dimanche 7 avril 2013

Lorsque grimperont les taux d’intérêt par Martin Feldstein

Lorsque grimperont les taux d’intérêt par Martin Feldstein
Le blog à Lupus, Martin Morel / Project Syndicate, 06/04/2013 (en Français texte en français )
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Les taux d’intérêt à long terme ont aujourd’hui atteint un niveau si bas que cela en devient intenable, créant des bulles dans le prix des obligations et celui d’autres titres. À mesure que les taux d’intérêt augmenteront, ce qui est inévitable, ces bulles éclateront, le prix de ces titres chutera, et quiconque en sera détenteur finira par en faire les frais. Sachant que ces titres sont détenus par nombre de banques et autres institutions financières à fort effet de levier, l’éclatement de ces bulles pourrait bien entraîner faillites et effondrement des marchés financiers.



Le taux d’intérêt extrêmement bas des bons du Trésor américain est une claire illustration de la mauvaise tarification des actifs financiers qui se joue actuellement. Un bon du Trésor à dix ans présente un taux d’intérêt nominal de moins de 2%. Dans la mesure où le taux d’inflation s’élève également à 2 %, ceci signifie un taux d’intérêt réel négatif, ce que confirme le taux d’intérêt de -0,6% relatif aux titres du Trésor protégés contre l’inflation (TIPS) à dix ans, qui ajustent le paiement des intérêts et du capital en fonction de l’inflation.

Historiquement, le taux d’intérêt réel sur les bons du Trésor à dix ans dépasse généralement 2% ; ce taux se situe ainsi aujourd’hui deux points de pourcentage en dessous de sa moyenne historique. Or, ces taux historiques ont jusqu’à présent été constatés sur des périodes caractérisées par des déficits budgétaires et une dette fédérale bien inférieurs à ceux d’aujourd’hui. Sachant qu’il est prévu que les déficits budgétaires représentent 5% du PIB d’ici la fin de la décennie à venir, et compte tenu d’un ratio dette/PIB qui a pratiquement doublé ces cinq dernières années et qui continue de croître, le taux d’intérêt réel sur les bons du Trésor devrait être sensiblement supérieur à ses niveaux passés.

La raison du niveau insoutenablement bas des taux d’intérêt à long terme actuels n’est pas un mystère. La politique d’ « achat d’actifs à long terme » adoptée par la Réserve fédérale, également qualifiée d’ « assouplissement quantitatif, » a volontairement maintenu les taux d’intérêt à long terme à un faible niveau. La Fed achète chaque mois pour 85 milliards $ d’obligations du Trésor et de titres hypothécaires à long terme, ce qui représente 1 020 milliards $ chaque année. Dans la mesure où ceci excède la taille du déficit public, cela signifie que les marchés privés n’ont besoin d’acheter aucune des dettes gouvernementales nouvellement émises.

La Réserve fédérale a précisé qu’elle finirait par cesser ses démarches d’achat d’actifs à long terme, afin de permettre aux taux d’intérêt d’augmenter jusqu’à retrouver des niveaux normaux. Bien qu’il n’indique pas le moment précis auquel grimperont les taux d’intérêt, ni l’ampleur des hauteurs atteintes, le Bureau du budget du Congrès (ou CBO pour Congressional Budget Office) prévoit que le taux des bons du Trésor à dix ans dépassera 5% d’ici 2019, un pourcentage en dessous duquel il ne redescendra pas au cours des cinq années qui suivront.

Les prévisions de taux d’intérêt établies par le CBO raisonnent sur la base d’une inflation future de seulement 2,2%. Si cette inflation venait à s’élever bien au-delà (conséquence future très probable des dernières politiques de la Fed), le taux d’intérêt des obligations à long terme pourrait être d’autant plus élevé.

Les investisseurs achètent des obligations à long terme à des taux d’intérêt actuels extrêmement bas dans la mesure où le taux d’intérêt sur les investissements à court terme est aujourd’hui proche de zéro. Autrement dit, les acheteurs perçoivent un rendement courant supplémentaire de 2% en échange du risque que présente la détention d’obligations à long terme.

Il pourrait bien s’agir d’une stratégie de perte d’argent, à moins que les investisseurs soient assez judicieux ou chanceux pour vendre leurs obligations avant que n’augmentent les taux d’intérêt. Dans le cas contraire, la perte de prix de ces obligations ferait plus qu’annuler les intérêts supplémentaires perçus, même en cas de taux inchangés pendant une période de cinq ans.

Voici la manière dont fonctionne l’équation pour un investisseur qui déciderait de réinvestir dans des obligations à dix ans pour les cinq prochaines années, percevant ainsi 2% supplémentaires chaque année par rapport à ce qu’il percevrait en investissant dans des bons du Trésor ou dans des dépôts bancaires. Supposons que le taux d’intérêt sur les obligations à dix ans reste inchangé pour les cinq prochaines années, et qu’il augmente par la suite de 2% à 5%. Au cours de ces cinq années, cet investisseur percevra annuellement 2% supplémentaires, soit un gain cumulatif de 10%. Mais lorsque le taux d’intérêt sur une obligation à dix ans passera à 5%, le prix de l’obligation chutera de 100 $ à 69 $. L’investisseur en question perdra ainsi 31 $ sur le prix de l’obligation, soit trois fois plus qu’il n’aura perçu en paiements d’intérêts supérieurs.

Le faible niveau du taux d’intérêt sur les obligations du Trésor à long terme a également boosté la demande relative à d’autres actifs à long terme prometteurs de rendements supérieurs, parmi lesquels les actions, les terrains agricoles, les obligations d’entreprises à fort rendement, l’or ou encore l’immobilier. Lorsque les taux d’intérêt augmenteront, ces actifs verront également leur prix chuter.

La Réserve fédérale a entrepris cette stratégie de faible niveau des taux d’intérêt à long terme dans l’espoir de stimuler l’activité économique. À ce jour, la mesure de cette stimulation demeure cependant très réduite, le risque de bulles financières étant d’un autre côté de plus en plus inquiétant.

Les États-Unis ne sont pas le seul pays présentant des taux d’intérêt réels à long terme très faibles, voire négatifs. L’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Japon connaissent des taux d’intérêt à long terme tout aussi bas. De plus, dans chacun de ces États, il est très probable que les taux d’intérêt augmentent au cours des prochaines années, entraînant des pertes pour les détenteurs d’obligations à long terme, et menaçant potentiellement la stabilité des institutions financières.

Même si les stratégies monétaires actuelles des principales économies développées ne conduisent pas à l’augmentation de l’inflation, il est possible que dans le futur nous regardions ces années passées comme une période au cours de laquelle les politiques officielles conduisirent à des pertes individuelles ainsi qu’à une instabilité financière globale.



La France lève pour la 1ère fois de la dette à 10 ans à moins de 2 %
Les Echos, 07/04/2013 (en Français texte en français )
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La France se finance toujours moins cher sur les marchés financiers. L'Agence France Trésor qui gère la dette tricolore a pour la première fois émis des obligations à 10 ans (échéance octobre 2022) à un taux inférieur à 2 % ce jeudi matin. Le rendement de la dette française à 10 ans était déjà passé sous ce seuil à plusieurs reprises depuis décembre dernier, mais uniquement sur le marché secondaire -celui où s'échangent les titres déjà émis. Sur ce marché, les taux français à 10 ans évoluaient également à leur plus bas niveau historique à la mi-journée (1,92 %)

Il y a quand même un problème dans le raisonnement. Je suis pas sûr que lier les taux d'intérêt à l'inflation soit un bon calcul. A mon avis, il faut plutôt relier les taux à la croissance nominale (c'est à dire inflation + croissance).

Tant que la croissance est nulle, il n'y a pas de raison pour que les taux soient différents de l'inflation.

Le problème, c'est effectivement quand la monétisation des déficits enclenchera l'inflation. Et là, ils vont rentrer dans une course exponentielle monétisation/inflation alors que les intérêts de la dette publique exploseront du fait de l'inflation et qu'ils devront monétiser toujours plus pour les payer, et ce faisant, faire toujours plus d'inflation... C'est un peu le scénario à la Weimar...

Là dessus, il y a le scénario Olivier Berruyer : cette option de destruction de la monnaie, il iront par là dans un premier temps. Puis devant choisir entre deux maux, ils en viendront surement à choisir le moins pire : le défaut.

Et la vision à la Faber : ils iront jusqu'au bout. Puis ils nous feront une bonne guerre pour faire diversion. Et ça finira en révolution...

Armes de création (monétaire) massive : les torrents d’injections de liquidités des banques centrales profitent-elles avant tout aux riches ? La réponse de Bruno Bertez, Entretien Atlantico
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 04/04/2013 (en Français texte en français )
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A en croire Marc Faber, analyste financier, l’argent injecté dans l’économie resterait essentiellement dans le secteur des services financiers et profiterait avant tout aux plus aisés.

« Le problème, c’est que 92% de la richesse financière est détenue par 5% de la population », poursuit-il. La majorité des gens ne possède pas un gros portefeuille d’actions, et ils ne bénéficient pas de la hausse des marchés boursiers. Ils sont frappés par la hausse du coût de la vie et nous savons tous que les revenus réels médians des ménages n’ont fait que baisser sur les dernières années ». Marc Faber



Atlantico : Dans une interview accordée à Bloomberg, Marc Faber, analyste et investisseur, estimait que les liquidités injectées par les politiques monétaires expansionnistes « ne circul[aient] pas uniformément dans le système économique. Elles restent essentiellement dans le secteur des services financiers et ce sont en particulier les plus aisés et non les ouvriers qui ont accès à ces fonds ». La création monétaire et les injections de liquidités profitent-elles avant tout aux riches ?

Bruno Bertez : Malgré tout le respect que nous devons à Marc Faber, il enfonce un peu les portes ouvertes. Depuis la menace de faillite de LTCM en 1998, la doctrine des autorités monétaires se résume à ceci : toute crise peut être résolue par l’effondrement des taux d’intérêt et la création de liquidités. C’est ce que l’on a fait pour LTCM et cela a provoqué la crise de surévaluation du Nasdaq. Quand la crise des télécommunications a éclaté, le remède a été employé une nouvelle fois. On a effondré les taux d’intérêt et noyé les économies sous les liquidités. Cela a provoqué l’emballement immobilier, la bulle hypothécaire et cela a débouché sur l’insolvabilité connue sous le nom de crise des subprimes. Quand la crise des subprimes est arrivée en 2008, comme on pouvait s’y attendre, c’est toujours le même traitement qui a été appliqué, taux d’intérêt zéro, création de liquidités sous toutes les formes possibles et imaginables.

Comme vous le devinez, cet argent bon marché provoque de nouvelles distorsions et gonfle de nouvelles bulles : bulle des fonds d’Etat, bulle des emprunts de toutes sortes, y compris des emprunts à risque, bulle de tous les actifs financiers et, plus récemment aux États-Unis, regonflement d’une bulle des prix du logement.

La doctrine des autorités monétaires est bien établie : on ne s’oppose pas aux excès, on tente de nettoyer après les dégâts, lorsqu’ils se produisent. L’argent qui est créé par les Banques centrales, distribué quasi gratuitement, trouve d’abord le chemin des banques, puis celui du shadow banking system, puis celui de la grande communauté spéculative mondiale, les hedge funds, puis il se déverse sur les marchés. On comprend aisément que les bénéficiaires de cette manne sont, par définition et par construction, les personnes qui sont les plus proches à la fois du pouvoir politique et de la finance. Grâce à cet argent quasi gratuit, toute une classe de personnes peut acheter des actifs, spéculer, faire monter le prix des véhicules d’investissement. Par définition, ce sont les très riches, voire les ultra-riches, qui peuvent bénéficier de cette mécanique. Il faut être riche, solvable, près du pouvoir financier et du pouvoir politique, pour avoir la possibilité d’emprunter des montants importants.

La mécanique normale de transmission des politiques monétaires reste bloquée. Les banques ont pour objectif de réduire leur exposition, de limiter la taille de leurs bilans afin d’économiser leurs fonds propres ou afin de se mettre en conformité avec les ratios de Bâle. La mécanique traditionnelle de transmission permettait la croissance des prêts aux particuliers, c’est cette mécanique qui reste grippée. Les seules transmissions possibles des politiques monétaires sont le financement bon marché des dépenses publiques, la spéculation sur les marchés d’actifs avec son fameux corollaire, l’effet de richesse.

Toute la politique est conçue pour bénéficier au secteur financier. Afin que ceci soit acceptable socialement, on prétend que l’effet de richesse qui en résulte est favorable à la croissance et permet par conséquent de limiter le chômage. C’est un mensonge. Un dollar d’effet de richesse ne se traduit que par 0,02 dollar de demande. Chiffres fournis par les services de recherches économiques de la Fed elle-même.

On aurait pu imaginer en 2008 une politique monétaire différente avec des canaux de transmission différents afin de réduire le surendettement des acheteurs de logements et ainsi désendetter le consommateur américain. Cela n’a pas été fait.

Atlantico: Quels sont les effets de cette mauvaise circulation de la politique monétaire ? Favorise-t-elle la création de bulle sur les produits financiers au lieu de se traduire par une inflation dans l’économie réelle ? Cela signifie-t-il que les injections massives de liquidités menées depuis 2010 n’ont pas d’effets sur l’économie réelle ?

Bruno Bertez: Les effets de cette politique monétaire dissymétrique sont multiples, mais nous ne ferons que les évoquer.

D’abord, fabrication en séries de bulles d’actifs. On va de surévaluation en surévaluation, ce qui débouche sur des crises périodiques et de nouvelles phases de créations monétaires et taux zéro. C’est un cercle sans fin. Pour sortir des crises, on inflate le prix de telle ou telle catégorie d’actifs. Il vient un moment où la surévaluation devient évidente, tout le monde se rue vers la sortie. Le système se bloque. On injecte des liquidités et tout repart pour un nouveau tour de manège. La finance déconnectée de l’économie est comme un cercle qui serait devenu vicieux. Plus on le caresse, plus il devient vicieux.

Ensuite, le système est devenu fragile et instable. Il faut imaginer les capitaux un peu comme les passagers d’un paquebot. La communauté spéculative mondiale est moutonnière, elle recherche les mêmes actifs au même moment. Elle se place sur le même côté du bateau et le fait chavirer. Fragilité et instabilité sont les deux conséquences évidentes de ces injections massives de liquidités.

Enfin, les injections massives de liquidités à taux quasi nul faussent l’ensemble des mécanismes économiques de ce que l’on appelle l’allocation du capital. Allouer le capital, c’est le diriger là où il doit aller, là où il est le plus utile et le plus rentable dans une optique de long terme, le tout dans la stabilité. Il est évident qu’à partir du moment où c’est la communauté spéculative mondiale qui joue aux dés, l’allocation du capital ne peut être que délirante : recherche de profits à court terme, faciles. Le long terme est systématiquement négligé. Tous les calculs économiques sont faussés.

Il faut dire un mot des conséquences sociales, bien que l’on en parle très peu. Les politiques monétaires expansionnistes, l’argent facile en quelque sorte, profite aux ultra-riches. C’est la raison fondamentale de l’accroissement des inégalités constatée au cours des vingt dernières années. Le patrimoine des ultra-riches fait boule de neige. Pour rentabiliser les actifs financiers, il faut pressurer le facteur travail, augmenter la productivité, peser sur les salaires. L’écart ne cesse de s’aggraver.

Atlantico: Comment remédier à ce déséquilibre pour que la politique monétaire profite à l’économie réelle, les entreprises, l’emploi et la croissance et non au seul secteur financier ?

Il n’y a aucun moyen de remédier à ces déséquilibres. Quand le vin est tiré, il faut le boire. On a choisi d’aller dans la voie de la création monétaire, des injections de liquidités et de l’argent gratuit, le système est « accro ». Si on rompait la chaîne du bonheur, la pyramide financière globale s’effondrerait dans un premier temps sous l’effet d’une crise de liquidités, dans un second temps, sous l’effet complémentaire d’une crise de solvabilité. Liquidités et solvabilité sont en fait deux phénomènes inséparables.

Théoriquement, on peut imaginer que d’autres utilisations des politiques monétaires sont possibles. C’est le point de vue défendu par l’Allemand Axel Weber, ancien patron de la Bundesbank. Il soutient que l’on a intérêt à nettoyer, à détruire, tout ce qui est pourri dans le système plutôt que de continuer à le pourrir en profondeur. Il soutient que ce que l’on fait maintenant est au détriment des générations futures. Il a encore défendu cette thèse la semaine dernière à la London School of Economics devant son opposant américain Lawrence Summers. Pour notre part, nous ne croyons plus à cette possibilité du retour en arrière. La communauté mondiale a brûlé ses vaisseaux.



Bertez fait parfaitement le lien entre explosion des inégalités et production exponentielle de fausse monnaie. Production de fausse monnaie dont une des sources premières réside dans les déficits publics... Et surtout la monétisation de ces derniers, pour laquelle prônent tant extrême gauche que droite, tout en faisant mine de vouloir lutter contre les inégalités...

13 commentaires:

  1. >> Je suis pas sûr que lier les taux d'intérêt à l'inflation soit un bon calcul. A mon avis, il faut plutôt relier les taux à la croissance nominale (c'est à dire inflation + croissance).

    l'investisseur peut prêter à qui on lui semble, il regarde donc ce que lui coûte l'indisponibilité de ses sous sur la période, plus le risque. Dans le cas d'un état la croâssance réelle, i.e. le PIB corrigé du déflateur --l'inflation côté production qu'il lui faut corriger par l'inflation qu'il subira lui, celle à la consommation p.ex-- procure une relative garantie de remboursement du nominal et des intérêts, mais rien sur le pouvoir d'achat de la monnaie, d'où la prise en compte de l'inflation future.

    En fait il lui faut se livrer à un exercice de divination puisqu'il n'est intéressé que par la croâssance et les inflations futures et pas actuelles.

    S'il demande moins que l'inflation du jour, c'est qu'il pense qu'elle va baisser. Il parie sur une déflation.

    Le jeu est perturbé par le spéculateur : comme la FED achète 70% des émissions, il n'y a pas grand risque à acheter "à n'importe quel taux" en vue de revendre dans la foulée. Ici le taux est artificiellement supprimé par la FED.

    Enfin, dans les cas graves de défiance, le jeu est totalement perturbé par l'épargant qui ne cherche qu'à pouvoir récupérer le plus possible ses sous à plus ou moins court terme pour profiter d'une bonne affaire qu'il estime pouvoir faire (crash, ou achat planifié).

    Dans ce cas il peut même accepter de perdre du pouvoir d'achat en contre-partie de la sécurité : c'est le taux d'intérêt réel négatif que nous voyons : il paie pour prêter ! Cela prouve qu'il ne fait pas confiance au système bancaire (cf Chypre). Nous parlons ici des gros, les petits sortiraient des billets au guichet.

    Sommes-nous en présence de spéculateurs et/ou d'épargnants qui ont descendu les degrés de sécurité de la pyramide inversée d'Exter jusqu'à la quasi-monnaie d'état que sont ses bons ? (il lui reste encore un degré de sécurité en dessous : l'or, selon Exter).

    >> Tant que la croissance est nulle, il n'y a pas de raison pour que les taux soient différents de l'inflation.

    si comme dit au-dessus : (i) le prix du temps et (ii) le risque de non remboursement. Ce dernier était supposé quasi nul pour un état il y a seulement deux ans, il semblerait que ce ne soit plus le cas aujourd'hui.

    --neuneu.

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  2. Quelques précisions.

    Ainsi Tonio, tu te fixes sur le lien taux / croissance nominale.

    Mais tu oublies deux autres point fondamentaux dans l'équation !

    -offre/demande
    -et perception du risque !

    Offre/Demande, rien de très méningiteux : les gouvernements émettent comme jamais, et la demande... vient des banques centrales et autres institutions complices.

    Le tout fonctionne en circuit fermé. Donc les taux sont au plancher.

    Mais quid du second facteur ?

    Ainsi, le taux d'intérêt que tu vas demander est AUSSI lié au risque que tu perçois.

    Aujourd'hui, que le 10 ans espagnol soit à 5 % est grotesque, puisque l'Espagne est en train d'imploser. Idem pour l'italie.

    Là on voit les manips de la BCE. Status quo, ils ne laisseront plus les taux dériver au-delà (épisode août 2012).

    Les obligations d'état sont le canaris dans la mine, elles sont beaucoup trop "voyantes" en plus...

    Enfin, comment croire la FED qui nous baratine depuis le début avec ses "exit strategies ?

    Soyons sérieux une minute : il n'y pas d'exit strategy, il ne peut pas y en avoir. Les taux US NE POURRONT PLUS REMONTER.

    Idem en Europe. Imaginons les taux espagnols de nouveau au-delà de 7 % pendant quelques mois ? C'est juste impossible. Le pays serait détruit.

    Entendons nous bien : l'Espagne implosera. C'est juste une question de timeline.

    Mais avec des taux élevés ce serait la mort subite. Avec le Draghi's put et la crapulerie bruxelloise... on fait durer le supplice.

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  3. Je ne crois pas à une Révolution. Les foules sont lobotomisées, l'opposition de gauche achetée, les vrais théoriciens alternatifs isolés et marginalisés. Le système est bien verrouillé.

    Je ne crois pas à une hyperinflation incontrôlée. Ce serait l'arrêt de mort du système, et la simple évocation de Weimar est suffisante à effrayer le troupeau.

    Je ne crois pas au défaut pur et simple. Ce serait trop humiliant, et les riches y perdraient trop.

    J'ai l'impression que l'Occident va se regrouper autour d'un axe transatlantique USA-UE pour être vraiment too big too fail, et imposer au reste de la planète un défaut partiel, plus acceptable. Une sorte de méga-plan de surendettement à base de : "on oublie les intérêts et on vous rembourse le capital sur quelques années, et c'est jouable".

    C'est un scénario comme un autre, mais il est crédible car c'est le plus nuancé. Ce qui se passera sera peut-être une variante.

    Ce qui ne peut tenir que tant que le Dollar et l'Euro sont alliés, et non plus concurrents. Mais ceci jusqu'à la création d'une monnaie commune par l'ASEAN et/ou la Russie. Là le jeu sera fini, paf la monétisation occidentale.

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  4. Bonjour tonio & co,

    Toutes ces réflexions sont pertinentes.

    Cependant, c'est toujours des logiques d'un passé résolu.

    Et c'est là que le bas blesse.

    Le changement de cadre s'opère malgré lui.

    La monnaie comme instrument de contrôle tente une reconversion, une mutation.

    Plus rien de ce que nous avons connu ne tient et ces réflexions logiques sont dépassées.

    Un équilibre disparaît, un autre se met en place.

    Travail, famille, patrie perdent aussi leur sens.

    Croissance, développement, progrès n'ont plus les mêmes significations.

    Richesse et pauvreté ne sont plus opposables, s'il n'y pas de distinctions entre une banque en faillite, et une entreprise prospère.

    Les religions ont échoué et le dieu argent tel que nous le connaissons est mort.

    La technologie ne sera jamais assez fiable pour remplacer ces pertes de contrôles.

    L'arbitraire et l'injustice s'imposent effaçant les États de droit.

    Les démocraties telles que nous les connaissons n'ont pas les armes nécessaires pour affronter les nouveaux défis.

    La démographie et les ressources sont en déséquilibre.

    La guerre ne sera qu'un aveu d'échecs, et les armées seront très vite dépassées par les insurrections.

    Et pourtant, la fourmilière humaine avance, le temps court, et l'adaptation devient un challenge.

    L'impasse est politique, économique, CULTURELLE.

    Le flux des informations que Tonio relève s'amplifiera et s'effacera de plus en plus vite, faisant apparaître les champs de désolation. Il sera de plus en plus difficile de relier les événements.

    La longue traîne sera telle suffisante ?

    Le 5° pouvoir s'affirmera-t-il ?

    Le flux nous emportera-t-il ?

    Nous vivons des moments clés de l'évolution humaine ou le contrôle devient totalitaire.

    Nous avons tout ce qu'il faut pour affronter les événements, à condition de s'alléger du superflu, de retrousser les manches, de s'unir à la taille des défis mondiaux. Encore faut-il bien les cerner.

    Le choix des langues devient cruxiale.

    Un exemple pour finir: 1 quadrillion de dettes, pour un seul pays, cela n'a pas de sens, c'est donc inutile de perdre du temps avec cette donnée. Le Japon n'a qu'un seul problème, juste une petite centrale qui pollue la planète.

    Misère.

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  5. c'est trop compliqué et fou je préfère me référer à l'effondrement de l'économie réelle pour l'informé de la catastrouphe.

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  6. Cahuzac n'a toujours pas compris qu'il était MORT.

    Et qu'il était absurde (et contre productif) de continuer à MENTIR.

    Et à mentir aussi BETEMENT.

    Je pensais qu'il était intelligent... Mais le coup des 600 000 euros façon héritage de mammy qui a dormi pendant 20 ans... c'est grotesque. Ca fait rire tout le monde.

    En plus trop de personnes sont au courant.

    Bref, il va être pendu par les roustons, à vif.

    Je commence à avoir pitié de cet homme....
    *********************

    L'ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac a cherché à placer 15 millions d'euros en Suisse en 2009, affirme dimanche la télévision publique suisse (RTS).

    «Il aurait tenté de placer cet argent dans un établissement de gestion financière à Genève mais l'établissement aurait refusé par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant une personnalité exposée politiquement, selon des informations bancaires recueillies par la rédaction de la RTS», écrit la RTS sur son site.

    Un peu plus tôt dans la journée, Darius Rochebin, journaliste pour le média helvète avait indiqué que Jérôme Cahuzac aurait détenu non pas 600.000 euros mais 15 millions d'euros sur des comptes suisses. Le journaliste explique qu'il tient ces informations de banques privées genevoises. Il ajoute que pour réaliser un montage financier tel que celui effectué par l'ancien ministre du budget le ticket d'entrée doit être de un million minimum sinon ce n'est pas intéressant.

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  7. Pour beaucoup d economistes (dont M Arthus) la monnaitisation de titres souverains
    N est pas inflationniste tant qu il n y a pas de tension sur
    L offre et la demande de biens et services .
    En gros tant que le plein emploi n est pas atteint ,on peut faire tourner
    La planche.
    Pourtant cette vision est precisement celle qui a echoué apres le
    Premier choque petrolier: on avait beau imprimer ,le chomage continuait a croitre ainsi que l inflation

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  8. il me semble que l'éffondrement de l'immobilier permet de contenir l'inflation.ce qui permet d'injecter des liquidités sans crainte.aux us et en espagne les injections des liquidités vont aux banques dont le bilan est plombé par l'immobilier saisi et invendable,qui se déprécie en permanence

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  9. Tant que les arabes ne vendent leurs pétrole qu' en Dollars, cette monnaie restera debout.Ils peuvent en imprimer tant qu' ils veulent

    Par exemple, un allemand qui a besoin de pétrole doit donner ses euros contre des dollars .

    Ensuite l' américain rend les euros à l' allemand contre une Mercedes .

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  10. pitié pour cet homme
    Ah certainement pas..
    Surtout si ces 15 millions d'euros existent d'où proviennent-ils?
    Cet argent à rémunéré quoi?quels services? Qu'est ce que les labos ont achetés aussi chers?
    Et en derniers lieux qui a payer ces commissions occultes?

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  11. Bien sur que les taux sont bas et que nos créanciers ne prennent pas de grands risques puisque l'état se sert de nos dépôts bancaires pour garantir ces fameux prêts.
    Le moment venu, ils n'hésiteront pas a se servir sur nos comptes en banques pour rembourser nos créanciers.
    Ouvrez les yeux, le grand hold up est devant nous.

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    1. biensur mais il y a l'art et la manière de voler notre argent, que se soit pas la grande aristocratie generationnel qui sen sortent.

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  12. Bertez a vraiment pas mal écrit dernièrement :

    Je l'ai repris dans la revue de presse que j'ai faite de mon côté, il y a pas mal de choses sur le système bancaire européen en ce moment...

    http://points-de-vue-alternatifs.over-blog.fr/article-meta-revue-de-presse-7-avril-116887580.html

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