jeudi 7 mars 2013

Un capitalisme à réinventer sans délai Par François Gilliéron

Un capitalisme à réinventer sans délai Par François Gilliéron
Le Temps via Le blog à Lupus, 04/03/2013 (en Français texte en français )
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Initialement, le monde économique n’avait guère pris au sérieux l’initiative Minder (en Suisse) alors que son auteur, longtemps considéré comme un farfelu, avait su détecter une vague «lourde» de la vie économique. A ce titre, le résultat de Dimanche est déjà dépassé comme on va le voir. Car, dans le monde entier, la tendance est non seulement unanime contre les salaires abusifs, c’est aussi une voie sans retour.

Dans le capitalisme américain, puis mondial, les cadres supérieurs ont supplanté les actionnaires il y a 50 ans environ. Un livre culte, publié en 1966, expliquait ce phénomène: c’était Le Nouvel État industriel de John Kenneth Galbraith, dans lequel l’auteur forgeait un néologisme, la technostructure, décrivant cette nouvelle forme du capitalisme. Ce livre qui n’a, au demeurant, pas pris une ride, expliquait à merveille cette prise de pouvoir par les cadres non pas tant grâce à de nouvelles lois que par une simple modification des rapports de force.

«Marxien» convaincu, Galbraith en profitait pour rappeler que c’était toujours la technologie – et non l’idéologie – qui structurait nos sociétés. Or, aujourd’hui, Internet a changé la donne. La transparence et le pouvoir de l’information sont devenus beaucoup plus importants et contraignants qu’alors; d’où ce changement actuel de paradigme que nous sommes en train de vivre et que nos capitaines d’industrie n’ont pas vu venir.

Pour revenir à ces cadres supérieurs imbus de leurs privilèges et de leur impunité, ils ont fini par attirer les foudres. Organisés en petits groupes acquis à leurs exigences, ils faisaient partie d’une sorte de caste qui savait d’abord faire prévaloir ses intérêts particuliers et justifier de son importance. Comme disait de Gaulle, les sommets sont peu encombrés: la vraie compétition avait donc lieu à l’étage inférieur et laissait sur le carreau d’autres dirigeants qui auraient tout aussi bien fait l’affaire, mais à moindres frais.

Par ailleurs, on ne répétera jamais assez que ces dirigeants n’auront jamais eu besoin d’assumer avec du capital propre – donc avec leur argent personnel – le risque de faillite de leur entreprise. A ce titre, ils seront toujours restés des employés, de luxe certes, mais des employés. A l’inverse des grands entrepreneurs, Hayek chez nous, Bill Gates outre-Atlantique, dont ni le statut ni l’immense fortune n’ont jamais été contestés jusqu’à ce jour!

L’aveuglement des élites de la technostructure est une réalité qu’il n’est plus possible de cacher et que les marchés financiers n’ont pas encore réellement assimilée. Un nouveau système, qui devra concilier efficacité redoublée et légitimité retrouvée, est à réinventer sans délai, d’autant que le temps presse.

1 commentaire:

  1. En 2008, la crise bancaire avait explosé les banques privées irlandaises. L'Etat irlandais avait alors choisi de payer des dizaines de milliards d'euros pour sauver de la faillite les banques privées irlandaises.

    Conséquence : l'Etat irlandais s'était retrouvé en faillite. L'Etat irlandais avait appelé à l'aide. Fin 2010, le FMI, l'Union Européenne et la BCE avaient prêté en urgence 85 milliards d'euros sur trois ans à l'Etat irlandais.

    Problème : aujourd'hui, trois ans après, l'Etat irlandais est incapable de rembourser ces 85 milliards d'euros.

    Mais attention ! Quand c'est un pays anglo-saxon qui est en défaut de paiement, il ne faut pas le dire !

    Il ne faut pas dire : "L'Irlande est en défaut de paiement".

    A la place, il faut dire :

    "Il ne s'agit pas seulement de l'allongement de la maturité des prêts, on peut vraiment penser à d'autres mécanismes possibles, mais cela inclura certainement l'extension de la maturité"

    L'Irlande a déjà annoncé à la BCE qu'elle remboursera la BCE en 2053 si tout va bien.

    Et aujourd'hui, l'Irlande vient d'annoncer au FMI qu'elle remboursera le FMI ... un jour.

    Vendredi 8 mars 2013 :

    Irlande : le FMI "ouvert" à un ajustement du programme d'aide (Christine Lagarde).

    Le FMI est "ouvert" à un ajustement des termes du programme d'assistance financière à l'Irlande afin d'aider le pays à en sortir et à faire son retour définitif sur les marchés, a indiqué vendredi à Dublin sa directrice générale, Christine Lagarde.

    "Nous avons l'esprit ouvert sur de nombreuses questions, de nombreux termes et conditions de la stratégie de sortie (du plan d'aide) jusqu'à un ajustement des prêts", a déclaré devant la presse la patronne du Fonds Monétaire International, lors de sa première visite dans l'un des trois pays de la zone euro placés sous assistance financière internationale, avec la Grèce et le Portugal.

    "Il ne s'agit pas seulement de l'allongement de la maturité (des prêts), on peut vraiment penser à d'autres mécanismes possibles, mais cela inclura certainement l'extension" de la maturité, a-t-elle ajouté.

    Les ministres des Finances européens se sont mis d'accord de leur côté mardi 5 mars sur le principe de rallonger les prêts accordés à l'Irlande et au Portugal et devraient annoncer une décision définitive lors de leur prochaine réunion en avril.

    Plombée par ses banques, l'Irlande avait appelé le FMI et ses partenaires européens à l'aide fin 2010 et obtenu un plan de sauvetage global de 85 milliards d'euros au prix d'une cure d'austérité drastique.

    Le pays, qui a retrouvé une croissance fragile et a entamé son retour sur les marchés l'été dernier, veut sortir à la fin de l'année de ce plan d'aide.

    http://www.romandie.com/news/n/Irlande_le_FMI_ouvert_a_un_ajustement_du_programme_d_aide_Lagarde75080320131230.asp?

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