mardi 2 avril 2013

Bruno Bertez : Classes moyennes, la destruction programmée; l’exemple des allocations familiales

Politique Friction du Mardi 2 Avril 2013: Classes moyennes, la destruction programmée; l’exemple des allocations familiales par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 02/04/2013 (en Français texte en français )
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Les ballons d’essai lâchés ces derniers jours semblent indiquer que le gouvernement prépare, ou tente de préparer, un mauvais coup sur les allocations familiales et la politique familiale du pays.







La politique familiale, comme le démontre Fournier, l’ancien président de la SNCF, est la seule politique qui marche. Elle donne les résultats attendus, la France a un taux de natalité moins médiocre que ses voisins. Donc, si elle marche, il faut la casser. Et pour la casser, il faut politiser, égaliser, raboter, au nom de l’égalitarisme répartiteur. Il faut lui faire perdre sa caractéristique de politique destinée à répondre à un besoin.

Ainsi, un rapport propose de les diviser par quatre pour les familles les plus aisées. Normal, on préfère que ce soient les pauvres qui se reproduisent plutôt que les riches ou aisés, cela fait de la clientèle électorale. Mieux encore, nous proposons, dans le cadre du grand remplacisme, cette politique qui vise à faire remplacer le peuple français par un autre plus docile, nous proposons de supprimer les allocations familiales aux Français pour les concentrer sur les immigrés.

Ainsi, ils se reproduiront plus, viendront plus nombreux. Il n’y aura plus qu’à les rendre dépendants et leur donner le droit de vote, le tour sera joué.

Lénine avait vu juste quand il conseillait de coincer « la bourgeoisie », pour lui les classes moyennes, entre les impôts élevés et l’inflation: il voulait empêcher, à la base, cette classe obstacle à la Révolution, de se reproduire.



Les classes moyennes sont les plus touchées depuis 40 ans, laminées malgré la mise au travail des femmes. Elles n’arrivent plus à réaliser leur rêve d’une vie confortable, d’éduquer et d’instruire les enfants. On a saboté leur ascenseur social, on a nivelé les études pour noyer les enfants dans la masse de l’illettrisme et de l’acculturation. On confisque maintenant ce par quoi elles peuvent se perpétuer, l’héritage.

Coincées entres les prélèvements fiscaux sur les revenus et le patrimoine, l’épargne et la hausse continue des prix, les classes moyennes sont également laminées entre l’enclume de la kleptocratie et le marteau de classes de plus en plus populaires.

La kleptocratie la vole, les classes populaires la dépossèdent. Les premiers écrèment la richesse, le surproduit, tandis que les seconds, pour rester tranquilles, exigent qu’on leur répartisse toujours plus.

Confisquer ne suffit pas, il faut culpabiliser, humilier.



Les classes moyennes sont vilipendées pour leur « bourgeoisie », elles travaillent, tentent d’épargner, de conserver dignité et rang. Et c’est cela aussi qu’il faut détruire. On punit ceux qui travaillent encore dur et on récompense ceux qui ne travaillent pas du tout. On monte, on glorifie les valeurs marginales, on reconnait et encourage les anti-modèles.

Pendant ce temps, grâce aux diversions, on bail-out les kleptocrates, les ploutocrates et les capitalistes amis du pouvoir. A la fois par proximité de classe dominante, mais aussi parce que la kleptocratie, c’est ce qui permet de faire tourner le machine des déficits puisque c’est elle qui finance les États. Pas avec son argent bien sûr, avec celui qu’elle reçoit gratuitement de la Banque Centrale, autrement dit, avec le bien commun qu’elle s’approprie.

Elle a son patrimoine bien à l’abri de l’inflation et de la fiscalité et du risque bancaire et c’est pour cela que, pour sauver ses banques et son shadow banking system, elle pousse maintenant au prélèvement, à la confiscation des dépôts bancaires des classes moyennes. Cela lui éviterait de remettre au pot du capital, de recapitaliser ses banques, comme on dit.







Tout a été préparé dès 2008. Nous sommes même persuadés que cela avait été, sinon préparé, du moins évoqué. Le système croule sous le poids des dettes bancaires et quasi bancaires et souveraines, la seule solution est de réduire le poids de ces dettes, donc de faire en sorte que tous ces gens n’assument pas leurs obligations. La répression financière a été mise en place pour cela. On met les taux d’intérêt à zéro afin que le refinancement des dettes ne coûte rien, on accélère l’inflation de monnaie afin de faciliter ces refinancements, on canalise tout vers les banques, les quasi banques et les souverains, puis, quand on a épuisé toutes les confiscations soft, pseudo volontaires, on va à l’essentiel, aux dépôts bancaires.

Car le trésor est là et cela fait longtemps qu’ils le lorgnent. Ils auraient bien aimé que les classes moyennes se fassent piéger et viennent leur donner leurs comptes en banque en les vidant sur les marchés, mais la manœuvre a échoué. Le public ne s’est pas séparé de son argent. Donc il faut aller le prendre là où il est: dans les comptes en banque.





Plutôt que de forcer les kleptos à remettre de l’argent au pot et à augmenter les capitaux propres des banques, on étudie les moyens de réduire les dettes des banques en réduisant celle qu’elles ont à l’égard des déposants. On envisage de confisquer la fausse monnaie bancaire. Car c’est une fausse monnaie, elle a été émise frauduleusement et ils ne peuvent la rembourser. On veut faire payer aux classes moyennes l’escroquerie historique du fractionnal banking system. Selon le bon vieux truc du tiers payant: je fais des idioties, tu paies. On va profiter du fait que le public ignore qu’un dépôt bancaire, ce n’est pas de l’argent, mais une créance sur la banque.

Vivre selon ses moyens, épargner, financer par ses revenus ses dépenses, les études de ses enfants, investir le surplus dans l’avenir de l’économie, tout cela, qui fait la caractéristique des classes moyennes, doit être balayé. Il faut la serrer à la gorge, lui faire renier ses principes, sa foi. Comme au temps de l’Inquisition qui n’est pas vraiment très loin.

On veut ne lui laisser comme choix que, soit, de ne plus être moyenne, soit de glisser dans les extrêmes du ressentiment. Et quand on l’aura égarée vers les extrêmes, on lui désignera, diversion suprême, les boucs émissaire afin qu’elle puisse les rendre responsable de ses maux.



12 commentaires:

  1. Les fonctionnaires, qui ont de gros salaires (puis de grosses retraites), vont être touchés et leur pouvoir d'achat va être entamé. Tu devrais être content ; je comprends pas tes arguments (toi, tu n'es pas touché, puisque tu atteins péniblement les 2200). Feront-ils pour autant moins d'enfant(s) ? J'en doute, bien qu'il le faudrait (la planète ne peut plus supporter plus d'un enfant par couple, et une loi aurait déjà du être votée en ce sens).

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  2. ..................Ainsi, un rapport propose de les diviser par quatre pour les familles les plus aisées. Normal, on préfère que ce soient les pauvres qui se reproduisent plutôt que les riches ou aisés, cela fait de la clientèle électorale. Mieux encore, nous proposons, dans le cadre du grand remplacisme, cette politique qui vise à faire remplacer le peuple français par un autre plus docile, nous proposons de supprimer les allocations familiales aux Français pour les concentrer sur les immigrés.................

    C'est quoi cette littérature pour idiots ?
    Le couple qui touche 11K€ nets/mois va peut-être s'arrêter de faire des gosses pour avoir perdu, allez, 700€ de prestations familiales pour 3 drôles ?
    Faudrait pas pousser mémé dans les orties avec de pareils boniments, quand-même !

    Concernant l'origine de la pierre jetée contre les classes moyennes, dans le texte cité plus haut c'est un peu l'allégorie du chien qui court après le chat et se dernier qui se met à vouloir attraper sa queue. Le système est cuit , point barre à la ligne !

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    1. L'idiot parle de 11 k net/mois (moins de 1% de la population), le gouvernement parle de fiscaliser au delà de 5 k net/mois (20% de la population).
      Effectivement cela revient à encourager plutôt les pauvres que les riches à faire des enfants . Je suis dans le cas du 5k/net, je suis défoncé par les impôts et les charges...et maintenant même plus de compensation via une maigre redistribution. Je travaille & Je paye, Je travaille & je paye,Je travaille & je paye.... pour des glands gavés d'alloc et de télé réalité...

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    2. Bien entendu, tu serais beaucoup plus pénard avec 1.5k€ net.

      Il m'est arrivé de payer 15k€ d'impôt sur le revenu + CSG, j'étais plutôt content.

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    3. Peu importe les revenus de la famille.
      La politique familiale est une politique de redistribution de ceux qui n'ont pas, pas encore ou plus d'enfants vers ceux qui en ont.
      Ce n'est pas une politique de redistribution des riches ou aisés vers les pauvres ou défavorisés. Il y a d'autres leviers (si on souhaite en mettre ou en conserver) pour cela.

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  3. À lire en parallèle, un excellent article du blog de Mr Money Mustache sur la soi-disant baisse du niveau de vie depuis l'après-guerre : http://www.mrmoneymustache.com/2012/04/30/the-cost-of-living-is-too-high-these-days-waaah-waaah/.

    "Not many people realize it, but food, clothing, housing, durable goods, travel, and a host of other things are cheaper today than they have been throughout most of history. These prices have actually been dropping in inflation-adjusted terms for decades. So if you focus your spending on meeting your needs, as the MMM family likes to do, you couldn’t have been born at a better time. Life is fantastic."

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    1. K9 tu as raison de remettre les choses en perspective : nos compatriotes planent TOUS, très, très haut.

      C'est bien pour cela que la chute sera :
      -sévère
      -et extrêmement douleureuse

      Les Français ne sont pas prêts à vivre l'inéluctable appauvrissement.

      Les dégâts psychologiques seront considérables.

      Nous vivons un rêve, une hallucination collective depuis les années 50.

      Nos capacités de résistance ont été réduites à néant.

      Dans les années 30, la soupe popu ne faisait pas peur... Les mecs avaient vécu des vies difficiles, rudes, sobres à la campagne. Alors se retrouver sans boulot dans les villes... ils pouvaient tenir le coup.

      Mais nous ?

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    2. Je m'étais déjà fait cette réflexion : la bouffe ne vaut plus rien, etc...

      c'est vrai mais c'est du pipo. Les choses sont moins chère c'est vrai. Mais pas toutes (l'immobilier par exemple) et surtout les dépenses contraintes sont énormes.
      Ce qui fait qu'au final, on est vraiment plus pauvre, ce n'est pas (la non plus) qu'un sentiment.

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  4. Malthus est de retour à vitesse grand V :
    Ressources limitées et de plus difficiles à extraire + population Mondiale consommatrice en forte croissance et avec des exigences quantitatives en hausse.
    L'effet de ciseau est garanti.
    La croissance mondiale va continuer à "brouter" avec une évolution de sa répartition interne entre les ex-pays riches et les BRICS+émergents pas très favorables à nos économies.

    Aucune sortie possible à l'horizon. La physique a ses règles que la finance et la politique ne peuvent violer longtemps.
    Restera alors la solution de la guerre afin de s'accaparer les ressources restantes à son usage exclusif.

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    1. tout à fait. Pourtant qui en parle ? même ici Tonio semble l'avoir oublié.

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  5. En règle générale les articles qui figurent sur ce blog sont plutot bien fichus. Je veux dire par là que les raisonnements sont étayés, appuyés par des chiffres et des exemples.

    Je ne comprens pas ce que Bertjhez fait ici.... Il ne fait qu'énnoncé des avis. Pas d'argument chiffré, pas d'exemple, rien. Le grand vide. Le grand n'importe quoi.

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  6. Excellent article de Bertez, très éloquent.
    Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit, finir de dépouiller les classes moyennes.

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