lundi 8 avril 2013

Mort de Margareth Thatcher

Le personnage me laisse perplexe...

« La politique économique du nouveau conservatisme repose sur deux principes : le monétarisme et le libre marché en opposition à l'intervention de l'État et à la planification centralisée »

« Le socialisme a l'État pour credo. Il considère les êtres humains ordinaires comme le matériau brut de ses projets de changements sociaux. »

Beaucoup de lucidité également sur l'Europe...

Hommage à Margaret Thatcher
La lime, Fboizard, 08/04/2013 (en Français texte en français )
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Margaret Thatcher Was Freakishly Correct About Why The Euro Would Be Such A Big Disaster
Business Insider, Joe Weisenthal and Rob Wile, 08/04/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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This paragraph is from "The Path To Power," where she discusses conversations with John Major (her successor) about negotiating with the rest of Europe. She just totally nails the inflation and competitiveness angles.


The following is from "Downing Street Years," and again concerns her discussions with John Major.

She couldn't have spelled it out more clearly.




Sur le bilan économique en revanche, il est intéressant d'aller chercher des séries longues sur l'Angleterre...

Certes, la dette publique a diminué :


Mais sa direction a surtout marqué la fin du phénomène de désendettement du Royaume Uni, pour repartir vers le surendettement. La financiarisation y est pour beaucoup, et à sa décharge, le même mouvement a été suivi partout :





(Les deux graphes ne concordent pas sur les ordonnées, mais le mouvement d'inversion est clair)

Et j'ai beaucoup entendu parler d'un Royaume Uni ruiné et plombé par la dette quand Thatcher est arrivée, le FMI ayant dû même intervenir, mais pourtant, la situation des comptes publics n'avait jamais été aussi bonne depuis longtemps en terme de dette publique sur PIB.

Au niveau de la croissance, il y a certes eu un léger mieux pendant qu'elle était là, de 1979 à 1990, mais c'est pas non plus transcendant. Et ça a fini comme partout ailleurs par la crise de 1990...



Surtout qu'avec l'inversion du taux de dette, c'eut été dur de ne pas faire un peu plus de croissance...

Au niveau de la dépense publique dans le PIB, on a en effet assisté à une forte chute :


Une explosion du coefficient de Gini :


Et une forte hausse de la part des revenus allant aux 1% les plus riches :


Bref, les faits ne semblent pas montrer que ces politiques aient enclenché une formidable hausse de la croissance et du bien être.

Ça a surtout lancé un vaste mouvement de financiarisation, et d'explosion des inégalités sur fond de bulle de crédit qui a recommencé à exploser.

Et alors que Thatcher s'est surtout illustrée dans la lutte contre les syndicats, l'ironie de l'histoire, c'est que c'est à partir de ce moment là que les statuts et niveaux de vie ont réellement commencé à diverger fortement entre rentiers du service (semi) public d'un côté, et tous les autres devenus corvéables à merci... En même temps c'est logique... De la même manière que la gauche a intérêt à fabriquer des pauvres pour se faire élire, la droite a intérêt à faire se développer un tampon de petits rentiers minoritaires à montrer à la vindicte populaire pour se faire élire, et faire oublier les 1% qu'elle sert...

J'en reviens donc à mon crédo. Du libéralisme oui. Mais du libéralisme pour les petits.

7 commentaires:

  1. En fait a partir des années 80, on a eu la même chose que 1 siècle plus tôt, mais inversé.
    On avait eu la course au protectionisme qui s'est terminée en guerre mondiale.
    Maintenant, on a la course au libéralisme et a la finance débridée (c'est pour ça que la France ne démantellera jamais BNP, c'est son champion à l'international) un peu partout.

    Au final, c'est toujours la course entre les états pour se tirer la bourre économiquement parlant. Que ce soit par la triche protectioniste ou par la triche libérale (subventionnée en interne bien sûr, cf la PAC et autres) ...

    guerre financière.
    De toute manière avec l'équilibre de la terreur, il ne reste plus que ça.

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  2. La méritocratie n'est pas compatible avec le libéralisme, même "pour les petits" car il porte en lui le meilleur et le pire de l'homme, alors que la méritocratie suppose que seul le meilleur soit retenu.

    Autrement dit, si rien n'impose que la concurrence soit coopérative, elle redevient immédiatement darwinienne.

    Donc Thatcher avait tout faux : ce n'est pas en transformant la classe moyenne en pauvres que les riches vont faire ruisseler leurs richesses par le haut. C'est une imposture. Bertez l'expliquait très bien hier, rappelant qu'un dollar injecté dans le circuit financier ne profite que pour 0,02 cts à l'économie réelle.
    Les riches ne font pas ruisseler leur richesse. Ils s'en servent comme levier pour spéculer et s'enrichir encore.

    Mécaniquement, le libéralisme récompense les parasites, les prédateurs ; pas les abeilles ouvrières.

    La méritocratie suppose une part de dévotion à l'intérêt général ; ceci ne s'obtient que par un interventionnisme éclairé.

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    1. +1.thatcher et reagan,c'est la naissance du "crony capitalism" et de la socialisation des pertes pour les groupes privés.sans compter les affaires de corruption autour de maggie et de son fils.elle reste adulée parce qu'elle a eu le courage de s'attaquer aux mafais des syndicats et aux socialistes ce qui reste un bon point

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    2. Exactement !

      Le seul intérêt du libéralisme, c'est la concurrence. Hors pour que la concurrence fonctionne, il faut :

      - un grand nombre d'acteur de taille équivalente alors que le capitalisme tend vers toujours plus de concentration,

      - et surtout que les règles du jeux soit les mêmes pour tous, ce qui est incompatible avec le libéralisme mondialisê.

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  3. Ne pas oublier la mer du Nord : une manne pétrolière énorme qui a permis de faire n'importe quoi sans en subit les conséquences pendant 20 ans...

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    1. exactement, c'est la principale clef explicative de la pétro-monarchie UK sur cette période, bien plus que tous les autres graphiques qui ne font qu'illustrer ce qu'on sait déjà sur l'effet de l'ultralibéralisme (ce qui ne signifie pas qu'il faille s'en remettre à l'autre extrême de l'ultrasocialisme).

      --neuneu.

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