mardi 4 juin 2013

Le système bancaire, surtout français, est ultra leviérisé et fonctionne quasiment sans fond propre

0153 La pondération des actifs bancaires / Bâle 3
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 03/06/2013 (en Français texte en français )
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Suite de notre série sur les banques, après le billet sur le C.

Si vous vous intéressez un peu au secteur bancaire, vous avez sans doute entendu parler des règles du Comité de Bâle, qui visent à renforcer la régulation du secteur.

Peut-être avez-vous même entendu parler des règles dites de “Bâle III” qui visent à augmenter la solvabilité des banques, en faisant passer leur ratio “Fonds Propres / Actif” de 8 % à 10 %.

En revanche, si vous n’êtes pas un professionnel, il est possible que vous n’ayez pas entendu parler de l’arnaque qui consiste en fait à “pondérer les actifs” en fonction de leur risque, et que je vais vous présenter, tant cela illustre le n’importe quoi auquel on arrive en voulant être trop intelligent…

L’idée de base est simple : pourquoi mettre le même ratio de capital face à des risques différents ? Pondérons plutôt les actifs en fonction de leur risque réel !

Oui, bien sûr.

Mais le souci est “comment connaitre le risque réel” ?

C’est alors qu’on retombe sur le travers de notre époque, la mathématisation à outrance, véritable dérive psychopathologique visant à croire que notre intelligence va modéliser la réalité.

Car si on savait précisément mesurer le risque, cela se saurait…

Mais peu importe, on va se reposer sur des notations d’agences et des évaluations internes, réalisées sous le haut-contrôle de M. Pifomètre…

Les règles de Bâle demandent donc désormais, pour les calculs de solvabilité (mais pas pour établir le bilan comptable, bien entendu), qu’on pondère les actifs.

Ainsi, une banque expose sa méthode, faisant correspondre sa notation interne avec les ratings des agences :



avec les probabilités de défaut :



Notons que pour le Triple A, cela nous fait un défaut environ tous les 10 000 ans – sachant que tous les États AAA ont fait défaut au moins une fois dans les 300 derniers ans (et je ne parle même pas de l’hyperinflation), mais qu’importe…

Une autre banque expose sa méthode détaillée :



“Et là, c’est le drame” : vous lisez bien, on pondère à 0 % les prêts aux États notés AAA, donc il est inutile de mettre du capital en face ! (cet exemple n’est pas important en volume, les banques ne prêtent presque rien aux États, mais le symbole est dévastateur sur le n’importe quoi de cette méthode).

Idem : on pondère à 20 % les actifs titrisés AAA (qu’étaient les subprimes en 2008…).

Si on regarde un bout de la part du bilan d’une banque dédié aux entreprises, on obtient ceci pour la partie des actifs constitués d’obligations publiques et de prêts aux administrations ou banques centrales :



Et vous lisez bien : pour les calculs de solvabilité, les 174 milliards d’euros du bilan seront considérés représenter seulement 3 milliards !

Donc si je veux un ratio de 10 %, il suffit de 300 millions pour satisfaire la nouvelle règle. Pour 174 Md€ de vraies créances – soit 0,2 % de fonds propres !!!!

Du pur délire…

C’est la partie évidemment le plus impactée, mais si on regarde le bilan de cette activité on arrive à :



401 Md€ de vrais actifs comptés pour 135 Md€ !! Idem, on est bon avec 13 Md€ de fonds propres pour 401 Md€ d’actifs réels – soit un ratio réel de 3,2 % de fonds propres, et pas 10 % !

Observons ce que cela donne pour BNP Paribas, par exemple. Voici son bilan :



1 907 milliards d’euros, une paille.

Et sa solvabilité ?

Tout va bien :





Bah oui, tout va bien ! Un beau ratio de solvabilité de 11,8 % = 65,1 / 552 (les actifs pondérés), en hausse en plus !

Bon, le vrai ratio de levier est donc 3,4 % = 65,1 / 1 907, mais qu’importe.

Eh oui, magie de la finance : des capitaux propres de 3,4 %, et “la solvabilité du groupe est très élevée”…

NB. Bien sûr, cela veut dire que si la banque observe une perte de 3,4 % sur son actif, elle n’a plus de fonds propres – le 11,8 % ne veut rien dire, vous n’allez pas pondérer la faillite réelle des contreparties…

Second exemple, plus court, à partir du bilan de Deutsche Bank en normes américaines, avec un actif de 1 199 Md€, devenant 282 Md€ d’actif pondéré (RWA, pour le calcul de la solvabilité) (+52 de risque opérationnel) :



On note bien la façon différentiée dont s’évapore le risque sur les actifs…



Vous allez me dire que j’exagère, que ce sont des calculs fait par de brillants esprits mathématiques (ce qui est vrai), s’étant échinés pendant des mois, mais le souci, c’est que le risque n’est jamais modélisable mathématiquement de façon certaine. Tout repose sur des hypothèses, souvent fausses (genre “les États ne font jamais défaut” et autres fadaises).

Mais nous allons laisser la parole à la Banque Centrale d’Angleterre, qui est en pointe sur ces sujets prudentiels (contrairement à la Banque de France, inféodée au secteur bancaire, ce qui est de notoriété publique – preuve en est l’absence de sanctions malgré les dérives ahurissantes).

Elle a réalisé une brillante étude, très simple. Elle a classé les banques de façon croissante à partir de 2 ratios de 2006 : le ratio de Bâle (Fonds propres / Actif pondéré = Risk-based capital ratio) et le ratio historique de levier financier, tout simple, à partir du bilan (Fonds propres / Actif total du bilan = Leverage Ratio).

Et elle s’est ensuite amusée à colorer en rouge celles qui ont fait faillite durant la crise. Exercice sain consistant à arrêter de faire du mal aux mouches et à regarder plutôt la réalité, à savoir le caractère prédictif de faillite du ratio – vu qu’il est censé servir à cela. Et on obtient ceci :



On voit à gauche que le ratio de Bâle n’est guère prédictif, il semble y avoir une equi-répartition des banques en faillite quel que soit le ratio.

En revanche, sans être parfait, on voit sur le graphique de droite, qu’il y a plus de rouge à gauche qu’à droite, et donc qu’un ratio de levier bas est prédictif des faillites.

Voici la synthèse :



Il y a clairement plus d’écart entre les banques qui ont fait faillite et les autres avec le ratio de levier financier (tout simple, qui ne coûte rien) qu’avec le ratio de Bâle (hyper compliqué, qui a coûte un bras aux banques – mais leur a permis d’avoir plus de “latitude” pour user de “créativité”).

Conclusion de la Banque Centrale d’Angleterre : cessons donc de sacraliser le ratio de Bâle, et utilisons plutôt le simple ratio de levier financier !

L’OCDE a réalisé la même recommandation, comme vous avez pu le lire sur ce blog.

Eh bien c’est ce que nous allons faire dans le prochain billet, en analysant la situation des banques systémiques mondiales



0154 [Exclusif] Solvabilité réelle des banques systémiques mondiales
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 04/06/2013 (en Français texte en français )
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Les banques systémiques
Le G20 a dressé en 2011 une liste des banques qu’il considérait comme systémiques – à savoir des banques dont la faillite pouvait causer d’énormes dommages au système bancaire mondial :



Avec BNP, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE + Dexia, la France était bien représentée…

En 2012, la liste a été remise à jour, avec un classement des banques les plus problématiques :



Nous allons ici les étudier plus en détail.

Les normes comptables
Quelques sites internet réalisent périodiquement un classement de ces banques par taille de bilan ou par solvabilité.

Ils montrent souvent que les banques américaines sont bien plus solvables que les autres.

C’est en fait totalement erroné.

En effet, il n’est pas possible de comparer directement les banques entre elles, car elles n’utilisent pas les mêmes normes comptables, ce qui a de lourdes conséquences, en particulier sur les produits dérivés.

Simplifions un exemple pour comprendre le problème (oui, c’est fictif, c’est juste pour illustrer le principe…).

Supposons qu’un trader de la Société Générale ait vendu un contrat à BPCE pour 500 €, qui consiste à ce que la Société Générale lui donne 1 000 € si le yen baisse de plus de 5 % d’ici 3 mois.

Supposons qu’un autre trader de la Société Générale ait acheté un contrat au Crédit Agricole pour 505 €, qui consiste à ce que le Crédit Agricole lui donne 1 000 € si le yen monte ou baisse de moins de 5 % d’ici 3 mois.

Rappelons qu’on l’espèce les 1 000 € sont le montant notionnel des contrats (la base du “pari”).

Les flux sont donc de 500 et 505 €.

Dans les normes européennes (et mondiales) IFRS, on va comptabiliser 505 à l’actif et 500 au passif.

Dans les normes américaines, on va faire un “netting” (compensation), et ne retenir que la différence, donc compter uniquement 5 à l’actif.

Si vous trouvez ça normal, demander vous ce qu’il va se passer si le yen monte de 15 % et si le Crédit Agricole fait alors faillite…

Bref, les normes américaines diminuent énormément la taille de l’actif – vu que les volumes des produits dérivés sont très élevés. Illustration avec JP Morgan :



Le bilan indique que les produits dérivés représentent 75 Md$ sur les 2 359 Md$ de l’actif total. Ce qui semble faible – chez BNP Paribas c’est 411 Md€ sur 1 907 Md€.

Mais quand on creuse, on trouve le montant avant netting :



1 662 Md$ au lieu de 75 Md$ – une paille !

Il faut donc réintégrer 1 587 Md$ à l’actif pour pouvoir comparer avec les banques européennes…

Idem pour Morgan Stanley par exemple :



Les dérivés représentent 36 Md$ sur 781 Md$ en normes américaine, mais le vrai chiffre est de :



1 004 Md$ sur 1 749 Md$ (781 + 1004 – 36) – cela change un peu…

Dernier exemple, Deutsche Bank, qui publie aussi ses comptes en normes américaines – et va nous renvoyer en prime sur le problème de la pondération des actifs, étudié précédemment :





On ne rêve pas : on part d’un bilan en norme européenne de 2 012 Md€.

On réalise un netting, et magie, on arrive à 1 199 Md€ de bilan en norme américaine.

On pondère joyeusement ce bilan par les risques, et zou, on arrive à… 334 Md€ pour établir le ratio de liquidité.

On a 56,5 Md€ de capital, dont 51 Md€ dit de “Tier 1? (le plus solide).

Et donc un ratio de solvabilité Bâle 3 de : 15,3 %, = 51/334 !

Bon, le vrai ratio est donc plutôt de 2,5 % = 51 / 2012, mais shuuuuuuuut…

Le bilan
Voici donc un travail exceptionnel (merci à Surya !) : le bilan des 28 banques systémiques mondiales, corrigé pour être proche d’un bilan en normes européennes. L’actif et les fonds propres sont également retravaillés pour ne conserver que les valeurs tangibles, les plus solides (évacuation des écarts d’amortissement / goodwills, des actifs incorporels…, pour retrouver une “valeur à la casse”) :



Voici leur classement par la taille de l’actif dur, en norme IFRS reconstituée :

banques systemiques mondiales  classement

Le classement en fonction de la solvabilité
On peut calculer le pourcentage de couverture de l’actif par les fonds propres et son inverse, le levier.

Ainsi, Crédit Agricole SA n’a que 21 Md€ de fonds propres durs pour 1 824 Md€ d’actif dur, soit 1,2 %.

Rappelons que l’OCDE a réalisé la même recommandation que la banque centrale d’Angleterre, à savoir d’utiliser ce ratio (plutôt que le ratio pondéré), en visant un niveau de 5 %, comme vous avez pu le lire sur ce blog.

Voici donc le classement :



Pas très glorieux… Voici la synthèse par pays :



Cocorico : nous avons donc les banques les moins capitalisées du monde !

Il leur faudrait en moyenne presque doubler leurs capitaux propres pour être dans les clous de la recommandation OCDE…

Voici d’ailleurs les résultats d’une étude OCDE de fin 2012, qui vise à déterminer le besoin en fonds propres pour arriver à cet objectif, exprimé en % du PIB :



Flûte, on manque la première marche du podium :( . Il ne nous manque “que” 7,4 % du PIB pour arriver au niveau requis – soit 150 Md€ quand même…

Bien évidemment, laissées à elles-mêmes, les banques ne vont pas se recapitaliser autant : elles vont plutôt tenter de diminuer leurs bilans, et donc aussi le niveau des prêts qu’elles accordent.

Alors qu’il faudrait les obliger à fermer plutôt une partie du casino, qui ne sert presque à rien pour l’économie réelle (on s’en passait parfaitement il y a 15 ans !).

NB : NOS BANQUES SONT EN FAIT TRÈS ”PAUVRES” (bien que relativement rentables). Comme elles ont très peu de capitaux propres, il est bien évident qu’elles parient très peu avec (car le volume est petit et car ce serait trop dangereux pour elles). Seuls les ignorants de ce sujet s’étonneront donc que, quand le projet de non-séparation des activités bancaires leur demande filialiser leur trading pour compte propre, les banques indiquent que cela représentent moins de 1 % de l’activité (ce qui les ferait jouer spéculer avec le tiers de leurs capitaux propres, ce qui laisse penser que le chiffre est encore bien exagéré). Bref, le projet de loi gouvernemental est bien une escroquerie, demandant de filialiser une activité qui n’existe presque pas.

7 commentaires:

  1. L'économiste Jean-Claude Werrebrouck a publié un livre très important : "Banques centrales : indépendance ou soumission ?", édité chez Yves Michel.

    Sur son blog, Jean-Claude Werrebrouck constate que les Etats européens sont aujourd'hui insolvables, et que les grandes banques européennes sont, elles-aussi, insolvables.

    Quel est le seul organisme qui empêche l'effondrement ?

    En Europe, le seul organisme qui fait encore tenir debout le château de cartes s'appelle ... la Banque Centrale Européenne.

    Lisez cet extrait de l'article de Jean-Claude Werrebrouck :

    La banque centrale française est bien évidemment plongée dans le système européen de banques centrales et, de ce point de vue, l’Etat qui lui correspond sera de plus en plus tenté de cesser l’aventure ordo libérale. Les rentiers ont massivement profité de ce qu’on a appelé la fin de la « répression financière », mais, parce que dans la tradition française la liberté ne se réduit pas à la propriété et au marché, c’est dans ce dernier pays que la rente financière prend les risques les plus importants, d’où l’attachement considérable des milieux qui en profitent à ce qu’on appelle le « couple franco-allemand ». La banque de France, devenue objet étranger dans son propre pays, sera de plus en plus soumise à de très fortes contraintes impulsées par la crise et la tradition culturelle française.

    Mais l’Allemagne elle-même, sera contrariée dans sa tradition culturelle. Déjà le comportement de la BCE n’est plus en accord avec la grande tradition ordo-libérale. Alors que, naguère, la banque centrale, qu’elle soit européenne ou simplement allemande, se devait d’être l’équivalent d’une cour suprême ou un conseil constitutionnel veillant à la sanctuarisation de la monnaie - exactement comme le principe d’indépendance de la justice et de respect du droit - la BCE est devenue dépendante d’intérêts privés et publics : le système bancaire européen devenu massivement insolvable, qu’il faut aider, et les Etats européens eux-aussi insolvables et qu’il faut, au moins de manière détournée, aussi aider.

    http://www.lacrisedesannees2010.com/article-banques-centrales-la-fin-de-l-universalite-des-valeurs-germaniques-118080235.html

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  2. Bon là Berruyer a fait un super boulot.

    Et au passage, notons qu'il démonte les délires de J-P Chevalier qui s'obstine à répéter depuis plusieurs années que les banques US sont okay (en tout cas en meilleur état que leurs consoeurs européennes).

    Le coup du netting est stupéfiant. Mais Chevalier continue de pérorer et s'obstine à comparer les banques européennes et américaines, alors que manifestement les méthodes comptables sont différentes.

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    1. +1

      Chevallier est un désinformateur.

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  3. Voilà le frein au développement de l'Asie : la dégénerescence éthique.

    http://tinyurl.com/meotjf5

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  4. >“Et là, c’est le drame” : vous lisez bien, on pondère à 0 % les prêts aux >États notés AAA, donc il est inutile de mettre du capital en face ! (cet >exemple n’est pas important en volume, les banques ne prêtent presque rien >aux États, mais le symbole est dévastateur sur le n’importe quoi de cette >méthode).

    Comment ça les banques ne prêtent presque rien aux états?!? Qui prête aux états de manière massive alors? Les assurances vie?!? Selon moi, cette affirmation est fausse: par peur, intérêt ou stupidité, les gouvernements essayent de garder le système bancaire en vie. L'intérêts des gouvernements est d'obtenir des taux bas et celui des banques est de ne pas être nationalisé. Le deal sera donc le suivant: en échange de la garantie d'état, les banques universelles peuvent continuer à emprunter beaucoup et pour pas cher (car "sures") auprès du marché et de continuer d'alimenter la bulle de leurs actifs financiers (pas étonnant qu'il n'ait jamais été question de séparer les banques de dépôts et d'investissements). En échange de sa garantie sur les dépôts, l'état exige que les banques empruntent également pour acheter en masse des obligations d'état.
    Il ne s'agit en fait que d'une planche à billets, mais avec les banques entre la banque centrale et les états. Et dans tout ce micmac, seule la croissance pourrait les sauver, c'est pourquoi il faut la retrouver coûte que coûte.

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  5. Loans to euro area residents :
    - General government :

    Holdings of securities other than shares issued by euro area residents :
    - General government :

    Prêts aux résidents de la zone euro :
    - Administrations publiques : 1124,3 milliards d'euros.

    Portefeuille de titres (autres que des actions émises par les résidents de la zone euro) :
    - Administrations publiques : 1648,5 milliards d'euros.

    Total : les banques de la zone euro ont prêté 2772,8 milliards d'euros aux administrations publiques de la zone euro, par exemple aux administrations publiques de la Grèce, de Chypre, de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal, de l'Irlande, de la Slovénie, de la Belgique, etc.

    https://stats.ecb.europa.eu/stats/download/bsi_ci/bsi_ci/bsi_ci_u2.pdf

    Dette publique de toute la zone euro : 8600,983 milliards d'euros.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22042013-AP/FR/2-22042013-AP-FR.PDF

    Autrement dit : les banques de la zone euro ont dans leurs livres 32,23 % de la dette publique de la zone euro.

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  6. Une pensé au chevalier des chiffres foireux.

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