mercredi 26 juin 2013

Le Brésil, un cas d'école, ou pourquoi la nouvelle aristocratie mondialisée adore la fausse gôche redistributrice

La kleptocratie des 0,1% les plus riches (et qui a un minimum de jugeotte) adore la fausse gôche redistributrice à crédit...

Le Brésil est un cas d'école...

   Comme partout dans le monde, les 0,1% les plus riches peuvent fuir l'impôt et en pratique, ils en sont exemptés.

   La redistribution est assise sur la sur taxation de ceux qui n'ont pas l'envergure patrimoniale pour fuir l'impôt. Cette ponction permanente réduit grandement la possibilité qu'une personne, issue des 0-90%, ne puisse grimper jusqu'à venir contester les positions sociales de l'oligarchie déjà en place.

Hausse des impôts sur les 50-99% de la population :


   Point essentiel, la fausse gôche surendette systématiquement tout et tous. La consommation à crédit et le surendettement font exploser les patrimoines de l'oligarchie par l'injection massive de fausse monnaie via le mauvais crédit.

Crédit à la consommation des ménages, rapporté au revenu disponible :


La quantité de fausse monnaie émise (fausse car utilisée pour consommer, et non investir) finit dans les patrimoines de l'oligarchie :
   par les profits de leurs entreprises qui explosent via cette solvabilisation artificielle de la population.

Le Bovespa a fait x5 en 13 ans :


   Par la hausse exponentielle des prix de l'immobilier...

Ici l'augmentation année après année à Sao Paolo :


Partout, cette politique babelienne de constitution de la nouvelle aristocratie mondialisée, laisse un temps croire au peuple que le gros de la population va y gagner.

Mais le mensonge commence généralement par apparaître avec le conflit de générations, quand l'explosion du prix des actifs et de l'immobilier fait apparaître à la classe moyenne jeune, noyée sous les iPads, qu'elle est en réalité pauvre.

Je rappelle le cas français, à mon avis, très similaire à celui du Brésil, la croissance en moins :


Ainsi, on assiste partout à la mise en place de ce retour à l'ancien régime, avec la naissance d'une oligarchie dynastique (par l'héritage) à privilèges (exemption de l'impôt), le tout sur fond de fausse gôche au pouvoir, qui assure que la plèbe reste tranquille, en achetant la paix sociale en surendettant tout et tous, et en matraquant de taxes les 50-90% pour distribuer du pain et des jeux aux 0-50% (du tittytainment comme dirait Brzezinski)...

La pierre angulaire de ce retour à l'ancien régime, c'est la liberté de mouvement des capitaux. Sans ça, pas de fuite de l'impôt possible.

Ainsi, les pseudo libéraux qui défendent cette liberté de mouvement des capitaux sont des défenseurs, en pratique, du retour à l'ancien régime, qu'ils prétendent honnir. Généralement, ces faux libéraux, style Jean-Marc Daniel ou Alain Madelin, on les reconnaît bien au fait qu'ils ont tous défendu le bailout des banques en 2008, c'est à dire le fait qu'on grave dans le marbre les patrimoines financiers bidons de l'oligarchie assis sur une dette inremboursable.

Et pour le Brésil, ça va faire pareil que chez nous. Maintenant que la bulle de crédit se retourne et que les patrimoines financiers en fausse monnaie sont menacés, la fausse gôche va s'empresser de bailouter les banques en garantissant leurs bilans par la ponction des 50-99%... Ça finira de révéler, comme pour l'occident, le gigantesque mensonge...

Plus j'y réfléchis, et plus je me dis qu'il n'y a de libéralisme réel possible qu'au sein de la nation, avec des frontières étanches...

9 commentaires:

  1. On atteint la fin d'un modèle basé sur la croissance mais qui n'était vraimment valable qu'après guerre. On pouvait espérer que l'une forte évolution technologique prendrai le pas et permettrait de continuer sur cette lancée, mais par la cupidité intrinsèque de ce modèle, les gains de productivité donnée par le progrès n'ont profité qu'a une minorité au lieu d'être redistribué, d’où les inégalités croissantes de notre époque. Penser que l'on pourrai attendre de la communauté international, de l'union européenne ou des autres en générale une solution à ce problème est utopiste tant les intérêts de chacun sont divergents. Le retour à une nation homogène, autonome et forte, inspiré par la même volonté de justice et de mieux vivre ensemble semble à mes yeux la seule réelle solution à terme.

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  2. Excepte votre détestation radicale de l'état, je suis plutôt d'accord avec ce texte. La pierre angulaire est bien la libre circulation des capitaux qui force la concurrence sur les modèles social, fiscal et de normes écologiques. L'euro exacerbe le problème en interdisant les dévaluations. Conclusion logique: le libéralisme hors les murs est un neofeodalisme.
    Seulement les frontières et l'organisation d'une économie de marche, ça nécessite quand même un état fort. :-)

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  3. Tonio va voir ceci tout y est expliquer: L'endettement, les fausses réformes des états pour enrichir le capital, la multiplication de la bureaucratie, la marchandisation de tout...
    http://www.youtube.com/watch?v=lpY8awYmOwQ

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  4. "Plus j'y réfléchis, et plus je me dis qu'il n'y a de libéralisme réel possible qu'au sein de la nation, avec des frontières étanches..."
    Arrivé à la même position.
    Le libre-échangisme est un leurre total.
    http://www.observatoiredeleurope.com/Jimmy-Goldsmith-le-libre-echange-et-la-protection-legitime_a1966.html
    Apparemment, il y a bien longtemps, quelqu'un disait pareil ou à peu près, j'ai du mal à voir toutes les conséquences.
    Si l'auteur de ce blog veut bien se donner la peine d'analyser tout ce qu'il raconte, et en faire un article compréhensible "pour tous" (à la mode ces derniers temps).
    Petit extrait:
    Ainsi voudrait-on escamoter la responsabilité du libre-échangisme en criant haro sur les banquiers. Ce n’est pas moi, c’est l’autre. Mais pour être complet, il faudrait dire aussi que la dérégulation financière n’est pas arrivée par hasard. Elle a été acceptée pour la même raison que les déficits budgétaires : les gouvernants espéraient, puisque les économistes l’assuraient, qu’elle allait stimuler la croissance mise à mal par le libre-échangisme. Donc le déséquilibre initial, la mère principale de toutes les crises, c’est bien le libre-échangisme.

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  5. Bravo, c'est excellemment résumé. Le libre échange n'est possible qu'au sein de zones culturellement et économiquement homogènes. Jimmy Goldsmith l'avait parfaitement compris, et je vois que je ne suis pas le seul à le citer ici. L'homo oeconomicus que les libéraux rêvent de voir émerger depuis 50 ans, dans leur vision hégélienne de la fin de l'histoire, n'est que le corolaire de l'homme nouveau désiré par les fascismes bruns et rouges. Le libéralisme n'aurait jamais du devenir une doctrine économique (ou plutôt géoéconomique) mais rester une philosophie morale. La route de la servitude, la défiance envers les constructivismes, c'est très bien après tout.

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  6. Bah alors les mecs? Je croyais que vous étiez des libéraux?
    La semaine dernière vous critiquiez les socialo-communistes!!!
    De vraies girouettes.
    En fait Tonio, tu es en faveur du protectionnisme d'Olivier Todd et de Montebourg... (oh mon dieu! Deux socialistes!!!)

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  7. Oui, la liberté des mouvements de capitaux est la première des mesures à prendre pour maîtriser l'oligarchie. On peut voir aussi la mondialisation comme ce processus d'appauvrissement massif d'une population pour atteindre des rendements plus élevés en délocalisant intégralement des entreprises, ce qui est facile, au lieu de robotiser localement, ce qu'on aurait pu faire depuis des dizaines d'années mais ça signifie investir dans les capacités industrielles et les hommes, sur place.

    Condamin-Gerbier cite explicitement les lois concurrentielles de circulation des capitaux comme première source de fuites par les banques nationales. Avec la monnaie, la liberté de mouvance des capitaux a été la première mesure de l'oligarchie européenne.

    Comme le dit Emmanuel Todd, le protectionnisme est une forme du libéralisme !

    https://www.youtube.com/watch?v=eRo2TOzWR0g

    Je te prie de relire L'Illusion économique de Todd paru en 1998, il y a tout dedans. Mais c'est la gauche alors forcément... Tu te contredis dans ton texte, tu cites la "fausse gôche" et tu enchaînes ensuite sur Daniel et Madelin... Tu vois la contradiction ? En réalité c'est une élite, acquise aux idées de l'école néoclassique.

    Keynes a raison en disant que ce ne sont pas les hommes au pouvoir, mais les idées !

    En ce sens Keynes est d'actualité, pas celui qu'on nous présente, la relance, mais l'homme qui a sorti seul un monde enfoncé dans la certitude d'idées obsolètes et a remis au jour les outils intellectuels.

    Lis honnêtement Todd et je pense sincèrement qu'il peut prétendre à ce rôle, sa lecture des événements est frappante. Mais il faut lire ses livres, pas ses interventions dans les médias. Mais qui lis aujourd'hui directement les livres ? Il veut en revenir au cadre de la nation et à ce titre il est bien plus patriote que la majorité de la droite, dont j'ai entendu certains membres comme Peltier vouloir être européen et patriote, quelle blaque ! C'est la droite aujourd'hui aussi !

    Par ailleurs, pour réflechir, je te conseille Politique Autrement dont http://www.dailymotion.com/video/xziblh_le-fatalisme-europeen_news

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  8. J'y repensais en déjeunant...

    1. Les élites françaises, de la haute fonction publique notamment énarques et multi-dplômées blabla, privatisent les banques et profitent à la fois des rémunérations du privé et de la sécurité du public

    2. Ça ne leur suffit pas : ils font voter les dérégulations pour pouvoir jouer au casino avec les banques et les assurances, résultat quatre banques systémiques en France en mélangeant allègrement dépôts et produits financiers ultra-douteux qui participent à la grande fête de la multiplication du risque. Tout ça dans le contexte d'une Europe qui ne pense qu'à la concurrence, la liberté de circulation des capitaux et des hommes, la fin des nations, etc.

    3. Le château de cartes s'écroule : les élites crient MAMAN et viennent retrouver ce bon vieil Etat pour les sauver en gonflant la dette publique, car dans ce monde devenu instable, les nations restent le dernier recours, la dernière sécurité d'individus atomisés.

    4. Je décrivais le système de manière macro mais individuellement ces élites s'enfuient de leur pays (il n'existe plus dans leurs têtes, rappelons nous), mettent leur argent ailleurs (d'abord la Suisse, c'est un peu l'Europe après tout, notre nouvel hôtel) mais continuent à profiter des positions comme si ils continuaient à payer l'impôt dans leurs pays. Problème : ces fortunes immenses peuvent être perdues, c'est l'angoisse, alors on la met au coffre-fort le plus sûr, encore l'Etat ! La dette publique c'est le pêché collectif après tout, on doit expier collectivement, c'est le dernier truc qui nous reste en commun, pas étonnant que l'Etat soit disqualifié si on le considère uniquement comme un gros tas de dette... Bref les intérêts peuvent être payés et même à un rendement légèrement négatif, l'argent est à l'abri. Il faut par contre rançonner les peuples par l'austérité mais heureusement l'école néoclassique accuse l'Etat d'être trop dispendieux et les idées sont du bon côté...


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  9. Effectivement, on pourrait à la limite tolérer le laisser faire si à la fin de la journée une juste redistribution était faite.

    Reste que même dans ce système là, faudrait bien lutter contre les excès de vitesse qui ne profite qu'à certain et mettent tout le monde en danger.

    Et pourtant dieux sait que j'aime la vitesse.

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