lundi 24 juin 2013

Les dirigeants chinois organisent l'inévitable explosion de la bulle de crédit pour garder l'illusion du contrôle

C'est l'impression que cette affaire chinoise me donne...

L'explosion de leur giga bulle était inévitable. Et dans ce pays où le parti est tout puissant, se retrouver coincé par l'explosion d'une bulle de crédit qu'on a provoqué, pour les tenants du pouvoir, c'aurait été une catastrophe politique.

Alors ils déclenchent l'explosion eux mêmes, et font mine de l'intégrer dans un projet... Pas forcément incohérent d'ailleurs...

Pour commencer la chronique de Fiorentino de vendredi dernier, qui explique bien le nouveau paradigme. Je vous mets le lien, même si le mp3 n'est pas encore dispo à l'heure actuelle :
L'édito de Marc Fiorentino
BFM Business, Marc Fiorentino, 21/06/2013 (en Français texte en français )
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Encore un krach boursier aujourd'hui :
China Crashing: Shanghai Composite Tumbles Most Since 2009
ZeroHedge, 24/06/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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Les distributeurs de billets et les virements ont été suspendus durant 50 minutes :
Bank Transfers and Services Suspended in China: ATMs, POS Machines, Online Banking Paralyzed 50 Minutes
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 24/06/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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Crédit Crunch suite : Panique dans le marché bancaire chinois, la Banque centrale contrainte d’intervenir
Le blog à Lupus, 22/06/2013 (en Français texte en français )
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La Chine pourrait être menacée par une crise interbancaire suite à la panique survenue ce vendredi, forçant la Banque centrale du pays à intervenir.

Le pays doit faire face au resserrement du crédit et montre ses premiers signes de faiblesse en la matière.

Avec un ratio de crédit sur PIB de plus de 200% , il apparaît, comme Barclays le note que la Banque populaire de Chine agit en conformité avec les efforts du gouvernement pour se désendetter, et tenter de rééquilibrer et positionner l’économie sur un chemin de croissance plus durable.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le taux d’utilisation des capacités de production est passé de 80% en 2005 à 60% cette année. Un taux trop faible, insoutenable. C’est sans oublier ces tours à bureaux flambant neuves, presque vides, qui ont surgi dans les grandes villes.

La surcapacité, industrielle et immobilière, est d’autant préoccupante que la Chine perd du terrain sur les marchés extérieurs aux dépens d’autres pays asiatiques qui profitent de salaires moins élevés pour lui voler des clients.

Entre-temps, la consommation au pays de Mao Zedong ne décolle pas. Les Chinois continuent à privilégier l’épargne pour financer leurs dépenses de santé et leur retraite. Malgré les efforts de Pékin, la part de la consommation dans l’économie stagne à environ 35%, selon la Banque HSBC, alors que l’investissement compte pour presque la moitié du PIB. Une aberration pour une grande puissance.

En somme, la Chine a du mal à faire le virage qui la rapprochera des économies développées. Pour le moment, Pékin investit dans la brique et le mortier pour faire tourner l’économie, mais la structure se lézarde.



Menace de "credit crunch" en Chine
La Tribune.fr via Blog d'Olivier Demeulenaere, 21/06/2013 (en Français texte en français )
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Ce mouvement de panique s’explique par la volonté des autorités monétaires et politiques de mettre fin à l’expansion très rapide du crédit de ces dernières années. Dans le viseur de Pékin se trouveraient les petites banques qui ont beaucoup prêté et qui ont également beaucoup spéculé. Leur endettement serait devenu intenable. Le gouvernement semblerait déterminer à « assainir » le marché bancaire et coupant les vivres de ces établissements, quitte à provoquer des faillites. Une logique qui n’est pas sans rappeler aux marchés l’audace des autorités américaines en septembre 2008 dans l’affaire Lehman Brothers…



En Chine, semble régner une certaine confusion!!!
Les Echos via Le blog à Lupus, 24/06/2013 (en Français texte en français )
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La stratégie du gouvernement se structure, 7 groupes de travail, tous dirigés par des responsables majeurs, les patrons de la PBOC et de la NPC notamment, sont en place et plusieurs grandes décisions concrètes vont arriver avant la fin de l’année. Ce sont:

1) La réforme de la TVA avec une réduction généralisée de la Business Tax qui vise à tonifier la croissance des profits et des investissements des sociétés.

2) L’Etat Central va prendre en charge le contrôle de la qualité alimentaire et de l’environnement allégeant le fardeau financier des provinces.

3) La Chine n’aime plus le charbon et va le montrer de façon brutale. L’objectif est de faire chuter l’indice PM2,5 de pollution à 30 d’ici 2030. En comparaison, nous sommes à 17 aux États-Unis, 20 au Royaume-Uni mais Beijing a atteint jusqu’à 1000 en janvier (la vie même est en danger au-dessus de 25). La Chine, en moyenne, est actuellement à 63. Si elle maintient ses prévisions de hausse de consommation de charbon (responsable à 45% de l’excès de pollution en Chine) de 60% sur les 10 années à venir et une hausse de son parc automobile de 300% d’ici à 2030, nous aurons un indice PM2,5 alors à 120, loin des 30 visés. Des mesures drastiques sont en préparation dans ces deux secteurs. Ces mesures vont-elles peser sur la croissance du pays ? Selon une analyse de Deutsche Bank, si elle est bien gérée, une forte réduction d’activité sur le charbon, l’auto et l’industriel bas de gamme, emportant 500 Mds de RMB de PIB avec elle, serait compensée par une création de 500 Mds de nouveau PIB menée par le gaz, les énergies alternatives et les projets de transports publics.

4) La Chine va taxer son e-commerce bondissant, qui représente déjà 13% des ventes au détail, un montant total supérieur à celui des États-Unis. Une manne à venir pour le budget d’Etat

5) La Chine va faire payer plus cher son eau (20% de hausse des prix sur les deux prochaines années), son gaz (20% de hausse des prix sur les 2 prochaines années) et le prix des terrains pour les usines et le coût de sa main d’oeuvre, en améliorant les minima sociaux, vont grimper. « L’usine du monde » va être beaucoup moins compétitive sur les coûts mais plus productive.

6) La réforme des terres agraires. Les fermiers vont obtenir un titre de propriété valable pour 30 ans qui leur permettra de louer leur terre, de la mettre en garantie contre un prêt ou bien de la fragmenter pour en vendre directement une partie sans avoir à passer par la Province. Un boom de la consommation et de l’investissement à venir avec une réalisation de la valeur des terrains.

7) La libre convertibilité de la devise dans les 5 prochaines années et l’accès au marché de capitaux chinois à tout institutionnel le demandant dans les 3 prochaines années.

Ces "avancées" sont d’une ampleur pas connue depuis le début des années 90 et les premiers jalons sont attendus sur le second semestre.

La politique monétaire chinoise actuelle continue d’être restrictive, la lutte contre le « shadow-credit » s’intensifie (comme le montre la forte tension sur le marché repo) mais une fois les circuits un peu assainis, l’injection de liquidité dans l’interbancaire va s’accélérer, cela a commencé et ceci va continuer pendant l’été.

L’action de contrôle de la PBOC sur les liquidités à très court terme de l’interbancaire a été soudaine et appuyée. Du taux 24 heures au prêt à 3 mois, la tension a été très nette ces derniers jours. Le taux d’emprunt à 7-jours est monté jusqu’à 11%, nous étions à 4,8% à fin mai.

Pékin fait le strict minimum pour empêcher une panique bancaire. Alors que les taux restent très élevés sur le marché interbancaire chinois, la Banque centrale souffle le chaud et le froid, mais maintient malgré tout une posture de fermeté.

Ainsi, d’après des rumeurs convergentes, la Banque centrale aurait pris un certain nombre de mesures ciblées, vendredi, pour soulager certaines institutions financières au bord de l’asphyxie financière. Et dans un compte-rendu de réunion publié ce dimanche, elle a évoqué, pour la première fois depuis septembre, la nécessité d’un «réglage fin» («fine tuning» en anglais) de sa politique monétaire. Une façon de laisser entendre que, le cas échéant, elle pourrait envisager de rouvrir partiellement le robinet du crédit.

En réalité, Pékin reste d’une fermeté sans précédent. Aucune action d’envergure n’a été prise ces derniers jours pour rassurer le marché (en particulier, une baisse des taux de réserves obligatoires, souhaitée par de nombreuses banques, ne semble pas à l’ordre du jour). Plus symptomatique encore, un commentaire publié samedi par l’agence officielle Xinhua, met en garde contre les conclusions trop hâtives dans la période de stress actuelle. D’après ce texte, il n’y a pas d’assèchement des liquidités. «Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’argent, mais que l’argent n’est pas au bon endroit», y lit-on notamment. Une façon de dire que le système financier chinois est dangereusement déséquilibré et qu’il est temps que certaines institutions mettent de l’ordre dans leurs pratiques.

4 commentaires:

  1. "Malgré les efforts de Pékin, la part de la consommation dans l’économie stagne à environ 35%, selon la Banque HSBC, alors que l’investissement compte pour presque la moitié du PIB. Une aberration pour une grande puissance."

    Ce n'est pas une aberration, c'est eux [les chinois] qui ont raison. Par contre c'est le modèle qui déconne à plein tube...

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  2. « L’usine du monde » va être beaucoup moins compétitive sur les coûts mais plus productive.

    Cela semble inévitable. Mais cela va détruire beaucoup d'emplois dans l'industrie. Où vont-ils créer les emplois pour compenser? Cela va-t'il se faire comme en Occident avec l'augmentation des emplois de service bidon: commercial, drh, agent immobilier, conseil...?

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  3. Et voilà... ce que nous sentions depuis le début est confirmé : la crapule Meric a bien cherché et a provoqué la bagarre.

    "Une caméra de la RATP a filmé la bagarre entre militants antifascistes et skinheads. On y voit Clément Méric frapper dans le dos le principal suspect, Esteban M., ce dernier répliquant par un coup de poing fatal."

    http://tinyurl.com/q5ysxx4

    On est loin de la chasse fasciste aux antifa, loin du "meurtre" et même de l'"assassinat".

    Où sont les gogos ? Où sont les crétins ?

    Ah ca va être dur de vous regarder dans la glace. Parfaits idiots utiles du Système, et con-tents en plus.

    Quelle ironie.

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  4. Je ne crois absolument pas à ces théories fumeuses. On essaye de nous faire croire que la FED, que la banque centrale chinoise seraient subitement devenues "vertueuses".

    Ca c'est le discours délirant.

    Et puis il y a les faits.

    Comme par exemple, ce matin :

    "On passe de - 7 % à -0.19 % sur le Shenzhen Composite
    et le Shanghai Composite Index a plongé de pus de 5.8 % tôt ce jour pour remonter de façon phénoménale à -0.2 % "

    La banque centrale chinoise est intervenue massivement.

    Elle est où alors la volonté de dégonfler les bulles, hein ?

    Encore du story telling pour gogos.

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