGENTER le DROIT des gens jusque dans leur lit ou leur maison ou leur foyer. VOUS, qui ETES un REACTIONNAIRE TOTALITAIRE qui cherchait à IMPOSER un MODELE UNIQUE, et ne laissait même pas une chance aux gens de démontrer qu'ils ont tort ou raison de penser qu'un enfant aimé et éduqué dans la tolérance se développera mieux qu'un rejeton d'hétérosexuels haineux et aigris.

      Alors vous pouvez toujours pondre des textes fleuves grandiloquents, ils resteront toujours ce qu'ils sont. La prose médiocre et prétentieuse de celui qui ne respecte pas la vie des autres tout en se revendiquant de prendre des mesures pour le bien de tous, que lui seul connait évidemment. La logohrée diarétique du frustré qui ne supporte pas qu'il existe dans le monde, ou dans son voisinage des gens différents ayant le DROIT de faire les choses autrement que ce que lui cherche à IMPOSER de façon AUTORITAIRE. Un petit homme avec un petit "h" n'ayant pas le moindre début d'idée de ce que la liberté humaine veut dire. Un ayatollah comme les autres en fait.

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    2. "une tradition multi millénaire très profondément enraciné"

      Avec ça, on est bien barré.

      Ou est mon cheval mon roi que j'aille guerroyer avec mon voisin et couper quelques têtes de mécréant pour ensuite violer leurs pouliches.

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