lundi 3 juin 2013

Bruno Bertez : La mise au pas par le rouleau compresseur financier

L’Edito du Dimanche 2 Juin 2013: La mise au pas par le rouleau compresseur financier Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 02/06/2013 (en Français texte en français )
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Nous avons expliqué à maintes reprises que la globalisation était un phénomène bien plus vaste et important que la seule mondialisation des économies. En s’engageant dans la globalisation sans consulter les peuples, en laissant les choix aux seuls élites politiques, financières, administratives, les nations se sont engagées dans une voie dont ils n’ont pas perçu le but. Ce but, c’est le laminage des spécificités, la disparition de la démocratie réelle au profit de la démocratie formelle, vide de tout contenu.







Ce que les peuples n’auraient jamais accepté normalement; ils l’acceptent parce que, sous les pressions extérieures, il leur est dit qu’il n’est pas possible de faire autrement. Le jeu des intervenants politiques domestiques se limite à la marge, à faire semblant de conduire ces mouvements qui leur échappe.

Ainsi, le Français Hollande essaie de faire semblant de choisir librement ce qui lui est imposé par la Commission Européenne et Merkel en matière de retraite et de politique familiale. Hypocrisie et lâcheté réunies afin d’avoir le droit de continuer à jouer au chef et de satisfaire une piteuse volonté de puissance personnelle qui ne masque même plus l’impuissance réelle. Pour sauver les banques et l’euro, on accepte la perte de souveraineté, on accepte l’humiliation. C’est la reddition en rase campagne, encore plus lâche que celle du début de la seconde guerre mondiale, c’est le pétainisme économique.







Cela est évident en Europe dite euro zone, là où on voit les peuples se voir imposer de nouveaux modèles sociaux, politiques et même moraux, mais également en Europe non euro zone.

Nous avons soutenu depuis longtemps, très longtemps, que la Suisse commettait une erreur colossale en laissant ses méga banques s’engager sur la voie de la mondialisation voulue par les États Unis. Les banques suisses n’ont pas résisté aux attraits fallacieux de la mondialisation sous la houlette américaine, à l’argent facile du recyclage des déficits américains; elles n’ont pas résisté aux appâts/pièges de l’ogre dévoreur de crédit que sont les USA. Elles y ont laissé leur âme.

Si ce n’était que la leur, ce ne serait pas trop gênant. Après tout fait, chacun fait ce qu’il veut, tant que ce sont ses affaires et sa liberté qui sont seules en jeu.

Hélas, en l’occurrence, compte tenu de l’existence du risque, la finance engage autre chose et d’autres entités que celles qui apparaissent superficiellement. La finance et la Banque engagent toutes, absolument toutes les institutions d’un pays car une nation est responsable de ses banques.







Les méga banques suisses comme les françaises et les allemandes ont gagé tout leur pays, tout leur peuple, tout ce qui ne leur appartenait pas. La monnaie bien sûr, la sécurité des dépôts, la sécurité fiscale, la sécurité juridique et même la sécurité personnelle, celle des individus.

Ce qui n’est pas compris, ce qui n’a pas été compris, c’est que la finance est un syndrome envahissant.

Elle concentre tout ce qui fait spécificité d’une communauté. Pour gagner trois francs et six sous, les banques ont accepté de s’intégrer, de devenir dépendantes d’un système entièrement dominé par les Américains.

Elles ont accepté la dépendance sous tous les aspects dont, entre autres, les fiscaux, juridiques, techniques, même les aspects théoriques et philosophiques.

Ce qui paraissait limité devient total; on croyait n’y laisser que le bras ou la main, la finance s’empare de tout.






Ce que ni la finance, ni les gouvernements, n’ont compris en 1971, puis au début des années 80, c’est que le projet américain était produit par la faiblesse -préserver le stock d’or et éviter de se faire drainer- mais qu’il était instrument d’un impérialisme total, d’une dictature. Quelle est la liberté d’un pays si sa monnaie, ses réserves, ses banques, peuvent être confisquées d’un coup de clavier d’ordinateur, l’Iran en fait l’expérience. La Chine l’a compris. Quelle est la liberté et l’autonomie d’un pays dont les banques ont un besoin vital d’accéder au refinancement en dollars, refinancement dont la clef est détenue par les Américains. Quelle est la liberté, la marge de manœuvre politique, d’un pays dont les mouvements financiers et même l’or, sont à la discrétion des Américains?









Nous avons écrit, en son temps, que les États-Unis voulaient un dollar–roi. Nous avons expliqué que cela ne signifiait nullement qu’ils le voulaient sain, ferme et cher! Non, un dollar-roi, c’est un dollar qui, ayant éliminé toutes les alternatives, ayant pris le contrôle du système bancaire mondial par le biais du refinancement, du clearing, de la législation, de la réglementation et de l’espionnage informatique, transforme tous les autres en vassaux, en attendant de les transformer s’ils sont récalcitrants, en serfs. Ou on joue avec et on accepte d’être tenu en coupe par la bourgeoisie domestique klepto/compradore ou bien, on devient paria, mis hors du système mondial. Un dollar-roi est un dollar qui donne aux autorités américaines la possibilité de dicter leur loi. Nous y sommes.

Les pays comme la Suisse ou la France n’ont pas fini de boire la coupe jusqu’à la lie. En France, c’est déjà bien entamé. Les choses peuvent accélérer car la France est en quelque sorte en équilibre sur un fil ; quand on est dans cette situation, tout imprévu peut être fatal. On sait que quand la déconfiture commence, les chiffres deviennent vertigineux. Telle masse de dettes que l’on croyait de 100 devient mille, tel trou que l’on estimait par milliards se transforme en trillions.

La France est déjà laminée, cela fait des dizaines d’années qu’elle vit sur son capital, alors que le capital neuf qu’elle crée n’habite pas la France. C’est fou le mal que l’on a à mettre en l’air un pays riche disait un ennemi de la France, mais on y est presque.



La Suisse est sur la pente, elle n’en a pas encore pris conscience tant on la juge par défaut. La Suisse fait bonne figure en regard de l’Italie, de la France, etc., mais c’est parce que la comparaison est biaisée. On devrait juger la Suisse par rapport à elle-même, par rapport à ses potentialités, pas par rapport à ses voisins malades de la peste.

Peu à peu, la Suisse va se banaliser, perdre sa spécificité, l’espace d’une génération peut-être, pas demain bien sûr. L’étranger va imposer son marché mondial, ses valeurs moyennes, sa concurrence. Le cheval de Troie, c’est la finance bien sûr.





Tout en découle. La courroie de transmission des valeurs moyennes mondiales va toucher les taux d’intérêt, les prix à la consommation, les salaires, la fiscalité, et le plus dur à avaler, ce sera l’agriculture. Fondement de la particularité du pays, fondement de son équilibre social.

Le surproduit Suisse va peu à peu se contracter, la rente financière va disparaitre et il est évident que personne n’a cherché à évaluer quelle était l’importance de la rente financière dont bénéficie l’économie, le niveau des taux. Personne n’a chiffré son incidence sur le niveau et l’attrait du Franc.

Qui a envisagé la déstabilisation de l’hypothécaire dont la masse est colossale?

Alors que sa situation est encore enviable et qu’elle dispose d’atouts dans les relations internationales, la Suisse est déjà obligée de céder, de passer sous les fourches caudines des États-Unis, que sera-ce quand elle sera faible ? Quand sa société civile sera divisée, quand le corps social aura perdu sa résistance?



2 commentaires:

  1. et tous commentaire insultant sera supprime

    c est ce que vous demande mais regarde votre image avec francois hollande .........

    c est une image insultante mais bon peut etre pas pour tout le monde



    égalité et réconciliation


    bonne journee

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  2. Hollande est une insulte à la France des vrais français.

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