mardi 2 avril 2013

Et après l’augmentation d’impôts, parlons de l’épargne dodue des Français

Et après l’augmentation d’impôts, parlons de l’épargne dodue des Français.
hashtable, H16, 02/04/2013 (en Français texte en français )
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Il y a déjà eu pas mal d’analyse de la pesante intervention du chef de l’État jeudi dernier qui aura laissé de marbre plus des deux tiers des Français : sur le plan de la communication, c’est un échec cuisant. Cependant, pour ce qui est de la stratégie générale qui consiste à prolonger l’augmentation des impôts et accroître les ponctions, c’est une réussite : personne ne semble s’en soucier vraiment.

Décidément, la technique des petites touches successives fonctionne à merveille. Et si elle marche à l’évidence pour les questions sociétales où il s’agit de dégommer du méchant patriarcat, cela marche aussi bien avec les histoires d’argent où il s’agit de dégommer du méchant riche, ou, plus prosaïquement, de renflouer les caisses de l’État afin que, comprenez-vous, la solidarité et la redistribution des richesses puisse continuer comme devant.

hollande humidePour cela, on va procéder comme pour un toucher rectal avec un trépan pétrolier : avec tact et doigté, il s’agira de faire comprendre à tous que, puisqu’aucune piste d’économie sérieuse n’est à l’étude ni même envisagée, les impôts vont augmenter dans des proportions bibliques. Eventuellement, on pourra le faire avec la connivence de la presse ; par exemple, elle pourra titrer quelques heures « Moscovici : Sur l’année 2013, les impôts vont augmenter », et changer ce titre rapidement pour « Moscovici : «La déclaration d’impôts va être simplifiée» » comme en témoigne l’URL de cet article : videos-moscovici-sur-l-annee-2013-les-impots-vont-augmenter-27-03-2013-2674981.php (oui, ça s’est vu)… L’idée est de ne surtout pas effaroucher tout le monde.

Pourtant, le doute n’est absolument pas permis : on peut toujours affirmer que les déclarations fiscales seront simplifiées, les montants, eux, vont augmenter, à raison de 20 milliards d’euros tout de même, c’est-à-dire, selon les petits calculs comiques d’un Moscovici de moins en moins à l’aise, 10 milliards pour les ménages et 10 milliards pour les entreprises, ce qui va se traduire par 20 milliards pour les ménages d’une façon ou d’une autre (eh oui : les entreprises ne paient pas d’impôts : soit ce sont ses consommateurs qui le font pour elle, soit ce sont ses salariés, notamment lorsqu’elle en diminue la quantité).

Et pour les économies ? Rien. Nada. Kedal. À part peut-être les bics et les post-it

moscovici est perdu avec tout ces petits chiffresEnfin, si on s’en tient toujours aux calculs comiques des socialistes de tous crins qui animent la vie politique française depuis 40 ans, le fait de ralentir la hausse des dépenses, c’est équivalent à réaliser des économies. En 2013, il y aurait pour 10 milliards de ralentissement de hausse, pardon, d’économies. On pouffe. Selon les autres mathématiques (celle du reste du monde qui doit payer pour leurs fastes), 10 milliards d’économies, c’est 10 milliards de dépenses annulées. Pas diminuées. Annulées. Mais qu’on se le dise : d’économies (des vraies), il n’y en aura point, Hollande ne voudrait pas condamner l’Europe à l’explosion.

Des impôts qui gonflent, une austérité qui ne veut surtout pas montrer le bout de son nez, des « économies » qui sont, in fine, une petite baisse de régime des sprinklers à pognon … Et on sait déjà que ce ne sera pas suffisant, au rythme où vont les choses : même avec des massages cardiaques vigoureux sur ses statistiques, l’INSEE n’arrive pas à publier autre chose que des résultats déprimants comme une dette qui bat des records, des déficits qui continuent à grimper joyeusement, un pouvoir d’achat qui sombre.

Il va donc falloir préparer tout le petit peuple corvéable à d’autres mesures peu populaires. On ne parlera ici pas du tout de ceux qui ont plus de 100.000 euros sur leurs comptes. Après Chypre (et une petite ponction de 60% !) ce serait indécent, voyons ! Oublions-les.

Parlons plutôt des classes moyennes. Pardon, des riches, ceux qui ont encore un bas de laine, dans lequel ils puisent d’ailleurs goulûment pour arriver à maintenir leur niveau de vie, les petits fripons. Expliquons sans attendre à ces classes dont l’opulence est jetée à la face des plus pauvres pourquoi la gauche doit se sentir détendue de la matraque fiscale. On pourra leur dire par exemple qu’augmenter les impôts, c’est non seulement nécessaire, c’est même carrément bien ; de toute façon, « soyons réalistes : la majorité précédente a gouverné dix ans et a déjà fait une grande partie des économies possibles ». Oui, soyons réaliste, ça se voit très bien toutes ces économies, regardez d’ailleurs les petits graphiques (dont les données proviennent d’Eurostat) : le premier montre qu’en pourcentage du PIB, l’État (central, régional, local et toutes administrations confondues) fait des efforts. N’est-ce pas ?

dépenses de l'état en pct pib

Et sur le second, où l’on raisonne maintenant en vrais euros qui sortent de votre poche, c’est encore plus flagrant, ces économies et ces grosses baisses des dép… Ah bah non, ça ne se voit pas du tout. Zut.

dépenses de l'état en milliards d'euros

Ok bon, ce n’est pas limpide limpide, mais l’important est que le message principal, « la gauche peut et doit augmenter les impôts » trouve un écho favorable dans les médias et auprès d’un nombre important de décideurs politiques (notez qu’auprès des Français, l’idée commence à agacer de plus en plus – Eux qui voulaient du changement, allez comprendre !)

Et en parallèle à ces généreuses augmentations d’impôts pour que la République puisse continuer à se montrer bonne fille avec tous (enfin, tous, façon de parler, hein), une autre idée émerge gentiment. Pour le moment murmuré par d’obscurs conseillers et chuchoté par ceux qui cherchent frénétiquement à trouver des thunes pour que le bastringue français ne s’arrête pas brutalement un petit soir de mai ou de juin prochain, le concept d’une ponction sur l’épargne des Français, largement reconnue comme bien dodue, fait son chemin.

Technique des petites touches discrètes et successives oblige, on commence doucement, dans la presse, à montrer que, finalement, la situation française n’est pas comme (au hasard) la situation grecque ou chypriote : eux, ils sont du Sud et de gros dépensiers fraudeurs, nous, nous sommes riches et de vraies fourmis, et on a un gros bas-de-laine ; la France est un champion de l’épargne mes petits amis. Rassurant, non ?



En novembre 2012, je faisais un petit billet pour rappeler qu’à un moment ou un autre, la fine équipe de Hollande allait se réveiller et choisir une méthode ou l’autre pour renationaliser la dette française, probablement en tapant dans les assurances-vie ou, directement, dans l’épargne courante des Français. Bien sûr, à l’époque, cette manœuvre semblait n’être envisageable que pour un gouvernement désespéré et un État complètement lessivé, avec une probabilité d’occurrence faible. Depuis, les événements de Chypre donnent une idée de la façon dont cela pourrait se produire : un vendredi soir, les banques ferment et ne rouvrent plus pour une, deux, trois semaines, le temps de régler « quelques détails » … (ou plus du tout, si cela ne se passe pas bien du tout).

Bien sûr, cela ne pourra arriver en France. Impossible.

Plus de dettes, moins de liberté.

4 commentaires:

  1. .................. l’INSEE n’arrive pas à publier autre chose que des résultats déprimants comme une dette qui bat des records, des déficits qui continuent à grimper joyeusement, un pouvoir d’achat qui sombre...................

    Une dette s'apprécie avec le ratio du résultat courant intégré aux flux des trésoreries intra et extra sur la somme des capitaux réels.

    Ou nous sommes tous des abrutis finis et nous ne nous sortirons de cette situation, une fois encore, que par la destruction qui en appelant la reconstruction, comme en 19 et en 45, va relancer- mais que pour un délai supplémentaire- ce jeu de monopoly.
    Ou alors nous intégrons progressivement les capitaux réels qui ne sont pas pris en compte par ce foutu système afin que la dette ne puisse représenter pas plus qu'une goutte d'eau dans l'océan des capitaux nouvellement appréciés, mesurés, libellés, affectés à des comptes spéciaux de dotations aux amortissements et/ou de maintenances.Il n'y a pas besoin d'avoir fait l'ENA ou Cagne et hypocagne pour le comprendre, à moins que justement les formatages de ce genre de formations puissent en rendre la compréhension improbable ou incomplète ?!

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  2. No taxation without representation.
    Moi perso, je ne me sens pas représenté du tout par Hollande a aucun point de vue.

    Taxer, pour diminuer les services de l'état. non

    Dans la constitution est explicitement dit que le peuple à le droit de résister à l'oppression.

    Pour ça, il y a des moyens différents, selon les situations de chacun.

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    1. Regardez les chiffres, par an, publiés par l'INSEE.

      http://tinyurl.com/cqaef55

      Il y a une série longue depuis fin des années 70 (format Excel).

      C'est jouissif.

      Chaque fois qu'un crétin parlera maintenant de la "terrible austérité", pouf, balancez lui la page de l'INSEE.

      Il n'y a pas d'austérité. L'austérité est un mythe, un sextoy pour les veaux, pour les distraire, les enfumer.

      Il y aura austérité quand les dépenses de l'état commenceront à DIMINUER, en nominal.

      En quand les dépenses seront équilibrées par les recettes, alors là les poules auront des dents (ou des écailles ?).

      En outre, il faut raisonner sur le périmètre large : c'est à dire Etat + collectivités locale + Sécu...

      Car bien sûr l'état refile discrètement une partie du bâton merdeux (les dépenses) aux collectivités locales.

      IL N'Y A PAS D'AUSTERITE.

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  3. Les chiffres publiés par l'INSEE sont bidons comme tout ce qui est publié par cette "ripoublique". Ne les croyez plus, ne les écoutez plus, libérez-vous de leurs mensonges. Pensez plutôt à replacer tous ces parasites dans les trous à merdes d'où ils viennent !

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