jeudi 6 juin 2013

Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt ! par Pierre Leconte

Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt ! par Pierre Leconte
Le blog à Lupus, Pierre Leconte, 06/06/2013 (en Français texte en français )
→ lien
Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé. Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer… La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

C’est au niveau du Système des monnaies fiduciaires de papier que l’on peut redouter le pire puisque lesdites banques centrales, pratiquant la dévaluation compétitive systématique via les taux d’intérêt zéro voire négatifs, la répression financière maximale et la guerre entre les monnaies, ont tout fait pour casser leur valeur. Ce qui signifie que ledit Système usé jusqu’à la corde est à bout de souffle. Comme c’est le dollar US et les US Treasury Bills ou Bonds exprimés en dollars US qui sont la clef de voute de l’ensemble bancaire et monétaire occidental voire même international, on peut s’attendre selon nous à UNE FORTE BAISSE PROCHAINE DU BILLET VERT (contre euro, CHF et vraisemblablement peut-être yen japonais) au rythme de la chute des prix des obligations d’Etat et privées américaines. Alors même que la Federal Reserve US et les autres banques centrales n’ont plus aucune marge de manoeuvre ni dans l’émission de plus de liquidités artificielles ni dans la baisse des taux d’intérêt à court terme ayant atteint leur plus bas possible. Quant aux États ayant déjà atteint pour la plupart d’entre eux des niveaux d’endettement record et les taux d’imposition des particuliers voire des entreprises étant déjà confiscatoires, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils puissent aller plus loin pour dégager de nouvelles liquidités massives sauf à aggraver la crise.

Certains économistes disent que les USA sont à la veille de prendre une initiative de réforme du Système monétaire international, Bernanke et les autres dirigeants de la FED ayant compris qu’ils ne pouvaient plus maintenir le Quantitative Easing débridé à son niveau actuel (85 milliards de dollars US crées ex nihilo chaque mois pour l’achat d’obligations diverses sans compter les achats d’actions et le soutien des banques). Mais toute évolution dans ce sens visant à accroitre le rôle des Droits de Tirage Spéciaux du FMI, ou à créer de nouveaux instruments du type “Bancor” (qui n’a pas de relation avec l’or comme son nom l’indique improprement) imaginé par Keynes lors de la conférence de Bretton Woods en 1944, en remplacement du statut de monnaie de réserve mondiale du dollar US, risquerait d’accroitre la panique sur les marchés financiers et des monnaies. Il y a bien la solution du retour à l’étalon-or ou de la convertibilité du dollar US en or mais il est peu probable que les banquiers centraux occidentaux qui font tout pour détruire sa valeur le réintègrent dans le Système comme principal actif de réserve.

Nous sommes entrés dans des temps très troublés, sortez le plus possible des actions et des obligations (voire achetez des options puts ou des parts d’ETF shorts sur ces actifs), gardez votre cash en euros (la Bundesbank empêchant sa manipulation à la baisse) ou en francs suisses (la BNS en cas de crise internationale majeure n’ayant pas les moyens d’empêcher sa hausse) et faites des allers retours rapides sur les métaux précieux dont la forte volatilité actuelle se prête au trading, tout en achetant modérément du physique en échelle de baisse parce qu’il est encore possible -même si cela n’est pas probable- que l’or et l’argent-métal (manipulés à la baisse par les banques centrales occidentales et les bullion banks) chutent encore, au pire vers respectivement 1.000 et 15 US l’once (leurs coûts moyens globaux de production et de commercialisation en dessous desquels les sociétés minières cesseraient d’en produire), avant de reprendre leur tendance haussière historique.

Le seul devoir sacré de tout banquier central (à l’image de ceux qui dirigent la Bundesbank allemande et même accessoirement la BCE parce que les Allemands empêchent tant bien que mal ses trop fortes dérives) c’est de défendre la valeur de la monnaie qu’il a été chargé par une collectivité en général nationale d’émettre, pas de se livrer à toutes sortes de manipulations visant à la détruire, ainsi que le font les pompiers-pyromanes qui dirigent la Federal Reserve US, la Bank of Japan, la Bank of England et à un moindre degré la BNS ayant abouti au désastre actuel se soldant par la paupérisation massive des peuples.

L’EFFONDREMENT DU SYSTÈME MONÉTAIRE ACTUEL (qui se rapproche) NE SERA PAS ÉVITÉ si les États n’interviennent pas pour démanteler les banques centrales “indépendantes” actuelles (en fait agissant contre les populations au seul profit des milieux financiers qui les contrôlent) et ne reviennent pas aux banques centrales traditionnelles contraintes de n’émettre de la monnaie qu’en stricte proportion avec les actifs réels (comme l’or) qu’elles doivent détenir en qualité de réserve parce que comme le notait von Mises: “Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales“. Ou bien que les États n’admettent pas qu’il faut, pour obtenir une bonne monnaie, introduire la concurrence dans le domaine monétaire comme le préconisait Hayek qui notait: “Nous n’aurons pas de monnaie honnête tant que d’autres que les gouvernements en fonction n’auront pas le droit d’en proposer de meilleure que celles de leur fabrication“.

Le Systéme bancaire et monétaire actuel, né en août 1971 avec la cessation de convertibilité automatique du dollar US en or entre banques centrales, les réserves fractionnaires et la généralisation progressive des taux de change flottants entre monnaies fiduciaires de papier, a duré plus de 40 ans. Il ne survivra ni à une augmentation des Quantitative Easing américain, britannique et accessoirement suisse, ni à leur généralisation au Japon ou à un autre pays (l’un des BRIC par exemple), et encore moins à leur arrêt rapide ou progressif. Parce que tant la fuite en avant dans la création monétaire ex nihilo que son ralentissement dans un Système structurellement basé sur le laxisme toujours croissant aboutira immédiatement à son explosion. Il faut donc casser ledit Système. L’heure de vérité est pour bientôt, en tous cas avant la fin 2013…

Si rien de sérieux n’est fait, ce sera alors la fin du double statut du dollar US comme monnaie nationale de la principale puissance et monnaie internationale de réserve du monde entier… Ce qui ne pourra se traduire que par la chute de la valeur fictive sur laquelle repose le billet vert. Ni l’inflation qui semble avoir disparu de l’économie réelle pour ne concerner que les actifs financiers (actions et obligations), ni la déflation qui frappe sans aucun doute l’économie réelle (prix des biens courants et salaires), n’auront alors plus cours.

C’est un phénomène assez inédit, une sorte de retour à l’explosion du Système monétaire comme celle qu’a connue sur sa fin l’Empire romain d’Occident, qui nous menace ! Le pouvoir économico-monétaire passa alors de Rome à Byzance (comme de nos jours il passera de Washington à Pékin et à d’autres centres actuellement émergents, musulmans ou asiatiques) mais ce ne fut qu’à l’issue de multiples conflits qui détruisirent en grande partie le monde développé d’alors, prélude à la longue stagflation du Moyen-Age et aux guerres sans fin (même si le pouvoir militaire resta l’apanage de Rome jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus entretenir ses armées, faute de pouvoir conserver son statut de superpuissance économico-monétaire).

Les deux raisons principales pour lesquelles le Système bancaire et monétaire actuel n’est pas viable tiennent aux remarques ci-dessous exprimées par M. Allais et J. Riboud que nous mettions en exergue de notre livre “Les faux-monnayeurs” publié en 2008 aux Éditions François-Xavier de Guibert (que l’on peut encore acheter sur Amazon).

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

« Aucune organisation monétaire, si judicieuse soit elle, ne réussira si elle n’est pas dotée d’un étalon de référence immuable, indépendant du temps et du lieu. Autrefois, le billet mentionnait de quoi il était une créance : d’un poids d’or. Cela signifiait quelque chose. Mais, aujourd’hui, le billet n’est plus qu’une créance que… d’autres billets. La définition monétaire n’est plus que du vide reposant sur du néant. Un des derniers points d’ancrage, qui était la parité de change, a disparu au profit des taux flexibles. Le résultat est d’ajouter l’une à l’autre deux incertitudes : celle d’un taux de conversion qu’on sait être précaire et celle de la valeur vraie de la monnaie de référence qu’on sait être aléatoire… La disparition de tout repère qui donne une mesure de valeur à la monnaie de compte inscrite sur le billet ne peut qu’ouvrir la porte au laxisme”.

Jacques Riboud, économiste et homme d’affaires, 1908-2001.

2 commentaires:

  1. Il n y a qu un seul exces, 10% qui possendent 50% du patrimoine ,
    c est cela l origine de la crise.
    La demande est desolvabilisee c est tout.

    Les fanas de l or ne comprennent pas que ce sont les credits
    Qui font les depots.Bernanke peut creer autant de dollars qu il
    Souhaite tant que le taux de chomage structurel n est pas atteint.
    Au dela de ce point ,il y a danger en effet.
    Compte tenu de tout ceux qui hurlent que les chiffres us du chomage
    Sont faux ,il Y a de la marge avant l hyperinflation.

    Les bulles sont des inflations compartimentees justement car tout est
    Fait pour passer du foin au lait sans passer par la vache.
    C est a dire sans enfin accepter d ajuster un peu les salaires
    A l augmentation de la productivite

    RépondreSupprimer
  2. OK mais tu oublies un point fondamental : "accepter d'ajuster"... le premier verbe est faux. N'est plus vrai.


    Dans les années 70, on était en effet "obligés".... Mais aujourd'hui ? Le monde a radicalement changé.

    Augmentons massivement les salaires des ouvriers français par exemple.

    Si tu ne changes rien d'autres, alors en 2 ans, les mêmes ouvriers seront tous au chômage, les entreprises ayant fait faillite.

    Eh oui... la mondialisation est passée par là, et l'ouverture des marchés, et l'ouverture des frontières.

    En d'autres termes, si vous n'acceptez pas de mettre des tarifs douaniers, de renvoyer la Chine à ses chères études, de fermer les frontières, de réduire drastiquement l'immigration, et enfin de sortir l'euro... alors il ne faut pas venir ses plaindre et jouer les mélanchonistes.

    C'est ce point fondamental que les gens oublient.

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.