dimanche 5 mai 2013

Bruxelles, le vrai pouvoir

Bruxelles, le vrai pouvoir
news 360x, 01/05/2013 (en Français texte en français )
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Trois scènes spectaculaires incitent à penser que, pour paraphraser le titre du film, le vrai pouvoir est à Bruxelles. La première a lieu à Paris, à l’Assemblée nationale. La Luxembourgeoise Viviane Reding, vice-présidente de la Commission, est reçue par des parlementaires français. Sur le ton de l’évidence, elle leur assène : « Il faut lentement mais sûrement comprendre qu’il n’y a plus de politiques intérieures nationales. Il n’y a plus que des politiques européennes partagées dans une souveraineté commune. » Comment mieux dire que les élus du peuple français ne sont plus maîtres du destin de leur pays ?



La deuxième scène se passe dans les bureaux de la Commission, à Bruxelles. Bruno Le Roux, le président du groupe parlementaire socialiste à l’Assemblée nationale, est reçu par Joaquín Almunia, commissaire à la Concurrence. Le Roux vient expliquer que Paris veut pouvoir aider ses entreprises en difficulté. Impossible, lui répond le commissaire espagnol. Si certaines entreprises françaises en sont là, c’est dû à leur manque de compétitivité sur les marchés étrangers. Une aide de l’Etat français équivaudrait à fausser la concurrence. Comment mieux dire que le libéralisme économique prime désormais le volontarisme politique ?



La troisième scène est la plus choquante, diront ceux qui croient encore à la politique et au rôle de l’Etat. Elle se déroule elle aussi à Bruxelles, dans les bureaux de la Commission. Ce sont des experts qui vivent dans leurs bureaux, loin des réalités du terrain. Ils sont une quinzaine chargés de scruter jour après jour l’économie française. Ils surveillent, conseillent, suggèrent. Comme onze autres États de l’Union, la France, jugée mauvaise élève, est l’objet de leur attention toute particulière. L’un deux, un Français de 32 ans, brillant technocrate, explique froidement que, en 2012, ses collègues et lui-même ont fait cinq recommandations pour aider la France à sortir de la crise. Leur diagnostic met notamment en lumière la trop grande protection des salariés quand les entreprises veulent débaucher, et la nécessité de réduire les allocations des chômeurs ! Si leurs recommandations sont suivies par la Commission et si la France n’obtempère pas, elle risque une amende de quatre millions d’euros. Comment mieux dire que désormais notre pays est sous surveillance?



L’intégralité du reportage :




Ce soir ou jamais – 3 mai
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 05/05/2013 (en Français texte en français )
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Une fois n’est pas coutume, je vous renvoie vers l’émission de Taddéi de vendredi, que j’ai trouvée grandiose : un vrai concentré de n’importenawak.

Une mention spéciale à Thomas Piketty, et ses envolées fédéralistes. Grand moment de vérité, quand il explique que, “bien évidemment”, en gros, l’euro ne peut survivre si on garde des Parlements nationaux.

Point, sur lequel je suis entièrement d’accord – c’est une évidence économique. Mais bien évidemment, nous divergeons sur le choix à recommander entre “euro ou parlements nationaux”… J’aime bien quand les économistes se drapent dans leur fausse science pour faire de lourdes préconisations politiques - on entendra rarement ce genre de propos sur les ondes venant de philosophes, sociologues, historiens voire théologiens…

Ma question est : pourquoi les économistes n’ont-ils pas présenté ce choix, aussi clairement, en 1992 ? Cela restera un des grands crimes politiques du XXe siècle…

Sur la conclusion 2 remarques :

1/ s’il n’y avait plus qu’un Parlement fédéral, la majorité voterait évidemment des transferts de l’Allemagne vers le sud – c’est tout “l’intérêt” de la chose. Et là, ça peut marcher – si les Allemands ne ruent pas trop dans les brancards. Dans le système actuel, on ne pourra garder l’euro que si le gouvernement allemand accepte de prendre des mesures de transfert qui apparaîtront inacceptables à sa population (qui en France a envie d’une grosse augmentation d’impôts pour tout donner aux Grecs ?).

2/ ce n’est pas parce qu’on déconstruit la monnaie unique (qu’on pourrait garder commune, d’ailleurs, avec quelques monnaies dans la zone), qu’on déconstruit l’Europe ! Bien au contraire. Cela pourrait être l’occasion de proposer d’autres politiques de coopération en échange (dans le domaine de la recherche, de la justice, de la défense, que sais-je…). Rien ne justifie qu’on ait commencé une coopération en Europe par l’économie, et encore moins par la monnaie, qui est contraire normalement le DERNIER élément à faire, quand on a réussi tout le reste….

Bon visionnage, c’est ici !

1 commentaire:

  1. Un exemple de pipeau :

    Italie / PIB : recul de 1,4% prévu en 2013, croissance de 0,7% en 2014.

    L'institut italien de statistiques Istat a annoncé lundi tabler sur une contraction du Produit intérieur brut (PIB) de 1,4% cette année en Italie et sur une croissance de 0,7% l'an prochain grâce à une reprise de la demande interne.

    La prévision 2013 d'Istat est nettement plus faible que celle publiée en novembre dernier (baisse de 0,5% du PIB). Cette différence est due à des révisions des statistiques nationales et à une contraction plus forte que prévu de la consommation privée, explique Istat.

    Le recul du PIB initié au 3e trimestre 2011 "devrait se poursuivre, avec une moindre intensité, au moins jusqu'au troisième trimestre 2013", note Istat.

    L'institut déclare par ailleurs tabler sur un taux de chômage à 11,9% en 2013, et à 12,3% en 2014, selon le communiqué.

    http://www.romandie.com/news/n/ItaliePIB_recul_de_14_prevu_en_2013_croissance_de_07_en_2014_Istat17060520131043.asp

    Pipeau !

    En Italie, en 2013, le chômage sera de 11,9%.

    En 2014, le chômage augmentera encore : il atteindra 12,3%. Et malgré cette augmentation du chômage, l’Italie connaîtra « une croissance de 0,7% l'an prochain grâce à une reprise de la demande interne » ! ! !

    L’Italie, c’est magique !

    Quand il y a une augmentation du chômage, il y a « une reprise de la demande interne » ! ! !

    On connaissait les statisticiens grecs : ils sont balèzes.

    On connaissait les statisticiens espagnols : ils sont balèzes.

    On vient de rencontrer des statisticiens encore plus balèzes : les statisticiens italiens !

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