mercredi 8 mai 2013

L’immigration britannique a été trop forte et trop rapide

L’immigration britannique a été trop forte et trop rapide!!!
via Le blog à Lupus, Emmanuel Garessus/le Temps, 08/05/2013 (en Français texte en français )
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Durant la crise, les emplois nouvellement créés ont été octroyés aux immigrés plutôt qu’à des Britanniques d’origine

Les partis politiques les plus restrictifs en matière d’immigration ont le vent en poupe. C’est vrai en France et au Royaume-Uni, où le Parti de l’indépendance (UKIP) a surpris tout le monde et accumulé 26% des voix lors des élections de la semaine dernière. L’expérience britannique de l’immigration mérite une analyse approfondie. C’est précisément le mérite de David Goodhart dans British Dreams*, un ouvrage salué récemment par la critique, notamment par le Financial Times.



«Trop forte et trop rapide»? L’immigration annuelle nette, entre 2004 et 2011, a été égale à l’ensemble de celle qui est intervenue entre 1066 et 1950, soit 250 000 personnes, selon David Goodhart.

L’immigration n’a pas vraiment été gérée. La première vague, de 1948 aux années 1990, était liée à ses obligations d’ex-pays impérial. Aucun obstacle ne pouvait être érigé. Mais le pays a été surpris par l’étendue du phénomène. Ses effets ont été d’autant plus incertains qu’il n’avait pas cherché à établir une culture d’intégration, au risque d’un affaiblissement du contrat social. La deuxième vague, à partir de l’élection des travaillistes en 1997, est le résultat d’une multitude de mini-décisions.

Si le Royaume-Uni avait confiance dans sa capacité d’intégration, la vitesse du changement n’aurait pas été problématique, selon l’auteur. Tel n’est pas le cas, si bien que des menaces pèsent aujourd’hui sur l’Etat social lui-même. «Lorsque les valeurs et les modes de vie s’écartent, il est plus difficile d’affirmer la légitimité de l’Etat social et d’amener les citoyens à partager les risques», selon David Willetts. Ceux que l’auteur nomme «les minorités visibles» sont 8 millions au Royaume-Uni. Dans certains cas, leur intégration aura été faible. Certaines minorités, notamment d’origine musulmane et rurale, ont reproduit l’essentiel de leurs coutumes.

Le Royaume-Uni doit choisir entre deux modèles d’immigration, celui des États-Unis et celui de la Suède. Un État social ne peut être généreux à l’image de la Suède qu’à la condition d’être une société homogène, selon l’auteur. [Disco : Notez bien cette dernière phrase. C'est grosso modo ce que j'ai toujours dit. La gôche avec son remplacisme forcené est en train de détruire le consensus pour une solidarité nationale.]

Les objections à l’égard d’une forte immigration ne sont pas nécessairement racistes. Les démocraties sont très exigeantes à l’égard de leurs citoyens. On ne risque plus sa vie pour sa patrie, mais on verse environ le tiers de son revenu à l’Etat pour gagner un accès aux infrastructures publiques. La coopération ne peut fonctionner que si la confiance est partagée. C’est pourquoi, selon l’auteur, derrière la diversité ethnique se cache le débat sur la diversité des valeurs.

La politique d’immigration diffère selon les pays. Le Japon, la Finlande et le Danemark sont par exemple bien plus restrictifs que le Royaume-Uni. Il est donc faux d’estimer que les flux de migrants ne peuvent être gérés.

Les Britanniques peu qualifiés en ont souffert, à travers des pressions salariales et une plus forte concurrence pour les infrastructures publiques [Disco : l'immigration est clairement identifiée comme une politique contre les pauvres qui sont déjà présents, afin de les maintenir la tête sous l'eau]. Au contraire des employeurs et des riches, immigrés ou britanniques d’origine.

Les gains économiques de l’immigration peuvent être élevés, selon Philippe Legrain et Ian Goldin. La libéralisation des mouvements de personnes pourrait accroître le PIB mondial de 1300 milliards de dollars par an (sur un PIB mondial de 80 000 milliards de dollars). David Goodhart rétorque que le gain est modeste par rapport aux risques politiques et sociaux. Sans parler des défauts du modèle britannique. En effet, 31% des médecins britanniques viennent d’outre-mer, contre 5% en France. 12% des médecins formés en Inde vivent au Royaume-Uni. Est-ce optimal si les plus qualifiés du monde se concentrent dans quelques centres d’excellence comme la Silicon Valley et Londres?

Le Royaume-Uni n’a pas besoin de compter sur l’immigration pour résoudre un problème de vieillissement et ainsi financer son système de retraite. La population est jeune (39 ans en moyenne pour les hommes). Quant au bilan fiscal, il dépend des différents groupes d’immigrés. Les Polonais d’origine font très peu appel à un soutien financier (1%), au contraire des Somaliens (39%).

En termes d’emplois, le bilan n’est guère favorable: durant la crise, le nombre de postes de travail occupés par des Britanniques d’origine a été réduit de 800 000 en 18 mois et est resté au niveau inférieur par la suite. A l’inverse, pendant les quatre dernières années, l’emploi de salariés nés hors du Royaume-Uni s’est accru de 400 000 postes de travail (la moitié pour des Européens de l’Est). Et surtout, du deuxième trimestre 1997 au dernier trimestre 2011, les actifs se sont accrus de 2,7 millions, dont 2,1 millions pour les salariés nés hors du pays.

Le constat est indiscutable: durant la crise, les emplois nouvellement créés ont été octroyés aux immigrés plutôt qu’à des Britanniques, selon Goodhart. Dans certains secteurs, les immigrés sont plus motivés, plus flexibles, et leurs attentes salariales sont moindres, explique l’auteur. Plusieurs études montrent aussi que l’immigration a empêché les chômeurs locaux de retrouver un emploi. Et comme l’immigration s’est concentrée sur les deux extrêmes de la pyramide des revenus, les inégalités se sont accrues.

D’ailleurs, compte tenu des 750 000 salariés d’origine est-européenne venus au Royaume-Uni entre 2004 et 2011, il est surprenant que les pressions sur les salaires britanniques n’aient pas été plus fortes, selon l’auteur. L’impact a été affaibli par l’existence d’un salaire minimum. A 1542 francs suisses par mois en janvier 2013, il est très inférieur aux exigences des syndicats suisses.

Les Britanniques d’origine ont souffert de l’absence d’un système d’apprentissage, faute d’intérêt de la part des employeurs, et du faible niveau de réglementation. [Disco : Dans une société où la kleptocratie importe à l'envie du salarié jetable, elle n'a que faire de ceux déjà présents.] Dans la construction, il y a moins de salariés britanniques qu’il y a dix ans, malgré le boom de la dernière décennie et les grands travaux. Lors des récents Jeux olympiques, selon certaines estimations, 70% des employés qualifiés étaient non Britanniques. Les professions de la santé connaissent le même biais.

Entre 1998 et 2005, l’immigration a ajouté 3% à la croissance économique et 3,8% à population, selon le National Institute of Economic and Social Research. Le PIB par habitant a donc diminué. L’affirmation selon laquelle une réduction de l’immigration annuelle à 80 000 personnes pénaliserait la croissance est donc absurde. [Disco : là encore, c'est très exactement ce que j'ai expliqué dans de nombreux posts, entre croissance par habitant et croissance des habitants]

David Goodheart envisage deux pistes, l’une de gauche et l’autre de droite. D’une part, réduire le rythme de l’immigration. D’autre part, améliorer l’intégration des immigrés et remettre en question le modèle multiculturel au profit d’une recherche d’une identité nationale. «Un sentiment modérément national» peut exercer un impact positif. David Goodhart rejette l’idée selon laquelle les citoyens de pays occidentaux auraient des droits spéciaux. La société est aussi un contrat entre les générations.

Cet article est absolument génial. Il reprend et confirme point par point tout ce que j'avais déjà expliqué en son temps dans de longs posts argumentés...

Il manque juste le lien avec les promesses de grasses retraites que le papy boom s'est faites à lui même...

Pour les curieux de ce que j'aurais pu écrire, vous n'avez qu'à remonter les différents posts que j'ai pu écrire sur la démographie, et notamment ceux-cis :

Sur le FN, les tartufes, les retraites et l'immigration
Un bien bel exemple de pensée autorisée de la tartuferie de gôche
Le choix de la croissance par la multiplication des bactéries et la diminution de la rente de patrimoine
La croulantocratie exige la poursuite du ponzi démographique et de la traite des jeunes
La gauche fait un carton en Finlande
Le ponzi démographique ou la mort !

12 commentaires:

  1. "L’immigration annuelle nette, entre 2004 et 2011, a été égale à l’ensemble de celle qui est intervenue entre 1066 et 1950, soit 250 000 personnes". Donc le résultat est catastrophique en GB avec 250 000 immigrés en 8 ans.
    en 8 ans, la France a reçu 1 600 000 immigrés adultes et sans doute autant d'enfants non comptabilisés dans les stats (oui, c'est délirant mais ils ne comptent pas les enfants étrangers qui entrent chez nous).
    Alors dans quelle situation sommes nous.
    Sans doute bien au delà des 70 milliards d'euros volés chaque année directement sur le budget de l'état, auquel on peut ajouter des dizaines de milliards volés directement dans la poche des français (vols, cambriolages, destruction de voitures, agressions, incapacité de travail suite à agression, peur, vol des revenus par la mise au chômage, vol des logements construits avec l'argent des français, haine dans les médias, poursuites judiciaires... la liste est illimitée).
    Alors combien? 200 milliards par an?
    Depuis quand une population doit-elle accueillir et nourrir, habiller, loger, divertir... des envahisseurs sans se révolter?
    Il est évident que la coupe est pleine et que les temps à venir seront sanglants.

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    1. plutot que de s'énerver betement contre l'immigration en général,quelques mesures simples:permis de séjour accordé uniquement en cas de travail officiel,fin du permis de séjour en cas de chomage.interdiction de régularisation des sans papiers.plafonnement des aides sociales au niveau rsa,toutes aides incluses.en cas de condamnation,expulsion définitive du pays.je suis sur qu'avec ces mesures,l'ambiance serait moins tendue.quand au cout de l'immigration,il est incalculable,il y a aussi des bénéfices pour le pays pas que des pertes:ceux qui arrivent a chiffrer précisément sont des escrocs

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    2. Mon pauvre... l'immigration de travail est INTERDITE en France depuis 1974.

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    3. Non, c'est 2 millions en 8 ans pour la GB.

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    4. Effectivement, presque aussi "bien" que la Fronze...
      la première ligne du texte n'est pas parfaitement limpide.
      ça ne change rien au problème.

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  2. Je partage votre révolte... mais surtout votre incrédulité.

    "Depuis quand ?"... en effet.

    C'est stupéfiant. Personne ne nous a demandé notre avis, et si maintenant on ose protester et remettre en cause cette fausse évidence (l'immigration la chance) alors -vous connaissez le tarif syndical- vous êtes un égorgeur d'enfants, un nazi, un suppôt de la Bête.

    C'est stupéfiant.

    Ca dépasse l'entendement. Pourtant... les français veaux ne réagissent pas.

    Car il faut bien comprendre une chose : même si par miracle les français se réveillaient, maintenant.... le MAL EST DEJA FAIT.

    Ne ne pouvons pas les renvoyer chez eux, car ils sont "français".

    C'est un crime contre la nation qui a été commis, en 30 ans, et sans que personne n'y trouve à redire.

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    1. Ce n'est pas très compliqué:
      Le crime impuni conduit à la vengeance. C'est imparable!

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  3. il est évident que la bataille est perdu et que la France est une véritable poudrière brésilienne anti nazi pour le bonheur de la kleptocratie de toute hauteur dans l'échelle de la pyramide du collagène, si hitler était la il aurait comme stratégie d'ouvrir les clés de la représentation politique à toute cette diversité et in finé se convertir à l'islam et accomplir le remplacement de la population pour conquérir le monde.

    c'était ma mélanchonade du jour

    heureusement que mélanchon n'est qu'une tafiole de fonctionnaire.

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  4. De toute façon, les carottes sont cuites, depuis les années 80 déjà (et en particulier, le robinet grand ouvert de Mitterrand). Reste à savoir comment tout ça va réellement tourner; je ne vois pas vraiment d'issue.

    Pour ceux que l'histoire intéresse, voir l'effondrement de la partie occidentale de l'Empire romain à partir des années 400, et notamment sous la férule de dirigeants ineptes (Honorius, Valentinien III).
    Je ne peux m'empêcher de citer la conclusion de Guy Lacam (la fin de l'empire romain et le monnayage or en Itale), déjà très lucide en 1983 :

    "Il y a des moments où le monde bascule. Nous venons de décrire un de ceux-là. Peut-être en vivons-nous un autre. Mais où sont les phares pour éclairer la route ? Galla Placidia se rendant compte de l'inanité de ses espoirs resta cloîtrée dès 440 dans son Palais de Ravenne, tandis qu'Aetius, dix ans plus tard, mourrait assassinée. Cependant, l'on cherche en vain parmi ces romains du temps ceux qui, en définitive, préférèrent mourir les armes à la main plutôt que de se soumettre au nouvel ordre barbare. Il n'y eut pas, sauf en paroles, de sursauts inspirés par le sens de la dignité et de la grandeur. Ce fut l'abandon le plus total, les ralliements les plus inattendus, pour sauvegarder privilèges et prébendes. La veulerie apparaît comme le trait dominant de toutes les décadences. C'est pourquoi la décadence de l'Empire romain ne nous émeut guère".

    Tout ça ne s'est pas fait en un an; quelques décennies critiques ont suffi; disons 400 à 460.
    Vous l'avez compris, le temps n'est pas à l'optimisme.

    Sur le même thème :
    http://www.atlantico.fr/decryptage/white-flight-ou-fuite-blancs-population-britannique-est-elle-en-train-imposer-segregation-ethnique-geographique-michele-tribalat-719056.html

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  5. Comme ça tout monde va finir comprendre (trop tard) à quoi a servi la propagande des chambres à air.
    Achtung ! Bicyclette, pompe à vélo !

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  6. Attention vidéo polémique :
    http://rutube.ru/video/f44f76c64695ab295b5bdee842c0ab51/

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  7. Beaucoup d'immigrés au RU viennent d'Europe de l'est (Pologne, pays baltes), et n'émigrent que temporairement.
    Le cas de la France est *bien pire* que celui du RU.

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