vendredi 1 mars 2013

Panthéonisation de Hessel ou la non pensée système qui mouline à vide

J'ai lu hier qu'il y avait des zozos pour demander la panthéonisation de Hessel.

Alors que de l'avis de tous ceux ayant encore une vague pensée critique, "Indignez vous" n'était qu'un robinet d'eau tiède, dégoulinant de bien pensance, d'une certaine manière, la demande est cohérente. Ça finirait d'entériner la dictature de la non pensée système qui mouline en rond, hors sol, hors réel...

D'ailleurs, revenons y sur le panthéon...

Le panthéon, c'est cet édifice qui consacre cette chiure de Voltaire, et qui n'a pas été capable d'y mettre quelqu'un comme Vauban, par exemple.

Ou alors, si ce qui compte, c'est le roman national et pas ce que les hommes ont été réellement (cf Voltaire), pourquoi ne pas aller chercher les restes de D'Artagnan à Maastricht et les enterrer au Panthéon ? Il y a bien plus de France dans D'Artagnan que dans Voltaire.

On doit bien aussi pouvoir trouver quelques jésuites d'exception de par leur humanisme...

Le mensonge général, consiste à essayer de faire croire que la France n'existait pas avant 1789, et que l'histoire commence avec la révolution (ils avaient bien essayé de changer le calendrier à l'époque d'ailleurs, en mettant un dimanche tous les 10 jours au lieu de 7 au passage, pas fous les exploiteurs voltairiens).

La doctrine générale consiste à expliquer aux moutons que la France, ce n'est ni un peuple ni une culture, mais la "démocratie" et un "idéal républicain".

   Idéal républicain dont chaque jour qui passe nous montre pourtant à quel point c'est une escroquerie. Il n'y a qu'à allumer la télé ou regarder les actualités pour voir l'enchainement des foireux, des vendus, des hommes de réseaux, des corrompus, des idiots utiles, des dynasties et des solidarités tribales...

   Idem sur la démocratie, alors que la France a un système électoral assurant que 50% des gens ne soient pas représentés.

Sauf que voila, pendant longtemps, la France n'a effectivement pas été un peuple uni avec une langue et une culture. Pendant longtemps, c'est le catholicisme qui a servi de ciment, et à l’aune de cette explication sommaire, on comprend mieux l'ampleur qu'ont pris les guerres de religion chez nous. Il n'y a qu'à voir jusqu'à récemment tous ces petits vieux dans les campagnes qui ne parlaient que leur patois local...

Cette unification culturelle de la France a été un travail de longue haleine. Celui-ci s'était bien terminé à l'après-guerre, dans les années 50. Ça se voit d'ailleurs, car les débats politiques étaient alors réellement idéologiques, et non ethno-centrés. La société était pacifiée, très civique. C'est le signe de sociétés cohérentes qui ont pu dépasser le stade du tribalisme. Idem, la France de De Gaulle n'aurait pas pu avoir la voix qu'elle a eu dans le monde si la France n'avait pas été une.

Mais tout ceci, une fois De Gaulle éjecté par la première révolution colorée, nos élites "éclairées" voltairiennes se sont assurées que ce soit méthodiquement détruit, pour en revenir à une situation tribale.

Donc voila, si la France ce n'est pas la République, si ce n'est pas la démocratie, si ce n'est plus un peuple uni et cohérent dans le cadre de frontières, d'une culture et d'une nation, qu'est-ce que c'est alors ?

Et bien plus rien justement.


Ce n'est plus qu'une vague province de l'Empire de la dette dirigé dans la pratique par les banques too big to fail. Province en déclin accéléré, dont les élites franchement pas démocratiques n'ont plus que le Babel ou la mort comme guide, avec une farouche volonté d'achever la dissolution de la province dans l'Empire.

Tous les "français" de papier, eux s'en foutent. Leur allégeance va ailleurs. Le jour où le pays sera achevé d'être détruit, ils s'en iront, comme un expatrié quitte un pays.

Amel Bent : Je suis fière d'être Algérienne, fière d'être la fille de ma mère, mais je ne peux pas dire encore que je suis fière d'être Française

[...]

Aujourd'hui, je ne peux pas brandir un drapeau bleu blanc rouge. Pour moi, c'est plus facile de lever le drapeau de l'Algérie, alors que je ne connais pas l'Algérie.

En même temps, faut pas se tromper d'ennemi. Je les envie pas non plus. Déracinés partout, chez eux nulle part, ils sont comme nous, sinon plus, les marionnettes grotesques de cette pantomime sinistre.

C'est d'ailleurs avéré. Pour le vérifier, il n'y a qu'à voir de quoi parlent nos "éclairés" qui ont organisé ce déclin. De quoi parlent-ils ? Ils invoquent le "vivre-ensemble"... Ils en appellent au "patriotisme" des riches, terme éminemment ancré à droite pourtant. Et une chose qui marche à tous les coups en politique, c'est que s'ils en appellent à ces valeurs, c'est que justement, ils ont détruit tout ce qui leur servait de fondement... Sinon, personne ne jugerait utile d'en parler.

Moi je me sens condamné à devenir un apatride, sans même avoir à bouger.

Je n'ai pas d'autre patrie que ce "pays", en phase de destruction méthodique accélérée, et qui n'est franchement plus rien sinon un bilan comptable dans le rouge écarlate. Une simple entreprise en faillite, qui ne tient plus que par l'enchainement à l'écran de foireux dans les merdias, pour imposer la soupe de non pensée Système, pour faire tenir tranquille la masse informe.

Pas réjouissant tout ça... Mais à la rigueur, moi je m'en fous. J'ai fait mon deuil. C'est surtout pour ma gamine que ça me désespère...

Maintenant, j'aimerais aller plus loin.

Tous ceux qui se raccrochent au mensonge de la France démocratique et républicaine, vont voir de plus en plus à quel point tout ceci est une escroquerie. Quand les peuples ne voudront plus voter d'eux mêmes pour la continuation de l'agenda du Babel ou la mort, le système va de plus en plus se torcher ouvertement avec ses anciens mensonges pour poursuivre quoi qu'il arrive son agenda.

Quand le mensonge sera avéré partout et reconnu de tous, que le Babel ou la mort sera vu pour ce qu'il est (à savoir un projet sataniste de fuite vers le Meilleur des mondes et de prise de contrôle mondial par les banques too big to fail), à quoi tout ce petit monde va se raccrocher en idéologie de remplacement ?

Au tribalisme... C'est évident. Il n'y a pas grand chose d'autre...

Bref, ça va mal tourner...

21 commentaires:

  1. Bonjour.
    Autant la situation actuelle n'est pas brillante, autant il
    Ne faut pas idéaliser le passé.Dire que la France était civique est faux. Mes grands-parents avaient interdiction de parler leurs patois à l'Ecole, sinon l'instituteur leur infligeait une punition corporelle.
    Après prendre pour exemple Amel Bent, tu choisis la facilité.
    En parlant de français de papier, on peut te rétorquer les tirailleurs Sénégalais qui ont défendu la Francf ou Manouchian qui a constitué un groupe de résistant là ou Pétain Français de souche a préféré la soumission.

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    1. +1
      Pour un peu tempérer l'exemple Amel Bent: je connais personnellement beaucoup de bretons ou de corses, qui se sentent plus breton ou corse que Français!! Le côté cocardier c'est somme toute très français!!!

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    2. N'exagérons pas le patriotisme de circonstance des "tirailleurs" ou d'autres.
      L'armée, c'est une solde et des putes. Et dans certains pays sans espoir ni avenir, ca justifie amplement d'aller risquer sa vie.
      Mais une fois rentré ... la France est vite oubliée.

      Bref, pas confondre des résistants et des mercenaires.

      Amel Bent au contraire est très représentative. Dans les "banlieues", ils appellent les autres "les français" ... c'est tout dire.

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    3. Non mais typiquement, les exemples que tu choisis, ça ressort du même mensonge généralisé.

      - Sur les tirailleurs sénégalais, tu crois sérieusement que c'est pour l'idéal républicain qu'ils sont venus se battre ? As tu ne serait-ce qu'une petite idée de ce que pouvait être le Sénégal à l'époque ? Et puis d'ailleurs, qu'est-ce qu'on est allé les faire chier et les coloniser les sénégalais ? On pouvait pas leur foutre la paix ? Toujours la même merde maçonnique Jules-Ferriesque...

      - Sur l'affiche rouge. Ok, y a 100 immigrés communistes qui se sont battus avec honneur. Et tu fais une généralité d'un détail ?

      Tout ça relève de la toujours même fabrique de l'histoire, du mensonge collectif. Où on prélève les micro événements qui nous arrangent, pour faire gonfler le soufflé...

      Pourquoi tu parles pas aussi de cette guerre tribale qui monte dans les cités, de ces jeunes qui tabassent à coups de "face de craie", et de tout le festivisme ambiant que l'on sent monter ?

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    4. Je ne faisais que rétorquer deux exemples pour tirer des généralités.
      Tu cites Amel Bent (qu'on aura tous oublié d'ici 5 ans) je te parle des tirailleurs Sénégalais et de Manouchian.N'oublie pas que les tirailleurs ont combattu pendant la 1ère puis la 2ème guerre, donc ils savaient dans quoi il s'embarquaient.
      En outre Yoananda tu réécris l'Histoire. Une solde et des putes. Tu crois que le malien il voulait des putes européennes et des combats dans la neige en 1940 tout en sachant ce qu 'il s'était passé en 14-18?
      Et la solde parlons-en! Une solde bien inférieure à celle des soldats français de souche.
      Yoananda quand on ne connaît pas un sujet on reste humble.
      Après d'accord avec toi Tonio pourquoi est-on allé les faire chier chez eux?

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    5. Je ne suis pas en spécialiste du sujet en effet.
      Cependant ce que je sais : une solde réduite, c'était quand même une fortune pour sénégalais.
      Les putes font partie de la vie militaire. Et c'est un avantage non négligeable dont ils ont profité.
      La dessus, c'est toi qui n'est pas objectif pour coller au "roman national".
      Faut être bien naïf pour se dire qu'ils venaient défendre la grande France et ses idéaux !!! lol
      Après, je ne minimise pas leur rôle ou leur courage (que je ne connais pas). Ce n'est juste pas la question.

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    6. Il ne faut pas confondre l'engagement dans l'armée par patriotisme et l'engagement mercenaire.
      Les mercenaires, ça existe depuis l'antiquité. Les mercenaires s'engagent pour la solde, pour l'aventure, pour sortir de leur village et parcourir le monde, pour l'attrait de l'armée, du combat, pour l'image idéalisée de la gloire militaire que tous ceux qui n'ont jamais combattu s'en font, pour la fidélité à un chef ou à un camarade... ou bien tout simplement pour les perspectives de rapine et d'enrichissement par le pillage...
      Il ne faut pas oublier non plus que depuis toujours beaucoup de soldats ont été enrôlés de force, et ça a été le cas aussi pour les tirailleurs sénégalais.
      L'engagement par patriotisme ça peut exister, mais ça reste relativement rare.

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    1. Tu as dû te lâcher Ced pour que notre hôte indigné de la malchance française te censure.

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  3. Tout à fait Tonio.
    Le problème, c'est qu'en dehors du projet babelien, il n'y a rien d'autre à proposer. Ce n'est pas pour rien que le reste de la planète essaye d'en faire autant (je parle du progrès matériel), même s'ils parviennent peut être mieux à préserver leur culture, je ne suis pas sûr que ce soit très différent et qu'ils aient le choix d'autre chose.

    quelque soit la "religion" locale, c'est finalement très similaire.
    Mais "eux" (les autres pays) ils ont au moins l'espoir d'une vie meilleure s'ils bossent. Nous on est continent de vieux, on a perdu la flamme.

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  4. Arrête Tonio, tu te fais du mal.
    Et franchement, on est tous d'accord avec toi. Alors keske t'attends pour l'acheter ta ferme au milieu de rien ?
    Moi c' est fait. Et je te promets que c' est pas parce que tu l'achètes que t'as résolu ton problème. Pleins de nouveaux ( problèmes ) surgissent soudain.
    Dépêches toi..........

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  5. Mais comme après 1685, comme en 1792, comme en 1940, la France se perpétuera ailleurs.
    Fais tes valises Tonio.
    Il y a plein d'endroits formidables dans le vaste monde!
    Ta fille te dira merci, comme mes enfants me disent merci tous les jours.
    Et continue ton blog il est formidable.
    Un expat

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    1. Un expat: c'est un émigré partis chercher dans un autre pays des conditions de vie meilleures pour lui et ses enfants???
      Es-tu bien intégré??
      N’as-tu pas honte de voler le pain de l'autochtone???
      Où bien penses-tu que tu es une chance pour le pays qui t’accueille ?

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    2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    3. Lol. C'est ce qu'on oublie souvent en France: il y a des immigrés, mais il y a aussi beaucoup de français émigrés même en Afrique et je sais de quoi je parle!
      En tous cas Tonio faut reconnaître que même si tu es conservateur tu es ouvert au dialogue et à la confrontation des idées, ce qui est de plus en plus rare.

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    4. "on oublie souvent en France: il y a des immigrés, mais il y a aussi beaucoup de français émigrés même en Afrique" (Anonyme)

      Ah oui c'est symétrique en fait, j'avais pas vu le truc... [\sarc off]

      Excellent billet, Tonio.

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  6. Avant l'automobile, la génération suivante se déplaçait d'environ 30 km, c'est à dire le village d'à coté. Le village ennemi avec lequel les jeunes se bagarraient le samedi soir et se mariaient le dimanche. La planète étant devenue tout petite, je ne vois pas comment on peut empêcher la mixité mondiale sauf en période de guerre religieuse ou économique.

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  7. Moi, Pour comprendre ce qu'était la France il y a plusieurs décennies, je me tourne vers mes aïeux, je n'ai pas vraiment besoin des livres d'histoire officiels.
    Arrière grand-pères charron en Ardèche, métayers dans la Beauce de confessions catholiques et protestantes. Grand-parents, chauffeur-livreur, facteur,agriculteur, élevés dans le respect des notables (médecin, instituteurs,pasteur). Dans des villages où le temple était le siège et la mairie la succursale. L'état était loin, la terre et dieu présents au quotidien. Une époque où, alors sans instructions, ils passaient du temps, le soir et le dimanche à apprendre, à lire, à retrouver dans la modeste littérature le plaisir de la langue française.

    Puis pour comprendre ce qu'est la France aujourd'hui, je me tourne vers ce que je connais le mieux, c'est à dire moi et mon propre passé et en particulier vers ceux qui ont forgé une partie de ma personnalité; c'est-à-dire mes éducateurs.
    les voici brièvement, par ordre d'importance :
    - Des parents salariés pénétrés de la philosophie de leur entreprise, au service de leur employeur comme si c'était l'armée nationale, confiant dans le nouveau monde. Leur valeur : Famille (voire cocon), travail, terroirs et loisirs
    - l'éducation nationale en admiration pour le progrès ( prévu alors pour l'an 2000), pour une future Europe fédérale (Encore C.E.E). Un système éducatif qui n'était pas peu fier de produire pour demain des esprits libres et citoyens, tolérants et ouverts au monde.
    - La télévision avec Dorothée et croque-vacances présentant des dessins animés simplistes, manichéens, affichant sans nuance les équations : "le bien est le contraire du mal", "le vrai est le bien, le faux est le mal". (Quelques exceptions avec des dessins animés basés sur des oeuvres littéraires (Tom Sawyer, Ulysse 31..). Le soir avec les parents, c'était souvent plateau-repas devant le 20heures. La télé, centre du salon. Le dimanche quand on n’était pas chez les grands-parents c'était Jacques Martin, l'homme qui tombe à pic et Benny hill.

    Quelle France, si ce n'est celle d'aujourd'hui, pourrait être bâtie avec de tels éducateurs ? Je ne suis pas le seul à avoir connu cette éducation. Je suis pour le moins ce qu'on appelle : un français moyen. Fort heureusement, des évènements sont apparus dans ma vie qui me font remettre en cause cette éducation. Cette analyse me permet de tenter de rattraper ce retard de maturité de me forger en tant qu'homme. Ceci passe par la nécessité de recréer mon enracinement et à partir de là, oser affronter le réel avec un souci de vérité et de courage. Mais je pars de loin et les mauvais réflexes sont difficiles à se défaire. Et Dire qu'aujourd'hui je passe pour un intellectuel. Le niveau est bien bas. C'est même le monde à l'envers puisque j'ai une amie institutrice à qui j'encourage de développer sa curiosité littéraire et philosophique. Elle prend cela comme une contrainte, un effort supplémentaire à ajouter à son travail difficile ! Que peut-on espérer alors, lorsque les éducateurs ont renoncé à leur "métier d'Homme" ?

    Julien P.

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  8. Je crois qu'il ne faut pas aller trop vite en besogne avec ce terme de tribalisme. S'il y eut des guerres civiles autrefois sur ce qui est aujourd'hui le territoire français c'était pour des questions de religion séculière (église catho vs église réformée), jamais pour des questions ethniques ou tribales.
    Je pense aussi au contraire que dans les reliques de ce qui était autrefois des peuples vivant dans des ensembes biogéographiques (ou "terroirs") particuliers, y ayant leurs cultures (i.e. leurs façons d'être au monde et de vivre en société) et leurs langues, dans ce qui reste aujourd'hui de tout cela peut se trouver de quoi reconstruire des sociétés enracinées, résilientes et décentes, loin de la démesure et du hors-sol actuels. Et sans que cela implique des logiques de repli. "L'universel c'est le local moins les murs" comme le rappelle Michéa, par opposition à l'universalisme attalien.
    Cette unification culturelle de la France, dont tu parles, a été un processus émanant de la même logique de Jules Ferry qui se sentait investi d'une "mission civilisatrice" de la part des "élites", tant envers les "sauvages" (des colonies) qu'envers les "arriérés" (des régions imparfaitement francisées). Cela relève de la même logique d'imposition par le haut que celle que tu dénonces à l'échelle de l'Europe actuellement.

    S'il n'y a pas d'enracinement des cultures il ne peut pas y avoir de partage ni d'enrichissement mutuel, il n'y a que du hors-sol et de l'homogénisation forcée (du blougui boulga pour reprendre ton terme).
    Pour moi, retrouver du sens, de la résilience, de la décence dans la vie en société, ça passe aussi par se réapproprier ce qu'il y avait de bon dans les cultures paysannes d'avant cette uniformisation.

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  9. Je crois qu'il ne faut pas aller trop vite en besogne avec ce terme de tribalisme. S'il y eut des guerres civiles autrefois sur ce qui est aujourd'hui le territoire français c'était pour des questions de religion séculière (église catho vs église réformée), jamais pour des questions ethniques ou tribales.
    Je pense aussi au contraire que dans les reliques de ce qui était autrefois des peuples vivant dans des ensembes biogéographiques (ou "terroirs") particuliers, y ayant leurs cultures (i.e. leurs façons d'être au monde et de vivre en société) et leurs langues, dans ce qui reste aujourd'hui de tout cela peut se trouver de quoi reconstruire des sociétés enracinées, résilientes et décentes, loin de la démesure et du hors-sol actuels. Et sans que cela implique des logiques de repli. "L'universel c'est le local moins les murs" comme le rappelle Michéa, par opposition à l'universalisme attalien.
    Cette unification culturelle de la France, dont tu parles, a été un processus émanant de la même logique de Jules Ferry qui se sentait investi d'une "mission civilisatrice" de la part des "élites", tant envers les "sauvages" (des colonies) qu'envers les "arriérés" (des régions imparfaitement francisées). Cela relève de la même logique d'imposition par le haut que celle que tu dénonces à l'échelle de l'Europe actuellement.

    S'il n'y a pas d'enracinement des cultures il ne peut pas y avoir de partage ni d'enrichissement mutuel, il n'y a que du hors-sol et de l'homogénisation forcée (du blougui boulga pour reprendre ton terme).
    Pour moi, retrouver du sens, de la résilience, de la décence dans la vie en société, ça passe aussi par se réapproprier ce qu'il y avait de bon dans les cultures paysannes d'avant cette uniformisation.

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