mardi 14 mai 2013

L'apport des schistes suffira t'il à compenser l'épuisement du pétrole conventionnel et la hausse de la demande ?

Le boom pétrolier américain sera encore plus important que prévu
Le Figaro, Fabrice Nodé Langlois, 14/05/2013 (en Français texte en français )
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Grâce au pétrole de schiste, les États-Unis n'importeront plus que le tiers de leurs besoins dès 2018. L'impact de cette révolution américaine sera mondial, relève un rapport de l'Agence internationale de l'énergie.

L'essor spectaculaire de la production de pétrole de schiste aux États-Unis restera le fait dominant du marché pétrolier mondial dans les cinq années à venir, prédit l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport prospectif de «moyen terme» publié ce mardi. Après une progression de 1 million de baril par jour (Mb/j) en 2012, un bond inégalé dans l'histoire de l'or noir en dehors de l'Opep, les États-Unis produiront 2,8 Mb/j supplémentaires d'ici 2018, prévoit l'AIE, soit près de 12 Mb/j, autant que la capacité saoudienne actuelle. Des estimations revues à la hausse depuis la précédente livraison du même rapport, l'an dernier. Résultat, alors que les États-Unis ont importé 51 % de leurs besoins pétroliers en 2012, cette dépendance à l'étranger sera réduite à 35 % dès 2018.

Dans le même temps, pronostique l'Agence internationale basée à Paris, l'extraction dans les pays de l'Opep n'augmentera que de 1,75 Mb/j, 30 % de moins que prévu dans le précédent rapport. Cette progression sera presqu'exclusivement alimentée par l'Irak, qui supplantera l'Iran dès cette année malgré les incertitudes géopolitiques et économiques l'entourant. Dans le reste du «cartel», outre l'Iran, l'Algérie, l'Équateur, la Libye mais aussi le Koweït devraient voir leur capacité de production décliner, faute d'investissements suffisants dans l'exploration et la production selon l'AIE.

Car côté demande, la tendance actuelle va se poursuivre: stagnation voire baisse de la consommation de produits pétroliers dans les pays développés face à un appétit toujours croissant dans les pays émergents. Un cap symbolique sera franchi dès le prochain semestre: pour la première fois dans l'histoire, la demande de brut des 34 pays de l'OCDE sera dépassée par celle du reste du monde, lequel représentera en 2018 54 % de la consommation contre 49 % en 2012.

Est-ce que les schistes suffiront à compenser le déclin du pétrole conventionnel et la hausse de la demande du fait de l'explosion du niveau de vie mondial, pour que l'occident ne vive qu'un déclin relatif et non absolu ?

Perso, je ne crois pas une seconde que les schistes suffiront à compenser... On va passer de 1 milliard à 4 milliards de consommateurs, et le pétrole conventionnel s'épuise... Les schistes ne compenseront pas...

D'ailleurs, ce déclin, on a largement commencé à y assister en occident...

10 commentaires:

  1. Beaucoup de données contradictoires sur ces gaz de schistes...

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    1. Il ne s'agit pas de gaz mais de pétrole.

      A priori, c'est comme au Canada celui qu'il faut laver, qui coûte cher et qui pollue un max.

      Bonne nouvelle pour nous, les US achèterons leur pétrole un poil moins cher, pourriront leur sol et nous laisseront le pétrole conventionnel à un prix raisonnable.

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    2. Le laisseront à qui ? A nous ?

      Non !

      Aux chinois, oui... Quand au prix raisonnable... Quand les US jugeront que leur dépendance au pétrole saoudien est devenu acceptable, il se pourrait bien qu'ils laissent chiites et sunnites s'expliquer. Pas sûr que cela favorise un prix décent.

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    3. Aux chinois, bien sûr, aux inouites aussi non ?

      Si les chinois voulaient du pétrole pour leurs populations, ils ont des masses de dollars, il n'aurait qui'a se servir. Les dirigeants chinois, comme les dirigeants africains, se contre foutent de leurs populations.

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  2. Et puis surtout,
    le "schiste" est une monstrueuse anarque faite pour maintenir un semblant de légitimité à une Amérique complètement en déroute.

    Demain, oter subventions* et tous avantages étatiques aux firmes de schiste et vous verrez tout leur business s'éffondrer!
    Sans parler des dommages irrémédiables que cette industrie génére et qu'il faudra bien "éponger" un jour très prochain.

    *) Subventions = planche à billet...Tout est lié dans ce monde d'escrocs!

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    1. Quels avantages étatiques ?

      Quelles subventions ? (Mis a part celle découlant du fait que des liquidités en trop se soient investies dans des sociétés - ce qui est vrai pour toutes les branches de l'industrie, et pas seulement américaines...)

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    2. Faudrait peut-être te renseigner avant de mettre en doute les écrits d'autrui.

      Recherche du coté des remises gracieuses d'impots, des aides aux devellopements, etc..., et après tu reviens.

      Dans le même registre, le gouvernement américain n'a pas faussé la concurrence dans le secteur de l'automobile, pas plus que celui du schiste!

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  3. Les gaz et pétrole de schiste font illusion a cause du volume et a cause des exonérations d'impôts.
    Mais le coût d'extraction, sans compter le coût sanitaire et écologique est immense.
    C'est juste un dernier shoot.

    Il n'y a qu'a voir les même histoires se sont déjà produites quand on est passé de l'onshore a l'offshore, puis de conventionnel au non conventionnel. Ça donne 5 a 10 ans de mou (et a mon avis la c'est plutôt 5), mais ça ne change rien au final.
    Enfin si, on aura gagné 20 ou 30 ans au final, ce n'est pas si mal.

    Mais c'est fini, la production par personne stagne depuis 30 ans ,et diminue depuis 5. C'est irréversible.

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  4. L'important pour les US, c' est que l' hyper classe s'y retrouve, que ce soit contre l' intérêt de la population, il s'en branle, voir même ça les éclatent.

    Faut dire qu'avec le mélange des ethnies dont aucune n'est légitime sur ce sol, la haine et le mépris a de l'avenir.

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  5. Regardez simplement qui finance l'AIE...
    Tout le monde sait, comme Jancovici, que l'économie est intimement liée au pétrole ; que si le pétrole va aux USA tout va... et inversement.

    Donc vive le racontage de n'importe quoi !

    Allez, on peut aussi lire ça :
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/05/11/gaz-de-schiste-la-fin_3175680_3232.html

    Ah, les miracles promis par le gaz de schiste, "la manne extraordinaire sous nos pieds" vantée par la patronne du Medef, la promesse d'une Amérique indépendante pour cent ans ! Ô, châteaux en Espagne, lubies fantasmagoriques, rêves insensés ! Mais le songe creux d'une énergie inépuisable s'évapore comme le méthane, les faits commencent à dissiper les discours mensongers de ceux qui ne veulent rien changer.

    Le 8 mai, on a appris que deux compagnies gazières, Talisman Energy et Marathon Oil, se retiraient de l'exploration du gaz de schiste en Pologne. Pourquoi ? Parce qu'elles n'ont pas trouvé suffisamment de gaz, qui se révèle ne pas être aussi aisé à extraire qu'aux Etats-Unis. Sur 43 puits creusés jusqu'à présent en Pologne, seuls 12 ont produit du gaz. La Pologne, à qui l'on avait promis des réserves immenses de 5 trillions de mètres cubes, ramenées ensuite à 800 milliards, découvre la différence entre le potentiel, le possible et le faisable.

    Il ne fait guère de doute que d'autres pays vont subir les mêmes déconvenues que la Pologne, même s'ils sont prêts à faire fi de ce qu'implique l'exploitation des gaz de schiste : l'atteinte aux paysages, la consommation et la pollution des eaux, les émissions de gaz à effet de serre. Et même aux Etats-Unis, la réalité apparaît moins rose qu'elle n'est usuellement présentée.

    Le pot aux roses, justement, a été découvert par un géologue canadien, David Hughes, dans une importante étude publiée par le Post Carbon Institute, en février. Le chercheur a analysé les données historiques de production sur 65 000 puits forés aux Etats-Unis. Il met en évidence un phénomène connu, mais jusque-là pas systématiquement étudié : la production de gaz de schiste ne peut se maintenir à des niveaux élevés qu'à condition de creuser sans arrêt de nouveaux puits. En effet, le rendement d'un puits isolé décline très rapidement dans le temps.

    Même si le nombre de puits forés se maintient à un niveau très élevé (43 000 aux Etats-Unis en 2012, selon Oil and Gas Journal), la production globale tend à se stabiliser. Le même constat est applicable au pétrole de schiste, qui se développe rapidement dans le Dakota du Nord. En fait, estime Hughes, un pic du gaz et du pétrole de schiste va se produire aux Etats-Unis, c'est-à-dire que la production va stagner avant de décliner. Date prévue : 2017.

    Ce phénomène reflète une loi fréquemment oubliée par le discours dominant, qui est celle des rendements décroissants. En énergie, elle trouve son application dans le concept de "taux de retour énergétique" (TRE ; en anglais, EROI, "energy return on energy invested"). Celui-ci traduit le fait que pour obtenir une certaine quantité d'énergie, il faut dépenser de l'énergie. Le rapport entre ces deux quantités est le taux de retour énergétique. Et la loi dominante de l'époque que nous vivons est que le TRE diminue tendanciellement : il faut dépenser de plus en plus d'énergie pour en obtenir. L'ère de l'énergie peu chère est derrière nous. Compris, le Medef ?

    kempf@lemonde.fr

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