mercredi 1 mai 2013

Déflationnite !

Les banques centrales occidentales ont beau imprimer de la monnaie et recréer de nouvelles bulles (cf l'immobilier US), les matières premières elle ne mentent pas. Et c'est la boucherie.

Ce qui au passage en dit long sur l'état de la demande chinoise...

Pour ceux qui suivent le blog depuis un moment, ça rentre parfaitement dans l'analyse que je pouvais faire, alors que je pressentais que les forces déflationnistes l'emporteraient un temps avant que le peak everything n'emporte tout, avec le passage de 1 à 4 milliards de consommateurs globaux...

Les stocks de pétrole du Department of Energy US :
Crude Inventories Surge To Record High As Energy Demand Collapses
ZeroHedge, 01/05/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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as EIA data has shown, there has been a collapse in end demand for crude products not seen since the 1990s. Today's surge in inventories appears to confirm demand remains subdued at best.




Les matières premières et les métaux précieux dérouillent :
Commodity Smackdown In Progress
ZeroHedge, 01/05/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 1er Mai 2013: Le retour des forces déflationnistes est incontestable par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 01/05/2013 (en Français texte en français )
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Le taux du 10 ans US est revenu dans les plus bas de l’année.



Finie l’idiotie de la Grande Rotation : Les matières premières sont dans les plus bas, les capitaux commencent à fuir les émergents, les bourses des émergents ne se sont pas solidarisées du rally Américain, l’Australie est en difficulté, les grands producteurs de matières premières commencent à deleverager, le marché chinois des actions est le canari dans la mine !



La Chine est au bord de l’implosion financière sous le poids de son shadow banking system. Les provinces chinoises n’arrivent plus à refinancer leurs paiements d’intérêt, le roll over des dettes des provinces est bloqué, les CDS du secteur financier se retendent etc etc…

La prolifération d’un système bancaire parallèle opaque et vaguement réglementé (voire pas réglementé du tout) en Chine a soulevé des craintes quant à une possible instabilité financière. Mais quels sont au juste l’étendue et le degré de risque du système bancaire parallèle chinois ?



Selon la Commission Chinoise de Contrôle Bancaire (CBRC), le système bancaire parallèle (toutes les opérations au crédit non réglementées par les mêmes normes que les prêts bancaires classiques) a augmenté de 800 milliards de yens (130 milliards de dollars) en 2008 à 7,6 trillions de yens en 2012 (environ 14,6% du PIB). On a estimé que l’activité totale hors bilan en Chine – composée de crédits à des promoteurs immobiliers (30-40%), des administrations locales (20-30%), des petites moyennes entreprises (PME), des particuliers et à des emprunteurs de crédit relais – est estimée à 17 trillions de yens en 2012, soit approximativement un tiers du PIB.

Le terme de «système bancaire parallèle» a pris de l’importance pendant la crise des subprimes aux États-Unis pour justifier les capitaux non-bancaires sur le marché financier, tel que les fonds monétaires, les valeurs adossées à des créances mobilières et les produits dérivés spéculatifs, habituellement financés par des banques d’affaires et par de grands investisseurs institutionnels. En 2007, le volume des transactions du système bancaire parallèle aux États-Unis a dépassé celui des actifs bancaires classiques.

Le Conseil de stabilité financière a estimé que le total des actifs du système bancaire parallèle mondial en 2011 s’élevait à 67 trillions de dollars, dont 23 000 milliards de dollars pour les États-Unis, 22 000 milliards de dollars pour la zone euro et 9 000 milliards de dollars pour le Royaume-Uni.

Le montant du système bancaire parallèle chinois s’élève seulement à environ 2 200 milliards de dollars.

Le système bancaire parallèle en Chine est dominé par le prêt aux emprunteurs à haut-risque, tels que les administrations locales, les promoteurs immobiliers et les PME. Il est finalement financé par des dépôts de réseaux bancaires, des produits de gestion de patrimoine et par le capital à risque privé. Ainsi le vrai problème de la Chine n’est pas le volume du système bancaire parallèle, mais sa qualité et la capacité du système bancaire à absorber des pertes potentielles. Les forces du marché et les conflits politiques ont déclenché l’émergence du système bancaire parallèle en Chine. Avec la Banque populaire de Chine (PBOC) qui maintient ses taux d’intérêt artificiellement bas, les petits épargnants ont commencé à profiter des taux de rendement plus élevés offerts par les administrations locales, les promoteurs immobiliers et les PME, qui ont eu besoin de financement pour maintenir les investissements et pour s’adapter au nouvel environnement du marché.

Ce qui trompe c’est le fait que cette fois la déflation revient par la périphérie mondiale. Un peu à l’image de ce qui s’est fait en Europe. Lorsque les tendances déflationnistes reviennent et que l’on commence à fuir le risque. En fait c’est le marginal, le périphérique qui fournit les premiers symptômes.

Le retour des forces déflationnistes par la périphérie est masqué par le déferlement de liquidités en provenance cette fois du Japon. Les liquidités japonaises souscrivent aux emprunts européens. Le plan Kuroda à ce stade est un échec, les ventes de JGB sont très mauvaises, au lieu de baisser les taux ont plutôt tendance à monter malgré le pourcentage énorme pris par la BOJ.

Le dollar et les États Unis nous semblent avoir tendance à se comporter à nouveau en refuge ce qui va dans le sens d’un retour des forces de déflation et de la peur du risque.

Nous maintenons l’idée avancée il y a peu, il y a un risque de déversement des positions spéculatives globales, provoqué par le fait que la croyance en la toute-puissance des banquiers centraux vacille.



Le tableau n’est pas complet, il manque quelques touches, mais l’esquisse prend forme. Les lignes de fracture se creusent fines mais profondes.

Comme nous le disons souvent , attention, car en période de crise tous les phénomènes sont réversibles.

Malgré ce constat, nous ne conseillons pas l’achat de bonds souverains et autres, notre analyse étant qu’ils sont en bulle… un achat de ce type ne peut se concevoir que dans un cadre de trading se résumant donc à un pur achat spéculatif dont il n’est pas sûr que l’on puisse sortir à temps, la dette souveraine mondiale ne pouvant être honorée (rapport à notre analyse globale et macroéconomique). La perte de rendement escomptée est tellement faible que ce risque ne mérite pas d’être pris.

Cela illustre le fait que nous pensons que de façon intercalaire, Albert Edwards ait raison!



1 commentaire:

  1. Déflation ? Pas de la bêtise en tout cas.

    Neuneu remet ça. Il ne sait faire que cela d'ailleurs.

    Incantation... méthode Coué crasse.

    ***************
    François Hollande a réaffirmé aujourd'hui sa volonté d'inverser la courbe du chômage malgré les prévisions pessimistes de la Commission européenne, en marge d'un déplacement dans le Doubs.

    "C'est un engagement que j'ai pris. Ce n'est pas une parole que j'ai prononcée en l'air. Je sais qu'il y a beaucoup de doutes, de scepticisme, même des prévisions qui ne vont pas dans ce sens", a déclaré le président de la République à la presse lors de la visite d'une fabrication de saucisses, à Avoudrey (Doubs).

    "Qu'est-ce qu'il faudrait faire, baisser les bras, regarder que ça tombe et attendre que ça passe ? Eh bien non. (...) Nous allons nous battre, tout simplement nous battre. Dans une conjoncture difficile, ce qui fait la différence entre les pays, c'est ceux qui se mobilisent et ceux qui laissent tomber. Ici, nous nous mobilisons", a-t-il ajouté

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