dimanche 26 mai 2013

Bruno Bertez sur le Japon

Effectivement, ça va être un carnage. Ce que le Japon aurait dû faire, c'est baisser le niveau des retraites, et reprendre la fausse épargne des vieux par une forte augmentation des impôts sur les successions... Mais bon, vu que ce sont les vieux qui ont le pouvoir...

Et plus fondamentalement, il y a derrière tout ça un déni absolu des vieux d'accepter la nouvelle donne démographique, alors qu'ils cherchent par tous les moyens à se persuader qu'ils pourront avoir le même niveau de retraite hors sol que leurs parents...

Alerte ROUGE du Samedi 24 Mai 2013 : NOUS VOUS INVITONS A LIRE….Nous vous invitons à lire, à méditer et à surveiller tout ce qui concerne le Japon Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 26/05/2013 (en Français texte en français )
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Pourquoi ?

Parce que le Japon est un précurseur, il connait une crise d’excès de dettes depuis 1990, il a utilisé toutes les ressources des politiques conventionnelles, toutes les ressources des politiques non-conventionnelles et face à l’échec, il se lance dans ce que nous appelons la grande aventure désespérée.







Nous le soulignons dans notre texte: "Entretien Atlantico/ Bruno Bertez: Quand les Abénomics se font Seppukunomics!!! ",Abe ne se lance pas dans une politique démagogique, non il se lance dans la politique désespérée de la dernière chance.

Pourquoi dernière chance?

Parce que les paramètres qui ont permis au Japon de tenir jusqu’à présent se dérobent:

-Disparition de l’excédent des comptes courants.

-Le vieillissement de la population fait que les japonais tirent sur leur épargne Intérieure.

-L’Asie et la Chine qui ont représenté l’essentiel de la croissance nippone ralentissent.

-Le regain de nationalisme en ASIE suscite des mesures de rétorsion.

-La dette représente 20 fois les revenus de l’Etat.

-La dette nouvelle est d’un rendement nul, elle ne produit plus de GDP supplémentaire.

-La psychologie internationale était en train de tourner au détriment du Japon. Il veut maintenant sortir de l’économie de marché et entrer dans la dictature:
  • Reprise de contrôle de la Bank of Japan.
  • Modification autoritaire de la constitution.
  • Dévaluation autoritaire du change.
  • Etude de restrictions à la libre circulation et emploi des capitaux.


Le japon n’a aucune chance de réussir dans la voie choisie :

-La démographie et le vieillissement de la population sont des éléments déterminants et le gouvernement n’y peut rien.

-La société japonaise est bloquée de haut en bas.

-L’absence de ressources en énergie est déterminante.

-L’intensité capitalistique du Japon est la plus forte du monde, devant si nos souvenirs sont bons celle de l’Allemagne.

-Les voisins du Japon prennent et vont prendre des mesures de rétorsions.

Le risque majeur est celui de perte de contrôle des taux longs d’une part et du contrôle du change d’autre part. Les pays du G7 et G8 le savent et c’est parce qu’ils savent que la situation est dramatique qu’ils acceptent la dévaluation japonaise de la dernière chance. Le G20 lui n’est pas d’accord.

Le Japon est une pièce maitresse du système de recyclage international et la clef de voute de la spéculation globale par le biais du carry trade.

Le Japon est un des piliers du FMI et du soutien de la dette des périphériques européens; et des treasuries US….





Entretien Atlantico/ Bruno Bertez: Quand les Abénomics se font Seppukunomics!!!
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 24/05/2013 (en Français texte en français )
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Le problème du Japon vient de loin, et cyniquement, nous dirions qu’enfin on entre dans la phase finale, celle de la catastrophe et du grand nettoyage. Le Japon a ce que l’on appelle un excédent de dette colossal qui empêche la marche en avant de l’économie, et ce depuis 1990. Il a voulu faire l’économie du nettoyage des dettes et a repoussé devant lui, comme le fait un chasse-neige, tous les problèmes. En refusant la destruction des dettes, le nettoyage des bilans, les gouvernements successifs ont maintenu en vie un fardeau que l’économie ne peut plus traîner. La décision aventureuse de Abe va se traduire malgré lui par des enchaînements négatifs non voulus, non maitrisés, qui vont finir par détruire les passifs que l’on n’a pas voulu ou pu détruire depuis 23 ans. Finalement, nous sommes, grâce à l’incompétence des dirigeants japonais, en présence de ce que l’on peut appeler un mal pour un bien.

ATLANTICO: Alors que Shinzo Abe n’était pas l’homme politique le plus populaire du Japon, et que son premier passage au poste de Premier ministre (2006-2007) n’avait pas laissé un souvenir impérissable, sa popularité est au plus haut (sa cote de popularité est autour de 70% – à vérifier). "Abenomics" ne serait-il pas au fond qu’une politique démagogique, à visée strictement politique, plutôt qu’un projet économique sérieux ?

BRUNO BERTEZ: La popularité de Abe est précisément inquiétante. Quand un homme politique médiocre et ordinaire devient très populaire, c’est qu’il flatte le pays dans le sens du poil, c’est à dire dans le sens de la facilité apparente. Sa politique est perçue comme démagogique, mais nous ne sommes pas persuadés que cela soit sa caractéristique fondamentale. La caractéristique fondamentale pour nous, c’est que c’est une politique désespérée.

3 commentaires:

  1. Les japonais sont de gros bosseurs et savent ce qu'ils font.
    Ils réduisent le coût de la valeur ajoutée à l'exportation.

    Exporter est vital pour le Japon qui doit importer sa nourriture en plus de son énergie.
    Encore plus depuis Fukushima qui a arrêté les centrales nucléaires et détruit de grandes surfaces agricoles.
    L'Allemagne industrielle va déguster contre ses redoutables concurrents.
    La France aussi, mais surtout par effet secondaire après l'Allemagne.
    Effets à venir dès 2014.

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  2. Ne nous réjouissons pas trop vite : les Japonais ont simplement... de l'avance sur nous.

    Le coeur du problème est en effet l'incapacité à nettoyer la mauvaise dette, qui rappelons le est toujours l'"actif" de quelqu'un, ce que Bertez appelle le "chasse-neige".

    Cette obsession maladive, mortifère est celle de TOUS les politiciens, qu'ils soient japonais, chinois, européens, américains etc.

    Le Japon a simplement de l'avance : en terme de calendrier et de montant.

    Ca fait 23 ans que le cirque dure. Mais souvenons-nous : Crédit Lyonnais chez nous... Il y a 23 ans aussi.

    Montant très différent, mais logique absolument identique.

    Et aux USA... souvenez-vous la crise des "Savings and Loan ", fin des années 80.

    Là encore, les politiciens ont mis au pot (même si il y a eu des faillites, les USA étant, étaient moins "soviétisés" que nous à l'époque).

    Bref.

    C'est la preuve absolue que depuis des décennies, le vrai capitalisme n'existe plus. C'est une mascarade.

    Le vrai capitalisme nettoie ses propres turpitudes et excès, par le "nettoyage" (par le vide).

    Les dés sont pipés depuis longtemps.

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  3. Je crois que les seules vraies valeurs (au sens de j'ai qque chose à échanger) sont les biens tangibles et j'y compte les savoirs faire industriels.le Japon en est très bien doté.
    la monnaie et les dettes ne sont que conventions et, même si ça gratte un peu on peut sortir de la spirale de la dette. Ne serait ce que par le défaut (l'histoire en regorge ).
    le japon pourra quand même s'en sortir parce qu'il sait et qu'il peut fabriquer ce que le monde veut acheter.
    en revanche, si on prend l'exemple français, il n'y a une perte de valeur et une explosion de dette.
    Plus d'industrie, une armée de clampins incultes et mal formés (20% d'illettrisme sur la classe d'âge des 20 ans) et un avenir radieux pour les services à la personnes.
    Autrement dit on ne sait rien faire, on n'a rien à vendre et on est criblés de dettes.
    donc même si on faisait défaut sur la dette on n'en profiterait même pas car on n'a rien à relancer.

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